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Vers la création de « Maisons de l’Europe » dans toutes les capitales européennes ?

En application de l’Accord interinstitutionnel visant à « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne et le Parlement européen associent leurs stratégies de communication locale dans les capitales européennes via la création des « Maisons de l’Europe », association regroupant les Bureaux d’information du Parlement européen et les Représentations de la Commission européenne…

Les Maisons de l’Europe, des espaces publics européens privilégiés d’échange, de rencontre, de dialogue et de débats

Afin de mener une politique de communication européenne décentralisée et partenariale, par l’intermédiaire des Représentations de la Commission européenne et des Bureaux d’information du Parlement européen, les Maisons de l’Europe permettront :

  • Organisation de séminaires et de conférences permettant d’associer des parlementaires, des autorités nationales, régionales ou locales, des représentants des médias ou des multiplicateurs d’opinion.
  • Organisation d’actions de communication directe auprès de publics cibles spécifiques sur des thèmes précis dépendant essentiellement de l’actualité européenne, par exemple, des animations ludo-éducatives à destination des jeunes.
  • Association aux temps forts de la vie politique et culturelle nationale pour informer le citoyen au sujet des politiques européennes via la participation aux Fêtes nationales, célébrations ou commémorations.

Les Maisons de l’Europe en 2009, des relais de communication privilégiés des priorités de communication interinstitutionnelles

Dans le cadre des 4 priorités de communication interinstitutionnelles définies par l’Accord interinstitutionnel :

  • les élections européennes 2009 ;
  • l’énergie et le changement climatique ;
  • le vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • la croissance durable, l’emploi et la solidarité ;

en 2009, les Maisons de l’Europe développeront :

  • Célébration de la Journée de l’Europe, le 9 mai, axée dans chacun des 27 États membres sur la priorité de communication relative aux élections au Parlement européen pour sensibiliser les électeurs à cet enjeu crucial de la vie politique européenne.
  • Inauguration de nouvelles « Maisons de l’Europe » à Berlin, Copenhague, Helsinki, Luxembourg, Lisbonne, Nicosie, Prague, Riga, Rome, Stockholm et Vienne ; après les succès à Tallinn, Dublin et Madrid en 2008, selon le Programme de travail de la DG Communication en 2009.

Tendance : vers une communication européenne partenariale

Face à l’ampleur de la mission d’informer les médias et les citoyens européens des activités menées par l’UE et de communiquer les objectifs et les enjeux des ses politiques et de ses actions, la communication européenne tend à impliquer toutes les parties prenantes dans une démarche partenariale…

Partenariat stratégique entre les institutions communautaires

Dans une communication en octobre 2007 « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne propose aux autres institutions européennes d’« œuvrer ensemble, en tant que partenaires, à la valorisation du débat et de la discussion sur l’Europe ».

La valeur ajoutée de l’« accord interinstitutionnel » signé en octobre 2008 entre les institutions communautaires :

  • encourager le débat politique entre la Commission, le Parlement et le Conseil sur les activités de communication ;
  • encourager une convergence de vues sur les priorités de l’UE en matière de communication,
  • défendre la valeur ajoutée que représente une approche propre à l’Union en ce qui concerne la communication européenne,

La principale avancée à consister pour les trois institutions communautaires – le Comité des régions et le Comité économique et social européen siègent en tant qu’observateurs – à identifier, dans le cadre du Groupe interinstitutionnel de l’information (GII), un nombre restreint de priorités annuelles communes en matière de communication.

Ainsi, pour 2009 :

  • élections européennes 2009 ;
  • énergie et changement climatique ;
  • vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • croissance durable, emploi et solidarité.

Partenariat de gestion avec les États membres

Fort des résultats des Eurobaromètres indiquant que :

  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour informer les citoyens des activités de l’UE et de leurs incidences sur leur vie quotidienne ;
  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour la prise en compte de l’avis des citoyens concernant l’UE.

Le « partenariat de gestion » devient l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union et les États membres afin de :

  • démultiplier la visibilité et l’efficacité des actions de communication européenne ;
  • diminuer les coûts par la mise en commun de ressources humaines et financières et éviter les chevauchements ;
  • adapter la communication aux circonstances locales et la relier aux ordres du jour politiques nationaux.

Partenariat de collaboration avec la société civile

Dans une résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée en session plénière mardi 24 mars 2009, le Parlement européen « estime que les institutions de l’Union et les États membres devraient coordonner leurs efforts de communication et instaurer un partenariat avec la société civile afin d’exploiter toutes les synergies possibles ».

Le « partenariat de collaboration » deviendrait l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union ou les États membres et les acteurs de la société civile afin de :

  • faciliter les synergies à l’occasion d’actions de communication,
  • faciliter les échanges d’informations et de bonnes pratiques en matière de communication européenne.

Ainsi, la tendance à communiquer sur l’Europe en partenariat ne cesse de s’approfondir au bénéfice d’un espace public européen harmonisé mais au détriment de prises de parole hétérodoxes ou iconoclastes.

Recommandation du Parlement européen pour optimiser la communication européenne

Dans une résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée en session plénière mardi 24 mars 2009, le Parlement européen formule une série de préconisation pour optimiser la communication européenne…

Les partis pris du Parlement européenne en matière de communication européenne

L’ambition d’une Union européenne démocratique et transparente passe par un dialogue accru entre les citoyens et les institutions européennes, mais aussi par un débat constant sur l’Europe aux niveaux européen, national et local.

La connaissance de l’Union, de ses politiques et de son fonctionnement, mais également des droits garantis par les traités, est à la base du rétablissement de la confiance des citoyens dans les institutions européennes.

Selon les Eurobaromètres, moins un citoyen européen est instruit et favorisé, plus il risque de s’opposer à la poursuite de l’intégration européenne, ce qui montre que, malgré tous les efforts, l’idée européenne trouve un écho principalement parmi les couches instruites et favorisées de la société européenne.

Les préconisations du Parlement européenne en matière de communication européenne

Des partenariats de communication avec la société civile

Les eurodéputés souhaitent approfondir la politique de partenariat menée actuellement entre les institutions de l’Union et les États membres en vue d’« instaurer un partenariat avec la société civile afin d’exploiter toutes les synergies possibles ».

Des actions de communication localisées, ciblées et segmentées

Les eurodéputés souhaitent la création de réseaux de communication cohérents à contenu ciblé :

  • entre l’Union et les régions présentant des caractéristiques particulières,
  • entre l’Union et des groupes sociaux spécifiques.

Les eurodéputés demandent aux États membres de lancer des campagnes de communication sur l’UE à tous les niveaux, national, régional et local :

  • avec une présentation aux citoyens des efforts effectués et des effets concrets des politiques de l’Union dans leur quotidien ;
  • avec le soutien des médias régionaux ;
  • avec la participation active de la société civile, des ONG, des chambres de commerce et des organisations syndicales et professionnelles ;
  • avec la diffusion par la Commission européenne des meilleures pratiques identifiées.

Des formations à la citoyenneté active

Les eurodéputés veulent introduire des cours sur l’Europe dans les programmes scolaires de tous les États membres :

  • des cours d’histoire de la construction européenne afin de former un socle de connaissances communes sur l’Europe ;
  • des cours d’éducation civique sur le fonctionnement de l’Union afin de renforcer l’adhésion aux valeurs européennes.

Lancement officiel de la campagne de communication du Parlement européen pour les élections européennes : “Elections européennes : à vous de choisir”

Seule institution européenne dont les membres sont élus au suffrage universel direct, le Parlement européen lance une campagne de communication unique dans les 27 États membres pour mobiliser un électorat tenté par l’abstention et qui est appelé à élire 736 eurodéputés du 4 au 7 juin…

Le raisonnement de la réflexion stratégique de la campagne repose sur le concept de choix

Annoncée depuis quelques mois notamment sur ce blog et dévoilée mardi 17 mars, la campagne repose sur le raisonnement suivant :

  • des choix politiques majeurs se posent à l’UE ;
  • les décisions de l’UE affecteront la vie quotidienne des citoyens européens ;
  • le premier rôle reviendra au Parlement européen pour en fixer les alternatives politiques ;
  • par leur vote lors des élections européennes pour les candidats portant leurs préférences politiques, les citoyens peuvent influer sur la sélection de ces alternatives politiques.

Ainsi selon le Vice-président Alejo Vidal-Quadras (PPE-DE, ES) : « le seul message de cette campagne est relatif au choix » en s’inscrivant dans une démarche institutionnelle et non partisane et en ne favorisant aucun choix particulier.

Le positionnement de la déclinaison opérationnelle de la campagne repose sur des registres pédagogique et accessible

Le multimédia et Internet en particulier est au cœur de la démarche initiée par le Parlement européen :

  • Pages dédiées aux élections de juin 2009 lancées en janvier dernier rassemblant des sondages en lignes, des dossiers thématiques et des cartes interactives ;
  • « Choice Boxes » intitulées « Eurostudios » ressemblant à des espaces multimédias de la taille d’une pièce où les électeurs peuvent exprimer leur avis, une forme de « cahier de doléances » virtuels. Les Eurostudios seront installés dès le 9 mai à Paris et à Marseille. Quotidiennement une sélection d’enregistrements des Eurostudios seront diffusés sur des écrans placés à l’extérieur de ces espaces, à Bruxelles et par le canal de EuroparlTV et YouTube.

Une attention particulière est portée à la cible des jeunes, notamment via l’utilisation de médias sociaux tels que MySpace, Facebook, Flickr (cf. création de groupes sur les réseaux communautaires).

Selon Euronews, le budget de la campagne s’élève à environ 18 millions d’euros, « ce qui veut dire que par électeur, si on pense aux 375 millions d‘électeurs potentiels, cela signifie un budget de cinq centimes d’euros, selon Francesca Ratti, directrice de la Communication du Parlement européen ».

"Europe XXL" à Lille : comment la communication sur l’Europe via la culture permet d’agir sur les représentations de l’Europe ?

La stratégie de communication sur l’Europe de la métropole de Lille reposant sur l’organisation de manifestations festives et culturelles se révèle une excellente tactique pour modifier les représentations que les Européens se font de la construction européenne.

lille_3000

Action n°1 sur le niveau d’information sur l’Europe

Les nombreuses manifestations organisées par Lille 3000, opérateur de la biennale « Europe XXL » : installations de rue, expositions, concerts, spectacles de danse, pièces de théâtre, films, débats et week-ends thématiques sont autant d’occasion d’informer les citoyens sur l’Europe des arts et de la culture…

Action n°2 sur l’étendue du champ des représentations de l’Europe

Puisque rien n’indique que les représentations les plus claires soient celles concernant les objets sur lesquels on dispose du maximum d’information, on peut considérer que le minimum d’information transmis par ces manifestations peut avantageusement compléter les représentations que les citoyens se font de l’Europe.

Ainsi, des représentations de l’Europe des arts et de la culture peuvent élargir le champ de représentations de l’Europe souvent limité aux institutions communautaires (« l’Europe de Bruxelles ») ou à la mobilité des étudiants (« l’Europe d’Erasmus »).

Action n°3 sur l’attitude des citoyens par rapport à l’Europe

Puisque qu’une attitude par rapport à l’Europe peut être très structurée sans que pour autant l’information dont dispose le citoyen soit fiable et sans que le champ de représentation soit cohérent, on peut considérer que la représentation d’une Europe culturelle, artistique et festive peut avantageusement favoriser une nouvelle représentation – plus « positive » – de l’Europe.

Ainsi, pour reprendre l’analyse de Philippe Verhaegen dans « La communication publique: de l’information aux attitudes »

  • Considérant que l’attitude serait première : on commencerait par attribuer une valence positive ou négative à l’objet et puis seulement on se renseignerait sur sa teneur, ses liens avec d’autres objets ;
  • Considérant que l’augmentation de la quantité et/ou de la qualité de l’information risque de rester sans effet sur l’attitude et donc le comportement du sujet ;
  • Considérant qu’informer n’est pas un gage de réussite si des attitudes – des résistances par exemple – existent. En ce cas, une augmentation de la masse ou de la qualité de l’information produirait l’effet inverse et contribuerait paradoxalement au renforcement de l’attitude décriée ;

On peut considérer que l’élaboration d’une stratégie de communication sur l’Europe via la culture se donnant pour objectif de remédier à certaines carences observées (attitudes de résistances à déconstruire, représentations erronées ou lacunaires à corriger, champ de représentations incohérent à reconstruire,…) et reposant sur la mise en place de dispositifs articulant au mieux les dimensions informatives, relationnelles et cognitives de la communication peut réussir à agir sur les représentations préalables dans un sens plus favorable.