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Centre de contact « Europe Direct » : l’UE prend-elle au sérieux les médias sociaux ?

Actuellement, la Direction Générale de la Communication à la Commission européenne renouvelle le contrat de gestion du centre de contact « Europe Direct » dont le budget est estimé à 25/30 millions d’€ sur 5 ans. En 2015, la DG COMM prévoit-elle du coup de s’adapter à la réalité des contacts quotidiens potentiels dans les médias sociaux ?

« Europe Direct » : une mission de contact avec les citoyens, deux services complémentaires

Sous le nom « Europe Direct », la Commission européenne gère en fait deux services différents, dont la mission est de répondre aux questions des citoyens et des entreprises, dans toutes les langues officielles de l’UE :

Dans le jargon européen, la DG Communication vise à développer et renforcer le rôle d’« Europe Direct » en tant que « front office central (one stop shop) pour tous les types de demandes de renseignements du grand public liés à l’Union européenne ».

Un centre de contact avec les citoyens… uniquement par téléphone et formulaire web

Le contrat de renouvellement de la gestion du centre de contact « Europe Direct » – l’un des outils les plus importants de l’UE auprès des citoyens – est l’occasion de prendre conscience des ambitions et des innovations actuellement au service de la communication européenne.

En termes d’ambition, le statut quo semble être la ligne de conduite. L’appel d’offre est rédigé comme si depuis l’ouverture initial du centre de contact « Europe Direct » les technologies et les moyens de « connecter avec les citoyens » n’avaient pas évolué : ni prise en compte des smartphones du côté des utilisateurs, ni algorithmes du côté de la gestion « intelligente » des données.

Non seulement, le canal du « chat web » est abandonné car sans doute il ne répondait plus aux attentes d’interaction du grand public, mais surtout les médias sociaux ne sont jamais mentionnés dans l’appel d’offre de près de 50 pages. A contrario, l’hypothèse de contact par fax est nommément abordée !

Au total, dans ces conditions, le contrat à périmètre constant de gestion du centre de contact « Europe Direct » saura-t-il vraiment répondre aux attentes et aux pratiques pour informer les citoyens sur l’UE ?

Registre de la transparence de l’UE pour les lobbies : entre refonte et réforme

Tandis que la Commission européenne annonce la refonte du registre encore non obligatoire de la transparence pour les lobbies, l’Alliance pour la transparence du lobbying et du règlement de l’éthique (ALTER- UE) publie une enquête qui démontre comment l’approche volontaire de la transparence du lobbying ne parvient pas à offrir une image précise de la scène de l’influence à Bruxelles et plaide pour une proposition législative pour un registre des lobbyistes juridiquement contraignant…

Refonte : la Commission européenne progresse dans une démarche pragmatique pour rendre incontournable le registre de la transparence pour les lobbies

Première étape, rendre conditionnel l’inscription au registre des lobbies pour rencontrer les Commissaires, les membres des cabinets et les hauts fonctionnaires.

Avec cette contrainte mineure, mise en place depuis le 1er décembre dernier, le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a fait progressé la transparence : « Les lobbys se bousculent au portillon du registre de transparence européen » selon Contexte qui calcule que « depuis cette date, le nombre de lobbys référencé a cru de 8,3 %, passant de 7050 à 7636. Une progression record en deux mois, comparée à la même période l’année dernière (2,9 %) ».

Citons également l’analyse publiée dans Le Monde sur « Bruxelles, paradie des lobbies » :

Le registre n’est toujours pas obligatoire mais il introduit une contrainte de taille : seuls les lobbies qui y figurent pourront rencontrer les commissaires, les membres de leurs cabinets et les responsables des directions générales – les influentes administrations de la Commission. Du coup, plus de 500 groupes d’intérêt non encore référencés se sont précipités ces dernières semaines pour s’y inscrire. Pour la Commission Juncker, qui a promis de reconquérir le cœur des citoyens européens de plus en plus eurosceptiques, l’enjeu est politique.

Deuxième étape, rendre plus ergonomique la consultation et plus détaillées les informations avec une refonte du registre des lobbies, en ligne depuis hier :

  • Les lobbies sont désormais invités à fournir un montant global pour leur chiffre d’affaires annuel ;
  • Nouvelles règles sur le nombre total des lobbyistes ;
  • Nouvelles indications sur les membres, au sein des lobbies qui participent à des groupes d’experts de la Commission et à des inter-groupes parlementaires ;
  • Recommandation pour mettre à jour, au besoin, au moins trois fois par an.

Troisième étape, rendre le registre obligatoire pour toute activité de lobbying avec les institutions européennes.

Le Vice président de la Commission européenne, Frans Timmermans, prévoit de présenter un projet d’accord interinstitutionnel pour un registre des lobbyistes qui s’imposerait également avec le Parlement européen, et in fine avec le Conseil de l’UE.

Cette démarche pragmatique pour rendre le registre de la transparence de l’UE pour les lobbies obligatoire, par étapes et avec des mesures incitatives, va dans la bonne direction, même si certains trouvent que la « refonte » ne va pas assez vite.

Réforme : ALTER- UE démontre les limites du registre volontaire et non sanctionné et plaide pour un registre obligatoire imposé par une proposition législative

Dans son enquête « New and Improved? Why the EU Lobby register still fails to deliver », ALTER-UE dénonce que certains des principaux groupes qui font activement du lobbying auprès des institutions de l’UE ne sont pas encore enregistrés dans le registre de transparence de l’UE.

Pour ALTER-EU, un trop grand nombre de données saisies dans le registre sont peu fiables, celles qui touchent en particulier au client, soit non divulguer, soit masquer derrière des acronymes :

  • Environ 150 groupes de pression ont indûment classés leurs clients comme « confidentiel », « pas applicable », « N / A », « none »…
  • Plus de 200 groupes de pression identifiés leurs clients par des acronymes indéchiffrables.

Par ailleurs, les dépenses et le nombre de lobbyistes sont souvent sous-déclarés. Deux exemples, parmi beaucoup d’autres :

  • Goldman Sachs, inscrit tardivement en novembre 2014 déclare ses dépenses sous la barre des 50 000€ en 2013, alors que dans le registre, Kreab Gavin Anderson le considère comme un client entre 200 000€ et 250 000€ la même année…
  • Google, déclare 7 lobbyistes, immédiatement suivi par une liste de 8 lobbyistes disposant de passes parlementaires…

En attendant un registre des lobbyistes juridiquement contraignant, ALTER-UE recommande une série de mesures incitatives afin de maximiser la conformité avec le registre volontaire actuel :

  • Une obligation pour tout le personnel de la Commission de ne pas rencontrer de lobbyistes non enregistrés ;
  • Une exclusion de la participation des groupes d’experts pour les groupes de pression non enregistrés ;
  • Une non participation des personnels de la Commission, des Commissaires et des eurodéputés à des événements et activités organisés ou parrainés par des groupes de pression non enregistrés.

Au total, entre la démarche pragmatique mais lente prise par la nouvelle Commission européenne, qui porte d’ailleurs déjà des fruits concrets et la réforme souhaitée par les observateurs maximalistes, le registre de la transparence de l’UE pour les lobbies fait l’objet – fort légitimement – de toutes les attentions.

Quelles sont les évaluations des citoyens des moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE ?

Après les propositions spontanées des citoyens pour communiquer avec l’UE, Virginie Timmerman pour Notre Europe – Institut Jacques Delors a testé des propositions d’actions existantes ou nouvelles auprès des citoyens européens

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1. Accueil très positif dans l’ensemble tout à fait ou assez favorable d’Europe Direct pourtant totalement méconnu

Le service d’information sur le fonctionnement et les politiques de l’UE, comportant un bureau d’information ouvert au public dans chaque grande ville, un site Internet et un service de réponse rapide aux questions posées par téléphone, lettre ou courriel est plébiscité. S’il n’existait pas déjà, il faudrait sur le champ le créer.

2. Accueil très mitigé des débats dans les grands médias sur les orientations de l’UE, entre des citoyens moyens et des spécialistes de ces questions

Du côté positif, participation et interaction mais du côté négatif, doutes quant aux conditions à réunir pour qu’ils soient réussis et « débouchent sur quelque chose » : qualité et représentativité des intervenants et des modérateurs, heure de diffusion, choix des thématiques, neutralité, objectivité, honnêteté, équilibre, diffusion via différents canaux (télévision, Internet).

C’est là tout le jugement que les citoyens portent sur leur télé qui rejailli indirectement sur les « grands débats sur les orientations de l’UE ». Dommage, une occasion manquée.

3. Accueil le plus souvent tout à fait favorable des Eurobaromètres, pourtant quasi totalement ignorés

Intérêt d’une part pour des enquêtes sous forme de consultation citoyenne et d’autre part pour la possibilité de se comparer avec d’autres pays (pour autant que les questions concernent et touchent concrètement les citoyens, et par ailleurs que les résultats soient aisément et rapidement accessibles).

Là encore, s’il n’avait pas été inventés il y a maintenant 40 ans, les Eurobaromètres devraient l’être sur le champ. Au moins, un succès à porter au crédit de la communication de l’UE sur la longue durée.

4. Accueil très mitigé de rencontres de proximité, plusieurs fois dans l’année, des députés européens

Les élus n’ont pas bonne presse, et cette enquête le confirme. Encore plus, les députés européens, avec leurs circonscriptions hors sol gigantesques qui les rendent inaccessibles aux citoyens.

5. Accueil dans l’ensemble positif de l’organisation par la Commission européenne d’une consultation par Internet, ouverte à tous les citoyens, à chaque fois qu’une décision importante doit être prise dans l’UE

Pour une grande majorité, des avantages d’accessibilité, de commodité et de modernité.

Toutefois, des conditions à remplir pour que l’intérêt de principe se concrétise : information nécessaire sur le lancement d’une consultation ; ensuite, information en retour vers les citoyens et prise en compte de leur avis par la Commission.

Des doutes à ces égards, des questions, notamment sur la « logistique » de traitement des informations à mettre en place, atténuent ou conditionnent parfois l’adhésion de ces interviewés.

C’est bien là, en condenser, tout ce qui est présent en termes de fantasmes et de réalités, d’attirance et de répulsion des nouvelles technologies dans la démocratie et la gouvernance contemporaines.

6. Accueil négatif d’organisation de consultations similaires organisées par les gouvernements nationaux

Pour aborder les enjeux européens, les gouvernements nationaux ne sont pas légitimes aux yeux des citoyens européens. A force de blâmer à tort et à travers « Bruxelles », les gouvernements ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. C’est quand même très gênant pour faire la pédagogie nécessaire des réformes.

7. Accueil très positif dans tous les pays ou presque, de manière particulièrement nette dans beaucoup d’entre eux, d’un service interactif, utilisant Internet et les réseaux sociaux, pour recueillir en permanence les avis, les souhaits, les critiques des citoyens sur les orientations de l’UE

À la modernité efficace de consultations par Internet s’ajoute une notion de proximité et d’informalité à la fois dans la forme et dans le contenu de la communication permise par les réseaux sociaux.

Le libellé de la proposition suggère l’idée d’un canal direct et facile de communication avec la Commission – d’autant que le système resterait ouvert en permanence même si aspect très informel et non organisé des expressions émises sur les réseaux sociaux interroge sur la manière dont ce « chaos » pourra être structuré pour permettre une exploitation efficace.

Comme pour toutes les propositions reposant sur Internet, on trouve aussi exprimées des remarques sur des publics « exclus » du fait de leur non-accès aux moyens électroniques de communication, et des questions sur le retour d’information aux citoyens et l’utilisation qui aura été faite de leurs contributions – sans mettre en cause toutefois l’intérêt de ce qui est proposé.

8. Accueil très mitigé de campagnes d’information beaucoup plus actives que par le passé pour inciter les citoyens à s’intéresser aux futurs débats et à participer à la prochaine élection européenne

La mise sur pied de ce type de campagnes d’information est généralement reconnue comme souhaitable, en particulier dans la perspective d’élections européennes dont les tenants et aboutissants ne sont pas nécessairement clairs et dont le taux de participation est faible.

Une attente de campagnes informatives « neutres », non-partisanes portant sur l’UE sur un plan général, sur les implications de ses politiques sur la vie des citoyens du pays, sur les enjeux de l’élection et sur les projets politiques en présence.

L’adhésion est toutefois moins forte qu’avec des propositions plus novatrices, c’est l’une des raisons de l’intérêt seulement relatif manifesté par certains pays.

Dommage que l’adhésion ne soit pas plus forte compte tenu du fait que c’est le canal récemment privilégié par la Commission européenne pour communiquer auprès des citoyens européens, dans le cadre du projet-pilote de communication corporate.

Au total, les jugements des citoyens sont « sévères mais justes » sur les moyens de communiquer avec l’UE, quoique le plus frappant soit leur profonde méconnaissance des moyens d’ores et déjà existants.

Quelles sont les propositions spontanées des citoyens pour communiquer avec l’UE ?

Dernier volet de l’enquête réalisée par Virginie Timmerman pour Notre Europe – Institut Jacques Delors auprès des citoyens européens, après les avoir interrogés sur l’image de l’UE, l’information et la communication autour de l’UE, place maintenant à leurs propositions comme moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE

Variété des propositions, unité pour le numérique et totalité pour des contacts

La variété de leurs propositions reflète leurs différentes résolutions à :

  • Une plus grande proximité et continuité des échanges avec l’UE (grâce à des points de contact plus proches des citoyens) ;
  • Un plus grand accès aux institutions et aux représentants européens (grâce à moins de bureaucratie et à un contact plus personnalisé et plus direct) ;
  • Plus d’informations (particulièrement sur les activités européennes qui les touchent au quotidien) afin de se sentir plus concernés par l’UE.

L’unité derrière ces idées de moyens d’expression citoyenne est très souvent liée à Internet et aux outils de communication électronique, vue comme un outil rapide, accessible et pratique.

La totalité (à l’exception des Allemands) imagine des moyens d’expression citoyenne impliquant un contact régulier avec – ou entre – les citoyens européens, notamment via des actions collectives.

Classement des moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE

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1. Le moyen le plus souvent évoqué prendrait la forme d’une plateforme ou d’un forum interactif en ligne où les citoyens pourraient s’informer, échanger entre eux et s’exprimer librement avec l’aide de modérateurs ou d’experts. Ceux-ci pourraient également donner des réponses, suivant différentes modalités.

2. Le second moyen qui revient est le sondage qui s’effectuerait en ligne, se déclinerait de manière simple (une question à un groupe représentatif), serait régulier et surtout dont les résultats seraient largement communiqués afin que chaque citoyen puisse en avoir connaissance.

3. Les autres moyens mentionnés sont : un groupe Facebook – variation de la plateforme citoyenne – des consultations citoyennes, la création d’un think tank citoyen où les opinions des citoyens seraient régulièrement recueillies, analysées et communiquées, dans le même genre un partenariat entre lobbies et citoyens où les lobbies pourraient travailler en coopération avec les citoyens afin d’avoir un point de vue complet à communiquer aux députés et représentants européens, des échanges et débats citoyens locaux où chacun pourrait venir donner son avis sur les propositions européennes sur le schéma des conseils de quartier français, des événements avec des citoyens de différents États membres, et enfin les pétitions et les manifestations.

4. La majorité évoquent des moyens d’expression impliquant un contact avec les députés européens et les représentants des institutions européennes. Ces moyens ne sont pas particulièrement nouveaux, mais les citoyens les évoquent en y ajoutant des modalités qui les rendraient, pour eux, nouveaux – régularité, proximité, publicité, échanges personnalisés.

Le moyen le plus souvent évoqué, sous cette forme, est l’organisation de débats avec des députés européens, des représentants des institutions européennes ou des experts qui se dérouleraient régulièrement à proximité des citoyens – dans les capitales régionales – où chacun pourrait exprimer son opinion et être pris en considération.

5. Au-delà de l’organisation de ces débats, certains citoyens aimeraient avoir la possibilité de rencontrer les députés européens individuellement, en imaginant qu’ils pourraient avoir un bureau dans les grandes et moyennes villes avec des dates et horaires d’ouverture réguliers ; cependant ils sont conscients que cela est quasiment irréalisable étant donné les calendriers déjà très chargés des députés européens.

6. Ensuite, certains citoyens imaginent la possibilité d’un centre d’information de proximité où chaque citoyen pourrait s’informer, discuter avec des experts.

7. Enfin, les citoyens évoquent la possibilité d’une communication électronique, écrite ou téléphonique ; possibilité qui existe déjà mais qui n’est pas optimale étant donné que les réponses, s’il y en a, mettent très longtemps à arriver.

8. Des moyens d’expression citoyenne liés aux médias sont secondairement mentionnés : diffusion régulière de programmes de télévision attractifs et en première partie de soirée aux heures de grandes écoutes, documentaires et films promotionnels cinématographiques sur les Européens et/ ou les questions européennes, compte-rendus télévisés réguliers des députés européens sur leurs activités, une chaîne de télévision paneuropéenne, publicité, attraction de l’attention des médias à travers des actions spectaculaires.

9. Dans une moindre mesure, les citoyens souhaiteraient pouvoir s’exprimer à travers des référendums sur des questions européennes.

10. Enfin, les citoyens évoquent des solutions liées à l’éducation et l’information : formation sur l’UE et les questions européennes dans les écoles, des ateliers et/ou des échanges pour les professionnels. Ces idées ne sont pas des moyens directs d’expression citoyenne mais permettraient aux citoyens d’être mieux formés et ainsi de pouvoir se forger une opinion pour pouvoir ensuite s’exprimer.

Au total, les citoyens européens se montrent tout à la fois pragmatiques (importance du numérique), réalistes (proximité et contact direct comme seul salut) et lucides (faiblesse regrettée des médias et de l’éducation/formation).

Comment les citoyens s’expriment sur l’information et la communication autour de l’UE ?

Après une discussion sur l’information et la communication autour de l’UE avec un groupe de citoyens représentatifs, Virgine Timmerman et Daniel Debomy en dresse la synthèse

Quels moyens d’expression sur l’UE pour les citoyens ?

Donner son avis et faire entendre sa voix (pour approuver ou contester) n’appelle pas une réponse aisée mais surprend, voire déconcerte peu ou prou partout en Europe.

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Après réflexion, les citoyens évoquent quelques moyens d’expression citoyenne, par ordre d’importance :

1. Le vote (aux élections du Parlement européen ou aux élections nationales ou bien à des référendums) n’est pas d’emblée présent à l’esprit, quasi absent de quelques États Membres récents, à l’inverse, seul ou presque en Allemagne et en France.

2. La prise de contact avec des représentants des institutions européennes et/ou nationales (rencontres possibles avec des députés européens ou d’autres personnalités, visite à un bureau de représentation, envoi de lettres ou de messages électroniques).

3. La participation à des consultations électroniques organisées par les gouvernements nationaux ou les institutions européennes, et l’interpellation aux gouvernements nationaux.

4. Des moyens d’expression collectifs : les manifestations et les pétitions.

5. D’autres moyens : attirer l’attention des médias et particulièrement de la télévision, avoir des relations « haut-placées », se présenter comme candidat aux élections européennes, et enfin, faire un recours auprès des cours internationales de justice.

Quels sont les obstacles à l’expression citoyenne ?

Les moyens d’expression ont un caractère assez théorique, très peu réellement utilisés en raison de nombreux obstacles à l’expression citoyenne, perçus comme importants et souvent décourageants :

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1. La passivité, liée à l’absence présumée de volonté des institutions d’écouter les citoyens et de prendre en compte leurs avis, et les doutes « que cela puisse servir à quelque chose ».

2. Le sentiment de la faible influence de son pays et de ses représentants dans les instances de l’UE, dans les petits et/ou nouveaux États membres.

3. Une image floue et souvent assez négative des députés européens : inconnus pour la plupart, considérés ici ou là comme peu représentatifs, parfois comme politiciens « de seconde zone », en tous cas comme déconnectés de la vie des citoyens.

4. La difficulté particulière à appréhender les questions complexes de politique européenne.

5. Sur un plan pratique, l’ignorance des lieux ou des outils d’expression citoyenne, pour s’adresser à une UE vue comme gigantesque et lointaine.

6. Le manque d’intérêt pour les questions européennes et un manque de confiance dans les institutions en comparaison à l’influence des lobbys.

Comment s’informent les citoyens sur l’UE ?

Les citoyens recourent aux médias de masse et sont plutôt passifs.

sources_information_citoyens_UEDans la majorité des pays, les médias traditionnels sont cités en premier, alors que pour le reste des pays, Internet est la première source d’information sur l’UE. La télévision domine les autres supports dans un pays sur deux.

Dans la plupart des nouveaux États membres, Internet est davantage mentionné et avec des précisions fréquentes sur divers modes d’usage (visites sur les sites Internet des journaux nationaux, les moteurs de recherche et les médias sociaux).

À l’inverse, dans les anciens États membres, Internet est peu évoqué ou il ne l’est guère que par une minorité d’interviewés plus jeunes ou particulièrement versés dans son usage de par leur formation ou leurs activités professionnelles.

Parmi les autres sources parfois mentionnées : l’université pour les jeunes ; des sources spécialisées, consultées à titre professionnel ; plus souvent, le « bouche à oreille » ; ou encore « l’expérience personnelle » issue de voyages, de rencontres avec d’autres Européens.

Les citoyens se sentent-ils bien informés ?

Le regard porté sur la qualité et la crédibilité des médias est souvent sombre ou même très sombre.

Globalement, rares sont ceux qui ont le sentiment d’être (raisonnablement) bien informés sur l’UE – et encore plus ceux qui pensent disposer d’une vision d’ensemble cohérente de ce qu’est et fait l’Union.

La critique est assez généralisée envers les médias de masse. Les causes de mécontentement sont l’impression que les sujets européens sont peu couverts, que leur traitement est biaisé, que l’information est « filtrée » par les préférences politiques des journalistes ou la ligne politique du journal, ou même directement influencée par les hommes politiques et les lobbys ayant des relations avec certains médias et journalistes, la médiocre qualité de la couverture des sujets, ou la tendance à rechercher le sensationnalisme et à ne s’intéresser « qu’au négatif » dans l’UE.

Quelles sont les attentes pour une meilleure expression citoyenne ?

Afin de pouvoir mieux et plus fréquemment utiliser les différents moyens d’expression citoyenne, une grande partie des citoyens aimeraient cependant être mieux informés et souhaiteraient que la communication européenne réponde à :

1. Un besoin de grande proximité : contacts avec des responsables communautaires en des lieux proches de chez eux (mairies, réunions de quartier, bureaux d’information ouverts au public).

2. Le souhait que les institutions européennes et leurs représentants utilisent plus fréquemment Internet et les réseaux sociaux afin de consulter les citoyens, de recueillir leurs avis, de recevoir des pétitions, d’organiser des débats…

3. Une demande de forte interactivité et des échanges plus nombreux dans l’utilisation des différents moyens.

Au total, le tableau de l’information et de la communication européennes est relativement noir, avec des citoyens peu intéressés, peu mobilisés et globalement indifférents ou critiques.