En contrepoint aux élections municipales : l’insuffisante communication sur les droits des citoyens de l’UE

Les résultats du premier tour des élections municipales sont l’occasion de revenir sur l’un des droits des citoyens de l’UE trop souvent oublié : le droit pour les ressortissants communautaires de participer aux élections locales…

En effet, suivant l’article 8 du traité de Maastricht signé en 1992, les citoyens de l’Union européenne résidant dans un autre État membre que leur pays d’origine ont le droit de participer en tant qu’électeur et de présenter leur candidature aux élections municipales de leur pays de résidence principale dans les mêmes conditions que les nationaux.

Selon l’Eurobaromètre « Les Européens et la citoyenneté » datant de janvier 2008, seulement 37 % des Européens savent qu’il leur est possible de voter et de se présenter aux élections municipales dans un autre pays de l’UE, 50 % prétendant le contraire.

D’après les résultats de cette enquête menée quelques semaines avant les élections municipales, la France se situe dans la moyenne européenne : 38 % des Français savent que les citoyens de l’UE bénéficient de ce droit, 51 % prétendent que ce n’est pas le cas. Ce droit souffre d’un profond déficit de notoriété et nécessiterait une campagne d’information.

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur les ressortissants européens des 27 Etats membres résidant en France se sont mobilisés pour le scrutin municipal des 9 et 16 mars : 199 468 ressortissants des pays de l’Union européenne étaient inscrits pour voter lors des élections municipales.

A Paris, selon François Dagnaud, Adjoint au maire de Paris chargé des élections, 14 000 ressortissants de l’Union européenne se sont inscrits sur les listes électorales pour les élections municipales de mars 2008. Petite précision : les ressortissants de l’UE ne participent pas aux élections cantonales.

2008 : Année européenne du dialogue interculturel : la stratégie de l’Union européenne se précise

Tout au long de cette année 2008 proclamée année européenne du dialogue interculturel, la Commission européenne organisera sous la responsabilité du commissaire européen chargé de l’éducation, la formation, la culture et la jeunesse, Ján Figel, une série de sept débats thématiques.

Ces événements sont conçus selon le communiqué comme autant d’occasion de « briser les barrières de l’ignorance afin de valoriser au mieux l’héritage culturel et religieux de notre continent ».

Les débats – organisés chaque 1er mercredi du mois à Bruxelles – porteront sur :

  • l’impact des migrations sur l’intégration et le dialogue interculturel, en collaboration avec le European Policy Centre ;
  • le rôle du dialogue interculturel dans les arts et la culture, en collaboration avec le Forum européen pour les arts et le patrimoine et la Fondation européenne de la culture ;
  • le dialogue inter-religieux en en collaboration avec le European Policy Centre ;
  • le multilinguisme ;
  • le dialogue interculturel sur le lieu de travail ;
  • le dialogue interculturel dans l’éducation ;
  • le dialogue interculturel dans les médias.

Les résultats des débats contribueront à façonner la future stratégie européenne en matière de dialogue interculturel.

Le site internet officiel (interculturaldialogue2008.eu) de l’Année européenne du dialogue interculturel présentera avant chaque débat des documents d’information sur le thème retenu, et ensuite des rapports de suivi.

Journée internationale des femmes : une communication insuffisamment convergente entre les institutions européennes

Samedi prochain, la planète célèbre la Journée internationale des femmes et chaque institution ou organisation choisit de mettre en avant une dimension de l’engagement féminin. Que fait l’Union européenne ?

Étonnamment, les institutions communautaires ne se sont pas accordées – cette année – autour d’un cadrage convergent.

Au Parlement européen, les parlementaires organisent un séminaire sur « l’égalité entre les femmes et les hommes dans les travaux parlementaires » tandis que le service de presse propose un séminaire pour les journalistes sur le thème « le rôle des médias dans le dialogue interculturel: un regard de femmes »…

A la Commission européenne, deux Commissaires féminines participent à des conférences dans leur domaine respectif :

Viviane Reding, commissaire chargée de la société de l’information et des médias, anime une conférence destinée à motiver les jeunes femmes à entreprendre une carrière dans les TIC, afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur crucial.

Benita Ferrero-Waldner, commissaire chargée des relations extérieures, réunit des femmes chefs d’État, ministres, responsables d’organisations internationales, chefs d’entreprise et militantes de la société civile pour débattre du rôle des femmes dans la stabilisation d’un monde incertain. La contribution des femmes à la promotion de la paix et de la sécurité est une réalité reconnue par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes et la paix et la sécurité.

Curieusement, Margot Wallström, commissaire chargée des relations institutionnelles et de la communication, ne semble avoir rien prévu à son agenda.

De cette absence de coordination dans les prises de parole résulte une dilution des messages et de la portée de l’événement.

Vaste enquête d’opinion paneuropéenne sur le Parlement européen

La Direction générale Communication de la Commission européenne a commandé un Eurobaromètre spécial consacré au Parlement européen. Pour la première fois, l’avis des Européens sur la notoriété, l’opinion, l’image et les missions du Parlement européen sont recueillis…

La « notoriété » du Parlement européen

Aujourd’hui, d’après de nombreux Eurobaromètres, le Parlement européen est l’institution européenne qui jouit de la plus grande notoriété.

Pourtant, la méconnaissance du Parlement est générale auprès du grand public, aussi bien aux « anciens » Etats membres qu’aux nouveaux, et à toutes les catégories sociodémographiques analysées.

Les personnes interrogées ont conscience de mal connaître le Parlement européen. Ils se considèrent par ailleurs mal informés par les médias.

En revanche on connaît plutôt bien deux des compétences du Parlement européen : son rôle dans les processus d’élargissement de l’Union européenne, et de fixation du budget communautaire.

L' »opinion » sur le Parlement européen

Le Parlement européen est une institution respectée, les opinions à son sujet sont globalement très positives, tant en ce qui concerne sa place dans les institutions, que l’importance de son rôle, et que son action concrète dans des domaines sensibles en faveur du citoyen.

Cette opinion est partagée par toutes les couches de la population interrogée, même auprès des personnes les plus réticentes à l’Union européenne en général.

L' »image » du Parlement européen

L’impression générale est donc bonne mais elle est imprécise dans l’esprit des Européens.

Dans l’ensemble de l’Union européenne :

  • le Parlement européen est indéniablement démocratique ;
  • en moyenne il est plutôt considéré comme méconnu, technocratique ou dynamique ;
  • les Européens sont partagés pour l’estimer à l’écoute des citoyens ;
  • et en moyenne il n’est pas considéré inefficace.

Le Parlement européen ne dispose pas encore de profil d’image. Pour autant, cette image latente s’inscrit dans un contexte de « neutralité bienveillante ».

Les « missions » du Parlement européen

Les missions assignées au Parlement européen ne manquent pas d’ambition :

  • Sur les politiques prioritaires : luttes à mener contre le terrorisme et contre le changement climatique, et la protection des consommateurs et de la santé publique.
  • Sur les valeurs prioritaires, la protection des droits de l’homme est sans conteste la clé de voûte avec l’égalité hommes/femmes et la solidarité entre Etats membres.

Une mission ambitieuse pour une institution trop mal connue, mais respectée, notamment pour ce qui est son fondement même : sa dimension démocratique.

Pour lire l’intégralité de l’étude

Résultats instructifs pour les 10 référendums locaux sur le traité de Lisbonne au Royaume-Uni

La campagne de communication « I Want a Referendum » menée par des partisans de la construction européenne a conduit à l’organisation de 10 référendums locaux – sans valeur juridique – au Royaume-Uni, le week end dernier. Les résultats sont contrastés…

Le taux de participation constitue la principale surprise.

La participation des citoyens concernés a dépassé le taux de participation habituellement observé aux élections locales : 152 520 personnes ont participé au vote soit un taux de participation de 36.2 %.

Le résultat sans appel est sans surprise.

Les électeurs devaient répondre à 2 questions : « Le Royaume-Uni devrait-il organiser un référendum national sur le traité de Lisbonne ? » et « Le Royaume-Uni devrait-il approuver le traité de Lisbonne ? ».

A la première question, les votants ont répondu « oui » à 88 % (12 % de « non »).

A la seconde question, les votants ont répondu « non » à 89 % (8 % de « oui » et 3 % de sans réponse).

Finalement, la presse Outre-Manche conclut que l’adhésion à l’UE – comme l’euroscepticisme – ne peuvent se réduire à un slogan officiel.