Le projet de réforme constitutionnelle sous l’angle européen

Le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République est soumis aujourd’hui au vote du Congrès réuni à Versailles. Quelles seraient les conséquences de l’adoption de la réforme constitutionnelle sous l’angle européen ?

Constitutionnalisation des délégations à l’UE

L’article 32 du projet de révision constitutionnelle consacre la création, dans chaque assemblée parlementaire, d’un « comité chargé des affaires européennes ».

Consolidation du principe de subsidiarité

L’article 32 du projet de révision constitutionnelle prévoit l’obligation de transmission au Parlement de tous les projets et propositions d’actes européens, et non plus seulement des actes législatifs.

Création d’un droit de résolution

L’article 32 du projet de révision constitutionnelle institue pour le Parlement un droit de résolution, n’ayant pas de valeur contraignante, mais marquant l’expression d’un souhait ou d’une préoccupation. En matière européenne, les résolutions pourront s’exercer en dehors même des sessions, de sorte que le Parlement puisse réagir en temps utile aux projets européens.

Normalisation des ratifications des élargissements

L’article 33 du projet de révision constitutionnelle aligne la procédure d’adoption des lois autorisant la ratification des traités d’élargissement non pas sur la procédure législative ordinaire mais, compte tenu de leur importance, sur celle qui s’applique aux projets de révision constitutionnelle. Ainsi, les élargissements devront être approuvés soit par référendum soit par le Parlement convoqué en Congrès, à l’exception de l’adhésion de la Croatie – déjà décidée – qui suivra la voie législative normale.

En résumé, la révision constitutionnelle représente un renforcement mesuré du rôle du Parlement en matière de politique européenne.

Lire le dossier sur la révision constitutionnelle réalisé par la documentation française.

Communication européenne : de l’importance de la communication de proximité

Afin de réduire la distance entre la « machine » journalistique des rédactions des médias nationaux et la « machine » administrative de la DG Communication de la Commission européenne, la communication européenne doit s’appuyer sur un réseau de proximité…

Afin de rendre intéressantes les questions européennes pour les consommateurs de médias dans les différents Etats membres, la communication européenne doit s’appuyer sur des acteurs européens de proximité :

  • la Représentation en France de la Commission européenne pour toucher les décideurs et les journalistes ;
  • les Relais Europe Direct, mis en place par la DG Communication pour fournir des informations sur les institutions, les activités et les programmes de l’UE et recueillir les préoccupations et les souhaits des citoyens. (45 relais Europe direct de France) ;
  • les Maisons de l’Europe, mises en place par le gouvernement français pour informer le grand public et les jeunes au niveau départemental.

Afin de multiplier les occasions de communiquer sur l’Europe dans la vie quotidienne, la communication européenne doit constituer des partenariats avec des acteurs locaux, relais de l’action européenne :

En s’appuyant sur de multiples actions locales ciblées, la communication européenne de proximité sera un succès notamment auprès des citoyens.

« Mon Cahier d’Europe » : un dispositif de communication à destination des élèves

Première grande opération du ministère de l’Education nationale dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne, l’opération « Mon Cahier d’Europe » est lancée pour les grandes vacances des élèves…

L’opération « Mon cahier d’Europe » se présente comme un cahier de vacances téléchargeable gratuitement sur le thème de la découverte des États membres de l’UE.

Décliné en trois fascicules, selon trois tranches d’âges : 7-9 ans, 10-12 ans, et 13-15 ans, ces cahiers sont composés de vingt-sept chapitres, « chaque chapitre étant consacré à un des pays de l’UE ».

UPDATE : En avril 2012, l’opération « Mon cahier d’Europe » a été relancée par le ministère chargé des affaires européennes, en partenariat avec la Commission européenne et conjointement avec le ministère chargé de l’Education.

De nouvelles versions des cahiers sont proposées aux élèves. Près de 500 000 cahiers d’Europe sont mis à la disposition des élèves et de leurs enseignants ainsi qu’en ligne.

Communication européenne : de l’importance du storytelling

Face aux attentes / craintes des citoyens, aux intérêts / calculs des hommes politiques, au contexte international, la communication européenne doit construire son propre récit de l’Europe…

Le storytelling se définissant comme l’art de raconter un récit pour révéler une histoire, le story de la communication européenne consiste alors à mettre en récit la construction européenne afin de raconter l’histoire de l’Europe. Ainsi, la communication européenne doit être en mesure de présenter la construction européenne, comme un récit où l’idée d’Europe se traduit progressivement dans l’Union européenne.

Appliquant l’analyse du site Exprimeo menée sur les élections municipales, le positionnement du discours sur l’Europe permet ainsi de relever les défis de la communication européenne :

Besoin de confiance : La communication européenne doit être en mesure de créer chez les citoyens européens un sentiment d’assurance et d’espérance au profit des institutions et des politiques communautaires.

Besoin de courage : La communication européenne doit avoir la capacité de faire prévaloir l’intérêt européen sur les calculs politiques, sur les engagements partisans, sur les recettes démagogiques.

Besoin de cœur : La communication européenne doit s’efforcer de susciter de l’empathie voire de la sympathie en faveur d’une Union capable de traiter les crises, amortir les chutes et prendre en compte les situations individuelles.

En racontant un récit européen capable de relever les défis de la confiance, du courage et du cœur, le storytelling de communication européenne sera un succès notamment auprès des citoyens.

Discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen

Le président de la République s’est rendu au Parlement européen afin de présenter aux eurodéputés le programme de la présidence française de l’Union européenne.

Le discours de la méthode

Confirmant son propos tenu sur France 3 lors de l’inauguration de la PFUE, Nicolas Sarkozy souhaite placer la PFUE sous le signe de la protection des Européens : « Nous devons rassurer des citoyens inquiets … nous devons donner l’image d’une Europe qui refuse l’immobilisme … donner le sentiment d’une Europe qui travaille pour tout le monde ». Autant d’indications sur les futures communication sur la PFUE.

La dimension sociale de la PFUE

Confirmant une tribune dans le Figaro de membres du gouvernement « Pour une Europe concrète et plus sociale » et alors que l’Europe sociale ne figure pas parmi les quatre priorités de la PFUE, contrairement à la précédente présidence française de 2000, le chef de l’État français à assuré les eurodéputés que « la présidence française en fera une priorité », même si – d’après l’AFP – il n’a abordé ce thème qu’après avoir cité ses quatre principaux objectifs (énergie/climat, immigration/asile, défense et agriculture).

Les réactions

La plupart des députés ont soutenu les priorités de la présidence française mais nombre d’entre eux ont critiqué son manque d’ambition sur le plan social et son attitude à l’égard de la Chine.