Retour officiel de l’utilisation des symboles de l’Union au Parlement européen

Alors que les symboles de l’Europe, étaient présents dans le projet de Constitution, ils avaient été retirés du traité de Lisbonne en guise de concession pour ne pas froisser les eurosceptiques et en vue d’un accord entre les vingt-sept États membres.

De nombreux eurodéputés regrettaient ce choix. Lors de la session plénière de jeudi 9 octobre, une modification du règlement intérieur a été adoptée par 503 voix pour, 96 contre et 15 abstentions.

Dorénavant, le Parlement européen redonne une place officielle aux symboles de l’Union européenne :

  • Le drapeau, représentant un cercle de 12 étoiles d’or sur fond bleu, devra ainsi être arboré dans toutes les salles de réunion et lors de tous les évènements officiels du Parlement.
  • L’hymne, tiré de l' »Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Beethoven, devra être joué à l’ouverture de chaque session constitutive suivant les élections européennes et à l’occasion d’autres sessions solennelles.
  • La devise « Unie dans la diversité » figurera désormais sur tous les documents officiels du Parlement.
  • La commémoration du 9 mai, Journée de l’Europe, est officiellement reconnue dans les règles de procédure du Parlement.

Le rapporteur Carlos Carnero Gonzalez (PSE, ES), souligne que ces symboles, incarnant l’unité de l’Europe, « facilitent la communication et la participation, et contribuent à rapprocher les organisations qu’ils représentent des citoyens et donc à les légitimer ».

Outre le fait de s’adresser aux citoyens européens, ces symboles favorisent l’identification de l’Union dans le reste du monde.

Regard à mi parcours sur la communication de la PFUE

Certes, il est encore prématuré de porter un jugement définitif sur la communication des autorités françaises dans le cadre de la Présidence française de l’UE, mais alors que nous en sommes à mi-parcours, quel regard peut-on d’ores et déjà porté ?

Quels critères d’évaluation ?

Sans entrer dans une analyse précise des nombreuses prises de position et des avancées ou reculs par dossier, on peut constater que la communication de l’Etat exerçant la Présidence tournante de l’UE est fonction de plusieurs critères :

  • d’abord, le poids (politique, historique, économique) de l’Etat au sein de l’UE ;
  • ensuite la personnalité du chef d’Etat ou de gouvernement ;
  • enfin le contexte de la Présidence tant à l’échelle nationale (la popularité des responsables politiques) qu’à l’échelle internationale (par exemple, la crise financière en ce moment).

Quel regard sur la PFUE ?

A ce titre, la présidence française de l’Union peut être vue comme un « événement » en raison de la place de la France au sein de l’UE (un pays fondateur), de la personnalité volontariste de Nicolas Sarkozy et des circonstances particulières de ces six mois de Présidence (multiples crises : le rejet du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, la crise géorgienne et la crise financière sans précédent).

Quelle comparaison ?

A titre de comparaison, la présidence allemande en 2007 avait également été vécue comme un moment important de la construction européenne. L’Allemagne avait organisé les cérémonies de commémoration du cinquantenaire de la signature du traité de Rome et avait conclu leur semestre de présidence par la signature officielle du traité de Lisbonne, qui devait mettre un terme à l’échec du projet de constitution.

Reste encore quelques mois pour que la PFUE s’inscrive dans l’histoire contemporaine de l’Europe…

Quelle est le point de vue du grand public et des leaders d’opinion sur l’information et la communication européennes ?

Afin de mieux comprendre l’information et la communication européennes, la Commission européenne a enquêté auprès du grand public et des décideurs et leaders d’opinion (directeurs des grandes entreprises, rédacteurs des médias nationaux, parlementaires, hauts fonctionnaires, responsables syndicaux)…

Une connaissance de l’UE limitée à des raisons professionnelles

Si les leaders d’opinion européens se distinguent par une meilleure connaissance des institutions européennes et sont mieux informés de l’actualité de l’UE, les raisons en sont surtout professionnelles : 77% des décideurs déclarent qu’il est important professionnellement d’être informé sur l’UE contre 5% du grand public.

Des sources d’information « bricolés »

Alors que le grand public compte sur la télévision et la presse écrite pour l’informer, les leaders d’opinion s’appuient essentiellement sur « des canaux informels et internes pour obtenir des informations sur les décisions européennes qui les concernent directement ».

Un jugement partagé pour un effort d’information et de communication

Décideurs et grand public s’accordent, en revanche, à considérer que la communication des gouvernements nationaux sur l’UE pourrait être améliorée (65% et 73%), ainsi que l’information par les médias (72% et 62%), dont ils attendent qu’ils rendent plus visibles les dossiers européens au niveau national.

Eurobaromètre 189 – Septembre 2006 :

Auprès du grand public

Auprès des décideurs

Initiative européenne pour la transparence financière

Dans le cadre de l’initiative européenne en matière de transparence poursuivie par la Commission européenne depuis 2005, un site Internet est lancé afin de permettre aux citoyens européens d’accéder librement à toutes les données relatives aux bénéficiaires des fonds directement gérés par la Commission et ses agences exécutives.

Selon le communiqué, parallèlement, tous les États membres devraient mettre en place un site Internet sur lequel seront publiées des informations sur les paiements versés par le Fonds européen agricole pour le développement rural.

Grâce à cette initiative responsabilisante pour les gestionnaires de programmes de l’UE et quasi unique pour des administrations publiques dans le monde, le débat démocratique sur la meilleure utilisation possible du budget de l’UE devrait être relancé.

Quelle est la place des collectivités territoriales dans la communication européenne ?

Dans le prolongement de la nomination d’un membre de la Commission européenne chargé de la stratégie de communication en 2006, la Représentation de la Commission en France a réuni un « Cercle de réflexion sur la communication européenne » en 2007. Parmi les conclusions du rapport de synthèse, la réflexion sur la place des collectivités territoriales dans la communication européenne…

Les collectivités territoriales au cœur de la stratégie de communication européenne

Les collectivités territoriales sont des lieux essentiels de diffusion d’information, de communication et d’ explicitation des enjeux de nature territoriale et européenne. Les élus locaux sont à la fois des intermédiaires auprès de relais d’opinion et des prescripteurs auprès de nombreux publics.

Les collectivités territoriales peuvent veiller à l’adaptation des messages européens en fonction des destinataires visés. Les élus locaux sont en mesure à la fois de traduire, transposer et adapter le message aux circonstances et réalités locales/sectorielles.

Selon le groupe de travail, « la fonction des élus locaux requiert une attention particulière dans la mesure où elle ne nécessite pas uniquement des moyens matériels mais surtout une capacité intellectuelle doublée d’une légitimité politique ».

Les missions de « communicant » des collectivités territoriales

Au-delà de la mission d’information sur l’UE (les institutions, les politiques publiques…), les collectivités territoriales peuvent participer à la stratégie de communication européenne :

  • Donner un rôle plus important aux ressortissants de l’Union européenne lors des élections municipales en organisant des manifestations autour des conseillers municipaux européens.
  • Organiser des débats, forums dans les mairies, dans les conseils de quartier autour de sujets qui concernent la vie de tous les jours ayant un rapport avec l’Europe.
  • Consacrer une rubrique aux députés européens dans les bulletins édités par les collectivités territoriales afin de leur permettre de s’exprimer soit sur des décisions européennes en cours susceptibles d’avoir une incidence locale, soit sur des réalisations européennes ayant un impact local.
  • Assurer le fonctionnement des réseaux de communication avec un rôle de mise en réseau, de facilitateur sur un territoire délimité.