A la suite de la réunion extraordinaire des ministres de la santé de l’Union européenne du 30 avril relative à la grippe A (voir les conclusions du Conseil sur l’épidémie de grippe A), la direction générale de la santé et de la protection des consommateurs (DG Sanco) organise la communication européenne de crise…
Communication de crise coordonnée via le système communautaire d’alerte précoce et de réaction
La direction générale de la santé et de la protection des consommateurs organise la coordination des communications au sein de l’Union européenne via le système communautaire d’alerte précoce et de réaction (SAPR)
En vertu du SAPR, les États membres sont tenus de communiquer :
les mesures qu’ils se proposent d’adopter ;
les mesures qu’ils ont déjà mises en œuvre ;
les conseils qu’ils ont fournis,
ainsi que tout cas confirmé de la maladie.
Communication de crise coordonnée avec le centre opérationnel de gestion de crises sanitaires
La direction générale de la santé et de la protection des consommateurs surveille et coordonne la réaction à l’épidémie de grippe via le centre opérationnel de gestion de crises sanitaires de la DG Sanco, situé à Luxembourg.
Ce service constitue la pièce maitresse de l’Union européenne – la « cellule de coordination de crise » – dans la gestion de la communication de crise de cette pandémie de grippe.
A moins d’un mois du scrutin, la campagne pour les prochaines élections européennes semble à peine commencer : quelle est la meilleure approche en matière de communication pour tenter de mobiliser les électeurs ?
Une approche politique – partisane pour les campagnes électorales des candidats
Une approche civique, non partisane et pédagogique privilégiée pour les campagnes institutionnelles des autorités publiques
La campagne de communication du Parlement européen « A vous de choisir » qui vise à sensibiliser les citoyens aux enjeux des prochaines élections européennes via notamment :
les « Eurostudios », des cahiers de doléance « high tech » itinérants pouvant enregistrer et présenter les avis des électeurs
des contributions vidéos notamment sur des réseaux sociaux tels que Facebook, My Space, Flicker, Youtube…
Une approche décalée : humoristique, provocatrice voire choquante privilégiée par des associations militantes et/ou des actions auprès des jeunes
Spots de publicité sur MTV réalisés par la Commission européenne « Ohé, l’Europe, tu m’entends ? ».
Vidéo avec un slogan provocateur « Ne va pas voter… sauf si » réalisée par l’association des Jeunes Européens-France en collaboration avec la Fondation pour l’Innovation politique (Fondapol).
Vidéo avec une tonalité choquante mettant en scène des menottes ou un fouet, avec pour slogans : « Soumettez les à vos désirs » et « Votez pour qu’ils se plient à vos exigences » réalisée par la branche française du Parlement européen des jeunes (vidéo rapidement retirée).
Une approche informative dédiée à l’événement privilégiée par des médias traditionnellement intéressés par les affaires européennes
Blog de la rédaction du Monde.fr : europeennes.blog.lemonde.fr, consacré aux élections européennes
Partenariat YouTube/Euronews avec « Questions for Europe », un service de diffusion pour mettre en relation les électeurs et les candidats avant les élections européennes et les encourager à s’engager à un dialogue par le biais de la vidéo en ligne.
Arte, initiative militante : « 27 et moi » propose une plateforme interactive où 27 correspondants qui reflètent la diversité de l’Europe d’aujourd’hui « chroniquent leur quotidien et la campagne dans leur pays », tout en vidéo et avec des rubriques ludiques (« vrai/faux », « pour qui voter ? » en France ou en Allemagne seulement, Live-blogging, Live-streaming…) qui « permettent de faire la chasse aux clichés et de mieux connaître l’influence que le Parlement européen exerce, ou non, sur notre vie quotidienne ».
Une approche collaborative ou participative par des médias relativement moins sensibilisés aux enjeux européens
L’Express, initiative web 2.0 : « Ensemble sauvons ces élections de l’ennui » propose aux internautes de participer aux enquêtes des journalistes sur l’UE en offrant notamment un journal de bord tenu par les journalistes au fur et à mesure de l’évolution de leurs recherches ; envoyer des pistes, des idées de traitement, des témoignages, et d’en discuter avec les journalistes et les autres internautes dans un forum dédié ; voter pour leurs enquêtes préférées.
« A vous de choisir », telle est la signature de la campagne de communication du Parlement européen relayée par de multiples vidéos afin d’expliquer « qu’en votant lors des élections européennes, le pouvoir est aux citoyens »…
Une bonne complémentarité des supports en fonction des cibles et des angles
Réalisation d’une vidéo institutionnelle dont le message consiste à montrer des nouvelles fictives afin de démontrer que les citoyens peuvent façonner les informations de demain en exerçant leur droit de vote :
diffusé en 34 langues,
réalisé avec 750 citoyens des 27 nationalités européennes,
adapté aux publics des 27 États membres de l’UE avec la participation de personnalités nationales,
conçu par la Direction générale de la Communication du Parlement européen,
entièrement sous-titré et accessible aux sourds et malentendants.
Réalisation d’un making off :
Réalisation d’un reportage par la chaîne de télévision Euronews, avec le soutien du Parlement européen pour se plonger au cœur de la réalisation de la campagne de communication pour les élections européennes.
Réalisation de 3 vidéos décalées « Au bureau de vote (…) Il y a toujours le temps pour aller voter » reposant sur l’humour et l’autodérision et destinés à « interpeller » les électeurs alors que l’abstention risque d’atteindre des taux record :
Une bonne complémentarité des moyens de diffusion en fonction des opportunités
Diffusion gracieuse sur plus de 100 chaînes TV dans tous les pays de l’UE.
Diffusion grâce en partie à la coopération de la Commission européenne dans environ 1000 cinémas en Europe pendant les quatre dernières semaines de la campagne.
Diffusion sur les principaux réseaux sociaux : Facebook, MySpace, Flickr, YouTube…
Alors que le gouvernement français lance une campagne d’information et d’incitation au vote pour les élections européennes du 7 juin prochain avec la diffusion d’un spot TV unique de 45 secondes plus de 1000 fois du 9 au 22 mai 2009, la stratégie du plan média soulève des interrogations…
Une campagne d’information nécessite de s’inscrire durablement
Une campagne de communication qui s’inscrit dans la durée permet une meilleure appropriation du message par le grand public.
Pourtant, Bruno Le Maire, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes lors d’une intervention le lundi 4 mai devant un auditoire clairsemé d’étudiants de l’université Paris Dauphine (une vingtaine), se prononce pour « une campagne courte et forte à la fois » (la période de diffusion du spot TV réalisé par le gouvernement français est de 15 jours seulement).
Une campagne d’incitation au vote nécessite de s’inscrire précocement
Une campagne d’incitation au vote pour éviter tout sentiment de frustration de la part de citoyens non inscrits devrait débuter par un message d’incitation à s’inscrire sur les listes électorales, avant la clôture des inscriptions au 31 décembre de l’année précédent l’année du scrutin.
Ainsi, une campagne relativement longue permettrait de toucher efficacement les citoyens et une campagne précoce permettrait de ne pas se situer en même temps que le processus électoral et le jeu politique proprement dit.
En complément de la campagne de communication du Parlement européen pour les élections européennes : “Elections européennes : à vous de choisir”, le gouvernement français lance – à l’occasion de la Journée de l’Europe du 9 mai – une campagne d’information et d’incitation au vote pour les élections européennes composée d’un spot vidéo…
Des objectifs de communication concentrés sur l’institutionnel : déficit de la dimension affective de l’Europe
Les objectifs du spot, unique moyen de communication de la campagne sont de :
rappeler la date des élections : le 7 juin pour la métropole, le 6 ou 7 juin pour l’outre-mer.
inciter les électeurs à se mobiliser : le taux de participation réel aux élections européennes de 2004 était de 43.3%.
raconter les grandes étapes de la construction européenne et mettre en perspective les élections du 7 juin.
Au regard des objectifs d’une campagne de communication selon le modèle AIDA (Attention, Intérêt, Désir, Action) :
attirer l’Attention ;
susciter l’Intérêt ;
provoquer le Désir ;
pousser à l’Action ;
la campagne gouvernementale répond parfaitement aux objectifs cognitifs (informer) et conatifs (inciter les citoyens à changer leur comportement) mais ne semble pas prendre en compte pleinement les objectifs affectifs (développer une image attractive).
Ainsi, la campagne de communication du gouvernement pour informer et inciter les citoyens à voter aux prochaines élections européennes – dont les objectifs de communication sont très institutionnels – risque de conforter le déficit d’image de l’Europe et ne pas pleinement finaliser la lutte contre l’abstention.
Un dispositif média concentré dans le temps : déficit de diffusion dans la dernière ligne droite avant le vote
Toujours selon le portail du gouvernement, cette campagne bénéficie d’un dispositif média concentré de plus de 1000 passages en télévision d’un spot unique de 45 secondes, du 9 au 22 mai 2009.
Certes, la diffusion sur la plupart des chaînes de la TV (5 grandes chaînes de télévision nationale, 16 chaînes de la TNT, du câble et du satellite et 14 chaînes d’Outre-mer) et les relais sur des sites web gouvernementaux et commerciaux permettront sans aucun doute de toucher massivement une large cible de citoyens français et européens résident en France.
Mais, malgré la puissance GRP du plan média très impactante, l’absence de diffusion du spot lors des 15 derniers jours précédant le scrutin risque de ne pas convaincre les électeurs hésitants qui décident de plus en plus tardivement de voter ou de s’abstenir.