Comment approfondir la stratégie de communication européenne en partenariat ?

Déjà 4 ans que Margot Wallström, Vice-présidente de la Commission européenne responsable de la stratégie de communication et des relations institutionnelles présentait – le 3 octobre 2007 – la stratégie « Communiquer en partenariat ». Et 3 ans depuis la signature de la déclaration politique, le 22 octobre 2008 au Parlement européen…

Bilan, défis et risques de la stratégie de communication européenne en partenariat

La stratégie consiste à relever le défi de la communication sur l’Union européenne par des partenariats en matière de communication entre les institutions européennes et avec les États membres.

Bilan des coopérations en communication européenne, d’après l’intervention de Vincenzo Le Voci, responsable de la politique d’information au Conseil de l’UE lors du colloque EuropCom 2011 :

1. Coopération inter-institutionnelle informelle :

  • le Club de Venise qui s’organise autour d’une coopération large à l’échelle européenne sur la communication publique et européenne entre les directeurs de la communication des institutions européennes et des gouvernements des États membres ;
  • le Groupe interinstitutionnel de l’information (GII) pour une coopération plus restreinte à la communication européenne, notamment pour définir des priorités inter-institutionnelles de communication annuelles.

2. Coopération transnationale :

  • Actions de communication transfrontalières menées par une institution européenne comme par exemple les 12 « Forums transfrontaliers » présentés également à EuropCom par Katrin Ruhrmann, Directeur des Centre d’information du Parlement européen réalisés en 2011 dans 21 pays européens en 2011 autour de sujets régionaux tels que la stratégie autour du Danube, l’approvisionnement énergétique, la coopération douanière…
  • coopération intergouvernementale dans des campagnes de communication européenne ad hoc.

3. Coopération incluant les gouvernements des États-membres :

  • les partenariats stratégiques/de gestion en communication entre les institutions européennes et les États-membres ;
  • la coopération en matière de communication européenne entre gouvernements nationaux et institutions régionales et locales voire avec des ONG.

Quels sont les risques majeurs des partenariats pour les acteurs clés, selon Vincenzo Le Voci ?

  • Création et opération à l’intérieur d’une « bulle » ;
  • Gestion sans mesurer la communication et sans savoir combien d’argent peut être mis sur les dépenses opérationnelles ;
  • Action réalisée sous la houlette des institutions européennes en ignorant les gouvernements des États-membres.

Quelle est la valeur ajoutée du partenariat ?

  • Dans la définition des messages : approche prospective, partage d’une vision commune et preuve de la valeur ajoutée de l’UE ;
  • Dans l’organisation du travail : sensibilisation accrue des partenaires à la communication européenne, prise de conscience des moyens propres à chacun, confiance, respect mutuels et responsabilisation des acteurs ;
  • Dans l’action : programmation pluriannuelle et planning cohérent, acquisition plus rapide de savoir-faire et de compétences, optimisation des ressources et des résultats.

Pistes pour approfondir les partenariats de communication européenne

Plusieurs pistes permettraient d’approfondir la stratégie de communication européenne en partenariat :

Compléter la coopération entre institutions européennes autour de priorités de communication par des budgets communs

Dans son discours de clôture à EuropCom, le Directeur général de la communication au Conseil de l’UE – Reijo Kemppinen (voir la vidéo) estime qu’« il est temps de travailler ensemble à de vrais partenariats. »

Alors que les partenariats sont au fondement de la stratégie de communication européenne, Reijo Kemppinen constate que moins de 5% des investissements totaux en communication des institutions européennes sont mis dans la coopération interinstitutionnelle.

Approfondir la coopération interinstitutionnelle consisterait donc à compléter la définition de priorités de communication communes par un partage sensible des budgets afin de mener des campagnes de communication conjointes vraiment efficaces et effectives.

Amplifier les partenariats de communication entre les institutions européennes et les États-membres avec les collectivités territoriales au-delà des seuls gouvernements

Actuellement, les partenariats de communication sont conçus pour être signés exclusivement entre les institutions européennes et les gouvernements des États-membres. Cette approche est conclue en 2011 par 3 partenariats stratégiques (Chypre, Rep. Tchèque et Irelande) et 18 partenariats de gestion (exécution du budget non plus en parallèle mais en commun entre la Commission et l’État-membre), dont la France.

Approfondir la pleine coopération avec les États-membres consisterait à permettre aux institutions européennes de conclure avec des collectivités territoriales (régions, villes…) des partenariats de communication à l’instar des partenariats existants pour les gouvernements.

Développer des partenariats de communication multiacteurs et multiniveaux, c’est-à-dire incluant les réseaux et associations de la société civile

Actuellement, les actions de communication menées avec le concours des acteurs de la société civile sont menées au cas par cas par les organes déconcentrés des institutions européennes dans les Etats-membres (Représentations de la Commission et Bureaux du Parlement européen). Cette forme de coopération est faiblement structurée et peu pérenne.

Approfondir la pleine logique de la coopération consisterait à inclure l’ensemble des acteurs publics et privés désireux de s’exprimer sur les affaires européennes dans des partenariats organisant les prises de parole et décuplant ainsi les effets et les résultats.

En conclusion, que faut-il retenir des partenariats de communication européenne ?

  • un exercice concret pour sélectionner des priorités tangibles et apprendre à connaître et travailler avec ses partenaires ;
  • une approche structurée (planification, coordination, mise en œuvre, évaluation) et claire (définition des rôles, des compétences et des responsabilités) ;
  • une dynamique permettant de s’engager dans un véritable dialogue avec tous les acteurs sur la stratégie, l’identification des objectifs, des cibles, des instrument et un  partage des meilleures pratiques ;
  • un renforcement des capacités à toutes les étapes de la communication et particulièrement en favorisant l’utilisation de canaux et outils existants et dans l’évaluation.

EuropCom 2011 : quelles étaient les présentations qu’il ne fallait pas manquer ?

Après 2 jours de débats à Bruxelles à l’occasion de la 2e conférence européenne de la communication publique et européenne, parmi l’ensemble des présentations des intervenants, que fallait-il ne pas manquer ?

« Keynote speech » de Simon Anholt, conseiller politique indépendant : « l’imagination dans l’élaboration des politiques est essentielle, l’UE doit devenir imaginative »

Qu’est-ce que la communication et qu’est-ce que l’UE fait ?

D’abord, la communication peut être entendue comme la fourniture légitime d’informations, lorsque le public le réclame.

=> L’UE fournit de l’information lorsque personne l’a demandée et sur des sujets qui n’intéressent personne.

Ensuite, la communication peut être comprise comme la publicité, c’est-à-dire la vente d’un produit ou d’un service à des consommateurs qui tolèrent que les médias soient utilisés pour véhiculer ces messages publicitaires.

=> L’UE réalise des campagnes alors qu’elle n’a rien à vendre et qu’elle n’a pas identifié d’audience.

Enfin, la communication peut s’envisager comme la propagande, autrement dit la diffusion non légitime et non tolérée de messages.

=> L’UE fait de la propagande quasiment tout le temps alors même qu’elle ne contrôle évidemment pas tous les médias, ce qui en fait un gaspillage de temps et d’argent public.

Que devrait faire l’UE pour mieux communiquer ?

Pour une communication de l’UE plus efficace, il faut donc identifier 1. les demandes d’informations auprès des citoyens, 2. les produits ou services de l’UE ainsi que les audiences susceptibles d’être intéressées et 3. l’arrêt de toute propagande.

Mais surtout, puisque l’UE ne sera jamais jugée sur ce qu’elle dit, mais bien plutôt sur ce qu’elle fait, il faut :

  • une stratégie : définir à quoi sert l’UE aujourd’hui alors que l’essence d’origine (la paix) n’est plus suffisante pour justifier l’existence actuelle.
  • une substance : si l’UE veut être un acteur sur la scène mondiale – l’UE étant légitimement la seule expérience actuellement réussie au moins en partie de gouvernance multilatérale entre États – alors l’UE doit vraiment le devenir. Il ne lui reste qu’à choisir ses priorités.
  • des actions symboliques : l’UE doit poser des actes qui apportent la preuve sans l’ombre d’un doute de son rôle mondial. Pour y parvenir, « l’UE doit cesser l’erreur fatale de croire que parce que son travail est si grave pour des millions de gens, il faut aussi qu’il soit ennuyeux. C’est la chose la plus irresponsable pour les décideurs et les fonctionnaires européens que d’être ennuyeux parce que c’est la politique ennuyeuse qui ne parvient pas à saisir l’imagination, ne parvient pas à se communiquer, et par conséquent ne fait rien de bien », traduction de la transcription réalisée par Ronny Patz dans « The EU’s image is the boringness of its officials? ». Cela nécessite des changements structurels, un message entendu par Jon Worth dans « The EU has a structural problem, not a communications problem ».

Chiffres clés sur l’information, la communication et le lobbyisme européens

Intervention de Lisbeth Kirk, éditrice en chef d’EUobserver :

550 médias accrédités auprès des institutions européennes en 2010 contre près de 700 en 2005, soit une baisse de plus de 20%

950 journalistes accrédités auprès des institutions européennes en 2010 contre plus de 1 000 en 2005

530 professionnels de la communication de l’UE en 2011: 104 fonctionnaires au service du porte-parole de la Commission, 62 au Parlement européen et 63 au Conseil

2 566 lobbyists européens à Bruxelles en 2010, ils étaient seulement 202 en 2008

Les enjeux de la communication européenne dans le web social

Le risque d’un « digital divide » dans la communication de l’UE dans le web social

Intervention de Gea Ducci, chercheur au département des sciences de la communication à l’Université d’Urbino Carlo Bo en Italie :

Comment les institutions publiques européennes peuvent « habiter » le web social ?

  • Encourager la participation des citoyens dans les politiques publiques
  • Stimuler l’expression de l’opinion des citoyens européens
  • Améliorer la qualité des services avec l’écoute des citoyens
  • Cultiver des relations de proximité avec les citoyens
  • Partager avec les citoyens les choix de campagnes de communication

Le problème de la désintermédiation de la communication dans le web social réside dans la difficulté à distinguer entre la communication politique et la communication institutionnelle :

  • dans le web social, la communication politique parce qu’elle est très personnalisée et spontanée se trouve bien adaptée ;
  • en revanche, la communication institutionnelle parce qu’elle de nature plus distancée peine à trouver sa place dans le web social.

Une « politique médias sociaux » pour les institutions publiques doit reposer sur :

  1. la crédibilité ;
  2. la relation équilibrée entre communication politique et la communication institutionnelle ;
  3. la vision et la planification stratégique dans l’utilisation des différents médias sociaux ;
  4. la communication intégrée, c’est-à-dire multicanale ;
  5. la définition des compétences et des métiers.

L’enjeu est d’éviter le risque de créer de nouvelles inégalités – le « digital divide » – tant au sein des administrations publiques européennes qu’au sein des populations européennes.

3 conseils de l’eurobloggeur Jon Worth :

  • produire du contenu crédible ;
  • dire la vérité ;
  • assurer une présence de long terme, cf. le « Gartner Hype Cycle » présenté par Richard Stacy, consultant en médias sociaux :

2 présentations de professionnels de la communication de l’UE dans le web social :

  • Attention au fossé – les pièges de la mise en réseau avec les citoyens de l’UE dans les médias sociaux par Aurélie Valtat, responsable de la communication web au Conseil de l’UE ;
  • La réputation en ligne (dans le web social, le web documentaire et le web informatif) autour du rond-point Schuman par Dana Manescu, attachée de presse au Conseil de l’UE.

Le journalisme citoyen: opportunité ou menace ?

Intervention de Nuria Simelio Sola, professeur à l’Université autonome de Barcelone en Espagne :

Définition du concept de journalisme citoyen, : journalisme participatif, journalisme interactif, journalisme généré par les utilisateurs des médias :

  • Journalisme généré par les utilisateurs des sites de médias : utilisation quotidienne des citoyens en tant que reporters, généralement non rémunérés, à la place des journalistes professionnels profitant pleinement des technologies interactives du web 2.0. (Joyce, 2007) ;
  • Journalisme participatif : tout type de newswork aux mains de professionnels et d’amateurs entendu comme utilisateurs, producteurs et évaluateurs entre pairs d’une production commune (Bentley, 2005) ;
  • Journalisme interactif : pratiques en matière de journalisme en ligne, qui utilisent le web comme une plateforme d’interactivité et de discussion toujours produites uniquement par des professionnels, mais les commentaires des utilisateurs sont facilités (Paulussen, 2007) ;
  • Journalisme citoyen : « Lorsque le peuple anciennement connu comme le public emploie les outils de presse en leur possession pour informer les uns les autres, c’est le journalisme citoyen. » (Rosen, 2008).

Opportunités du journalisme citoyen :

  • Pourvoit de nouvelles voix et des sources alternatives améliorant le système démocratique, car garantissant la diversité de l’opinion publique ;
  • Permet des contributions de première main lors d’événements et de crises (sites de partage de photos, blogs…) ;
  • Supprime « l’élite gatekeeper » ;
  • Donne un espace pour les groupes sociaux marginalisés, alternatifs et militants ;
  • Assure un contrepoids aux grands médias ;
  • Crée une information indépendante des sociétés commanditaires et du gouvernement ;
  • Assure une fonction politique d’influence en soulignant les problèmes sociaux ignorés par les médias grand public ;
  • Transcendent les frontières géographiques ;
  • Par ses faibles coûts de production, met l’accent sur les nouvelles que les médias traditionnels ne trouvent pas profitables ;
  • Exerce une responsabilité sociale et politique avec la participation des citoyens dans l’évaluation des politiques publiques ;
  • Renforce la culture démocratique ;
  • Favorise l’intelligence collective et l’apprentissage collaboratif ;
  • Par sa dimension collective, permet un journalisme égalitaire et non hiérarchique.

Menaces du journalisme citoyen :

  • Peut donner une voix aux groupes extrémistes (racisme, haine, violence…) ne seraient pas admis sur les médias traditionnels ;
  • Ne donne lieu à aucune amélioration par rapport aux  façons de faire, ou à aucune conséquence efficace ou utile ;
  • Ne peut pas être fiable / digne de confiance sans le code d’éthique journalistique, sans le contraste entre faits et sources, sans formation journalistique professionnelle ;
  • Est subjectif avec risques conflits d’intérêts, chambres d’écho et au détriment des points de vue plus larges ;
  • Tend à renforcer les arrangements institutionnels existants et les inégalités sociales ;
  • Remet en cause le journalisme en tant que profession ;
  • Se concentre principalement dans les « informations légères ».

Avenir du journalisme citoyen :

Institution, communicateurs publics et journalistes devraient agir pour promouvoir la citoyenneté active et non pour générer des leaders d’opinion en captivité. En d’autres termes, ils devraient d’abord être ouvert afin de redonner une partie de leur pouvoir à la source de leur pouvoir : le peuple.

Abandon du Prix du journalisme du Parlement européen

Après 4 ans d’une existence moribonde, le Prix du Journalisme du Parlement européen récompensant de 5 000€ des journalistes de presse écrite, radio, télévision et Internet est finalement abandonné au lendemain de la cérémonie de remise des prix…

Fortes critiques quant à l’indépendance éditoriale des journalistes chez les eurodéputés

Le prix fit l’objet de vives critiques dès sa création, « l’indépendance d’esprit des journalistes et la liberté de la presse ne peut s’accommoder de récompenses pécuniaires », écrivais-je dans un billet publié le 26 mars 2008 sur l’esprit contestable du prix du Journalisme du Parlement européen.

Cité par un journal danois : « Le prix est en conflit direct avec plusieurs des idéaux de l’UE : la transparence et l’indépendance des journalistes et des médias », écrit Christofer Fjellner, MEP suédois dans un e-mail exigeant que le prix soit immédiatement aboli envoyé à l’occasion de la cérémonie de remise des prix, hier.

Relais des critiques quant au respect des usages du web dans l’euro-sphère en ligne

Le choix du jury cette année dans la catégorie Internet a été légitimement critiqué par Ron Patz :

  • il ne s’agit que d’un simple texte sans aucun lien hypertexte,
  • il ne comporte aucun rich media et aucun usage des multiples possibilités de valorisation multimédia des contenus (infographies, data visualisation…) ;
  • il n’y a aucun travail de recherche documentaire ou de données européennes particulièrement nouvelles ou originales ;
  • il n’a enfin soulevé aucun commentaire et aucune réaction plus largement sur le web.

Dans un esprit plus polémique, le journal suédois Expressen repris par PressEurop confirme :

« L’objectif du journalisme n’est pas d´améliorer la compréhension (…) de la bureaucratie byzantine de l’UE, mais d’enquêter et d’expliquer, ce qui est toute autre chose. (…) On ne peut pas récompenser ceux qui écrivent les bonnes choses sur les bons sujets ».

Quoique que le Parlement européen nie que le prix soit fermé en raison d’impétrants trop rares ou de mauvaise qualité – puisqu’environ 350 contributions auraient été reçues cette année, cette récompense octroyée par le Parlement européen aux journalistes est heureusement abandonnée, comme le confirme le porte-parole du Parlement européen :


Europcom 2011 : quelles sont les tables rondes à ne pas manquer ?

Les 19 et 20 octobre prochains à Bruxelles, se tient « EuropCom », la 2e conférence européenne sur la communication publique en Europe et sur l’Europe. Dans le programme, quelles sont les tables rondes à ne pas manquer ?

Tables rondes incontournables autour de la communication de l’Union européenne

L’Europe comme une marque

Autour notamment des deux responsables parmi les plus influents dans les institutions européennes : Christine Roger, directeur des médias et de la communication au Conseil de l’UE et Sixtine Bouygues, directeur des communications à la DG COMM de la Commission européenne.

L’Europe est-elle une marque, ou devrait-elle le devenir ? Quels efforts ont été faits par les institutions européennes et quels sont les défis pour les années à venir ? Est-ce qu’une marque européenne forte pourrait renforcer la communication européenne et vice-versa ?

Communiquer l’Europe en partenariat avec des réseaux et des associations

Autour notamment de Laurent Thieule, directeur «  Communication, Presse et Événements » au Comité des Régions, Ylva Tiveus, directeur « Citoyenneté » à la DG COMM de la Commission européenne et Vincenzo Le Voci, responsable de la Politique de l’information au Conseil de l’UE.

Les autorités locales et régionales jouent un rôle croissant dans la mise en réseau et le partage de connaissances. En ces temps d’austérité, ces collectivités « intermédiaires » peuvent jouer un rôle clé dans la communication sur le financement européen des projets locaux et régionaux. Comment ces organisations intermédiaires dans la société civile peuvent et doivent s’impliquer dans la communication de et sur l’UE ?

Communiquer l’Europe en temps de crise

Comment analyser la perception et les attentes des citoyens vis-à-vis des politiques de l’UE ? Comment atteindre une couverture médiatique sur l’Europe dans les Etats membres ? Quels sont les résultats de la recherche quant à l’impact des médias sur l’image de l’Europe ? Quelle est l’influence des médias nationaux et régionaux sur l’euroscepticisme dans l’opinion publique ? Comment les responsables politiques locaux ou régionaux prennent leur rôle en tant qu’alliés stratégiques dans la gestion de cette crise de confiance?

En dehors de la bulle de Bruxelles : l’Europe au niveau local

Les tentatives pour gagner l’opinion publique ne fonctionneront tout simplement pas sans adapter les messages sur l’Europe localement en fonction de la réalité du terrain et des meilleures synergies possibles. Quelles sont les meilleures (et pires) pratiques au niveau local, régional ou national pour montrer l’influence de l’UE dans la vie quotidienne des citoyens européens ?

Se faire entendre à l’étranger : mener des relations médias internationales

Autour notamment de Jaume Duch Guillot, directeur pour les médias et porte-parole du Parlement européen et Koen Doens, Chef du Service du Porte-parole de la Commission européenne.

Les autorités publiques prennent conscience de l’importance des relations presse internationales dans leur communication globale et leur stratégie de marque. Quel rôle peuvent jouer les institutions européennes ? Comment continuer à impliquer les correspondants de presse à Bruxelles tout en poursuivant les efforts de communication décentralisée ?

Tables rondes incontournables autour de la communication européenne et du web social

Les médias sociaux : mise en réseau avec les citoyens

Autour notamment de Niels Thøgersen, vice-président honoraire du Club de Venise et Aurélie Valtat, responsable de la communication web du Conseil de l’UE.

L’influence croissante des réseaux sociaux sur la vie au jour le jour des Européens change la façon dont l’UE communique. Comment mettre en place une stratégie médias sociaux ? Quelles sont les enjeux à examiner sur les frontières, la responsabilité, la prise de risques et potentiellement la perte de contrôle de la voix de l’institution publique ?

Suivi et gestion de la réputation en ligne

Autour notamment de Stephen Clark, directeur de la communication web du Parlement européen, Jon Worth, bloggueur, co-éditeur du BloggingPortal et Dana Manescu, Presse Officer au Conseil de l’UE.

Les communicateurs publics sont conscients qu’il est impossible de tenir une poignée serrée sur ce qui est dit au sujet de leur organisation. Un réglage limité et contrôlable avec peu de voix et de messages a été remplacé par une multitude de flux de communication. La veille permanente et la gestion de la communication en ligne sont devenues une partie essentielle de la communication. Comment les autorités publiques européennes scrutent leur réputation en ligne ? Comment gèrent-elles les discussions sur les réseaux sociaux ? Quel rôle peut jouer chaque fonctionnaire dans la gestion de la réputation quotidienne de son organisation ?

Le journalisme citoyen, opportunité ou menace

Les citoyens jouent plus que jamais un rôle actif dans la collecte, l’analyse et la diffusion des informations. Comment les communicateurs publics interagissent avec les acteurs du « journaliste citoyen » et même comment peuvent-ils les inciter à prendre un rôle actif dans le dialogue avec le public.

Connecter les jeunes à travers les réseaux sociaux

Pour vendre l’Europe, il faut commencer par communiquer auprès des jeunes. Cette règle tant répétée est plus que valable aujourd’hui. L’effet multiplicateur des « digital natives » à travers les médias sociaux ne peut pas être sous-estimé. Comment les communicateurs publics peuvent-ils adapter leur stratégie classique de communication éducative à ces nouveaux défis ? Et comment gérer la tendance actuelle faisant que les jeunes mènent une partie du débat public grâce aux médias sociaux ?

Parlamentarium : la vitrine virtuelle de l’Union européenne ?

Vendredi 14 octobre, le nouveau centre des visiteurs du Parlement européen, à Bruxelles, devient la nouvelle vitrine de l’UE ouverte, gratuitement, sept jours sur sept, dans les 23 langues officielles…

Visiter les institutions européennes jusqu’à présent : un parcours du combattant

S’organiser une visite des institutions européennes – pour le citoyen lambda – n’est pas aujourd’hui chose très aisée.

Institution la moins ouverte au public, le Conseil de l’Union prévient d’emblée que « les visites doivent être programmées au moins deux mois à l’avance ». De plus, le visiteur impétrant doit montrer patte blanche : nom, adresse, numéro de téléphone, adresse électronique + deux possibilités de dates + le nombre et l’âge des participants (l’âge minimum est de 18 ans).

À peine plus accueillante, la Commission prévient qu’elle « n’organise pas de visites d’information pour des petits groupes (moins de 15 personnes) ou des particuliers. Pour des raisons de sécurité, il n’est pas possible d’organiser des visites guidées des bâtiments de la Commission ». Par ailleurs, les visiteurs doivent êtres « âgés d’au moins 15 ans ».

Seuls trois types de visites de la Commission européenne sont possibles :

  • des séances d’information générale de 90 minutes destinées aux écoles et aux personnes n’ayant pas ou peu de connaissances sur l’Union européenne ;
  • des visites personnalisées d’une demi-journée destinées aux étudiants ;
  • des visites personnalisées d’une journée destinées entre autres aux groupes professionnels, aux partenaires sociaux (associations professionnelles et syndicats) et aux groupes d’intérêts (organisations féminines, groupes religieux, etc.).

Quoique l’institution européenne la plus ouverte, le Parlement européen limite l’âge des visiteurs à « au moins 14 ans » et réduit la plage horaire pour assister à une séance plénière dans l’hémicycle à quelques jours par semaine et quelques heures par jour.

Bref, visiter les institutions européennes n’est pas facile et surement pas une activité familiale.

Découvrir l’UE avec l’ambitieux Parlamentarium : un voyage virtuel à travers l’Europe

Décidé en 2005, Parlamentarium se revendique le second plus grand centre du genre au monde, après celui de Capitol Hill à Washington (coût de 421 millions d’€ pour une superficie de 53 800 m2).

Le Parlamentarium – dont l’origine est un condensé entre Parlamentum (grec) = parler et Atrium (latin) = suffixe désignant un endroit – attend 450 000 visiteurs par an pour un coût d’environ 21 millions d’€ et 5 400 m2, selon les « faits et chiffres » dans la note de background.

La population locale et les touristes y trouveront un large éventail d’outils multimédias immersifs et interactifs qui plongent les visiteurs dans un « voyage virtuel à travers l’Europe ». La description des animations dans le press kit ne fait que renforcer la prégnance du numérique :

  • 1 jeu de rôle multimodes pour les lycéens ;
  • 1 série d’installations interactives ainsi qu’1 mur de vidéos
  • 1 projection en 3D d’une carte d’Europe évolutive avec « 90 points interactifs (…) des écrans mobiles faisant office de guides multimédias » ;
  • 1 dispositif de vote interactif permettant de comparer son vote à celui d’autres visiteurs « C’est à vous de choisir » (la signature de la campagne d’incitation aux votes du Parlement européen pour les dernières élections européennes) ;
  • 2 cinémas à 360 degrés : « une image gigantesque de l’hémicycle projetée sur un écran numérique panoramique à 360 degrés (…) assister aux débats et aux votes de façon à la fois ludique et captivant ».
  • 700 guides multimédias personnels disponibles pour le public.

Ainsi, avec Parlamentarium, « la forteresse Europe baisse son pont-levis ». L’UE investit dans un complexe qui renvoie à la fois une image de modernité et de virtualité. Saura-t-elle rendre plus attrayante la visite du quartier européen à Bruxelles et plus didactique la découverte de la construction européenne ?