Programme culturel de la présidence française de l’Union européenne

Le 3e pilier de la présidence française de l’UE – le sentiment d’appartenance – justifie que la culture soit un « lien de cœur » entre la France et les autres Etats-membres. Quel est le programme culturel de la PFUE 2022, en particulier auprès des Européens ?

Un programme : Échanger – Créer – Partager et l’année européenne de la jeunesse

Décidément abonné aux triptyques, la signature de la saison culturelle vise à « échanger, créer et partager » tout en mettant en avant les jeunes afin d’offrir aux publics français et européen « une Europe culturelle pleine de diversité, riche de ses échanges et source d’une force de cohésion unique ». Rapide sélection de quelques événements au programme du semestre :

Une app de rencontre chorégraphique : Danse l’Europe !

Sans doute largement inspiré par le succès des challenges sur TikTok, une application permet à tous, amateurs de danse ou non, de se rassembler pour partager un instant dansé autour d’une chorégraphie ludique et joyeuse dans de multiples lieux culturels de différentes villes européennes, mais aussi à domicile, en entreprise, dans des écoles, seuls ou en groupe. Cette expérience artistique innovante propose à ceux qui le souhaitent d’envoyer une vidéo de leur interprétation sur la plateforme Numéridanse.

Une expo photo sur les Grilles du Jardin du Luxembourg : Traversées d’Europe

Une mise en perspective de projets transnationaux au long cours révèle un continent multiple, riche et en constante mutation, réaffirmant son ancrage européen. Créateur et organisateur du festival Circulation(s), unique festival français dédié à la scène émergente européenne, les curatrices du collectif explorent ce territoire pour repérer les nouveaux talents de la photographie contemporaine. Les six artistes exposés, émergents ou confirmés, portent un regard singulier sur l’Europe et en dressent une cartographie sensible et composite.

Une Nuit des idées à l’heure européenne

La Nuit des idées se déroulera le 27 janvier 2022 sur le thème (Re)construire ensemble autour de 3 volets : l’organisation de 26 Nuits des idées dans chaque pays membre de l’Union européenne ; la mise en place de dialogues entre de grandes figures intellectuelles au sein de l’Union européenne ; l’organisation, enfin, d’un forum de la jeunesse européenne au Collège de France afin de concevoir et porter des propositions pour l’avenir de l’Union européenne, fruits de leurs propres engagements et d’une collaboration avec des laboratoires d’idées français.

Un Grand Palais Ephémère : l’EuroFabrique, être Européen, ça signifie quoi aujourd’hui ?

La jeunesse européenne s’interroge autour de l’idée d’Europe et imagine son futur, dans un Grand Palais Ephémère transformé pour l’occasion en un vaste espace d’expérimentation, à la fois fabrique, laboratoire et assemblée. Pendant 4 jours, 400 étudiants d’écoles supérieures d’arts françaises et européennes de 14 pays, parlant 12 langues différentes se réuniront pour interroger et inventer des formes qui portent le continent qu’elles habitent. Appelés à penser l’Europe de demain, ils produiront à la fois des œuvres et des objets de communication pour faire exister l’Union européenne. Une école imaginée pour l’occasion rassemblera des étudiants et des artistes en exil. Par groupes, les étudiants prépareront et présenteront des projets qui questionneront les valeurs, les problèmes et les débats qui animent l’Europe d’aujourd’hui.

Un livre : Le Grand Tour – Autoportrait de l’Europe par ses écrivains

Le Grand Tour répond à la définition de l’Europe de Milan Kundera : un maximum de diversité dans un minimum d’espace. 27 écrivains, un par État membre, écrivent sur des lieux évocateurs de la culture et de l’histoire européennes. Les auteurs appartiennent à des générations et des mondes différents. C’est une anthologie cosmopolite, contre l’oubli et l’effacement, contre l’esprit du temps et qui se joue des frontières.

Des débats simultanés au menu des Cafés Europa 2022

La culture des cafés dans la modernité européenne et dans la construction de l’espace public européen est reconnu par George Steiner. Dans 26 cafés, un par pays de l’Union européenne hors France, des débats d’idées simultanés dans des cafés emblématiques de l’espace public européen, organisés en collaboration avec des écoles de journalisme . L’opération célèbrera et s’efforcera de construire un récit européen à partir d’une expérience historique et culturelle partagée par l’ensemble des pays. Les débats porteront sur les moyens de renforcer l’indépendance de la presse, son rôle face à la prolifération de fausses nouvelles et l’évolution des métiers de presse à l’ère numérique.

L’Europe en BD

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères accueillera une exposition BD sur les grilles de l’hôtel du Ministre au Quai d’Orsay sur l’histoire européenne. Cette exposition a pour objectif d’illustrer la construction européenne en bulles, afin de réunir des publics de tous les âges sur les grands moments fondateurs de notre histoire commune.

Monumental Tour Concert

Le Monumental Tour sera le théâtre d’un ambitieux dialogue entre patrimoine et création contemporaine. Des monuments patrimoniaux et emblématiques français seront à l’honneur dans le cadre d’une scénographie mêlant musique électronique, projections vidéo et mise en lumière également retransmis en direct sur Internet.

Une Micro-Folie à l’heure européenne

Une sélection de chefs-d’œuvre des musées et institutions culturelles des États membres ouverte aux États membres via une « Micro-Folie » permettant de découvrir les trésors culturels  : beaux-arts, architecture, cultures scientifiques, spectacle vivant. Ces véritables musées numérisés et gratuits s’adressent à tous les publics et peuvent s’installer partout.

Changement climatique : comment l’UE communique auprès des citoyens ?

A quelques semaines du rendez-vous de la COP26 à Glasgow et en pleine période de hausse du prix des énergies, la lutte contre le changement climatique, cheval de bataille de la Commission Von der Leyen, est également au cœur de toutes les attentions en termes de communication…

Première campagne de l’UE : « le changement climatique, vous pouvez le maîtriser »

En 2009, après le scrutin européen, la Commission européenne réalise sa première campagne de communication mémorable sur le changement climatique autour d’une démarche d’interpellation inquiétante du grand public et de recommandations bienveillantes destinées aux citoyens.

La campagne de communication sur le changement climatique de la Commission européenne :

  • Repose sur le constat qu’un tiers de la consommation énergétique de l’UE est alors imputable aux ménages ;
  • Positionne les citoyens et les familles comme responsables et gardiens de l’environnement ;
  • Prodigue des conseils faciles à suivre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le dispositif de communication repose sur un affichage choc avec une planète rehaussée d’un thermostat, un site web pour des conseils domestiques d’actes civiques pour le climat. La campagne d’affiche est également relayée par des spots à la radio et à la télévision et des encarts dans la presse.

Dernière campagne de l’UE avec l’UEFA : #EveryTrickCounts

La Commission européenne s’associe à l’UEFA pour lancer #EveryTrickCounts, une campagne de sensibilisation du public dans laquelle des stars du football se mobilisent contre le changement climatique afin de montrer que chacun a un rôle à jouer pour vaincre.

Dans un spot pub, qui sera diffusée à la télévision, sur les réseaux sociaux et sur les écrans des stades, des joueurs utilisent un éventail d’astuces footballistiques pour montrer comment de simples changements dans notre vie quotidienne peuvent faire une grande différence dans la lutte contre le changement climatique.

Pour Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne pour le Green Deal européen, le football rassemble notre continent et notre planète. Pour continuer à profiter de notre jeu préféré, nous devons gagner la lutte contre le changement climatique, en équipe afin de réaliser le Green Deal et la transition de l’Europe vers une économie à zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Continuités et ruptures de la communication européenne sur le changement climatique

La continuité dans l’approche de la communication européenne auprès du grand public depuis plus d’une décennie semble évidente : les citoyens sont toujours positionnés comme les acteurs qui peuvent réagir et agir pour limiter le changement climatique. La communication de changement des comportements est au cœur des campagnes. Le subtil équilibre entre une dramatisation potentiellement contre-productive et une pédagogie parfois infantilisante évolue à mesure que la prise de conscience de l’importance du climat dans les sociétés européennes.

Reste que le prisme dominant auprès des citoyens, c’est la responsabilité individuelle dans la consommation finale, ce qui est malgré tout de plus en plus qu’une partie mineure des besoins de changements structurels et sociétaux.

Les ruptures que l’on aurait pu souhaiter portent d’une part, sur la nécessité de faire davantage pour aborder les enjeux plus complexes des transitions énergétiques et numériques, qui concernent toutes les entreprises, comme leviers de la transformation des économies.

D’autre part, la communication européenne sur le changement climatique aurait besoin de davantage nous projeter dans un avenir bas-carbone qui tracent des pistes innovantes et technophiles vers des investissements responsables, des infrastructures plus durables en particulier pour des secteurs comme le transport, les énergies ou l’habitat.

Au total, la prise de conscience progresse, les comportements n’évoluent pas aussi vite.

Quels sont les défis de la Conférence sur l’avenir de l’Europe ?

Afin d’embarquer les citoyens européens dans la démarche inédite de démocratie participative à l’échelle paneuropéenne avec la Conférence sur l’avenir de l’Europe, les défis de la participation citoyenne à relever sont nombreux. Quels sont-ils à l’écoute de l’événement de la Maison de l’Europe de Paris consacré au sujet en juin dernier ?

Le défi de l’information et de la communication

Premier défi pour le succès de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, la mobilisation des citoyens reposera sur une démarche complète.

Pour la première fois dans ces proportions, toutes les institutions européennes travaillent ensemble à une entreprise collective d’information et de communication avec des actions à l’échelle bruxelloise et surtout dans les États-membres, de concert avec les gouvernements nationaux.

La mobilisation des multiplicateurs, des relais, des médias en particulier audiovisuels, des influenceurs, des acteurs de la société civile sera déterminante pour attirer les publics les moins représentés : les jeunes, les femmes, les moins diplômés, les ruraux, etc.

Les défis institutionnels

Pour le Parlement européen, selon Isabelle Coustet, chef du bureau du Parlement européen à Paris, l’institution motrice de la Conférence sur l’avenir de l’Europe sera représentée par un président et des observateurs des groupes politiques dans le conseil exécutif et par 108 eurodéputés sélectionnés pour participer à l’assemblée plénière de la Conférence.

L’enjeu du calendrier est sensible puisque la Conférence étant prévue sur 2 ans, mais les échéances électorales notamment en France pèsent pour accélérer la démarche.

Pour la Commission européenne, selon Sixtine Bouygues, Adjointe au Directeur général à la Direction de la communication, la plateforme digitale, véritable hub où convergent les propositions des citoyens en direct et des conclusions des événements décentralisés est crucial, en proposant une traduction automatique de toutes les contributions dans les 24 langues de l’UE.

L’enjeu de donner le même poids à toute les idées est clé pour la participation. De même, l’enjeu des conclusions, l’engagement formel pris par les autorités, est le plus important. Une première analyse avec une intelligence artificielle fera le tri des propositions et des équipes d’analystes rédigeront 2 rapports intermédiaires et un rapport final. Les participants aux panels et les représentants dans la plénière s’appuieront sur ces éléments pour débattre et adopter les conclusions finales.

Les défis de la société civile

Pour Guillaume Klossa d’Europanova, la nécessité d’associer les citoyens européens à la réflexion européenne doit aussi répondre au besoin de comprendre les transformations en cours pour faire émerger des idées nouvelles. La participation sera d’autant plus importante que l’on consulte directement les citoyens au niveau européen et la consultation sera d’autant plus crédible qu’elle ne reposera pas uniquement sur la volonté des institutions.

Comment faire de la Conférence sur l’avenir de l’Europe un succès ?

Timing : on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, il n’y a pas cette soif aujourd’hui avec la pandémie.

Méthodologie : on questionne les gens sans que la prospective ne soit maîtrisée, il faut un énorme travail de pédagogie pour faire connaître les potentialités européennes.

  • Communication : on doit mettre sur la table des moyens budgétaires conséquents pour crédibiliser la démarche et l’implication des gouvernements nationaux.
  • Outils : dans les débats publics, les vraies bonnes idées murissent et arrivent vers la fin quand le sujet est à maturité. Faire passer des attentes de protection actuelles à des besoins de projection prendra du temps.
  • Gouvernance : le leadership politique n’est pas assez incarné et la co-construction avec la société civile n’est pas suffisante, il faut davantage de collaboration et des rencontres entre les médias et les leaders d’opinion.
  • Instrumentalisation : le sentiment d’un risque d’instrumentalisation doit être maîtrisé.
  • Médiatisation : pour que la communication auprès des journalistes marche, il faut pouvoir raconter de belles histoires, ce critère n’a pas été intégré dans la sélection des participants.

Pour Thomas Dorget, de Confrontation Europe, la réflexion sur de nouveaux biens communs européens doit toucher les non convaincus, ce qui pose la question des défis suivants :

  • Collectivités territoriales : améliorer l’implication des territoires comme acteur de la délibération, surtout pour évaluer l’impact des politiques publiques européenne dans la vie quotidienne afin de revitaliser la vie politique.
  • Associations : impliquer le tissu de la société civile comme contributeur aux panels, surtout les associations de consommateurs, sur l’environnement, etc. afin d’élargir la participation.
  • Entreprises et syndicats

La finalité est d’arrimer un processus démocratique participatif pérenne au système européen et la France a un rôle particulier à jouer pour faire bouger la capacité réformatrice afin de changer de manière durable l’Europe. 

Afin de reconnecter les citoyens européens éloignés de l’Europe, celle-ci doit prendre son risque pour trouver de nouvelles façons originales et surprenantes de parler d’Europe.

Pour un plan de relance culturel de l’Union européenne

En ce moment historique, l’Europe doit exprimer son identité culturelle, le reste du monde le demande, avec un plan de relance en partant de la culture, afin d’arrêter d’être ennuyeux et de sortir des cadres établis, selon Giuliano da Empoli auteur d’une incitation à dessiner les contours d’un possible New Deal culturel de l’Europe pour le Groupe d’études géopolitiques.

Un autoportrait de l’Europe du XXIe siècle

Multiplier les points de vue et les récits, recommencer à appréhender la construction européenne de façon transgressive est la seule manière de tirer les débats européens de leur ennui mortifère et de remettre en question l’hégémonie culturelle des nationaux-populistes.

Une fabrique de mèmes pour l’Europe

Une action plus proactive, qui améliore la compétitivité de l’Union Européenne sur le plan de la bataille des récits, à l’intérieur, par rapport à l’opinion publique du continent, ainsi qu’au niveau international à l’âge des réseaux sociaux et du « Sharp Power ».

Une stratégie de communication, qui permette aux politiques et aux valeurs européennes de devenir visibles et compréhensibles dans de larges milieux.

Une mission de rendre virales les communications qui transforment le langage juridique et bureaucratique des institutions publiques en mèmes — images, slogans, blagues — capables de catalyser l’attention sur les réseaux sociaux et, par ricochet, sur les media traditionnels, via des campagnes de communication qui se basent sur les big data, profilage et ciblage des audiences, avec des messages sur mesure dans la « bubble democracy ».

Un investissement important pour constituer une « Radio Londres » pour l’Europe du XXIe siècle en mettant les instruments les plus avancés de la communication contemporaine au service des valeurs et des objectifs de la construction européenne

Une Histoire pour l’Europe

Certes, nous disposons d’un vrai espace européen de l’enseignement supérieur, mais, la ferveur autour des thèmes européens a complètement disparu. L’époque est révolue où les plus grands historiens se battaient pour être les premiers à rédiger une histoire d’Europe qui ne fusse pas seulement une œuvre académique, mais l’ingrédient d’un projet civilisationnel.

Le filon de « l’éducation européenne » doit être repris, le défi d’écrire une histoire européenne et populaire, un manuel d’histoire commun, qui pose les bases d’une vraie « éducation européenne », reste intact.

Après Erasmus, Odysseus

Erasmus est l’un des rares programmes communautaires capables de produire une vraie transformation culturelle, formant le noyau d’une authentique génération européenne où la citoyenneté européenne dérive de l’expérience. On nait Européens, mais surtout on le devient.

Erasmus+ n’est ni entré dans l’imaginaire collectif des jeunes européens, n’ a ni modifier de manière décisive leur perception des opportunités offertes tout comme la très prometteuse expérience des « European Solidarity Corps ».

Un vrai Service Civil Européen, dédié aux jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de 6 à 12 mois, pour donner à tous les jeunes européens la possibilité d’un engagement direct dans le secteur environnemental, social ou culturel afin de réinventer l’identité européenne.

La Capitale

La capitale de l’Europe accueille un quartier européen un peu en catimini sans grands architectes ou projets iconiques dégageant une forte charge symbolique. Une « Eurotopie », espace de rencontre, de réflexion et de discussion pourrait permettre de réinventer le quartier européen afin de donner une âme à la capitale de l’Europe.

Un réseau d’Europa-cafés

Les zones rurales sont le trou noir de l’Europe, le terrain le plus fertile aux dynamiques socio-économiques qui éloignent de plus en plus les périphéries des centres urbains qui profitent de la mondialisation.

Historiquement, la géographie des vignes historiques en Europe recoupe en grande partie celle des monastères et comme le disait George Steiner, les cafés sont à la base de la culture européenne. Pourquoi ne pas reprendre à l’échelle continentale l’initiative « 1000 cafés pour revitaliser les campagnes » via un réseau d’« Europa cafés » catalyseur culturel afin de réparer les fractures entre les générations et entre les territoires.

Un projet Babel pour la traduction vocale

Un projet de recherche qui, comme celui sur le génome qui a mobilisé des scientifiques du monde entier, viserait à produire dans les cinq ans des outils portables, au format d’une oreillette sans fil, de traduction directe et verbale permettant à deux locuteurs de langues différentes de parler, et d’entendre l’autre, dans sa propre langue, de manière naturelle.

Ce projet Babel aurait un effet politique déterminant pour l’aventure européenne, et les gains de productivité considérables, dans tous les domaines d’activité de la vie de l’Union.

Quid du New Deal culturel de l’Europe ? Au futur, l’Europe ne doit plus sous évaluer le poids des idéaux et des passions vers un changement profond d’une « idée » à un « sentiment ».

Conférence sur l’avenir de l’Europe : comment réussir la participation des citoyens ?

La Représentation du Land de Bade-Wurtemberg auprès de l’UE à Bruxelles a organisé une table ronde sur les enjeux de la Conférence sur l’avenir de l’Europe sous l’angle de l’implication on et offline des citoyens…

La stratégie de l’UE repose sur 5 piliers : une promesse + des principes + une plateforme web + des panels citoyens + une plénière

Pour Sixtine Bouygues, la Directeur Générale Adjointe de la DG Communication de la Commission européen, la déclaration conjointe des institutions européennes prend une promesse sans précédent en termes d’« engagement des citoyens pour la démocratie » qui s’adresse à tous les Européens.

Les principes de la conférence sur l’avenir de l’Europe pour être à la hauteur de l’exercice :

  • Universalité : tous les citoyens européens sont appelés à s’exprimer ;
  • Transparence : toutes les contributions sont rendues publiques et accessibles en ligne ;
  • Indétermination : tous les résultats des discussions conduites vont être non préméditées ;
  • Engagement : toutes les institutions européennes vont écouter les contributions et assurer des recommandations dans le respect des valeurs de l’UE.

Une plateforme web est le hub de tous les événements, dont la conférence inaugurale lors de la Journée de l’Europe le 9 mai prochain et de toutes les contributions :

  • Design à partir d’une civic tech startup financée par un fond européen ;
  • Discussion paneuropéenne dans les 24 langues officielles de l’UE avec une traduction immédiate de toutes les contributions ;
  • Modération à posteriori et à minima pour ne pas censurer les contributions négatives ;
  • Feedbacks avec un partage de data à la fois quantitative et qualitative sur la participation.

Des panels citoyens seront organisés sur la base d’une sélection randomisée des participants sur la base de critères d’équilibre géographique, socio-économique, d’âge et de sexe afin d’assurer une variété et diversité maximale.

Les plénières, les réunions avec les élus, le dernier pilier de la stratégie pour la délibération sur les recommandations du rapport final est toujours en cours de négociation.

Les expériences antérieures inspirantes

Le Land du Bade-Wurtemberg déploie depuis une décennie une « politique pour être entendu » (policy of being heard) menée par Gisela Erler, Conseillère d’État pour la société civile et la participation civique.

La réussite repose sur un équilibre autant d’une part des citoyens pour jouer le jeu de la discussion collective et de la délibération commune pour formuler des contributions constructives que d’autre part des responsables politiques pour écouter les citoyens, vérifier les propositions, réagir activement et rendre des comptes sur leurs décisions.

La fondation Bertelsmann a organisé des dialogues citoyens multilingues transnationaux, Anna Renkamp, Senior Project Manager pour le Program Future of Democracy précise les modalités de cet exercice de démocratie très ambitieux et qualitatif en termes de participation et de contribution des citoyens.

Au final, les premiers résultats en 3 jours sur le site interinstitutionnel de la Conférence sur l’avenir de l’Europe FuturEU.europa.eu sont encourageants avec déjà quelques milliers d’inscrits et des premiers sujets sur l’économie, le climat et la démocratie européenne…