Campagne #TheGreenTrack : comment amplifier la voix des jeunes Européens sur l’environnement ?

La communication auprès des publics jeunes, quel que soit le sujet, est toujours un défi, encore plus marquée lorsqu’il s’agit de sensibiliser les jeunes à des problématiques européennes. La campagne #TheGreenTrack vise à donner la possibilité aux jeunes de toute l’Europe d’exprimer leurs espoirs et leurs préoccupations concernant la nature, la biodiversité et l’avenir durable de l’Europe…

La Campagne #TheGreenTrack, dans le cadre de l’Année européenne de la Jeunesse

La campagne #TheGreenTrack, lancée par la Commission européenne en collaboration avec le Réseau mondial des jeunes pour la biodiversité et Biodiversity Action Europe mobilise des jeunes Européens en prévision de la Conférence sur la biodiversité des Nations Unies, encourage le dialogue entre les jeunes et les décideurs politiques, ainsi qu’entre la société, les gouvernements, les entreprises et les scientifiques et implique les activistes et les ONG dans la prise de décisions environnementales.

En tant que contribution majeure de l’UE à l’Année européenne de la Jeunesse, #TheGreenTrack écoute les préoccupations et les recommandations des jeunes Européens sur des sujets clés tels que la biodiversité et la nature, l’économie circulaire, le changement climatique, la pollution zéro et le mode de vie durable.

La campagne Green Track fournit une plateforme aux jeunes de toute l’Europe pour contribuer au débat et mettre en lumière leurs actions concrètes pour protéger la nature et pour concrétiser le Pacte vert européen :

  • 32 événements dans 21 pays à travers l’Europe : débats publics, activités de plein air, expositions ou soirées d’échange,
  • Plus de 1 500 participants présents sur place,
  • Plus de 21 millions de personnes touchées par la campagne en ligne.

Recommandations pour une éventuelle poursuite et amplification de la campagne

Tout d’abord, la visibilité de la campagne #TheGreenTrack aurait pu être amplifiée en intégrant dès le départ la visibilité sur les réseaux sociaux afin de rendre plus visible et accessible à un plus large public en vue de renforcer la sensibilisation aux problématiques environnementales européennes des jeunesses européennes.

Ensuite, l’interactivité de la campagne pourrait être renforcée en créant des dispositifs interactifs sur les médias sociaux qui incitent les jeunes à participer activement :

  • Programmer des défis liés à la durabilité, des concours de créativité environnementale, ou des hashtags spécifiques pour encourager le partage de leurs actions en faveur de la nature.
  • Encourager les jeunes à partager leurs propres histoires, vidéos, photos et idées sur la nature et la biodiversité en Europe.
  • Organiser des concours pour le meilleur contenu généré par l’utilisateur et les mettre en avant sur les plateformes officielles de la campagne.
  • Utiliser la réalité virtuelle et de la réalité augmentée avec des expériences permettant aux jeunes de découvrir virtuellement des écosystèmes européens menacés, d’interagir avec des espèces en voie de disparition, ou de simuler les effets du changement climatique. Ces expériences peuvent être partagées en ligne pour toucher un public plus large.
  • Discuter en temps réel, via des chats vidéo avec des experts en environnement, des responsables politiques ou des scientifiques, pour répondre aux questions des jeunes en direct. Utiliser des plateformes de streaming en direct et des médias sociaux pour faciliter ces échanges.
  • Développer des jeux en ligne éducatifs qui abordent des sujets environnementaux européens de manière ludique et informative. Ces jeux peuvent être conçus pour être à la fois amusants et instructifs, ce qui permettrait aux jeunes de s’immerger dans les défis environnementaux et de mieux les comprendre.

Au total, la campagne #TheGreenTrack incarne la communication largement interpersonnelle et potentiellement interactive de l’Union européenne autour des problématiques environnementales auprès des jeunes.

Youtube, comment la communication de la Commission européenne pourrait passer d’une logique d’offre à une logique à la demande ?

Quels enseignements peut-on tirer de l’analyse comparative des chaînes YouTube de la Commission européenne entre l’institution dans son ensemble et ses 16 chaînes thématiques selon les différentes politiques publiques européennes ?

Une typologie moyenne d’une chaîne Youtube

La moyenne calculée au sein des 16 chaînes Youtube des différentes directions générales de la Commission européenne correspond à une présence rassemblant 28000 abonnés, 553 vidéos, 3,9 millions de vues cumulées et 1,3 millions de vues pour la meilleure vidéo.

Des abonnés très variables

Les chaînes Youtube varient considérablement en termes d’abonnés, allant de quelques milliers à plus de 180 000 abonnés.

Évidemment, la chaîne de la Commission européenne est la plus populaire avec 180k abonnés, ce qui est logique puisqu’elle représente l’organe exécutif de l’Union européenne. Des chaînes comme EUScienceInnovation avec 21,7k, EUInterpreters à 15,2k et Eucrisisresponse à 13,7k sont les seules à dépasser la barre symbolique des 10,000 abonnés.

La fidélisation des audiences est l’un des principaux défis pour les chaînes Youtube.

Un nombre de vidéos relativement élevés

Les chaînes présentent une gamme de contenus, allant de quelques centaines de vidéos à plus de 4 700 vidéos, pour la Commission européenne.

Certaines chaînes, telles que EUScienceInnovation (1886), EUinmyRegion (1191) et Eucrisisresponse (1142) ont partagé un volume de plus de 1,000 vidéos depuis leur création.

La corrélation est tendanciellement favorable entre le volume croissant des vidéos et le nombre d’abonnés.

Des totaux des vues très inégaux

Les chaînes varient également beaucoup en termes de vues totales, allant de quelques centaines de milliers à plus de 90 millions de vues, pour la chaîne principale de la Commission européenne, est en tête en termes de vues.

Tandis que seules deux chaînes ne dépassent pas un cumul d’un million de vues, avec TranslatingforEurope à 303k et EUSecurityandDefence à 829k ; la chaîne Eucrisisresponse culmine à 18 millions de vues cumulées.

La corrélation est tendanciellement non significative entre le volume croissant des vidéos et le nombre cumulé de vues.

Des vidéos les plus vues

La vidéo la plus vue de la chaîne EuropeanCommission est « NextGenEU – Make It Real © » avec 31 millions de vues, un résultat très significatif puisqu’il s’agit du spot principal de la première campagne corporate de la Commission von der Leyen.

Quelques insights sur les sujets les plus tendances

A partir des titres des vidéos les plus vues, ce dégage quelques tendances sur les centres d’intérêt du public, sachant que presque la moitié des chaînes thématiques Youtube dépassent le cap du million de vues pour leurs meilleures vidéos, tandis que la chaîne de la Commission européenne cumule le double de vidéos dans cette même catégorie :

  1. Single-use plastics: are you #ReadyToChange? – DG Environnement, 5,4M
  2. #EUEducationEmpowers – Eucrisisresponse, 4,6M
  3. More than Food: Great Stories to Share – Short EN. – DG Agriculture, 2,7M
  4. Road Trip Project Season 2 | New Documentary – Euinmyregion, 1,5M
  5. A day in the life of a customs sniffer dog – Eutaxud, 1,2M
  6. GDPR: WHO DOES WHAT WITH YOUR PERSONAL DATA? – Eujustice, 1,1M
  7. We are on a mission for 2030! – Explore the new European Research and Innovation Exhibition – Euscienceinnovation, 1M

A partir du nombre de vues de la vidéo la plus vue par rapport au nombre d’abonnés, ce dégage également quelques observations. Par exemple, la vidéo la plus vue de EUClimateAction a un nombre de vues relativement faible par rapport au nombre d’abonnés, ce qui peut indiquer un engagement limité pour une vidéo consacrée à « The EU Emissions Trading System explained » très technique. En revanche, avec plus deux fois moins de vidéos produites, la meilleure vidéo « Fighting piracy on the high seas » de la chaîne EUSecurityandDefence indique que le sujet est très performant auprès du public.

Dernière illustration avec la chaîne Youtube EUfinance qui parvient à cumulé plus de la moitié de son total de vues cumulées sur 2 vidéos dernièrement publiées « Grow your future, invest in you! » 844k et « Destination: your future. Invest in you! » 671k, dont le partis pris créatif est très original.

Représentativité par rapport aux politiques publiques de la Commission européenne

Au regard de l’ensemble des directions générales de la Commission européenne et de leur importance en termes de politiques publiques de l’UE, il semblerait possible de dégager quelques hypothèses de recherche :

Les directions générales ayant des compétences exclusives ou des rôles clés dans des politiques majeures, tels que le marché intérieur, la politique commerciale, la politique de concurrence ou la politique monétaire devraient théoriquement avoir une présence solide sur la plateforme Youtube. Or, sans être particulièrement sous-représentées sur YouTube, les vidéos partagées autour de ces sujets ne semblent pas correspondre aux plus gros succès en termes d’audience et d’impact.

En revanche, les vidéos traitant de questions importantes et plus récente à l’agenda institutionnel européen, telles que le changement climatique, la politique énergétique, la sécurité, l’immigration, la protection des consommateurs ou la santé publique, autant de domaines relevant de compétences partagées de l’UE, semblent davantage conquérir les cœurs des Européens en termes de performance et de résultats visibles.

Recommandations pour la stratégie de communication sur Youtube

Sans doute, la production de vidéos pourrait davantage tenter de chercher à répondre à des sujets tendanciellement transversaux auprès des audiences en ligne, comme l’on peut songer à la durabilité, la cybersécurité ou l’intelligence artificielle, qui concernent quasiment toutes les actions de l’UE et qui pourraient de la sorte constituer, à titre d’exemples, des opportunités futures de prises de parole plus transversales et potentiellement plus performantes.

Surtout, la production de vidéos par la Commission européenne et ses directions générales pourrait profiter d’une approche qui consisterait davantage à benchmarker les sujets populaires et les formats créatifs correspondant dans leurs différents univers afin de passer d’une logique d’offre, autour des actions de l’UE, à une logique de vidéos, à la demande, sans aller jusqu’au modèle Netflix qui catégorise ses audiences et conditionne la production de nouvelles séries au potentiel de succès auprès de personae très spécifiques.

Au total, l’analyse de la présence de la Commission européenne sur Youtube met en évidence l’importance de créer du contenu qui correspond aux préoccupations du public et s’adapte aux tendances en matière de communication, tant les requêtes populaires que les concepts créatifs véhiculés par les Youtubeurs. La Commission européenne pourrait capitaliser sur ces insights pour orienter sa stratégie de communication et s’assurer que ses messages et ses politiques sont diffusés de manière efficace et pertinente sur YouTube.

SOTEU 2023 : une Commission « accidentelle », une présidente « entre le marteau et l’enclume »

Mercredi 13 septembre, c’était le dernier discours sur l’état de l’Union correspondant au premier (?) mandat de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, quelle bilan et aura-t-elle une seconde chance à la tête de la Commission européenne ?

La présidence von der Leyen entrera dans l’histoire comme une Commission « accidentelle »

Pour Alberto Alemanno, Professeur de droit européen à HEC Paris et Collège d’Europe, « après plus de 1 200 jours à la tête de la Commission, sa présidence a été davantage motivée par les événements et les orientations des gouvernements de l’UE-27 que par son agenda, qui reste largement incomplet ». Pour lui, « c’est exactement ce qui fait d’elle la candidate la plus probable pour un second mandat aux yeux des dirigeants du Conseil européen ».

Après avoir été choisie accidentellement comme présidente de la Commission, son mandat tout entier a été largement façonné par une succession d’accidents, le Covid-19 ayant frappé avant que la Commission von der Leyen n’ait passé ses 100 premiers jours de mandat, l’invasion russe de l’Ukraine et ses nombreuses conséquences sur les politiques énergétiques, alimentaires et de sécurité de l’UE.

Certes, « Ursula von der Leyen peut se targuer du succès d’une bonne partie de son administration, qui a inclus la finalisation du #Brexit, la lutte contre la pandémie et la réponse à l’invasion russe de l’Ukraine et à la crise énergétique déclenchée par Moscou ».

Pourtant, ces événements ont éclipsé son programme qui reste largement incomplet et peu susceptible d’être réalisé. La présidence de Von der Leyen a essentiellement été une « Commission de gestion de crise » permanente qui était dirigée non seulement par les événements mais aussi par ce que les dirigeants de l’UE-27 ont décidé au sein du Conseil européen.

Le potentiel testament politique du Green New Deal encore sur la sellette.

Mais, « si sa principale réalisation supposée a été le Green New Deal, le revirement soudain du parti d’Ursula von der Leyen –  le PPE – et d’une partie des libéraux sur ce paquet majeur (sur la directive sur la restauration de la nature) menace aujourd’hui son adoption complète », l’adoption définitive des textes européens sur les sujets climatiques, encore incertaine, met en danger le seul potentiel testament politique de la Commission von der Leyen, alors que le vice-président responsable, Frans Timermans a déjà quitté ses fonctions pour revenir dans la scène nationale politique hollandaise.

Les promesses de la Commission von der Leyen de respecter les règles ont été déréglées.

Pour Alberto Alemanno, « la promesse initiale de se lancer dans une réforme institutionnelle pour clarifier les « règles du jeu », comme une nouvelle loi électorale européenne, le rôle des Spitzekandidaten et les modalités de nomination des hauts responsables de l’UE, reste d’actualité (…). Malgré tous les discours sur l’écoute des citoyens, la Conférence sur l’avenir de l’Europe et ses 49 recommandations citoyennes restent lettre morte. Il en va de même pour sa promesse de réformer les règles d’éthique de l’UE après le Qatargate, y compris le comité d’éthique de l’UE.

Objectivement, « ces faits contredisent l’idée selon laquelle von der Leyen serait la personne évidente pour diriger à nouveau la Commission lors d’un second mandat ». Tout comme son management autoritaire et non collégial, contrairement aux règles communautaires, ce qui explique que ses poids lourds, en particulier 2 vice-présidents sont sur le départ avant la fin de leur mandat.

Pourtant, c’est exactement ce que les dirigeants de l’UE-27 apprécient chez elle, à la fois son manque d’autonomie politique par rapport à leurs capitales, dont Paris et Berlin sont particulièrement sensibles pour tordre les règles du marché intérieur, des investissements dans les énergies vertes, dans les subventions aux entreprises…

Ses moments les plus faibles ? D’une part, « sa négociation des vaccins Pfizer par SMS, dont l’existence a été niée pour éviter d’en donner accès au public », sa part d’ombre sous la lumière médiatique. D’autre part, « son soulagement de voir que le Qatargate affectant le Parlement européen et non la Commission, comme si le citoyen européen moyen était capable de faire la différence entre les deux ».

Son pire moment ? « Laisser la Hongrie et la Pologne dicter les conclusions du sommet des chefs d’État et de gouvernement de décembre 2020, acceptant ainsi leurs conditions comme prix à payer pour sortir de l’impasse concernant le cadre financier pluriannuel et le règlement Next Generation EU au détriment des règles et l’état de droit ».

« Ursula von der Leyen se trouve entre le marteau et l’enclume »

D’un côté, « elle a besoin du soutien de son parti – le PPE – pour obtenir une nomination (cette fois comme Spitzkenkandidaten), mais de l’autre, son propre parti est le principal opposant à la mise en œuvre du programme vert ».

Rappelons que pour obtenir son investiture du Parlement européen au début du mandat, Ursula von der Leyen avait dealé une plateforme programmatique relativement progressiste avec une alliance réunissant verts, centristes et socialistes, en complément de la droite en recul.

Du coup, c’est logique qu’à l’heure d’embrasser l’héritage du mandat et de soutenir les avancées encore incomplètes, la position soit compliquée pour la famille politique d’Ursula von der Leyen. Outre la question légitime de sa motivation personnelle à rempiler, se pose aussi la question de savoir si elle saurait être au barycentre d’une majorité de centre-droit, dont les lignes ont beaucoup évolué vers une droite plus dure au cours de ces dernières années.

La dernière saison européenne avant le scrutin européen est bel et bien lancée !

« Vue d’Europe » : l’intelligence artificielle au service d’une perspective européenne dans l’information en ligne des médias de service public

L’Union européenne de Radio-Télévision (UER), la plus grande alliance de médias de service public dans le monde, lance l’initiative baptisée « Une perspective européenne », qui a vocation à édifier une sphère publique propice à une information digne de confiance, dans un espace médiatique turbulent, et fondée sur des valeurs communes. De quoi s’agit-il ?

Un service de recommandation aux publics européens : une référence et un repère pour poser un regard neuf sur leurs sujets de préoccupation communs et leurs intérêts mutuels

Les médias de service public membres de l’UER de Belgique (RTBF), de Finlande (YLE), de France (France Télévisions), d’Allemagne (BR-ARD), d’Irlande (RTÉ), d’Italie (RAI), du Portugal (RTP), d’Espagne (RTVE) et de Suisse (SWI swissinfo.ch), ainsi que par ARTE, chaîne franco-allemande, mettent des contenus d’actualité produits et édités à disposition.

Les rédactions participantes sélectionnent ensuite les sujets les plus pertinents traduits dans toutes les langues pour leurs publics et les publient au moyen d’une vignette interactive présente sur leurs sites web et applications, permettant de dépasser les barrières linguistiques et de proposer des contenus fiables.

Les contenus doivent aborder des thèmes évocateurs pour l’ensemble des Européens et servir à informer et à expliquer l’impact des politiques, des décisions et des actions des institutions et des gouvernements européens, et à évaluer dans quelle mesure celles-ci, en favorisant le développement des principes européens fondamentaux, influant sur la vie.

Les médias de service public utilisant le service de recommandations doivent adhérer aux principes de la diversité et de l’inclusion, garantir que les contenus d’actualité font entendre des voix, des opinions et des témoignages personnels reflétant la totalité du paysage social européen, y compris ceux des groupes vulnérables ou marginalisés.

Les contenus doivent être soumis à des processus éditoriaux indépendants et à l’obligation de rendre compte. Ils doivent être exacts et pertinents, justes et respectueux, en particulier de la dignité humaine et de la diversité de pensée.

Des résultats concrets de ces mises à la disposition du public en ligne, en temps réel et dans leurs propres langues d’un point de vue européen sur la couverture de l’actualité réalisée par les audiovisuels publics européens

Inaugurée en juillet 2021, la première phase de cette initiative réunissant 11 médias audiovisuels publics, ont partagé des informations professionnelles et dignes de confiance, en provenance de l’Europe entière, au cours des 8 premiers mois :

  • Plus de 6 500 sujets d’actualité partagés sur les sites web, dont 5 400 ont été repris par leurs homologues de rédactions réparties à travers toute l’Europe, et publiées sur les sites web de services publics audiovisuels nationaux ;
  • Plus de 45 millions de vues des reportages proposés par « Vu d’Europe », ces sujets et reportages inédits ont engendré de surcroît près de 100 millions d’impressions.

La deuxième phase du projet, qui devrait durer 14 mois, innove avec un déploiement dans les médias sociaux avec une nouvelle stratégie permettant de renforcer la participation du public et de toucher les plus jeunes et de donner aussi le coup d’envoi du développement d’un algorithme de journalisme de service public.

Le recours à l’intelligence artificielle vise à renforcer la pertinence et la diversité de l’information en fonction du public cible, à l’aide de la traduction automatique, de la transcription textuelle et des outils de recommandation :

  • L’intelligence artificielle au service de la traduction : il sera clairement indiqué qu’un sujet d’actualité a été traduit, en tout ou en partie, au moyen d’algorithmes, par le biais d’une mention telle que « traduit par IA » ;
  • L’IA au service de la sélection des sujets : en cas de sélection automatique des sujets, en tout ou en partie, au moyen d’algorithmes, une note en fera également mention : « sélection effectuée par IA ».

Le projet « Vu d’Europe » bénéficie d’une subvention du programme Actions multimédias de la Commission européenne ; les médias audiovisuels participants assument les coûts de production du contenu et conservent un contrôle éditorial total sur leurs sujets.

Cette perspective européenne constitue une initiative pionnière en utilisant des outils de traduction et de recommandation automatiques et des infos des médias audiovisuels publics permettant d’ouvrir de nouvelles fenêtres paneuropéennes à suivre.

Regards croisés sur les réseaux sociaux des visites des présidentes européennes en Ukraine

Entre la visite précoce de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, première représentante d’une institution européenne aux côtés des autorités publiques ukrainiennes début avril et la délégation composée de la présidente Ursula von der Leyen de la Commission européenne accompagnée du Haut-Représentant de l’Union pour les affaires étrangères Josep Borrell courant avril, la comparaison des mises en récit sur les réseaux sociaux peut être instructive

Roberta Metosla, présidente du Parlement européen : la force de l’humanité des gestes symboliques de soutien

Les codes des réseaux sociaux sont très judicieusement exploités par la nouvelle présidente du Parlement européen qui a encore un déficit de notoriété à combler dans le trio des présidences des institutions européennes.

Son capital sympathie, mis à profit au cœur de sa visite, constituée notamment d’un discours devant le parlement ukrainien et une discussion avec le Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky se traduit par des clichés très travaillés pour symboliser son soutien et capturer une esthétique des sentiments forts et communicatifs.

En termes de résultats, le compte Instagram personnel de Roberta Metsola explose les compteurs avec un post iconique rassemblant plus de 53k likes pour 54k abonnés, soit un taux d’engagement extraordinaire de près de 100%. Sur le compte Twitter de la présidence du Parlement européen, le contenu le plus engageant est aussi visuellement très réussi avec le président de la Verkhovna Rada rassemblant plus de 21,5k likes pour 347.1K followers.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne : la force de la solidarité des gestes historiques d’union

La visite de la présidente de la Commission européenne est encore plus forte en termes d’importance et d’engagement de l’Union européenne, qui n’a pas été démenti depuis le début de l’invasion des forces armées russes en Ukraine.

Sa démarche déjà hautement symbolique, renforcée hélas encore par les atrocités commises à Bucha ; vient inscrire des engagements concrets de nouveaux financements, le renouvellement du message que les Ukrainiens appartiennent à la famille européenne, ce qu’Ursual von der Leyen fut la première à dire dans les médias, sous le coup des émotions et de convictions fortes. Sans oublier, la consultation formelle de Zelensky en vue de la future candidature de son pays à l’adhésion à l’Union européenne dont les chefs d’État et de gouvernement ont demandé à la Commission européenne de se prononcer d’ici leur prochain Conseil européen en juin prochain.

En termes de résultats, le compte Twitter partage ses différentes séquences, et la présence à Bucha récolte le maximum d’engagement avec un taux d’engagement d’environ 10% pour 1,1 millions d’abonnés, une très belle performance ; tandis que sur Instagram, c’est la vidéo de l’échange qui obtient à peu près le même niveau d’engagement.

Au total, la communication de leurs visites respectives en Ukraine des présidentes du Parlement européen et de la Commission européenne sur les réseaux sociaux montre l’importance primordial et l’impact magistral de leur démarche auprès des publics.