Archives annuelles : 2008

Présidence française de l’UE : faut-il communiquer sur « la France en Europe » ou « l’Europe en France » ?

Les préparatifs de la PFUE révèlent de profondes divergences de vue entre les acteurs. Décryptage des positions et des stratégies de communication…

Dans un billet « Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour la Présidence française de l’UE ? » en décembre dernier, nous avions présenté les deux principales stratégies de communication possible autour de la PFUE :

  • Personnalisation de la Présidence française de l’UE avec un engagement fort du Président Sarkozy,
  • Diffusion d’informations répondant aux interrogations de fond des citoyens à l’égard de l’UE et s’appuyant sur l’ensemble des acteurs de la vie politique communautaire.

Aujourd’hui, ces deux stratégies de communication s’articulent autour de deux signatures fortes et structurantes, présentée par Philippe Heymann sur son blog :

  • « La France en Europe » pour signifier la dimension politique,
  • « L’Europe en France » pour mettre l’accent sur la dimension citoyenne.

La France en Europe

Au vue de l’allocution présidentielle sur la ratification du traité de Lisbonne, il semble que Nicolas Sarkozy considère la PFUE comme « le retour de la France en Europe ». Le président de la République souhaite ainsi « remettre de la politique en Europe ». Le chef de l’Etat français se verrait bien présider l’UE comme il préside la France (omniprésence médiatique, contrôle de l’agenda), avec un Présidence occupée par les priorités françaises : immigration, défense européenne et refonte de la politique agricole commune.

Cette position n’est ni souhaitée par nos partenaires européens, qui craignent l’arrogance française, ni souhaitable pour les Français, qui risquent de comprendre que la PFUE est l’occasion d’imposer le point de vue français à l’Europe alors qu’il s’agit davantage d’obtenir des consensus et des compromis entre partenaires.

L’Europe en France

Au vue de l’activité du Secrétariat d’Etat aux affaires européennes, du Secrétariat général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE), du Comité d’orientation sur les questions européennes…, il semble que la PFUE s’oriente vers un « Présidence citoyenne ». Tous ces acteurs se donnent pour objectifs – comme le précise l’auteur du rapport sur la « fracture européenne », Michel Herbillon – d’« améliorer l’information des Français sur l’Europe » afin de mettre en œuvre « une politique d’information durable sur l’Europe » qui permette de poursuivre la construction européenne avec l’adhésion des citoyens.

Cette position permettrait de rapprocher les citoyens français de l’Union européenne.

Promotion du multilinguisme : la maîtrise des langues communautaires pour renforcer l’identité européenne

Pour la première fois, les ministres de l’éducation des États membres de l’UE ont été invités, vendredi 15 février à participer à une conférence ministérielle consacrée à la promotion du multilinguisme.

Les langues sont inextricablement liées à l’identité culturelle et au sentiment d’intégration. Les compétences linguistiques ont des incidences sur la compétitivité, le dialogue interculturel – thème de l’année européenne 2008 – et la citoyenneté.

Les résultats de la conférence devraient servir de base à la communication – prochainement publiée – dans laquelle la Commission proposera une politique linguistique globale au Parlement et au Conseil.

Les priorités de la communication de la Commission européenne pour 2009

Cette semaine, la Commission a présenté sa stratégie politique annuelle, qui définit ses priorités politiques pour 2009. Le Président de la Commission, M. José Manuel Barroso souhaite que «la Commission européenne continue à mettre l’accent sur l’obtention de résultats concrets pour les citoyens européens ». Dans cet esprit, quels seront les axes principaux de la communication de la Commission en 2009 ?

Communiquer sur l’amélioration des institutions au service des citoyens

Le début de l’année devrait être marqué par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, puis par les élections au Parlement européen.

L’axe de communication de la Commission consistera à lancer une double campagne de sensibilisation des citoyens :

  • d’une part, sur la dimension sociale de la Charte des droits fondamentaux ;
  • d’autre part, sur le rôle de l’UE dans le monde et dans le domaine de la justice, de la liberté et de la sécurité.

Communiquer sur les enjeux consensuels parmi les citoyens européens

Les objectifs politiques de la Commission se déclineront dans cinq domaines prioritaires: la croissance et l’emploi; le changement climatique et l’Europe durable; la réalisation de la politique commune de l’immigration.

En matière de communication, la Commission prévoit :

  • pour la croissance et l’emploi, une campagne axée sur les préoccupations des citoyens, dans le cadre de l’année européenne pour la créativité et l’innovation ;
  • pour l’énergie et le changement climatique, une communication sur la base des premiers résultats obtenus en 2007 et 2008.

Sur la base de cette stratégie politique annuelle, la Commission va entamer un dialogue avec le Parlement européen et le Conseil sur les priorités politiques à définir pour 2009 et sur la façon de les prendre en compte dans le programme législatif et dans le budget.

Plaidoyer contre l’abandon des symboles de l’Union européenne

Le traité de Lisbonne abandonne les symboles de l’UE. Retour sur ces symboles communautaires et sur l’importance de leur défense pour communiquer auprès des citoyens européens…

L’abandon des symboles de l’UE

Alors que la procédure de ratification du traité de Lisbonne est en cours au sein des États membres – la France ayant achevée sa ratification – la plupart des observateurs s’accordent pour affirmer que ce traité comporte de réelles avancées qui permettront à l’UE de fonctionner plus démocratiquement et plus efficacement afin de mieux répondre aux attentes légitimes des citoyens européens. Pourtant, le traité de Lisbonne a abandonné les symboles européens. Comment l’UE peut communiquer en l’absence de ses symboles ?

Les symboles de l’UE

L’Union européenne est identifiée par des symboles :

  • un drapeau : 12 étoiles or sur fond bleu forment un cercle en signe d’union, symbolisant la perfection et la plénitude ;
  • un hymne : « l’Ode à la Joie » de Ludwig van Beethoven. En 1985, les dirigeants européens décident d’en faire l’hymne officiel de l’UE pour transmettre les idéaux de liberté, de paix et de solidarité ;
  • une fête : la « Journée de l’Europe » est célébrée le 9 mai, en souvenir de la déclaration Schuman de 1950, véritable point de départ de la construction européenne ;
  • une monnaie unique : l’euro, dont les pièces et billets ont été introduits dans notre vie quotidienne en 2002 ;
  • une devise : « Unie dans la diversité ». Elle apparait officiellement pour la première fois en 2004, dans le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Cette devise illustre la volonté de l’UE pour faire en sorte que les différentes cultures, traditions et langues des Européens soient un atout pour le continent. 2008 a été déclarée « Année européenne du dialogue interculturel ».

Tous ces symboles permettent de renforcer la visibilité de l’UE et participent pleinement au développement d’une identité européenne.

La France doit défendre les symboles de l’UE

Regrettant l’abandon des symboles européens dans le traité de Lisbonne, 16 États membres ont manifesté leur désaccord en signant une déclaration commune (n° 52), annexée au traité de Lisbonne, par laquelle ils indiquent que les symboles européens «continueront d’être, pour eux, les symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci».

Regrettons que la France, pays fondateur de l’UE, ne figure pas parmi les signataires. Souhaitons, à l’occasion de la Présidence française de l’UE que la France signe cette déclaration. Il n’est pas concevable que sur un tel enjeu, ce soit la première fois depuis le début de la construction européenne que la France et l’Allemagne ne signent pas ensemble une déclaration annexée à un traité européen. La France ne peut rejeter des symboles européens qui ont rejoint le patrimoine de la République. A titre d’illustration, le drapeau européen figure, à côté du drapeau tricolore, sur la photo officielle du président de la République et est hissé au fronton de nos institutions.

Les symboles de l’Europe sont un vecteur majeur pour promouvoir la citoyenneté européenne et un outil important pour communiquer auprès des citoyens de l’Union.

La France ratifie officiellement le traité de Lisbonne

Moins de trois ans après le non français au projet de traité constitutionnel, la France est devenue officiellement, le 14 février, le 5e pays à ratifier le traité de Lisbonne.

Le président de la République a promulgué la loi autorisant la ratification du Traité de Lisbonne mercredi 13 février et son décret de ratification est paru ce jeudi 14 février au Journal Officiel.