Archives annuelles : 2008

Résultats instructifs pour les 10 référendums locaux sur le traité de Lisbonne au Royaume-Uni

La campagne de communication « I Want a Referendum » menée par des partisans de la construction européenne a conduit à l’organisation de 10 référendums locaux – sans valeur juridique – au Royaume-Uni, le week end dernier. Les résultats sont contrastés…

Le taux de participation constitue la principale surprise.

La participation des citoyens concernés a dépassé le taux de participation habituellement observé aux élections locales : 152 520 personnes ont participé au vote soit un taux de participation de 36.2 %.

Le résultat sans appel est sans surprise.

Les électeurs devaient répondre à 2 questions : « Le Royaume-Uni devrait-il organiser un référendum national sur le traité de Lisbonne ? » et « Le Royaume-Uni devrait-il approuver le traité de Lisbonne ? ».

A la première question, les votants ont répondu « oui » à 88 % (12 % de « non »).

A la seconde question, les votants ont répondu « non » à 89 % (8 % de « oui » et 3 % de sans réponse).

Finalement, la presse Outre-Manche conclut que l’adhésion à l’UE – comme l’euroscepticisme – ne peuvent se réduire à un slogan officiel.

Résultats encourageants pour le futur référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande

En vertu de sa Constitution, l’Irlande sera le seul pays à organiser un référendum sur le traité de Lisbonne. La consultation devrait avoir lieu en mai ou en juin. En attendant, plusieurs sondages révèlent l’état de l’opinion…

Un premier sondage, effectué en janvier, donnait le oui à 26%, le non à 10% et le nombre d’indécis atteignait 64%.

Un nouveau sondage, publié le 2 mars par le Sunday Business Post, montre que le « oui » a progressé : 46% des personnes interrogées sont prêtes à voter oui contre 23% non et 31% sans opinion.

La campagne référendaire n’a pour le moment pas encore commencé…

L’Année européenne du dialogue interculturel en action avec le projet Alterego

2008 a été nommée « Année européenne du dialogue interculturel ». Dans ce cadre, la France et le réseau EUNIC (European Union National Institutes for Culture), groupement des Centres et Instituts culturels européens, ont proposé le projet Alterego…

Le projet Alterego fait partie des sept projets – parmi 300 propositions – retenus par la Commission Européenne.

Ce projet vise à amener les jeunes de 22 pays d’Europe à prendre conscience des diverses cultures présentes dans leur environnement proche. Il s’adresse aux adolescents de 14 à 18 ans qui pourront participer entre mars et septembre 2008 à un concours de « duo-portraits ».

Chaque jeune participant devra réaliser sur Internet un autoportrait visuel où il se mettra en scène avec la personne la plus différente de lui-même qu’il aura pu trouver parmi celles qui habitent auprès de chez lui. Ces portraits seront compilés sur une galerie en ligne de façon à être largement consultés.

Deux jeunes de chaque pays seront choisis par un jury et participeront dans une école d’art danoise à un « camp d’art visuel » de cinq jours en octobre. Regroupés en sept équipes internationales, ils y réaliseront sous la direction de trois animateurs issus de pays différents sept œuvres collectives d’art visuel, sur des thèmes interculturels.

Des artistes « parrains » et animateurs mettront leur renommé et leur expérience du dialogue des cultures au service du projet.

Des partenariats médias permettront de couvrir les étapes du projet.

Enfin, un DVD Alterego tiré à 50 000 exemplaires regroupera ces œuvres et sera distribué à travers l’Europe. Les jeunes participants au camp formeront une équipe d’« ambassadeurs » qui présenteront le DVD en Europe grâce aux établissements culturels membres du réseau EUNIC.

Quelle communication faut-il privilégier autour du traité de Lisbonne ?

Le traité de Lisbonne – que la France a officiellement ratifié le 14 février – est considéré comme un progrès réel mais modeste dans la construction européenne. Quelle typologie d’arguments faut-il privilégier pour convaincre les citoyens européens ?

La plupart des hommes politiques mettent l’accent dans leur plaidoyer sur les avancées institutionnelles : le traité aurait permis de sortir de l’impasse institutionnelle grâce à :

  • une personnalité juridique pour l’UE, afin de renforcer son pouvoir de négociation et sa visibilité sur la scène internationale ;
  • un discours et une action plus unis sur la scène internationale avec le haut représentant pour la politique étrangère et la politique de sécurité,
  • un président du Conseil européen plus stable,
  • un président de la Commission choisi en fonction du résultat des élections européennes,
  • l’extension de la codécision entre le Parlement européen et le Conseil des ministres à une quarantaine de domaines,
  • le vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil,
  • le maintien, même sous conditions, du caractère contraignant de la charte européenne des droits fondamentaux.

Tous ces arguments « parlent » aux responsables politiques parce qu’ils participent directement au fonctionnement des institutions nationales ou communautaires. En revanche, ces arguments ne touchent pas le grand public.

Une autre communication – moins axée sur la technique européenne – mais davantage sur les valeurs européennes permettrait de mettre en avant les nouveautés :

  • la «concurrence libre et non faussée» n’est plus un objectif en soi de l’Union mais un simple instrument au service du bon fonctionnement du marché intérieur ;
  • un protocole a été inséré pour réaffirmer les valeurs communes de l’Union concernant les services d’intérêt économique général, dans un sens plus favorable à la garantie des services publics ;
  • l’Union européenne se donne pour objectif pour la première fois de protéger ses citoyens dans le cadre de la mondialisation ;
  • une clause sociale impose de prendre en compte les « exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine » dans la définition et dans la mise en œuvre de l’ensemble des politiques de l’Union.
  • la lutte contre le changement climatique est désormais hissée au rang des objectifs prioritaires des politiques de l’Union.

Tous ces éléments ont des conséquences directes dans la vie quotidienne des citoyens de l’Union et mériteraient d’être davantage communiquer.

Pour aller plus loin.

Propositions pour améliorer la communication européenne (partie 3 : de la « communication persuasive » à l’information contradictoire)

Cette semaine, lacomeuropeenne lance une série de propositions visant à améliorer la communication européenne, notamment à l’occasion de la Présidence française du Conseil de l’UE. Troisième proposition: de la « communication persuasive » à l’information contradictoire…

Ces propositions sont largement inspirées de « La Présidence française et les élections européennes : de la communication institutionnelle à l’information politique ? », un article publié dans la revue Horizons Stratégiques « Informer sur l’Europe en France ».

Troisième proposition: de la « communication persuasive » à l’information contradictoire

La communication européenne doit en finir avec la « communication persuasive » délivrant un message vertical et professoral pour privilégier des modes de diffusion de l’information pluralistes.

Trop souvent, le simple constat que le citoyen n’est pas forcément favorable aux orientations de la construction européenne ou aux décisions prises par l’UE est oublié. Trop souvent également, l’information sur l’Europe prend la forme d’une « communication de crise » plutôt que d’une information à vocation pédagogique.

Mieux informer sur l’Europe nécessite de faire vivre le débat public sur l’Europe. La communication européenne doit impérativement conduire à encourager la diffusion de données et d’appréciation contradictoires, sur la base desquels les citoyens pourront se forger une opinion. Il convient de mettre en avant les clivages idéologiques ayant présidé aux décisions européennes. Cela suppose que les autorités gouvernementales acceptent la confrontation et justifient leur décision et montrent leurs résultats.

Il est important dans cet esprit qu’à l’occasion de la Présidence française du deuxième semestre 2008, qui donnera sans doute lieu à une communication positive et persuasive de la part des autorités nationales, des acteurs non gouvernementaux diffusent une information complémentaire.

La communication européenne ne doit pas craindre la pluralité des locuteurs, afin de nourrir un débat contradictoire sur le fond des dossiers.