Archives par étiquette : communication européenne

Entre expert et politique : qui détient la légitimité pour communiquer ?

En contrepoint de la querelle sur le choix du futur président du Conseil européen : Tony Blair, le flamboyant Britannique, Jean-Claude Juncker, le sage de Luxembourg, Anders Fogh Rasmussen, l’outsider danois, et d’autres encore… un autre débat parcourt la sphère publique. Une tension existe au sein des acteurs institutionnels pour déterminer l’acteur légitime pour communiquer. Qui de l’expert ou du politique détient cette légitimité dans la prise de parole ?

L’expert, qui se sent libre de toute pression, a le temps d’aller voir ce qui marche ailleurs et a le sentiment de servir en présentant ce qu’il estime être le meilleur. Sa prise de parole correspondrait ainsi au point de vue du souhaitable.

Dans le cadre du choix du futur président du Conseil européen, la figure de l’expert correspondrait à l’image du « chairman » chargé de coordonner les travaux et doté d’une visibilité limitée.

Le politique, qui est aux prises avec les réalités, a la rude tâche d’évaluer la dose de réformes qu’un peuple, à un instant donné, est capable de supporter. Sa prise de parole correspondrait davantage à ce qui est de l’ordre du possible.

Dans le cadre du choix du futur président du Conseil européen, la figure du politique correspondrait à l’image du « leader » offensif, incarnant l’Union auprès des citoyens. Ce leader pourrait aussi bien être de culture anglo-saxonne, atlantiste et libéral social que plus proche des idées françaises d’une Europe protectrice à l’égard de la mondialisation.

Alors, entre le discours du souhaitable et du possible – entre les figures du président chairman ou leader – lequel doit être privilégié, notamment au sein d’une Union européenne, où le projet politique demeure problématique ?

Présidence française de l’UE : faut-il communiquer sur « la France en Europe » ou « l’Europe en France » ?

Les préparatifs de la PFUE révèlent de profondes divergences de vue entre les acteurs. Décryptage des positions et des stratégies de communication…

Dans un billet « Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour la Présidence française de l’UE ? » en décembre dernier, nous avions présenté les deux principales stratégies de communication possible autour de la PFUE :

  • Personnalisation de la Présidence française de l’UE avec un engagement fort du Président Sarkozy,
  • Diffusion d’informations répondant aux interrogations de fond des citoyens à l’égard de l’UE et s’appuyant sur l’ensemble des acteurs de la vie politique communautaire.

Aujourd’hui, ces deux stratégies de communication s’articulent autour de deux signatures fortes et structurantes, présentée par Philippe Heymann sur son blog :

  • « La France en Europe » pour signifier la dimension politique,
  • « L’Europe en France » pour mettre l’accent sur la dimension citoyenne.

La France en Europe

Au vue de l’allocution présidentielle sur la ratification du traité de Lisbonne, il semble que Nicolas Sarkozy considère la PFUE comme « le retour de la France en Europe ». Le président de la République souhaite ainsi « remettre de la politique en Europe ». Le chef de l’Etat français se verrait bien présider l’UE comme il préside la France (omniprésence médiatique, contrôle de l’agenda), avec un Présidence occupée par les priorités françaises : immigration, défense européenne et refonte de la politique agricole commune.

Cette position n’est ni souhaitée par nos partenaires européens, qui craignent l’arrogance française, ni souhaitable pour les Français, qui risquent de comprendre que la PFUE est l’occasion d’imposer le point de vue français à l’Europe alors qu’il s’agit davantage d’obtenir des consensus et des compromis entre partenaires.

L’Europe en France

Au vue de l’activité du Secrétariat d’Etat aux affaires européennes, du Secrétariat général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE), du Comité d’orientation sur les questions européennes…, il semble que la PFUE s’oriente vers un « Présidence citoyenne ». Tous ces acteurs se donnent pour objectifs – comme le précise l’auteur du rapport sur la « fracture européenne », Michel Herbillon – d’« améliorer l’information des Français sur l’Europe » afin de mettre en œuvre « une politique d’information durable sur l’Europe » qui permette de poursuivre la construction européenne avec l’adhésion des citoyens.

Cette position permettrait de rapprocher les citoyens français de l’Union européenne.

Communication européenne sur le sport : l’exemple du spot TV pour la lutte contre l’obésité

Totalement absent du Traité de Rome, le sport s’est peu à peu imposé dans les politiques communautaires. Comment la méthode communautaire a-t-elle fonctionné pour intégrer le sport ? Comment l’UE communique sur le sport aujourd’hui ?

Comment le sport s’est imposé dans les politiques communautaires ?

La prise en compte du sport par la jurisprudence communautaire :

  • 1974 : La Cour de justice des Communautés européenne reconnaît le sport comme activité soumise au droit communautaire.
  • 1995 : Arrêt BOSMAN déclare illégales les règles de l’UEFA concernant le transferts des footballeurs et l’imposition de quotas de nationalité au sein des clubs.

La prise en compte du sport par la réflexion communautaire :

  • 1985 : Rapport Adonnino sur la citoyenneté européenne propose de sensibiliser le public aux questions européennes à travers le sport.
  • 1999 : Rapport d’Helsinki sur le sport propose de prendre en compte le sport dans la mise en œuvre de toute politique communautaire.

Il y a moins d’une décennie, une unité « sport » a été créée au sein de la Direction générale de l’éducation et de la culture. Parmi ses missions, cette unité est chargée d’informer le public de l’impact des actions communautaires sur le sport.

Comment l’UE communique sur le sport aujourd’hui ?

Soutenue par une majorité des citoyens européens favorable à une plus grande intervention des instances européens en matière de sport, la Commission européenne et l’Union des associations européennes de football (UEFA) ont lancé en septembre 2007 une campagne TV « Allez, sors de ton canapé ! ». Cette campagne vise à faire la promotion de l’activité physique et à lutter contre l’obésité.

Communication politique sur l’Europe : le choc des pratiques

L’actualité politique de la semaine est dominée par la procédure de ratification du traité de Lisbonne. En toile de fond se prépare la présidence française de l’UE et se cache un autre enjeu, la nomination de personnalités aux futurs postes clés…

Le décryptage de ces différentes séquences montre un choc des pratiques entre l’attitude française et la vie communautaire…

Sur la procédure de ratification

Alors que dans les 27 États membres, la procédure de ratification avance progressivement, la France se distingue par l’ampleur des controverses partisanes. A gauche, la stratégie de communication des socialistes est dominée par l’indétermination d’une position : boycott, abstention, vote… A droite, la stratégie semble marquée par un effet de diversion sarkozyste avec l’invitation de Tony Blair à l’UMP.

Sur le fond, les citoyens s’interrogent d’une part sur l’opportunité d’une procédure parlementaire plutôt que référendaire et d’autre part sur les changements entre le projet de constitution et le traité de Lisbonne, sans obtenir de réponses convaincantes.

Sur la définition des priorités des priorités de la Présidence française de l’UE

Comme en politique intérieure, la communication du président de la République est dominée par les effets d’annonce afin selon lui de doter l’Europe d’une politique de l’immigration, de la défense, de l’énergie et de l’environnement.

Cette démarche irrite nos partenaires européens, au point que le chroniqueur du Monde Thomas Ferenczi parle d’« Outrecuidance française » et passe sous silence les efforts laborieux entrepris pour avancer quotidiennement avec les institutions communautaires sur ces dossiers de fond.

Sur la nomination des postes clés

Une fois le traité de Lisbonne adopté par les 27, trois postes seront à pourvoir : le président du conseil, nommé pour deux ans et demi, le haut représentant pour les affaires étrangères et le président de la Commission européenne.

Là encore, Paris espère organiser les nominations aux postes-clés en avançant ouvertement ses pions, alors que comme le signale Janez Jansa, le chef du gouvernement slovène : « Les choix à faire seront très sensibles (il est nécessaire de trouver un équilibre entre les grands et les petits États membres et entre les conservateurs et les socialistes), le mieux est d’en parler le plus tard possible ».

Perspectives de la communication européenne pour 2008

Que peut-on envisager comme tendances pour la communication européenne en 2008 ?

Pour 2008, on peut considérer que l’enjeu principal de la communication européenne demeure inchangé : la communication européenne doit conserver son objectif de rapprocher les citoyens de l’Europe.

Avec l’échec du référendum sur le projet de Constitution européenne en France et en l’absence de « plan B », la Commission européenne a mis en place, en 2005, un plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat, dont l’objectif est à d’impliquer les citoyens dans la réflexion sur l’avenir de l’Europe.

En 2008, le temps est venu de passer à des actions plus opérationnelles. A cet effet, la Commission pourrait mettre en place un plan, orienté davantage vers une implication plus concrète des citoyens dans la construction de l’Europe locale et quotidienne. Ce plan « A » fonde sa stratégie sur une triple exigence :

  • vaincre l’Appréhension des citoyens à l’égard de l’Europe,
  • favoriser l’Appropriation des sujets européens pour, enfin,
  • susciter un sentiment d’Adhésion à l’Europe.

La Présidence française de l’UE pourrait s’inspirer de ce plan pour relancer le projet européen au travers d’une campagne de communication permettant à la fois de recueillir les remarques des citoyens et de les informer sur les institutions et politiques européennes. Cette démarche permettrait de modifier en amont l’orientation des actions européennes et d’augmenter l’adhésion en aval des citoyens.