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Les priorités de la communication de la Commission européenne pour 2009

Cette semaine, la Commission a présenté sa stratégie politique annuelle, qui définit ses priorités politiques pour 2009. Le Président de la Commission, M. José Manuel Barroso souhaite que «la Commission européenne continue à mettre l’accent sur l’obtention de résultats concrets pour les citoyens européens ». Dans cet esprit, quels seront les axes principaux de la communication de la Commission en 2009 ?

Communiquer sur l’amélioration des institutions au service des citoyens

Le début de l’année devrait être marqué par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, puis par les élections au Parlement européen.

L’axe de communication de la Commission consistera à lancer une double campagne de sensibilisation des citoyens :

  • d’une part, sur la dimension sociale de la Charte des droits fondamentaux ;
  • d’autre part, sur le rôle de l’UE dans le monde et dans le domaine de la justice, de la liberté et de la sécurité.

Communiquer sur les enjeux consensuels parmi les citoyens européens

Les objectifs politiques de la Commission se déclineront dans cinq domaines prioritaires: la croissance et l’emploi; le changement climatique et l’Europe durable; la réalisation de la politique commune de l’immigration.

En matière de communication, la Commission prévoit :

  • pour la croissance et l’emploi, une campagne axée sur les préoccupations des citoyens, dans le cadre de l’année européenne pour la créativité et l’innovation ;
  • pour l’énergie et le changement climatique, une communication sur la base des premiers résultats obtenus en 2007 et 2008.

Sur la base de cette stratégie politique annuelle, la Commission va entamer un dialogue avec le Parlement européen et le Conseil sur les priorités politiques à définir pour 2009 et sur la façon de les prendre en compte dans le programme législatif et dans le budget.

Le français est moribond à la Commission européenne

Dans le quotidien Libération, le correspond à Bruxelles, Jean Quatremer note que « la dérive anglophone de la Commission européenne s’accélère ».

En moins de dix ans, le français est devenu une langue minoritaire au sein de l’exécutif européen, seuls 14% des documents sont encore rédigés en français. Pire, la communication externe de la Commission se fait presque uniquement en anglais.

Au mépris de la règle non écrite de l’équilibre entre les nationalités, le service du porte-parole, dirigé par l’Allemand Johannes Laitenberger, est devenu un vrai bastion anglophone. Sur 36 porte-parole, 9 sont britanniques et 4 irlandais, soit un tiers d’«English native speaker» !

Un tel déséquilibre linguistique n’a pas de précédent. Jean Quatremer remarque d’ailleurs qu’un porte-parole parlant ou écrivant mal le français pourra être recruté sans problème alors qu’un tel handicap en anglais est un obstacle définitif. A Paris, on se dirait «préoccupé» par ce déséquilibre.

La Commission s’apprête à investir davantage dans la communication en ligne

D’après un projet de la Commission « stratégie européenne pour la communication sur Internet », consulté par EurActiv, la Commission européenne va franchir une nouvelle étape dans le monde du Web 2.0.

L’été dernier, la Commission a fait un premier pas significatif hors du monde clos de ses sites Internet officiels en créant sa propre chaîne sur YouTube, le site de partage de vidéo. En moins de trois mois, EUtube a reçu plus d’un million de visites.

La nouvelle stratégie de la Commission reconnaît le potentiel considérable de l’Internet pour l’aider à mieux comprendre ses citoyens et, inversement, leur permettre de mieux comprendre l’Europe. La stratégie consistera donc à renforcer le rôle interactif des institutions européennes sur le web.

L’interactivité sera mise en œuvre grâce à l’implication régulière des commissaires et des hauts fonctionnaires de la Commission, pour le moment absents des débats sur le web. La récente modification des règles et des procédures de la Commission pour autoriser son personnel à s’exprimer en public sur les sujets professionnels va être étendue à la participation aux blogs et aux débats en ligne.

En outre, la Commission va lancer des projets pilotes début 2008 pour tester les nouvelles applications interactives de ses sites officiels. Cela impliquera l’utilisation de ce que l’on appelle des wikis, la rédaction d’articles en commun par un grand nombre de volontaires.

Enfin, dans le cadre de cette nouvelle stratégie européenne, le rôle des utilisateurs sera également renforcé en leur donnant la possibilité de noter les sites web, notamment sur des critères comme la lisibilité et l’absence de jargon.

Toutes ces initiatives demandent davantage de ressources. Aussi, la Commission prévoit de réaffecter progressivement une partie des dépenses destinées aux publications hors ligne aux publications en ligne. Toutes les DG sont invitées à encourager ce transfert sur l’Internet.

Présentation des projets financés par la DG Communication dans le cadre du Plan D

En 2005, la Commission européenne a adopté un «Plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat» afin d’organiser un large débat public sur l’avenir de l’UE. L’une des actions a consisté à aider des projets expérimentant différents modes de consultation des citoyens de l’UE..

Ainsi, en 2006, la Commission a sélectionné six projets transnationaux qu’elle a co-financés à hauteur de 4,5 millions d’euros.

Du 7 au 9 décembre 2007, une conférence de clôture réunie à Bruxelles les 250 Européens qui ont participé à ces projets de démocratie participative au cours des dix-huit derniers mois. Voici les principaux projets :

European Citizen’s Consultations (Fondation Roi Baudouin)

Ce site visait à connecter les 27 espaces publics nationaux qui composent l’UE. Des citoyens choisis au hasard ont eu la possibilité de définir un programme de débats et de formuler une série de recommandations destinées aux responsables politiques. 200 citoyens, réunis à Bruxelles pour le lancement du projet, ont choisi des thèmes de discussion. Ils se sont ensuite réunis en petits groupes avec des experts afin de déterminer les informations nécessaires pour examiner ces thèmes. Puis, des consultations nationales ont eu lieu pendant 2 jours dans tous les États membres, avec au moins 30 citoyens par pays. Enfin, un atelier de 2 jours a été organisé, en présence d’un nombre limité de volontaires qui avaient pris part aux consultations nationales, afin de faire la synthèse des 27 consultations nationales.

Speak up Europe ! (European Movement International)

Le principal objectif de cette campagne était de susciter et de faciliter le débat sur le travail actuel de l’UE et les enjeux auxquels elle devra faire face à l’avenir. Par des discussions, des votes, des forums en ligne et des sondages d’opinion, le site a permis de :

  • mieux faire connaître les réalisations de l’UE au cours des 50 dernières années ;
  • amener le débat sur l’Europe au niveau local ;
  • encourager une participation active aux débats sur l’UE ;
  • recueillir des opinions sur divers sujets liés à l’UE ;
  • démontrer la dimension transnationale de la citoyenneté européenne ;
  • contribuer ainsi à l’établissement d’une sphère publique européenne.

Tomorrow’s Europe (Notre Europe)

Le but était de comprendre comment les citoyens voyaient l’avenir de l’Europe. À cette fin, un échantillon représentatif de citoyens ordinaires des 27 pays membres de l’Union a été constitué. Les participants ont ensuite reçu des informations objectives sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de l’Europe et se sont réunis pour en discuter pendant plusieurs jours au Parlement européen. Un échantillon de 3 500 citoyens, représentatifs de la population des 27 pays de l’Union européenne, a été interrogé sur des thèmes clés de l’avenir de l’UE. Dans un deuxième temps, 521 citoyens de tous horizons ont été choisis au hasard pour délibérer. Pour alimenter leur réflexion sur les thèmes abordés, ils ont reçu des informations couvrant un éventail d’opinions politiques le plus diversifié possible, vérifié par un panel indépendant de responsables politiques. Un sondage final a permis d’évaluer les opinions de citoyens ayant eu la possibilité d’échanger leur point de vue, de recevoir une information équilibrée et de dialoguer avec des experts des thèmes abordés.

Les membres de la Commission rejoignent timidement la blogosphère

Depuis quelques mois, 6 membres de la Commission européenne ont ouverts leurs blogs. Avec un design identifié pour chacun, une régularité plus ou moins affirmée, et l’anglais pour quasiment tous, les Commissaires, incarnation de la technocratie bruxelloise décriée, tentent de nouer une relation moins impersonnelle avec les internautes européens.

C’est le blog de Margot Wallström (archivé), la vice Présidente chargée de la stratégie de communication, qui semble le mieux adapté son mode de communication à ce média particulier en adoptant un style personnel, direct et en rédigeant des messages à caractère non institutionnel.

Une belle initiative dont les autorités françaises pourraient s’inspirer.