Spécificités et enjeux de la communication des partis politiques européens

Créés pour la plupart quelques années avant les premières élections européennes au suffrage universel en 1979, les partis politiques européens disposent, depuis 2007, de fondations ; et depuis 2015, de la personnalité juridique. Dans son mémoire « Communication de l’Union européenne et des partis politiques européens : spécificités et enjeux« , Matthias Manceaux analyse la communication des partis politiques européens…

Une communication hors-média orientée vers la scène interne à l’Europe

La communication des principaux partis politiques européens passe notamment par leurs fondations. Depuis 2007, les fondations participent aux débats sur la construction européenne via l’organisation de conférences ou la participation de conférenciers à travers l’Europe, de formations pour les élus ou encore via différentes organisations dépendantes de ces partis comme des organisations pour la jeunesse, pour les femmes ou pour les personnes âgées notamment.

Cependant, cette communication des partis politiques ne s’adresse pas directement aux citoyens européens mais à une minorité de personnes (responsables politiques, fonctionnaires européens…). Du fait même de la nature des partis politiques européens, de nombreux sujets sont absents des compétences données par les traités européens à ces partis (la fiscalité, l’éducation ou la politique sociale restent des compétences propres aux États membres).

Les sujets évoqués par cette communication hors média des partis européens ne concernent donc pas les citoyens européens mais uniquement des personnes proches ou faisant part du système politique de l’Union européenne.

Une communication média plus grand public

La communication média des partis politiques européens a, en revanche, la volonté de toucher directement les citoyens européens afin de les sensibiliser sur de nombreux sujets. Pour cela, le PPE, le PSE et l’ALDE (pour ne parler que des principaux) utilisent des services de presse, essentiellement depuis le Parlement européen.

Une communication hyper-active sur les réseaux sociaux

Les principaux partis politiques européens sont également très présents sur les réseaux sociaux.

La stratégie adoptée sur le web par les principaux partis politiques européens s’apparente fortement à celle adoptée par les institutions européennes, à la fois information et persuasion afin de prouver que les décisions prises vont dans le sens des attentes des citoyens européens.

De nombreux défauts et un véritable manque de coordination européenne

Le modèle de communication actuel des partis politiques européens est principalement dû à la structure institutionnelle de l’UE : le rôle des partis politiques européen étant assez moindre comparé aux prérogatives des partis nationaux.

La faiblesse des partis politiques européens dans la politique de communication de l’UE s’explique par plusieurs éléments :

  • La faiblesse des liens entre les électeurs européens et les partis politiques européens ;
  • L’absence de compétences chez les partis politiques européens dans des domaines touchant directement les citoyens européens ;
  • L’hétérogénéité des conceptions et des intérêts de leurs membres ;
  • La non personnification de l’offre politique pendant les élections européennes ;
  • Le caractère fonctionnel et la segmentation des compétences de l’UE.

Des solutions pour améliorer la communication des partis politiques européens

Leur capacité actuelle se limite à organiser réunions et congrès, ou encore échanger des informations. Au cours des dernières années, ils ont dû gérer l’intégration des partis des nouveaux États membres. Ils sont ainsi dans une logique plus institutionnelle que militante.

Leurs moyens humains et financiers sont encore extrêmement faibles. Les centres d’expertises se situent au niveau des groupes parlementaires apparentés, qui disposent de cinq à six fois plus de ressources.
En l’absence d’intégration militante avec les partis nationaux, leur représentativité citoyenne est contestable. Le statut de membre individuel, qui leur permettrait de développer un espace de délibération au niveau européen, est encore embryonnaire.

Il s’agit pour les partis européens d’être plus visibles, plus transparents, et plus démocratiques :

  • en organisant des primaires pour la désignation de leur candidat à la Présidence de la Commission ;
  • en développant le statut de membre individuel, y compris l’institution d’un droit de vote lors des congrès ;
  • en renforçant leurs moyens pour traiter des questions thématiques ;
  • en définissant les orientations politiques de leurs groupes respectifs au Parlement européen, et non l’inverse comme présentement ;
  • en capitalisant sur les capacités de leurs fondations politiques respectives ;
  • en développant une capacité opérationnelle pour des campagnes électorales pan-européennes afin de peser dans le débat politique européen.

Au total, la communication politique européenne est encore émergente et dispose encore d’une belle marge de progression.

Cartographie des civic tech européennes

À partir des travaux de Clément Mabi dans « Citoyen hackeur – Enjeux politiques des civic tech », tentons l’exercice de cartographier les initiatives de civic tech européennes, ces « outils numériques ayant pour ambition de transformer le fonctionnement de la démocratie, d’améliorer son efficacité et son organisation grâce à un renouvellement des formes d’engagement des citoyens »…

Cartographier les civic tech

Clément Mabi propose une cartographie des civic tech autour de 2 tensions :

1. « Le degré d’institutionnalisation de chaque civic tech et la proximité qu’elle entretient avec les pouvoirs publics :

  • d’un côté les projets inscrits dans une logique de contre-pouvoir, une sorte de lobby citoyen afin de peser sur les institutions de l’extérieur ;
  • de l’autre, les projets qui collaborent fortement avec les pouvoirs publics et tentent d’agir en tenant compte des contraintes institutionnelles. »

2. « La volonté de transformation sociale des projets, avec d’un côté ceux qui cherchent à approfondir la démocratie institutionnelle et de l’autre ceux qui souhaitent transformer son organisation et renouveler son fonctionnement. »

De ces tensions, 4 grandes familles de civic tech se dégagent pour renouveler, plus ou moins profondément, le fonctionnement de la démocratie :

cartographie_civic_tech_europeenne

Les « critiques externes »

Les initiatives qui relèvent de la contre-démocratie et qui cherchent à approfondir le fonctionnement de la démocratie représentative par un meilleur contrôle des représentants et une connaissance plus fine de son fonctionnement. On trouve ici les initiatives qui luttent pour améliorer la transparence de l’action publique et la circulation de l’information.

A l’échelle européenne :

European Integrity Watch surveille l’intégrité des décisions prises par l’UE afin de contribuer à accroître la transparence, l’intégrité et l’égalité d’accès aux décisions de l’UE et à surveiller les institutions de l’UE.

LobbyFacts donnent des indications sur le lobbying d’entreprise et d’intérêt public, les dépenses des organisations en lobbying et les rencontres avec la Commission et le Parlement européen.

FactcheckEU a été la première plateforme européenne de crowd-checking collaboratif de vérification par les faits sur l’Europe.

VoteWatch Europe rapporte des informations non partisanes sur les actions réelles des acteurs politiques européens : décisions prises dans les institutions de l’UE et développements dans les États membres.

Les critiques externes sont pour le moment les acteurs les plus anciens et les mieux installés sur la scène européenne.

Les « réformateurs externes »

Les « réformateurs externes » cherchent à approfondir le fonctionnement de la représentation en favorisant la collaboration entre citoyens et institutions. Cette dynamique inclusive peut prendre différentes formes, de la consultation des citoyens (sondages) à la co-construction de l’action publique en passant par de l’éducation civique.

A l’échelle européenne :

Search Europa, un moteur de recherche de documents européens, développé par l’European Journalism Centre afin de faciliter l’accès à l’information européenne pour les journalistes.

Citizen Initiative travaille exclusivement pour l’introduction et la mise en œuvre réussie de l’Initiative citoyenne européenne, le premier outil mondial de démocratie participative, transnationale et numérique.

Politix souhaite renforcer les interactions entre les décideurs et les citoyens via une plateforme conçue comme une « boucle de rétroaction » entre les politiciens et les citoyens.

Les réformateurs externes sont pour le moment la catégorie de civic tech la plus diverses en Europe.

Les « réformateurs critiques »

Les « réformateurs critiques » relèvent de la contre-démocratie et visent à transformer la démocratie institutionnelle. Le mode d’action repose sur la mobilisation de la société civile en vue de faire pression sur les gouvernants pour mettre des sujets à l’ordre du jour et tenter d’influer sur le cours de la décision.

A l’échelle européenne, WeMove vise à créer une communauté citoyenne européenne pour améliorer les décisions prises au niveau européen via des campagnes de mobilisation en ligne afin de mettre l’activisme de masse au profit de campagnes ciblées et de combler le fossé entre Bruxelles et les citoyens.

Les « hackeurs embarqués »

Les « hackeurs embarqués » rassemblent les acteurs qui cherchent à réformer en profondeur le système tout en s’y impliquant. Leur objectif est de hacker la démocratie au sens propre du terme, de participer à son fonctionnement pour le modifier de l’intérieur, en profitant de ses ressources.

Pour Clément Mabi, « les résultats de ces expérimentations sont modestes mais ouvrent d’intéressantes perspectives, notamment en invitant les citoyens à s’interroger de manière critique sur le contenu et le fonctionnement de la représentation démocratique ».

A l’échelle européenne, le projet The Good Lobby vise à organiser une forme de lobbying citoyen, en forgeant des partenariats non conventionnels entre des bénévoles experts (universitaires, avocats, professionnels des affaires publiques) pour partager leurs compétences et des ONG travaillant sur les questions sociales et politiques les plus importantes d’Europe afin de faire pression pour l’intérêt public.

Au total, l’écosystème des civic tech européennes est encore émergent mais en plein développement.

Comment améliorer le rôle des institutions européennes auprès des médias ?

Quelles sont les recommandations du rapport de la commission Culture et Education du Parlement européen afin d’améliorer la communication des institutions européennes au service d’une meilleure information européenne ?

Mieux tenir compte de la communication politique et du cadrage des informations

Les institutions de l’UE devraient davantage tenir compte de la communication politique et du cadrage des informations, tout en restant pleinement conscient que les médias fonctionnent sur la base d’une logique dirigée par leur clientèle (même si certains médias ont des obligations de « service public ») et ne couvrent que les enjeux s’ils sont nouveaux, pertinents et / ou problématiques – dans le respect du caractère neutre et objectif des institutions de l’UE.

En termes de cadrage, les institutions européennes devraient davantage prendre en compte les angles et les formats utilisés par les médias qui privilégient notamment l’aspect humain, des histoires axées autour de conflit, des réflexions mesurées en perte ou en gain…

Ces éléments de cadrage ne doivent pas contrevenir au caractère neutre et objectif des institutions européennes, qui doivent immanquablement équilibrer le côté émotionnel tout en ayant conscience de la façon dont les informations sont produites afin de faire un meilleur usage de leur marge de manœuvre pour encadrer les messages.

En somme, les institutions européennes doivent résoudre la quadrature du cercle lorsqu’elles s’engagent dans des activités de relations presse avec les journalistes, afin de savoir jusqu’où ne pas aller.

Faire plus d’efforts pour faciliter le travail des journalistes qui rendent compte de l’UE

Les institutions européennes devraient mieux adapter les communiqués de presse aux contextes spécifiques des pays ou des citoyens, non pas en changeant le message mais en le contextualisant mieux, grâce aux unités de presse locales (Bureau d’information du Parlement européen et Représentation de la Commission).

L’approvisionnement en information des journalistes devrait être amélioré, les institutions européennes devraient déployer davantage d’efforts et de moyens afin d’aider les journalistes à trouver des informations plus facilement. Les vastes ressources disponibles sur internet n’ont pas encore été pleinement exploitées jusqu’ici pour vraiment rendre service aux journalistes.

Un service d’assistance (helpdesk) pour les journalistes à la recherche d’informations provenant de l’UE devrait être installé. De nombreuses opportunités, négligées ou même aujourd’hui dissuadées pourraient ainsi contribuer à davantage informer sur l’actualité européenne.

La production systématique d’informations dans toutes les langues de l’UE est également considérée comme utile lors d’activités auprès de la presse.

Les porte-parole des institutions européennes auprès de la presse devraient être embauchés et formés en fonction de capacité à décrire simplement les sujets et à trouver des angles nationaux afin d’expliquer le sens et la pertinence des actions européennes au niveau national.

En clair, le focus sur les espaces publics nationaux devraient être privilégiés pour faire progresser l’information européenne ; plutôt que de craindre et de dépenser beaucoup d’efforts et d’énergies auprès d’une presse européenne spécialisée dont l’impact au-delà de Bruxelles reste encore limité.

Au total, la plupart des recommandations soulève des enjeux de pratiques et de cultures professionnelles auprès des médias au sein des institutions européennes.

Comment améliorer le rôle de la sphère politique dans la communication sur l’Europe ?

Les élus et les partis politiques nationaux et européens devraient agir plus étroitement afin d’accroître la transparence sur le rôle de l’UE, de son mandat et de la manière dont elle fonctionne, selon la recommandation de l’étude « Communiquer l’Europe à ses citoyens » publiée par la commission culture et éducation du Parlement européen…

Améliorer le rôle des élus nationaux et les débats publics sur l’UE au niveau national

Afin que l’UE ne soit pas plus considérée comme isolée de la politique nationale ni présentée comme un bouc émissaire pour des décisions politiques impopulaires, les élus nationaux devraient être mieux informés de ce qui concerne les institutions et les politiques de l’UE et devraient mieux cadrer l’UE dans les débats nationaux ; compte tenu de leur rôle de « multiplicateur » et d’influence, tant dans les médias nationaux qu’en direct auprès des citoyens

Les politiciens nationaux devraient intégrer davantage la politique de l’UE dans l’élaboration des politiques nationales, par exemple en discutant activement la politique de l’UE dans les parlements nationaux et délibérant sur des questions liées aux actuelles législations de l’UE pour être dans le bon tempo afin de faire passer leurs messages. Corollaire, les députés européens et les Commissaires devraient être plus activement présents au niveau national / régional, afin d’expliquer la valeur ajoutée des politiques et décisions européennes et les liens avec le contexte national.

S’appuyer sur de nouveaux itinéraires et relais pour regagner la confiance des citoyens

Bruxelles est devenue la capitale du lobbying, là où toutes les organisations représentatives agissent « en amont » à destination de l’UE. Ces acteurs devraient également jouer un rôle dans l’information « en aval » auprès de leur public sur les décisions européennes. L’histoire de l’Europe sera ainsi racontée par d’autres acteurs et non par les suspects habituels, ayant donc un impact plus important.

Par ailleurs, des acteurs de confiance à l’échelle nationale pourrait être le seul moyen de contourner la méfiance ressentie par de nombreux citoyens qui rejettent le raisonnement des institutions de l’UE pour transmettre les messages de l’UE. Ceux-ci pourraient être des personnes ou des organisations bien respectées en politique, dans le monde des affaires, en culture ou en sport. Il est indispensable de trouver des lieux, des acteurs et des messages renouvelés et appropriés pour communiquer les faits et les points de vue sur les enjeux politiques européens au niveau national.

En outre, il est plus que jamais nécessaire de mobiliser les bénéficiaires des politiques et des programmes de financement de l’UE et de les impliquer dans les efforts de communication, en contribuant à expliquer de « pair à pair » les programmes et les impacts politiques de l’UE à un large public.

Amplifier la communication européenne des partis politiques européens

En complément des recommandations de ce rapport, plusieurs axes d’amélioration s’offrent aux partis politiques européens pour poursuivre leur œuvre d’évangélisation de la politique pratiquée à l’échelle européenne.

Dans le prolongement de la démarche réussie des « Spitzenkanditaten » lors des dernières élections européennes qui a permis à chaque parti politique européen de présenter un candidat pour le poste de président de la Commission européenne, une démarche de co-construction à l’échelle paneuropéenne des programmes pour la prochaine législature européenne constituerait une nouvelle innovation.

De même, l’organisation de primaires ouvertes à des campagnes paneuropéennes auprès des citoyens européens au sein de chaque famille politique pour choisir les Spitzenkandidaten contribuerait à la mobilisation du corps électoral.

Chaque scrutin national, dont la discussion et l’impact auprès des autres Etats-membres et au sein même des institutions européennes ne cesse de progresser, devrait servir de laboratoire et de vivier pour améliorer la communication politique européenne, et en particulier celle des partis politiques européens.

Construction européenne et élection présidentielle : la bataille d’idées sur l’Europe

Depuis plusieurs décennies, la « facture européenne » dans les urnes n’a cessé de progresser (référendums et élections européennes) et les partis politiques gouvernementaux français peinent à trouver un récit d’intégration européenne ; sans pour autant affecter jusqu’à présent la mise en œuvre de la politique européenne de la France. Mais, le fossé – béant lors de la campagne électorale –  entre le choix européen des gouvernements français et la sphère publique dominée par les critiques de l’Europe est-il durable à long terme ?

La lente érosion du récit européen de l’Europe puissance

Olivier Rozenberg analyse – dans « La France à recherche d’un récit européen » in Les Cahiers européens de Sciences Po – la bataille des idées sur l’Europe.

Pour lui, l’idée d’« Europe puissante » a de plus en plus difficulté à persuader les gens d’aimer l’Europe, parce que les dirigeants qui soutiennent les traités ont de plus en plus de mal à assumer et justifier leur position dans le débat public.

Une sorte d’euroscepticisme « doux » de la part des dirigeants des partis gouvernementaux s’est peu à peu imposée afin de rassembler les extrêmes dans chacun de leur camp.

L’érosion de l’Europe puissante en tant que récit national majeur pour justifier l’intégration européenne s’explique en raison de son inadaptation :

D’une part, l’intégration européenne est justifiée si elle fournit un pouvoir supplémentaire capable de produire des résultats. De toute évidence, ce type de justification est problématique lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Le soutien à l’Europe souffre car il n’a pas produit les résultats escomptés.

D’autre part, l’Europe puissance est justifiée si elle place la défense de la grandeur de la France au centre. Or, l’élargissement de l’UE et la domination économique de l’Allemagne ont imposé un discours sur la réforme nécessaire de la France, qui place l’Europe du côté des efforts et des sanctions.

Le remaniement problématique du récit européen de la France

Face au déclin du récit français des gouvernements sur l’Europe puissance, le manque d’imagination pour concevoir un grand « design » européen de remplacement renforce la situation problématique de l’Europe dans les discours politiques.

Les raisons, selon Olivier Rozenberg, en seraient la culture politique nationale et le système politique français.

D’une part, les normes partagées par les élites politiques et administratives françaises sont de plus en plus éloignées de l’Europe entre la réticence sur le modèle du marché libre et l’idée de volontarisme politique, un concept idéalisé en France qui tend à favoriser la personnalisation et la centralisation au détriment de la gouvernance collective et multi-niveaux pratiquée par l’UE.

La solution d’une « Europe politique » est si régulièrement proposée que l’idée est devenue polymorphe et même insignifiante.

D’autre part, la difficulté de renouveler le récit français de l’intégration européenne s’explique par le régime de la Ve République. Certes, le centralisme présidentiel offre une certaine efficacité dans la définition et la poursuite des principales priorités nationales au niveau européen. Mais, cela endommage une vision cohérente.

L’élection présidentielle à deux tours oblige les candidats des deux principaux partis gouvernementaux à rédiger une vision synthétique de l’Europe qui peut gagner, à la fois les europhiles et les eurosceptiques au sein de chaque camp. Un exercice particulièrement difficile à concilier pour ce scrutin.

La vision de l’Europe du candidat est trop souvent mise en avant, juste avant la campagne, dans une relative superficialité du travail sur les programmes et pour les Présidents élus dans une relative indifférence à respecter le programme électoral. La déconnexion entre les politiques électorales et publiques ne favorise pas l’établissement de programmes et de doctrines cohérentes.

Au total, Olivier Rozenberg estime que la bataille des idées se perd à un prix élevé. L’euroscepticisme « soft » des partis gouvernementaux risque d’ouvrir la voie à un développement critique de la politique européenne de la France.