Enjeux de l’implication du Parlement lors de la PFUE

Alors qu’un protocole accompagnant le traité de Lisbonne prévoit de renforcer le rôle des Parlement nationaux dans l’UE – avec une amélioration des informations destinées aux Parlements nationaux et un encouragement de la coopération interparlementaire – qu’en est-il du rôle de l’Assemblée nationale et du Sénat dans la PFUE ?

Les formes envisagées de l’association du Parlement à la PFUE

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes propose que l’association du Parlement à la PFUE emprunte deux voies principales :

  • une information régulière dans les délégation pour l’UE de l’Assemblée nationale et du Sénat sur la préparation et le déroulement de la PFUE
  • une participation aux débats citoyens en régions avec le Programme Paroles d’Européens sur les enjeux de la PFUE

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les réunions communes de commissions parlementaires sectorielles ou des présidents des Commissions des affaires européennes des parlements de l’UE.

Les formes proposées de participation des parlementaires à la PFUE

Dans un avis sur la loi de finances 2008, la députée Nicole AMELINE propose « la mise en œuvre de mesures très concrètes contribuant à atteindre l’objectif d’une implication parlementaire à la hauteur de l’enjeu de la présidence française » :

  • Création d’un « Comité d’orientation de la présidence française ». Ce comité a été installé en décembre dernier par Bernard Kouchner, avec la présence de parlementaires.
  • Fabrication et mise à disposition de « kits d’information » sur la PFUE comprenant un DVD de présentation, du matériel pédagogique et des dossiers d’information sur les priorités politiques. Ce kit faciliterait l’organisation de réunions publiques sur le terrain et positionnerait les élus comme de véritables relais de la PFUE.
  • Mise en place d’une « signalétique » PFUE à l’Assemblée nationale et au Sénat informant les députés en temps réel de l’agenda de la présidence française et des principales initiatives politiques.

Philippe Starck, directeur artistique de la PFUE

Sur les 190 millions d’euros de budget pour la PFUE, une enveloppe de 15 millions d’euros est fixée pour les actions de communication. Afin d’assurer une direction artistique de la communication de la PFUE, le designer Philippe Starck est consulté…

Le brief de la dimension artistique de la PFUE

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, veut imprimer une Présidence française de l’UE « très créative » afin de donner – selon Philippe Starck – « l’image d’une France utilisant les plus hautes technologies, donc une France non pas béret basque mais d’avant-garde ».

Le dispositif artistique de la PFUE

La sensibilité artistique de la PFUE se manifeste notamment par :

  • l’organisation de manifestations culturelles dans le cadre de la saison culturelle européenne,
  • la décoration des bâtiments où se tiendront les réunions officiels
  • la conception des produits dérivés ; les traditionnels cadeaux siglés aux couleurs de la présidence laissant la place – selon Philippe Starck – à « plein de choses utiles » présentés d’ici la fin du mois.

La volonté – commune aux autorités publiques et au designer – est de réaliser un important « travail de dépoussiérage » de la construction européenne afin de relancer l’adhésion citoyenne.

Slogans de campagnes et études d’opinion sur le référendum en Irlande

Dans la cadre de la ratification du traité de Lisbonne, l’Irlande est le seul Etat membre dont la Constitution impose d’organiser un référendum. L’issue du scrutin – prévu demain, le 12 juin – reste incertaine…

Une évolution sensible de l’opinion

Alors que la majorité des enquêtes d’opinion jusqu’à récemment donne le « oui » gagnant, un sondage réalisé le 6 juin dans the Irish Times crédite le « non » de 35%, contre 30% au « oui », 28% restant indécis et 7% disant ne pas vouloir voter. Il s’agit du 1er résultat où le « non » apparaît majoritaire…

La plupart des observateurs – qui se rappellent l’échec de la ratification du traité de Nice – considèrent que aux de participation sera l’élément crucial du scrutin. En juin 2001, alors que les sondages indiquaient une écrasante victoire du oui, le fort taux d’abstention (65,2 %) entraina l’échec de la ratification (53,9 % contre le traité de Nice).

Une campagne de ratification très politique

Comme lors de du référendum en France en 2005 sur le projet de Constitution européenne, la campagne est fortement politisée en confrontant les opposants au traité de Lisbonne, défenseurs de l’indépendance et de la neutralité autour du slogan : « Des Irlandais sont morts pour votre liberté, ne la bradez pas ! Votez non ! »et les partis gouvernementaux, rassemblés autour d’un slogan « Bon pour l’Irlande, bon pour l’Europe ! Votez oui ! » jugé par Marion Van Renterghem du Monde comme une « incitation au oui qui paraît défensive, explicative, nuancée, ennuyeuse »…

Les collectivités territoriales françaises s’organisent en vue de la PFUE

Les représentants des associations d’élus locaux membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français (MEPLF) souhaite profiter de la Présidence française de l’UE pour mieux faire entendre leur voix…

Un site Internet dédié

Afin d’influencer la construction de l’Europe dans un sens qui leur soit favorable, la Maison européenne des pouvoirs locaux français lance son propre site Internet. Ce support rassemble notamment les positions récentes de la MEPLF ainsi que des services tels que traductions, communiqués de presse, newsletters…

Une ambassade à Bruxelles

Créée il y a trois ans pour représenter à Bruxelles les collectivités locales françaises – à l’exception des régions – l’organisation qui regroupe cinq des principales associations d’élus français – l’Association des maires de France (AMF), l’Association des petites villes de France (APVF), la Fédération des maires de villes moyennes (FMVM) et l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), et l’Association des départements de France (ADF) – se transforme en véritable « ambassade » des collectivités françaises.

Des priorités pour la PFUE

La Maison européenne des pouvoirs locaux français souhaite profiter de la PFUE pour infléchir les politiques européennes en matière de développement régional, d’énergie, de transports, de Services d’intérêt général, ou d’environnement, dans un sens plus favorable aux collectivités locales.

Réflexions sur la culture de communication de l’Union européenne

A l’occasion de l’alerte nucléaire lancée par la Commission européenne après un incident en Slovénie, un choc des pratiques en matière de communication se dessine…

Après la catastrophe de la centrale soviétique de Tchernobyl, l’UE a crée, en 1987, le système d’alerte Ecurie (European Community Urgent Radiological Information Exchange). Chaque Etat membre peut ainsi communiquer aux membres du réseau en cas « d’accident nucléaire majeur ou d’urgence radioactive ».

Selon le porte-parole de la Commission chargé de l’énergie, l’Espagnol Ferran Tarradellas, Ecurie est fréquemment utilisé mais – comme l’indique Le Monde – « il est très rare que Bruxelles juge que l’incident vaille la peine d’être rendu public ».

Souhaitant rompre avec cette culture du silence en revendiquant une nouvelle « culture de communication en matière nucléaire », impulsée par le Commissaire à l’énergie Andris Piebalgs, la Commission européenne a diffusé auprès des médias un message d’alerte nucléaire, mercredi 4 juin, après un incident survenu dans la centrale de Krsko, en Slovénie.

L’esprit de transparence qui anime cette nouvelle pratique de communication n’a pas été sans soulevé des réactions mettant en cause son sens des responsabilités (« aurait-elle sur-réagis ? »). Pour, Ferran Tarradellas, porte-parole de la Commission, « je préfère être accusé d’être trop transparent »…