Agora citoyenne 2008 : le Parlement européen débat avec la société civile

Pour la deuxième édition de l’Agora citoyenne, le Parlement européen reçoit 500 représentants de la société civile pour débattre la lutte contre le changement climatique, alors que l’UE au travers de la PFUE s’apprête à définir sa politique en matière de développement durable et d’énergie…

Les objectifs de l’Agora citoyenne

Permettre à la société civile européenne – représentants d’associations, d’organisations professionnelles, de syndicats, de think tanks – d’exprimer son avis, ses analyses et ses propositions sur un thème précis.

Alimenter le travail des législateurs européens et soumettre aux institutions nationales et européennes les conclusions des groupes de travail sur les enjeux – ressources, techniques, solidarités, économies et gouvernances – du thème choisi.

La communication autour de l’Agora citoyenne

Un dispositif web complet est mis en place :

  • ouverture d’un site Internet dédié sur le site du Parlement européen
  • diffusion en direct par webstreaming de l’ensemble des travaux
  • mise en ligne des contributions de chaque participant (député ou ONG) sur un forum dédié
  • envoi d’une newsletter informatique à tous les eurodéputés

Une communication complémentaire (interviews, portraits, reportages…) serait envisagée sur la future web-TV parlementaire européenne.

Comment l’échec du référendum irlandais a réintroduit l’Europe sociale dans les priorités de la PFUE ?

Longtemps oubliée des priorités de la PFUE – orientées vers le défi climatique, l’immigration, la défense et la politique agricole – l’Europe sociale fait son entrée dans le programme de la présidence française de l’UE après l’échec du référendum irlandais.

Ainsi, lors du débat portant sur la PFUE au Parlement, le Premier ministre évoque timidement ce nouvel enjeu de la PFUE : « Nous entendons aussi la demande de nos citoyens pour une Europe plus sociale ».

Un virage dans le discours des autorités publiques qui peut être interprété à la fois comme une volonté de répondre aux critiques des parlementaires de l’opposition et d’apporter des réponses concrètes aux citoyens européens.

Vers une législation européenne pour rendre la blogosphère plus transparente

Dans un projet de rapport sur la concentration et le pluralisme dans les médias dans l’UE adopté par la commission « Culture » du Parlement européen, les eurodéputés proposent d’agir pour rendre la blogosphère plus transparente…

Les blogs : un fait de société

Le nombre de blogs – estimé à 100 millions sur la toile – explose littéralement : 120 000 blogs seraient créés chaque jour à l’échelle planétaire, illustrant ainsi le succès mondial de cet outil d’expression libre et interactive.

Sur les blogs, on trouve de tout (des opinions, des photos, des vidéos) et tout le monde (particuliers, artistes, journalistes, politiques).

Les blogs : des enjeux légaux

Cette diversité des contenus et des blogueurs n’est pas sans poser des problèmes :

  • transparence du statut des auteurs et éditeurs (particuliers ou professionnels de l’influence)
  • incertitudes quant à « l’impartialité et la fiabilité des contenus, la protection des sources, l’applicabilité des codes d’éthique et l’attribution des responsabilités en cas de poursuites en justice » (protection de la propriété intellectuelle – vidéos notamment – ; respect de la vie privée – photos ou propos diffamatoires notamment ; – et absence éventuelle de droit de réponse).

Un label qualité pour les blogs

A titre personnel, la députée estonienne Marianne Mikko (Parti Socialiste Européen), auteure du projet de rapport, propose d’encourager la labellisation volontaire des blogs, « en fonction des responsabilités professionnelles et financières et des intérêts de leurs auteurs et éditeurs » afin de renforcer la transparence de la blogosphère.

Actualités de la blogosphère européenne

A quelques jours de l’ouverture de la Présidence française de l’UE, la blogosphère s’anime pour traiter cet événement majeur…

Le blog de la PFUE sur Débat&Co

Le site Débat&Co – en partenariat avec Les Echos – publie quasi quotidiennement sur la PFUE.

Le blog d’une députée européen

Souhaitant « mieux communiquer et échanger sur son action de député européen », Véronique Mathieu, (Parti populaire européen) lance – à moins d’un an des élections européennes – un blog « Pour l’Europe » (aujourd’hui archivé).

Le blog d’un journaliste, correspondant à Bruxelles

Sur son blog « Coulisses de Bruxelles », Jean Quatremer de Libération résume les propositions formulées sur la blogosphère pour sortir de la crise issue du rejet du référendum irlandais :

  • rendre l’Europe plus attentive aux problèmes quotidiens,
  • renforcer la légitimité du Parlement européen,
  • démocratiser la nomination des dirigeants européens,
  • impliquer davantage les parlements nationaux,
  • démocratiser le fonctionnement du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement,
  • permettre une Europe à plusieurs vitesses et organiser un référendum européen sur les objectifs de l’Union.

Le blog d’un think tank européen

Fenêtre sur l’Europe, une association ayant pour objectif de « contribuer à informer sur l’Europe, un maximum de citoyens » lance un blog (aujourd’hui archivé) afin de « donner la parole aux citoyens européens à l’occasion de la Présidence Française de l’Union Européenne ».

Que faut-il penser des enquêtes Eurobaromètre ?

Depuis 1973, la Commission européenne effectue un suivi régulier de l’opinion publique dans les Etats membres avec les enquêtes Eurobaromètre. A l’aune de la crise européenne, à la suite de l’échec du référendum de ratification du traité de Lisbonne en Irlande, que faut-il penser des enquêtes Eurobaromètre ?

Les paradoxes de l’Eurobaromètre

Dans un article paru dans Le Monde du 15 juin, « Une Europe qui peine à susciter l’engagement des citoyens », les correspondants permanents à Bruxelles remarquent que les résultats de la dernière enquête d’opinion européenne, l’Eurobaromètre Standard 68, publié en décembre 2007, montre qu’« un haut niveau de satisfaction pour l’Europe ne garantit pas un engagement positif en sa faveur ».

En effet, les Irlandais sont parmi les Européens les plus favorables à l’Union, en 2e position. Ils sont 74 % à considérer l’UE comme « une bonne chose » contre 54 % pour la moyenne européenne (60 % pour les Français).

Par ailleurs, les responsables actuels de l’Eurobaromètre refusent les questions, jugées trop controversées, ce que le fondateur de l’outil, Jacques-René Rabier, dénonce, dans un entretien avec Euractiv, comme une preuve d’un « manque de courage ».

En effet, jusqu’en 1997, les Européens étaient interrogés sur la question de savoir en qui ils avaient le plus confiance. Les Français et les Allemands avaient invariablement montré une grande loyauté l’un envers l’autre. Cette question sur la confiance entre les peuples a été retirée afin – semble-t-il – de ne pas alimenter les tensions.

Les asynchronismes de l’Eurobaromètre

Dans un article dans la revue Europe’s World, « « Aimez-vous l’Union européenne ? » ou les curieuses réponses des instituts de sondage », Helen Szamuely constate que les personnes interrogées donneraient des réponses divergentes selon qu’il s’agisse d’instituts de sondage indépendants ou des enquêtes de l’Eurobaromètre.

L’apparente popularité du projet européen dans diverses études de l’Eurobaromètre pourrait s’expliquer par la confusion entretenue par les enquêteurs communautaires entre l’adhésion aux valeurs européennes et l’approbation de l’Union européenne. L’UE n’est pas forcément considérée par les citoyens européens comme le seul pourvoyeur de ces valeurs, ni qu’une meilleure intégration européenne soit nécessaire pour sauvegarder ces valeurs.

La relance de l’Eurobaromètre

Parce que la connaissance juste et approfondie de l’opinion publique européenne est l’une des conditions fondamentales de la réussite des politiques publiques européennes, Jacques-René Rabier suggère d’introduire dans l’Eurobaromètre des questions « légèrement pimentées ». Ces questions pourraient être posées sous la responsabilité éditoriale de médias et/ou à l’initiative de parlementaires européens.