Archives de catégorie : Opinion publique européenne

Billets sur l’opinion publique européenne

Eurobaromètre : « Les Français et la construction européenne » : confirmation de la « fracture européenne »

La Représentation de la Commission européenne en France publie une enquête Eurobaromètre (EB Flash no 230) sur les Français et la construction européenne. A quelques jours des élections européennes, les principaux résultats de cette enquête d’opinion semblent confirmer la « fracture européenne » analysée par le député Michel Herbillon.

Perception de la construction européenne : confirmation de la fracture socio-économique

Certes, une très large majorité des Français interrogés se déclarent toujours favorables à la construction européenne.

Mais les disparités socio-économiques sont toujours fortes :

  • les étudiants (91%), les 15-24 ans (82%), les Français ayant un haut niveau d’études (80%) et ceux vivant dans les grandes villes (79%) sont les plus enthousiastes ;
  • les Français ayant un faible niveau d’études sont plus sceptiques.

Attentes à l’égard de la construction européenne : confirmation de la fracture démocratique

Plus de sept Français sur dix estiment que la construction européenne est trop éloignée des préoccupations des citoyens (72%).

Près de quatre Français sur cinq (78%) considèrent que la construction européenne se fait sans que les peuples soient suffisamment consultés.

La majorité des Français (57%) considèrent que la construction européenne a peu d’impact sur leur vie quotidienne.

Information sur la construction européenne : confirmation du déficit de médiation des hommes politiques et de la presse

Plus de deux-tiers des Français disent ne pas se sentir bien informés sur le fonctionnement de l’Union européenne (69%) alors qu’un quart des Français se disent tout à fait (23%) bien informés sur la vie politique française.

Environ trois-quarts des Français estiment que les hommes politiques français devraient davantage leur parler de l’Union européenne (76%,).

Sept Français sur dix estiment de manière similaire que les médias devraient davantage leur parler de l’Union européenne (71%).

Ainsi, la relation entre les Français et l’Europe révèle de multiples fractures, que la campagne des élections européennes n’aura pas suffisamment comblées.

Eurobaromètre sur les élections européennes : principaux résultats

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre Standard 71 « Les élections européennes de 2009 » réalisé au Printemps 2009 sont publiées aujourd’hui…

Le thème de la « protection » au cœur de la campagne

Les attentes des citoyens européens sont particulièrement fortes en matière de protection :

  • politique prioritaire : la protection renforcée du consommateur et de la santé publique en tête à 36% ;
  • thème de campagne prioritaire : la protection contre le chômage face à la crise en tête à 57% ;
  • valeur prioritaire : la protection des droits de l’homme dans le monde en tête à 57%.

Le record de l’abstention en raison de l’ignorance des affaires européennes

Selon Jean Quatremer, « l’abstention pour les élections européennes du 7 juin prochain pourrait atteindre 64% ! » :

  • Le groupe d’âge 15-24 ans est le moins certain d’aller voter (25%).
  • La probabilité d’aller voter est la plus élevée chez les cadres (38%) et les retraités (36%).

Les raisons de ce désintérêt sont d’abord l’ignorance du Parlement européen ou la méconnaissance de l’élection européenne :

  • Je ne connais pas suffisamment bien le rôle du PE (64%).
  • Je ne suis pas suffisamment informé/e pour aller voter ( 59%).

La responsabilité des médias dans ce désintérêt européen

Cet Eurobaromètre confirme la corrélation positive entre faible souvenir médiatique du Parlement européen et impression négative du traitement médiatique du PE :

  • Le souvenir médiatique est le moins élevé au Royaume-Uni (22%), en France (24%) alors que la moyenne européenne est à 36%.
  • L’impression plutôt défavorable du traitement médiatique est le plus élevé au Royaume-Uni (49%), et en France (27%) alors que la moyenne européenne est à 21%.
  • seulement 36 % des citoyens ont lu, entendu ou vu un sujet consacré au Parlement européen dans leurs médias.

Ainsi, cette enquête d’opinion montre que la campagne électorale devrait s’animer autour de l’enjeu de la protection, que l’abstention pourrait atteindre des records, selon l’intensité que les médias mettront à informer les citoyens.

Comment intéresser les citoyens à l’Europe ?

Alors que les élections européennes se déroulent en juin 2009, comment susciter l’intérêt des citoyens européens pour le scrutin ? Au-delà d’une bonne compréhension des motivations et des comportements du citoyen, l’enjeu repose sur la complémentarité des stratégies et des actions…

Complémentarité des stratégies de communication : implication des partis politiques ET sensibilisation du gouvernement

Schématiquement, on peut distinguer 2 catégories d’acteurs, animés par 2 types de stratégies.

Les enjeux de la campagne électorale menée par les partis politiques et leurs candidats sont :

  • la « mobilisation des partis politiques, qui doivent réellement s’investir dans les débats sur les questions européennes », sans en faire comme d’habitude un « référendum » ou un « sondage grandeur nature » sur la politique nationale du gouvernement, selon le politologue Olivier Costa ;
  • la composition des listes qui doivent réellement trouver un équilibre entre expertise, les européens « convaincus et sincères » et « casting », les personnalités médiatiques selon Patrick Martin-Genier, secrétaire général de l’Association Jean Monnet.

Les enjeux de la campagne de sensibilisation au vote réalisée par le gouvernement sont :

  • le thème de la communication gouvernementale, qui peut rarement mettre en valeur le bénéfice immédiat issu de la participation électorale et fait souvent appel à des notions de responsabilité, d’esprit citoyen, d’intérêt à long terme, d’arbitrage.
  • l’impact de la communication gouvernementale, qui est difficile à mesurer. Néanmoins, selon l’Eurobaromètre 162 «Enquête Post Elections européennes 2004 » « la mémorisation de cette campagne est d’autant plus forte que les interviewés sont allés voter. Autrement dit, les interviewés qui sont allés voter ont été plus sensibles à cette campagne que les abstentionnistes. »

Complémentarité des actions de communication : médias traditionnels ET cross-média

Schématiquement, on peut constater que l’expérience des citoyens liée à la campagne électorale est essentiellement une démarche passive. Autrement dit, selon les conclusions de l’Eurobaromètre 162 « l’électeur potentiel subit plus l’information qu’il ne la cherche ».

Des actions de communication « médiatiques et traditionnelles » demeurent incontournables pour diffuser de manière rapide et sur une grande zone géographique des informations sur la campagne électorale et les élections européennes de manière générale.

Ainsi, télévision et radio sont les vecteurs d’information les plus performants pour rendre la campagne électorale visible aux yeux du corps électoral qu’ils s’agissent :

  • des sujets journalistiques sur l’actualité de la campagne électorale ;
  • des spots de la campagne de sensibilisation ;
  • des messages publicitaires de la campagne officielle de partis et de leurs candidats.

Il est intéressant de noter que la place de la télévision et de la radio dans la campagne est quasiment identique, où que l’on se trouve en Europe (dans l’un des 15 “anciens” Etats membres ou dans l’un des 10 nouveaux). Autrement dit, le traitement de l’information et les pratiques médiatiques des partis politiques en période pré-électorale semblent assez homogènes au sein de l’Union européenne.

Des actions de cross-media plus interactive (web communautaires, réseaux sociaux) ou participative (contacts dans la rue, en réunions publiques, par téléphone) peuvent judicieusement compléter la campagne électorale, notamment auprès des jeunes.

Ainsi, le projet « My Election » porté par l’association Eurocircle-Marseille avec l’aide du programme européen « Jeunesse en action » invite les jeunes à s’approprier ce scrutin, notamment via un concours de photos « L’Europe, c’est mon avenir » ouvert aux jeunes de 18 à 30 ans invités à réaliser la photo qui convaincra les jeunes d’aller voter le 7 juin prochain.

Quelles cibles prioritaires pour communiquer sur les élections européennes ?

Plusieurs enquêtes d’opinion relatives aux élections européennes en juin 2009 permettent de clarifier les populations prioritairement à cibler par une communication sur les enjeux du scrutin…

Un niveau d’information sur les élections européennes fortement clivé par l’intégration socioprofessionnelle

Une enquête Eurobaromètre : « Attitudes et opinions des Européennes à la veille des élections européennes de 2009 » montre que le niveau d’information sur les élections européennes croît avec le niveau d’intégration socioprofessionnelle (par des études ou un emploi). Les populations les moins informés étant :

  • les personnes ayant arrêté leurs études avant 20 ans,
  • les personnes sans emploi.

Par ailleurs, les analyses des taux de « non réponse » les plus élevés parmi les Européens permettent d’identifier les groupes socio-démographiques qui ont particulièrement besoin d’informations :

  • les personnes au foyer,
  • les jeunes.

Un intérêt pour les élections européennes fortement clivé par l’âge, la profession ou du niveau d’études

Un sondage LH2 « Les Européennes : coup d’envoi ! Des élections au carrefour de toutes les crises » mesure l’intérêt des Français pour les élections européennes. Les résultats sont sans appel lorsqu’il s’agit de mesurer l’intérêt en fonction de l’âge, de la profession ou du niveau d’études. Les populations les moins intéressées par le scrutin sont les jeunes, les ouvriers ou les employés d’un niveau bac à bac +2.

Ainsi, information et intérêt sur les élections se recoupent largement et dessinent des cibles prioritaires de la communication européenne sur les élections européennes : les jeunes, les femmes, les chômeurs, les retraités, les ouvriers.

Moins de 10% des citoyens européens estime que le niveau européen a le plus d’influence sur leurs conditions de vie

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre spécial 307 publiés en mars 2009 sont alarmants pour l’influence et la confiance des citoyens européens à l’échelle de l’UE…

L’influence dans l’UE : une ultra minorité pro-européenne

Selon le communiqué de presse de la Commission européenne, « la plupart des personnes interrogées ne pensaient pas que l’Europe exerçait un impact important sur leur mode de vie: seules 9 % d’entre elles ont déclaré le contraire ».

Contraste saisissant: 38 % des sondés sont d’avis que les collectivités locales et régionales ont un rôle essentiel à jouer, alors que 43 % sont convaincus que leur gouvernement national exerce l’influence la plus grande.

La confiance dans l’UE : une petite majorité pro-européenne

Guère mieux lotie en matière de confiance, seule une petite majorité des Européens (47%) fait plutôt confiance à l’UE, sentiment d’ailleurs en baisse de 3 points par rapport à la vague Eurobaromètre précédente au printemps 2008.

Commentant ces résultats, Margot Wallström s’est inquiétée que l’importance de l’UE pour la vie quotidienne soit si mal comprise. « De toute évidence, il est urgent de communiquer à tous les niveaux. Expliquer l’Europe n’est pas seulement le travail de Bruxelles. Tous les élus doivent se considérer comme « des hommes et des femmes politiques européens. »