Stratégie de communication de la Commission européenne : les actions récurrentes

Le 3 octobre 2007, la Commission européenne a adopté une Communication « Communiquer l’Europe en partenariat », dont l’objectif est de resserrer les liens entre institutions – communautaires et nationales – afin de rapprocher une communication européenne – fruit d’un accord commun – des citoyens.

Dans son programme de travail pour l’année 2008, la DG Communication précise l’ensemble des réalisations liées aux actions récurrentes…

Les actions médias

Ces actions visent à assurer la visibilité des politiques et des décisions de la Commission par la production et/ou la diffusion de produits audiovisuels d’information. Crédits : 22 200 000 euros

  • TV

Pour l’année 2008, la Commission se concentrera principalement sur le lancement opérationnel d’une chaîne de TV en arabe venant compléter l’offre linguistique d’Euronews.

Par ailleurs, la DG Communication assure l’exploitation des installations audiovisuelles de la Commission (studio TV) et la location du satellite (EuropeBySatellite) permettant de mettre à la disposition des chaînes de télévision des informations sur les activités de l’Union européenne.

  • Radio

Pour la première fois, la DG Communication investit la radio avec la mise en place d’« Euranet », un réseau de radios couvrant les États membres. (voir le billet consacré à ce thème)

Les publications

  • Les publications écrites ciblées

– publications gérées centralement et couvrant l’information de base sur l’Union européenne,

– publications locales effectuées par les Représentations, sur une base régulière (newsletters) ou ad hoc (publications sur des thèmes précis).

Crédits : 5 150 000 euros

  • Les publications écrites d’utilité générale

Destinées au grand public et contribuant à une meilleure connaissance des activités prioritaires de la Commission et des politiques européennes qui concernent plus directement les citoyens.

Crédits : 2 520 000 euros.

L’information des médias

La DG Communication se fixe comme objectif de fournir aux médias, les outils leur permettant de mieux comprendre et de mieux répercuter les questions d’actualité.

Pour 2008, les actions principales concerneront:

  • l’enrichissement de l’offre en ligne de produits audiovisuels et la gestion de la médiathèque de la Commission ;
  • la poursuite de l’offre de formations – organisées à Bruxelles ou dans les Etats membres – auprès des journalistes, notamment de la presse gratuite.

Crédits : 4 470 000 euros

L’analyse de l’opinion publique

Cette action vise à couvrir l’analyse des tendances de l’opinion publique par les sondages Eurobaromètre réalisés dans les 27 Etats-membres et dans les pays candidats : études génériques ou ad hoc sur des thématiques et/ou des populations spécifiques

Crédits : 5 800 000 euros

Pour aller plus loin, lire le Programme de travail annuel de la DG Communication

En contrepoint aux élections municipales : l’insuffisante communication sur les droits des citoyens de l’UE

Les résultats du premier tour des élections municipales sont l’occasion de revenir sur l’un des droits des citoyens de l’UE trop souvent oublié : le droit pour les ressortissants communautaires de participer aux élections locales…

En effet, suivant l’article 8 du traité de Maastricht signé en 1992, les citoyens de l’Union européenne résidant dans un autre État membre que leur pays d’origine ont le droit de participer en tant qu’électeur et de présenter leur candidature aux élections municipales de leur pays de résidence principale dans les mêmes conditions que les nationaux.

Selon l’Eurobaromètre « Les Européens et la citoyenneté » datant de janvier 2008, seulement 37 % des Européens savent qu’il leur est possible de voter et de se présenter aux élections municipales dans un autre pays de l’UE, 50 % prétendant le contraire.

D’après les résultats de cette enquête menée quelques semaines avant les élections municipales, la France se situe dans la moyenne européenne : 38 % des Français savent que les citoyens de l’UE bénéficient de ce droit, 51 % prétendent que ce n’est pas le cas. Ce droit souffre d’un profond déficit de notoriété et nécessiterait une campagne d’information.

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur les ressortissants européens des 27 Etats membres résidant en France se sont mobilisés pour le scrutin municipal des 9 et 16 mars : 199 468 ressortissants des pays de l’Union européenne étaient inscrits pour voter lors des élections municipales.

A Paris, selon François Dagnaud, Adjoint au maire de Paris chargé des élections, 14 000 ressortissants de l’Union européenne se sont inscrits sur les listes électorales pour les élections municipales de mars 2008. Petite précision : les ressortissants de l’UE ne participent pas aux élections cantonales.

Résultats instructifs pour les 10 référendums locaux sur le traité de Lisbonne au Royaume-Uni

La campagne de communication « I Want a Referendum » menée par des partisans de la construction européenne a conduit à l’organisation de 10 référendums locaux – sans valeur juridique – au Royaume-Uni, le week end dernier. Les résultats sont contrastés…

Le taux de participation constitue la principale surprise.

La participation des citoyens concernés a dépassé le taux de participation habituellement observé aux élections locales : 152 520 personnes ont participé au vote soit un taux de participation de 36.2 %.

Le résultat sans appel est sans surprise.

Les électeurs devaient répondre à 2 questions : « Le Royaume-Uni devrait-il organiser un référendum national sur le traité de Lisbonne ? » et « Le Royaume-Uni devrait-il approuver le traité de Lisbonne ? ».

A la première question, les votants ont répondu « oui » à 88 % (12 % de « non »).

A la seconde question, les votants ont répondu « non » à 89 % (8 % de « oui » et 3 % de sans réponse).

Finalement, la presse Outre-Manche conclut que l’adhésion à l’UE – comme l’euroscepticisme – ne peuvent se réduire à un slogan officiel.

Résultats encourageants pour le futur référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande

En vertu de sa Constitution, l’Irlande sera le seul pays à organiser un référendum sur le traité de Lisbonne. La consultation devrait avoir lieu en mai ou en juin. En attendant, plusieurs sondages révèlent l’état de l’opinion…

Un premier sondage, effectué en janvier, donnait le oui à 26%, le non à 10% et le nombre d’indécis atteignait 64%.

Un nouveau sondage, publié le 2 mars par le Sunday Business Post, montre que le « oui » a progressé : 46% des personnes interrogées sont prêtes à voter oui contre 23% non et 31% sans opinion.

La campagne référendaire n’a pour le moment pas encore commencé…

Etat des lieux de la citoyenneté de l’Union

Alors que l’on ne cesse de parler dans les médias, de l’impératif « L’Europe doit se rapprocher des citoyens », quel état des lieux peut-on dresser pour la citoyenneté de l’Union…

La Commission européenne a adopté cette semaine son cinquième rapport sur la citoyenneté de l’Union européenne. Ce document dresse un état des lieux de l’opinion publique et des progrès réalisés en matière de citoyenneté.

État de l’opinion publique

Selon un sondage sur la citoyenneté de l’Union paru dans le Flash Eurobaromètre de 2007 :

  • 90% des Européens savent qu’ils sont à la fois citoyens de l’Union et ressortissants d’un État membre ;
  • 31 % des personnes interrogées dans les 27 pays de l’UE s’estiment «bien informées» de leurs droits en tant que citoyens de l’Union européenne.*

Ces résultats montrent que la Commission devrait renforcer et améliorer les moyens utilisés pour informer le citoyen européen de ses droits.

État des droits du citoyen

Le noyau dur des droits du citoyen sont :

  • le droit de circuler et de séjourner librement dans l’UE,
  • le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes dans l’État membre de résidence,
  • le droit à la protection diplomatique et consulaire dans les pays tiers,
  • le droit de pétition devant le Parlement européen (PE),
  • le droit de s’adresser au Médiateur.

L’enjeu d’une Europe citoyenne – tant annoncée par les responsables politiques – repose sur une connaissance pleine et entière par les Européens de leurs droits.