« Instagramming the EU elections » : pour une communication européenne sur Instagram autour des élections

Tandis que les mobiles s’imposent comme nos premiers écrans, qu’Instagram aurait dépassé Twitter avec 200 millions d’utilisateurs actifs par mois et que les selflies explosent – notamment dans l’isoloir lors des élections – tout concourt à ce que l’UE communique…

Instagram et les institutions européennes aujourd’hui : service minimum

A l’heure actuelle, les institutions européennes ont un temps de retard sur Instagram.

Instagram_institutions_europeennes Certes, le Parlement européen – toujours plus innovant – rassemble déjà plus de 1 500 abonnés. Mais, la Commission européenne, récemment inscrite, plafonne à 117 abonnés, moins que la Représentation de la Commission européenne en France…

Instagram_recherche_europe

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Le virage des médias sociaux « visuels » n’est pas encore pris par les institutions européennes, qui y auraient pourtant tout intérêt afin de s’engager avec des citoyens ordinaires.

« Instagramming the EU elections » : partager et inciter à voter

Sur le modèle de l’expérience du New York Times lors des dernières élections présidentielles américaines « Instagramming the Election« , les institutions européennes pourraient inciter les électeurs à partager leurs contributions à l’occasion du prochain scrutin européen.

Instagramming_Election

Contrairement à Facebook où l’acquisition d’audience ne peut plus se faire sans recours à la publicité et tandis que Twitter s’est imposé sur un créneau « BtoB » adapté aux publics experts scotchés à l’UE au jour le jour ; Instagram apparaît comme une plateforme de prédilection pour sensibiliser le grand public, surtout jeune, connecté et urbain… autant de critères permettant de définir des abstentionnistes potentiels.

Une opportunité se présente à l’UE pour communiquer de manière originale sur les prochaines élections européennes, saura-t-elle la saisir ?

Faut-il faire des élections européennes un rendez-vous paneuropéen ?

Moins de trois mois avant l’échéance électorale, les analyses du scrutin européen sont préoccupantes et les solutions pour rendre les élections européennes plus lisibles et plus concrètes aux yeux des électeurs européens sont limitées. Pourquoi, le rendez-vous européen, tant attendu, peut se révéler risqué dans un contexte de crise et de défiance ?

Y a-t-il déjà eu une campagne électorale paneuropéenne ?

Selon Corinne Deloy, dans « Le scrutin européen de 2014. Un rendez-vous lourd d’interrogations » publié dans les P@ges Europe de La Documentation française, « vingt-huit scrutins nationaux ne font pas une élection européenne » :

La participation à une élection requiert la satisfaction de conditions minimales parmi lesquelles l’existence de règles communes telles que la clarté des enjeux, la pluralité des programmes, un débat public polarisé et la mise à disposition d’une information convaincante. Aucune de celles-ci n’aura été respectée lors des précédents scrutins européens.

Le jugement est sévère mais sans appel : on ne peut raisonnablement pas affirmer qu’il y ait déjà eu une vraie campagne électorale paneuropéenne à l’occasion des élections européennes. Tout au plus, les élections européennes se définissent – pour les partis, les médias et les électeurs – comme « des élections de second ordre ».

Y a-t-il une erreur de casting avec l’innovation du traité de Lisbonne ?

Certes, pour la première fois, chaque famille politique – hormis l’extrême droite – fera campagne derrière une figure de proue pan-européenne commune. Mettre en avant des candidats plus ou moins reconnaissables et crédibles, avec des propositions plus ou moins claires et concrètes ne peut qu’être considéré comme un progrès, aidant à la fois à européaniser, polariser et personnaliser les enjeux de la prochaine élection européenne.

Mais, s’interroge Philippe Maze-Sencier d’APCO Worldwide Washington, les partis politiques européens sont-ils à la hauteur de ce défi ? Pour lui, « il est loin d’être certain que les candidats choisis par ces mêmes partis seront à la hauteur de rétablir la confiance dans l’Europe ».

Y a-t-il  un paradoxe : un effet négatif inattendu d’une campagne électorale européanisée ?

Dans une livraison du Center for European Studies (CEPS), deux chercheurs Vivien Pertusot et Yann-Sven Rittelmeyer dans « The European Elections in France: The paradox of a more European yet more eurosceptic campaign » conclut que le scrutin européen de 2014 repose sur un paradoxe inattendu.

La prochaine campagne électorale pourrait être à la fois le scrutin le plus européen de l’histoire des élections européennes et en même temps le plus critique :

  • 2014, le scrutin le plus européen avec la campagne à l’échelle de l’UE entre les candidats des grands partis européens à la présidence de la Commission européenne ;
  • 2014, le scrutin le plus critique avec le débat sur l’Europe dans les Etats-membres, qui pourrait favoriser les partis d’extrême gauche et d’extrême-droite.

Au total, les leçons des précédents scrutins, de l’innovation du traité de Lisbonne et du dernier débat sur l’avenir de l’Europe en France lors du référendum de 2005 offrent une clé de lecture du prochain scrutin européen : le débat sur l’UE dans un contexte de sentiment eurosceptique comporte un certain risque de dérapage populiste.

Des MOOC sur l’Europe au secours de la communication de l’UE ?

Les Massive Open Online Courses (MOOC) littéralement « cours en ligne ouverts aux masses » révolutionnent la formation ouverte et à distance tout au long de la vie. Qu’en est-il des MOOC sur l’Europe pour combler les lacunes en connaissances et compétences de nombreux publics ?

« Comprendre l’Europe » : un MOOC de HEC dédié à l’UE pour renforcer la participation citoyenne européenne

Les innovations sont à tous les étages puisque c’est HEC – l’école hyper-sélective et super-chère – qui lance non seulement le premier MOOC entièrement dédié à l’Union européenne et son fonctionnement mais surtout dans un format de 6 séances accessible à tous et gratuit.

D’ailleurs, HEC présente « Comprendre l’Europe » comme un «  MOOC engagé » qui « défend une plus grande participation des citoyens aux affaires publiques européennes » et « entend apporter une contribution au nécessaire renouveau démocratique européen ».

Ce cours en ligne innovant et militant permettant à chacun de connaître les fondements de l’UE en vue des élections européennes de 2014 vise à :

  • combler le manque de connaissance actuel sur l’UE, son fonctionnement, sa raison d’être ;
  • transformer une construction politique souvent perçue comme abstraite et lointaine en une réalité tangible ;
  • présenter l’Europe non plus comme une contrainte mais comme une opportunité.

« EU modules » : une plateforme d’apprentissage à distance sur l’UE

EU_MOOC

L’Institute for European Studies se lance dans le e-learning avec « EU modules » une plateforme de formation dédiée à l’UE sous forme de webinars.

Basé un modèle payant (de 150 à 300€ par module), les formations certifiées par le monde universitaire sont accessibles à tout moment à quiconque souhaite parfaire ses connaissances et compétences pour bien comprendre, par exemple, les institutions de l’UE et leurs politiques, l’influence européenne dans le droit et les décisions publiques.

Destiné aux étudiants, chercheurs, conseillers politiques, avocats, commerçants et tous ceux qui sont impliqués dans les affaires de l’UE (ou veulent être), « EU modules » permet d’apprendre des informations cruciales sur l’UE d’une manière innovante.

Au total, l’enjeu de la formation, en particulier auprès des publics clés de l’UE que sont les potentiels médiateurs (journalistes, enseignants, élus) se trouve bouleversé par l’arrivée des MOOC sur l’Europe.

Wiki, curation, open-data et crowd-checking: quelles sont les formes nouvelles de suivre la campagne des élections européennes ?

À J-100 avant les élections européennes et au-delà des moyens de suivre la campagne sur Twitter, le web se mobilise à travers des initiatives inédites autour de wiki, de curation, d’open-data et de crow-checking. Quelles sont les formes nouvelles de suivre la campagne des élections européennes ?

Factcheck.eu : la première plate-forme européenne de crowd-checking

factcheckEUSans aucun doute l’une des initiatives les plus utiles à l’aune de la campagne électorale européenne qui s’annonce, Factcheck.eu vise à mettre en ligne des citations de personnalités politiques, à les traduire et surtout à vérifier « la réalité des chiffres et des faits plutôt que les stéréotypes et les préjugés ».

Sans orientation politique et sans but lucratif, Factcheck.eu s’inscrit dans une tendance à jauger la crédibilité des paroles publiques déjà illustrée en matière européenne lors de la campagne présidentielle française avec Vigie 2012.

Wikipedia : multilinguisme paneuropéen et curation collaborative

Deuxième nœud du web à signaler autour de la campagne des élections européennes, les pages Wikipedia consacrées aux élections européennes de 2014, dont l’activité est une indication intéressante :

Sondages et projections en sièges en ligne : curation et open-data sur les intentions de votes

Grâce à Electionista, il est d’ores et déjà possible de consulter un Google Document qui rassemble l’ensemble des sondages d’intention de votes réalisés dans les Etats-membres de l’UE. Une initiative plutôt utile, complétée d’ailleurs par une liste des comptes Twitter de tous les partis présentant des candidats dans l’UE.

pollwatch2014Grâce à PollWatch2014.eu et @pollwatch2014, il sera bientôt possible de consulter des projections de la future répartition des sièges dans le Parlement européen.

Au total, avec tous ces outils offrant le meilleur des nouvelles formes de suivre la campagne des élections européennes, l’information – à défaut d’être connue du grand public – sera plus que jamais accessible et transparente.

Information et Union européenne : quelles sont les habitudes médiatiques des citoyens européens sur l’Europe ?

Puisque l’année 2014 sera largement dominée par les élections européennes, il n’est pas inutile d’analyser – avant la campagne électorale – les « habitudes médiatiques » selon Eurobaromètre des citoyens en matière d’affaires européennes

Niveau d’information : un sentiment dominant d’être mal informé sur les questions européennes

Les Européens se déclarent très majoritairement très mal informés :

  • Sentiment collectif : trois quart des Européens jugent que dans leur pays, les gens sont mal informés sur les questions européennes ;
  • Sentiment individuel : un tiers des Européens estiment être personnellement bien informés sur les questions européennes.

Les « clientèles » traditionnelles de l’Europe (les plus diplômés et les cadres) se classent parmi les mieux informées – de même logiquement pour les personnes ayant une image positive de l’UE.

Source d’information : les médias traditionnels privilégiés pour s’informer sur les affaires politiques européennes

La hiérarchie des sources d’information sur les affaires politiques européennes est identique aux affaires politiques nationales.

La nouveauté concerne  la « première » source d’information citée, Internet (12%) devance désormais de justesse la presse écrite (11%).

Les Européens privilégient – toute catégorie confondue – la télévision pour s’informer sur les affaires politiques européennes (78%), la presse (44%) plutôt pour les cadres et les seniors, la radio (34%) et Internet (28%) auprès des jeunes, notamment les étudiants.

Source d’information en ligne : les médias en ligne dominent et les médias sociaux progressent

En ligne, la hiérarchie des sources d’information sur l’Europe se rééquilibre :

  • les sites d’information restent largement en tête (66%), malgré un recul sensible (-6 points en un an) ;
  • les sites institutionnels et officiels sont également beaucoup moins cités (24%, -10) ;
  • les réseaux sociaux talonnent (23%, +4) ;
  • les blogs progressent également (12%, +3), devant les plateformes de partage de vidéos (7%, +1).

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La diversification des sources d’information en ligne et la progression du web social ne devraient pas être sans conséquence sur la campagne des prochaines élections européennes.

Recherche active d’information sur l’Europe : un tiers des Européens privilégie Internet

La hiérarchie des sources privilégiées en cas de recherche active d’informations sur l’UE se modifie :

  • la TV reste citée en priorité (49%), mais beaucoup moins ;
  • Internet arrive désormais en deuxième position (33%) ;
  • les journaux quotidiens passent au troisième rang (30%) ;
  • les discussions avec les amis, la famille, les collègues apparaissent (20%) ;
  • les autres médias peu « utiles » : la radio (20%), les « autres journaux et magazines » (11%), les livres, brochures et fiches d’information (6%) et les conférences (3%).

Voilà une donnée qui devrait être étudiée par tous les acteurs de la prochaine campagne européenne, notamment au regard des moyens traditionnellement privilégiés (tracts et réunions publiques).

Au total, l’enquête Eurobaromètre portant sur les habitudes médiatiques des Européens en matière d’information sur l’Europe mesure à l’échelle des Vingt-Huit les continuités (prégnance de la TV) et les ruptures (émergence d’Internet). Autant de données qui ne seront pas sans conséquence sur la future campagne des élections européennes.