Enjeux du projet de création d’un « lieu d’Europe » à Strasbourg

Dans un article dans l’édition 20 Minutes du 21 janvier, le projet de créer un « lieu d’Europe » à Strasbourg est évoqué grâce à la signature prochaine du contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne » entre les collectivités territoriales et l’Etat. De quoi s’agit-il ?

Le projet défendu par la Mairie de Strasbourg

D’abord, un lieu d’accueil, proche des institutions européennes, pour informer sur l’Europe :

  • Informer sur les projets et les débats qui animent la construction européenne : l’histoire de la communauté, les cultures des États membres…
  • Informer sur les décisions et les mesures prises par les institutions communautaires notamment dans leur impact sur la vie quotidienne.
  • Informer sur les droits, obligations et les démarches, donc sur les services offerts par l’UE.

Mais également, un lieu pour valoriser la vocation européenne de Strasbourg, qui accueille le Parlement européen, la Cour de Justice des Communautés Européennes et le Conseil de l’Europe ; afin de« fidéliser les touristes dans la ville au-delà de vingt-quatre heures ».

Les propositions du comité de soutien

Créer un lieu de communication pour éduquer sur l’Europe et changer le regard et les attitudes : « une passerelle entre l’homme de la rue et la sphère politico-technocratique » :

  • Un lieu de mémoire (dimension commémorative, historique et symbolique)
  • Un lieu de connaissance (dimension scientifique et universitaire)
  • Un lieu de vie (dimension culturelle)

Créer un parc de loisirs sur le thème de l’Europe pour divertir tout en transmettant des valeurs et des comportements

Ainsi, selon le porte-parole du comité, « en cumulant ces différentes facettes, le « lieu d’Europe » attirerait 3 millions de visiteurs chaque année, offrant de belles retombées financières à la région »et « conférant aussi à la ville une identité de capitale des peuples d’Europe».

Bilan en chiffres de la PFUE

Dans un document publié par le Secrétaire Général aux Affaires Européennes, placé sous l’autorité du Premier ministre, un bilan et des perspectives de la PFUE sont officiellement donnés. Voici un tour d’horizon de la PFUE en quelques chiffres :

Un budget maîtrisé à hauteur de 160 millions d’euros

Avec 190 millions d’euros prévus par le Parlement, le budget réalisé s’élève à environ 160 millions d’euros, soit près de 30 millions d’économies par rapport au budget initial.

550 événements sur l’ensemble du territoire français

Près de 550 événements ont été organisés par la présidence française – au-delà des réunions institutionnelles à Bruxelles et Luxembourg – dans 56 départements français, y compris d’Outre mer.

Une forte mobilisation politique vis-à-vis du Parlement européen

Pendant la PFUE, le Président de la République est intervenu trois fois en session plénière à Strasbourg et a reçu les présidents de groupes politiques à deux reprises à l’Elysée.

De même, les ministres se sont particulièrement mobilisés : 110 déplacements ministériels au Parlement européen au cours du semestre de présidence soit 65 interventions en plénière et près de 40 auditions en commissions.

Enfin, 11 commissions du Parlement européen ont été reçues en France, avec à chaque fois des rencontres de niveau ministériel.

90 000 accréditations sans incident dans le domaine de la sécurité

Notamment grâce à la mobilisation des personnels et à l’utilisation d’un logiciel d’accréditation qui a permis de gérer efficacement près de 90 000 inscriptions, des délégations aux fournisseurs en passant par les médias.

1 million de visiteurs en 6 mois sur le site Internet réactif et multilingue

Près d’un million de visiteurs en six mois, le site internet ue2008.fr a été le principal vecteur d’information de la présidence.

Proposé le plus souvent en six langues (allemand, anglais, italien, français, espagnol et polonais) et conçu avec une webTV originale pour une présidence, il a permis aux journalistes, aux délégués et au grand public d’avoir un accès efficace et rapide et global à l’ensemble de l’actualité de la PFUE.

Une présidence attachée au multilinguisme

Mobilisation importante du service commun d’interprétation – conférences des institutions européennes (le SCIC) qui s’est impliqué sur près d’une centaine de réunions et conférences ministérielles.

Configuration inédite pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée le 13 juillet avec 29 langues actives et 29 langues passives.

140 véhicules fournis par des partenaires

140 véhicules mis à disposition par les constructeurs Renault et Peugeot-Citroën ont, pendant ces six mois, permis de couvrir utilement une quarantaine de manifestations.

Comment la Commission européenne tente d’influencer l’agenda médiatique ?

Sur les questions européennes, les médias se révèlent particulièrement important pour informer les citoyens européens des décisions européennes et analyser les enjeux des actions européennes.

Afin d’influencer les médias à davantage informer les citoyens européens sur les questions européennes, la Commission européenne tenter de :

  • mieux comprendre le fonctionnement des médias,
  • mieux s’organiser pour répondre aux attentes et aux besoins des médias en matière d’information et de service.

Mieux comprendre les médias : quelles sont les fonctions des médias ?

Selon la théorie de la hiérarchie des priorités (ou agenda setting), les médias ont un pouvoir d’influence sur les citoyens, car ils déterminent ce sur quoi les récepteurs réfléchissent. Ainsi, les informations des médias se déterminent selon la perception des priorités par les journalistes.

Il s’agit pour la Commission européenne de justifier que les questions européennes sont prioritaires.

Selon la théorie du sélectionneur (ou gatekeeper), les médias sont obligés de sélectionner les sujets traités selon une logique fonctionnelle centrée sur les médias. Ainsi, les informations des médias se déterminent selon la praticité des données à traiter pour les journalistes.

Il s’agit pour la Commission européenne de livrer des données aisément utilisables pour les journalistes.

Selon la théorie de la valeur des nouvelles, les caractéristiques – simplicité, identification-proximité, sensationnalisme – d’une nouvelle déterminent sa valeur journalistique, et son intérêt d’être publié.

Il s’agit pour la Commission européenne de préparer des éléments simples, proches et originaux reprenant ces différentes caractéristiques.

Mieux servir les médias : quelles sont les informations et services de la DG COMM au service des journalistes ?

Afin de fournir aux médias des informations tirant les leçons des différentes théories des médias, la Direction Générale Communication de la Commission européenne a mis en place :

  • une nouvelle organisation adaptée aux médias avec la création d’un service du porte-parole organisant quotidiennement des conférences de presse ;
  • une nouvelle offre de produits audiovisuels avec EuropebySatellite, un service d’images brutes et montées et un studio TV permettant de fournir des interviews vidéo et des reportages montés ;
  • une nouvelle offre de formations auprès des journalistes afin de leur permettre de mieux comprendre les institutions communautaires ;
  • un projet de réseaux d’information pilotes établissant un cadre (plateforme en ligne et cycle de conférences) offrant aux décideurs (parlementaires…) et aux multiplicateurs d’opinions (journalistes…) la possibilité d’échanger et de débattre sur les questions européennes.
  • un projet de service de presse capable de fournir des informations de proximité susceptible d’intéresser les 25 000 journalistes dans l’UE qui ne sont pas proche de l’UE comme les 1 100 journalistes accrédités à Bruxelles…

Ainsi, par une meilleure compréhension des médias, par une meilleure organisation via un service du porte-parole et par de meilleurs outils au service des journalistes, la Commission européenne ne manque pas d’argument pour influencer l’agenda médiatique.

Réouverture de la bibliothèque numérique européenne, Europeana

Concurrent de Google Library, qui dispose aujourd’hui de plus 10 millions d’ouvrages numérisés, provenant de bibliothèques du monde entier, Europeana, la bibliothèque numérique européenne :

  • propose actuellement 2 millions de documents en ligne ;
  • en 2010, plus de 6 millions d’objets numériques seront accessibles.

Un contenu riche, antérieur au XXème siècle

Disponible dans les 23 langues officielles de l’UE, tableaux, cartes, photographies, dessins, livres, journaux, lettres, musique, bandes, disques, émissions de radio, films, actualités et émissions de télévision sont accessibles.

En raison des droits d’auteurs, toutes les œuvres sont antérieures au XXème siècle.

Un module de recherche simple et efficace

Les résultats de recherche sont regroupés par type de document : « texte », « image », « vidéo », « son » et peuvent être affinés par langue, pays, date, source ou par type.

Un compte personnel très prochainement

« Mon Europeana » permettra à chaque utilisateur de créer son compte, sauvegarder ses recherches, les partager grâce aux pages « Communautés » et discuter ou blogger autour du contenu d’Europeana.

Appel d’offre de la Commission européenne pour lancer une campagne de communication dans le cadre des élections au Parlement européen en 2009

Quelques temps après l’annonce par le Parlement européen de la réalisation d’une campagne de communication transnationale en vue des élections européennes en juin prochain (signature : « A vous de choisir » et budget de 15,4 millions d’euros), la Commission européenne envisage également d’organiser en urgence un marché relatif à une « campagne de sensibilisation, d’information et de mobilisation » dans le cadre des élections au Parlement européen en 2009.

Un dispositif illustrant la politique de communication en partenariat

En application de la politique de communication en partenariat, officialisée par la déclaration politique entre les institutions communautaires et les États membres, mardi 22 octobre au Parlement européen, cette action devra être menée en coordination avec les autres initiatives prises par les institutions communautaires dans le cadre de la priorité de communication relative aux élections au Parlement européen.

Un dispositif ciblant principalement les jeunes citoyens européens

Les objectifs consistent :

  • à élever la perception d’une identité européenne à travers une identification émotionnelle positive avec l’Union européenne ;
  • accroître la sensibilisation des jeunes sur les prochaines élections au Parlement européen, y compris les jeunes expatriés.

Le public cible comprend :

  • principalement, les jeunes ayant le droit de vote (18-30 ans) ;
  • à titre secondaire, les jeunes qui auront le droit de vote dans un avenir proche.

Les actions de communication sont :

  • développement d’une stratégie et d’un concept de communication fondée sur des spots TV, un site Internet, et EU Tube ;
  • mise œuvre pratique de la stratégie : production et diffusion de clips, création et animation d’un site Internet ;
  • reporting.

Le marché est estimé à un montant maximum de 2,7 millions d’euros.