Archives annuelles : 2008

Le point de vue de Laurent Wauquiez sur la communication politique aujourd’hui

Face à l’omniprésence de la communication, qui semble caractériser la politique depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, s’interroge dans la revue Commentaire de cet hiver (N°120) pour savoir si « derrière de simples changements de technique politique » ne se joue pas « en réalité une mutation profonde de notre démocratie ».

Contestant l’idée que la pratique politique contemporaine aurait sombrer dans la communication face à une période ancienne où la politique aurait été dans l’action, Laurent Wauquiez apporte une démonstration historique que la communication politique est une tension permanente entre la parole politique, fruit d’une aspiration à la vérité et de l’habilité sophistique ou démagogique et le secret.

  • La Grèce serait ainsi à la fois le berceau des joutes oratoires et le lieu du secret mystique lié au sacré ;
  • Machiavel aurait enseigné la pratique de la vérité et de l’artifice ;
  • Louis XIV aurait pratiqué à la fois la représentation de la Cour et le secret d’Etat ;
  • La IIIe République aurait été le régime de l’éloquence parlementaire et du secret de la conquête coloniale ;
  • De Gaulle aurait été à la fois l’homme de l’ORTF et des négociations secrètes sur l’indépendance de l’Algérie…

Mais alors, qu’y aurait-il de nouveau aujourd’hui ? Avec les chaînes d’information en continu, les blogs et les Wikis sur Internet… nous entrons dans « l’ère de la transparence ». En politique, le secret est dorénavant impossible : « le politique est en permanence dans l’œil des médias ».

Par ailleurs, les citoyens n’ont jamais été autant informés (même si la « mal info » renforce la confusion) et leur désir d’interaction n’a jamais été aussi fort.

Ainsi, Laurent Wauquiez établit comme un fait que le pouvoir ne peut plus maintenir une gestion asymétrique de la parole : ce serait la fin du machiavélisme, davantage par nécessité que par vertu…

Comment le politique peut-il alors retrouver des marges de manœuvre dans sa communication ? Comment faire entendre sa voix – sans craindre « la dictature de la formule » qui réduit le discours à des mots – pour faire émerger une ligne politique ?

Il convient pour le politique de se recréer des espaces d’action, notamment au travers de la gestion de son calendrier pour imposer ses propres problématiques aux médias.

Le politique doit également favoriser la hiérarchisation des informations pour éviter que les citoyens se transforment en consommateur d’information.

Dans les réformes, la communication doit être engagée très en amont afin de suivre le schéma suivant :

  • lancer la réflexion en produisant un Livre Vert rassemblant les pistes de réflexion des experts ;
  • soumettre à consultation publique par le biais d’Internet afin de connaître les avis des citoyens ;
  • rédiger un Livre Blanc contenant des propositions concrètes, inspirées des apports précédents et donc issues du dialogue et de la négociation ;
  • discuter au Parlement et laisser la décision finale au chef de l’exécutif.

Le politique doit adopter « une posture d’écoute et d’ouverture » sur « le terrain » afin d’être un véritable accoucheur d’idées.

Il faut laisser toute sa place à l’interactivité pour que les citoyens participent à la décision politique.

Afin d’éviter le morcellement de la société en tribu communautaire, le politique doit créer du lien (et donc adapter sa communication à sa cible) pour concilier les intérêts et faire émerger l’intérêt général.

Face au déclin des idéologies, le politique doit « oxygéner le débat avec des idées nouvelles » et explorer des territoires entachés par le confort des tabous ou l’immobilisme.

Conclusion : Reste avec la pratique quotidienne une manière de trouver une voie pour que cette nouvelle communication ne stérilise pas l’action et ne se résume pas par le triomphe du politiquement correct.

Préparation de la Présidence française de l’UE : le Secrétariat général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE) s’organise…

Mission : programmer toute la logistique de la présidence française de l’UE pendant 6 mois. Budget: 190 millions d’euros. Moyens humains: 22 personnes. La présidence portugaise – au 2nd semestre 2007 – employait à titre de comparaison plus de 70 permanents… Responsable : Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur. Moyens techniques : Deux immeubles éloignés pour une même équipe : l’un rue La Pérouse, près de l’Etoile, l’autre rue de Lille, dans le quartier des ministères…

Les actions organisées par le SGPFUE

A la lecture du rapport du Sénat sur le budget de la PFUE :

ACTION n°1 : Activités obligatoires et traditionnelles de la Présidence (46,8 % du budget)

Cette action regroupe toutes les manifestations imposées par le calendrier européen :

  • 2 Conseils européens ;
  • 4 sommets entre l’UE et des pays tiers ;
  • l’ensemble des conseils des ministres à Bruxelles et Luxembourg ;
  • une vingtaine de réunions informelles entre les ministres des 27.

ACTION n°2 : Manifestations correspondant à l’initiative propre de la Présidence française (43,2 % du budget)

Financement des manifestations ou événements, correspondant à des initiatives de la France pendant son semestre de présidence, ainsi qu’à des manifestations labellisables « Présidence française de l’Union européenne » envisagées par les différents ministères.

  • 150 manifestations prévues dans toute la France pendant six mois (le Grand Débat dans les villes françaises évoqué par Jean-Pierre Jouyet, mais aussi le dîner du 14-Juillet organisé à l’Élysée avec les chefs d’État et de gouvernement, les états généraux du plurilinguisme, un colloque sur la biodiversité ou une conférence ministérielle sur les Droits de l’homme…) ;
  • une quarantaine de manifestations publiques organisées par les différents ministères (à l’heure actuelle, tous les budgets seraient débloqués ; chaque ministère s’est engagé à faire un point mensuel sur l’avancée des manifestations) ;
  • Nombreux partenariats privés-publics pour organiser des actions labellisées, notamment avec des ONG ou des grandes entreprises (la CPCA, Conférence Permanente des Coordinations Associatives a rencontré Jean-Pierre Jouyet, Areva sera probablement un partenaire financier…).

ACTION n°3 : Activités interministérielles (10 % du budget)

Il s’agit de dépenses interministérielles correspondant à des « biens collectifs » : les frais de fonctionnement du SGPFUE, la communication, les accréditations et les frais de représentation de la Présidence.

L’organisation du SGPFUE

Les collaborateurs du SGPFUE ont été répartis sur neuf pôles : questions financières, justice et immigration, société civile, éducation et recherche, collectivités territoriales, écologie et développement durable, culture, questions agricoles et questions sociales.

Actuellement, ils sont chargés de planifier les actions envisagées : il s’agit d’organiser les différentes actions et de coordonner les initiatives des différents acteurs publics ou privés…

Pendant la présidence, ils seront chargés de coordonner les rendez-vous thématiques. Dans l’idéal, ils devraient être présents partout sur le terrain.

Trois ou quatre mois après la fin de la présidence français, le SGPFUE disparaîtra après avoir rédigé quelques rapports d’exécution et réglé les dernières factures.

Les principaux points noirs du SGPFUE

A la lecture de l’article de MSC Info :

Une structure créée tardivement et faiblement dotée : le SGPFUE a été créé seulement en juin 2007. Seuls 22 personnes entourent le secrétaire général.

Une préparation ralentie par les élections françaises du printemps 2007 : les priorités de la PFUE n’ont été connues que fin août lors de la conférence des ambassadeurs…

Un site Internet, en cinq langues, avec une équipe éditoriale de cinq à dix personnes à lancer dans les 6 prochains mois, en intégrant un maximum de vidéos…

1000 fonctionnaires à former (800 fonctionnaires des ministères directement impliqués et plus de 200 personnes de la Représentation permanente de la France à Bruxelles)… Pour les former, une journée de sensibilisation est organisée tous les mois, depuis mars. Elle est axée autour de quatre thèmes: l’enjeu de la présidence, les relations entre Conseil, Parlement et Commission, le rôle du Parlement européen, et les aspects logistiques.

Un logo à choisir : un appel d’offres a été lancé l’été dernier pour choisir le logo de la présidence française, Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas avoir arrêté son choix. L’appel d’offres a été doté de 60 000 €.

Rattrapés par les autres : Les Suédois en sont au même point dans leur préparation, alors que la Suède présidera le Conseil de l’UE un an après la France. Quant aux Tchèques, qui succéderont à la France, ils ont déjà un slogan «L’Europe sans barrière» et un calendrier de leurs événements.

Un temps de travail amputé : sur les 6 mois de la Présidence, en août, aucune session ne se tient à Strasbourg et l’activité gouvernementale tourne au ralenti. Quant au mois de décembre, tout le monde sera uniquement préoccupé par la tenue du Conseil européen. Il faut donc concentrer plus de 150 réunions en quatre mois et demi.

Promotion de la saison culturelle européenne : l’agence prestataire a été sélectionnée

Après un appel d’offres de Culturesfrance, opérateur délégué des ministères des Affaires Etrangères et de la Culture et de la Communication pour les échanges culturels internationaux, Publicis Consultants décroche le budget de communication de la saison culturelle européenne. Cette saison – que nous avons déjà présenté dans ce blog – doit se tenir du 1er juillet au 31 décembre 2008 dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un État exerçant la présidence de l’UE va accueillir, six mois durant, les artistes de l’ensemble des États membres. L’agence aura pour mission, de janvier 2008 à janvier 2009, le conseil stratégique, la conception et la mise en œuvre de la campagne de communication de cette saison culturelle européenne.

Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, se lance dans la blogosphère

Convaincu que l’Europe a besoin de dialogues et d’échanges, Jean-Pierre Jouyet veut à travers son blog (archivé) communiquer de manière plus personnelle sur l’Europe qu’il voit et à laquelle il croit.

Au fil de ses billets, on constate logiquement que la future Présidence française de l’Union européenne domine son agenda. Désireux d’en faire « un événement citoyen », Jean-Pierre Jouyet souhaite organiser en amont une consultation de la société civile, afin d’associer le grand public à la construction européenne.

En voici selon lui les principales étapes :

  • mars : lancement du Grand Débat dans les 8 grandes régions d’élections des députés européens
  • août : déroulement de l’Université d’été de l’Europe

Nous reviendrons prochainement sur la stratégie de communication qui accompagnera cette opération…

Stratégie web : planning de travail de la DG Communication

Dans le cadre de sa mission d’informer les médias et les citoyens des activités menées par la Commission et de communiquer les objectifs et les enjeux des ses politiques et de ses actions, la DG Communication lance une nouvelle stratégie web. Nous avons présenté les jours précédents les réformes concernant le site EUROPA. Aujourd’hui, nous nous attardons sur le programme pour les prochains mois.

Un planning de travail marqué par 3 séquences :

Cartographie des sites Internet

Premièrement, la Commission lancera une étude pour déterminer les principaux sites axés sur les affaires européennes et, en vue de conclure des accords de mise en réseau et ajoutera des liens sur EUROPA (avec des clauses de non-responsabilité) vers d’autres sites susceptibles d’intéresser les internautes.

Veille Internet sur les tendances

Deuxièmement, la Commission renforcera le suivi des débats sur Internet afin de déterminer les principaux leaders d’opinion et questions d’intérêt public. En écoutant et en apprenant, elle sera en mesure de définir les tendances émergentes et existantes, et de mieux communiquer.

Intervention dans le débat

Troisièmement, la récente modification des règles et procédures de la Commission concernant les prises de parole publiques de son personnel sur des questions professionnelles sera étendue à la participation à des blogs et des débats en ligne. Dorénavant, les porte-parole de la Commission et les unités chargées de la communication des différentes DG pourront désormais contribuer à expliquer des politiques communautaires et à corriger des erreurs, ainsi qu’à rectifier la publicité négative et les spéculations concernant l’UE et ses activités.