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Quelles sont les priorités en 2015 du programme « L’Europe pour les citoyens » ?

Avec pour double objectif d’une part de contribuer à ce que les citoyens comprennent mieux l’UE, son histoire et sa diversité et d’autre part de promouvoir la citoyenneté européenne et d’améliorer les conditions de la participation civique et démocratique au niveau de l’UE, le programme « L’Europe pour les citoyens » pour 2015 définit des priorités annuelles…

Travail de mémoire européen : la commémoration du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Puisque 2015 correspond à la commémoration du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui a eu une influence considérable sur l’histoire moderne de l’Europe, la priorité est accordée aux projets axés sur la montée de l’intolérance qui en a découlé et qui a permis que des crimes contre l’humanité soient perpétrés, ainsi que sur ses conséquences sur l’architecture de l’Europe de l’après-guerre.

En particulier, seront financés des projets destinés à se pencher sur les causes des régimes totalitaires de l’histoire moderne de l’Europe (notamment, mais pas exclusivement, le nazisme, qui a conduit à l’Holocauste, le fascisme, le stalinisme et les autres régimes communistes totalitaires) et à commémorer les victimes de leurs crimes.

De même, seront choisies des actions qui favorisent la tolérance, la compréhension mutuelle, le dialogue interculturel et la réconciliation, dans la perspective de transcender le passé et de bâtir l’avenir, notamment afin de trouver un écho auprès de la jeune génération.

Volet n° 1 – Travail de mémoire européen: 4 502 867 EUR

Engagement démocratique et participation civique : le débat sur l’avenir de l’Europe

Dans le cadre du débat actuel sur l’UE en période de crise économique et après les élections européennes de mai 2014, la priorité porte en 2015 sur un approfondissement de la discussion sur l’avenir de l’Europe, en tenant compte des leçons tirées de l’histoire et en examinant en particulier les réalisations concrètes de l’UE.

Le débat devrait viser à trouver des moyens de faire en sorte que les citoyens européens se réengagent dans le projet européen et de renforcer la démocratie dans l’UE. Les citoyens devraient être encouragés à réfléchir au type d’Europe qu’ils veulent et à la manière de créer une UE plus démocratique, en vue de parvenir à un nouveau consensus sur la politique à mener et de favoriser l’émergence de nouvelles formes de participation civique tout en renforçant et en améliorant celles qui existent déjà.

Le débat ne devrait pas se limiter aux citoyens qui soutiennent déjà l’idée de l’UE, mais toucher ceux qui n’y ont pas été associés jusqu’à présent, ou qui rejettent fermement l’Union ou remettent ses réalisations en cause.

En participant au débat sur l’avenir de l’Europe, le programme «L’Europe pour les citoyens» peut contribuer à la constitution, pour les citoyens de l’Union, d’une identité commune qui pourrait être plus attrayante, en particulier pour les jeunes, tout en étant à la fois tournée vers l’avenir et fondée sur l’histoire.

Volet n° 2 – Engagement démocratique et participation civique: 16 091 133 EUR

Action horizontale de valorisation : la communication institutionnelle de l’UE en 2015

Cette action contribue aux initiatives destinées à accroître la transférabilité des résultats, à fournir un meilleur retour sur investissement et à renforcer l’apprentissage par l’expérience.

La raison d’être de cette action est de poursuivre la « valorisation » et l’exploitation des résultats des initiatives lancées pour qu’elles aient des effets durables.

Le programme «L’Europe pour les citoyens» contribue financièrement à la communication institutionnelle en 2015 sur les priorités politiques de l’UE.

Cette action finance en outre les structures d’information dans les États membres et les pays participants — les points de contact « L’Europe pour les citoyens ».

Volet n° 3 – Action horizontale de valorisation: 1 300 000 EUR

Au total, force est de reconnaître la créativité limitée du programme « L’Europe pour les citoyens » en 2015 entre le volet mémoire axé sur la Seconde guerre mondiale et le volet débat sur l’avenir de l’UE après l’Année européenne des citoyens sur ce même thème il y a 2 ans.

Comment les citoyens s’expriment et perçoivent l’intégration européenne ?

À travers des entretiens collectifs réalisés en Belgique, France et Grande-Bretagne, Virginie Van Ingelgom étudie dans « Les perceptions citoyennes de l’intégration européenne à travers l’expression de focus groups » la légitimité de l’intégration européenne « par le bas », c’est-à-dire la légitimité perçue à partir du point de vue des citoyens…

Quels sont les principaux cadres de perception et d’évaluation de l’intégration européenne par les citoyens ?

Le marché commun : entre bénéfices et critiques

Les bénéfices liés au marché commun – traditionnellement en pôle position – n’est plus que le troisième avantage avancé pour justifier du processus d’intégration européenne.

Malgré la foi partagée dans ses avantages économiques, cette vision optimiste de l’intégration européenne est fortement contrebalancée par une anxiété palpable par rapport aux effets néfastes de la compétition intra-européenne issus des différences de salaires et de bénéfices sociaux.

Par ailleurs, les avantages de l’Euro sont reconnus, pour la mobilité facilitée par l’absence de change, mais l’Euro est aussi souvent synonyme d’inflation et de perte du pouvoir d’achat des citoyens.

Les États sont trop petits

Thème le plus mobilisateur, dans un monde globalisé, les États européens sont devenus trop petits : s’unir serait donc devenu indispensable.

À cette perception relative à l’interdépendance économique sur la scène internationale correspond également une représentation de la globalisation des problèmes qui affectent nos sociétés : environnement, réchauffement climatique, mais aussi catastrophes ou maladies.

Cependant, l’unité de la puissance européenne, fusse-t-elle économique, politique ou militaire, apparaît comme fragile en raison du désaccord entre pays européens, d’autant plus probables à mesure que le nombre d’États augmente et que les différences s’agrandissent.

La suppression des frontières

Le troisième attribut positif largement présent est d’une nature non-économique. La suppression des frontières constitue un élément essentiel dans la manière dont les gens conçoivent l’intégration européenne.

Possibilité de voyager sans obstacles, mobilité facilitée par les passeports, utilisation de la monnaie unique et absence de contrôles aux frontières et à terme, pour une partie, suppression des frontières permettent de renforcer la compréhension entre les peuples européens.

Les arguments positifs liés à l’ouverture des frontières intra-européennes devancent largement les critiques, même si le cadre commun se heurte ici à l’expérience vécue, ou plus précisément à l’absence d’expérience vécue.

Gouvernance et déficit démocratique

La principale critique porte sur une évaluation négative de la plupart des aspects liés à la gouvernance et à la démocratie au niveau européen.

L’UE est dépeinte comme opaque, distante, inefficace, inadaptée, paralysée par les égoïsmes nationaux et obsédée par la régulation du moindre petit aspect.

Par ailleurs, l’opacité du système politique européen est également dénoncée, les lobbies étant perçus comme les véritables détenteurs du pouvoir au niveau européen, soumettant la construction européenne à la suprématie de l’économie de marché.

Des façons différentes de voir l’Europe : persistance des cadres nationaux de perception et d’évaluation de l’intégration européenne

L’État-nation joue un rôle primordial dans la formation des cadres de perception et d’évaluation de l’Europe.

Derrière l’importance globale du cadre de perception et des évaluations liées au marché commun se cachent des différences nationales significatives :

  • Les anglais partagent davantage les bénéfices attendus du marché commun et critiquent l’ouverture des frontières européennes, un problème de sécurité et d’immigration illégale ;
  • Les français et les belges dénoncent davantage les méfaits de la compétition intra-communautaire sur le marché du travail, des délocalisations et de l’inflation.

Au-delà des différences liées aux cadres communs de perception et d’évaluation de l’intégration européenne, existe une série d’arguments spécifiques :

  • Les belges mettent en scène le futur et en particulier les bénéfices de l’intégration pour les générations futures ;
  • Les anglais se montrent plus préoccupés par la question de la souveraineté nationale et la perte de l’identité nationale ;
  • Les français avancent la mobilité et l’échange comme principal fondement à une valorisation de l’Europe sur le plan non-économique.

Au total, les discours des citoyens ordinaires sur l’intégration européenne permettent de mieux saisir la construction cognitive de l’UE ou dit autrement la légitimité « empirique » de l’UE où les arguments économiques jouent un rôle dominant dans les images de l’unification européenne.

Comment l’Union européenne communique sur la citoyenneté ?

L’Union européenne, à travers le programme « L’Europe pour les citoyens » 2014-2020, vise à « conforter la mémoire européenne et renforcer la participation civique ». Ce programme n’est pas pleinement satisfaisant selon une évaluation critique du programme par le Parlement européen. Pourquoi ?

Une conception trop civique et peu culturelle de la citoyenneté européenne : il faudrait promouvoir une culture riche et diverse de citoyenneté active plutôt que mettre en avant les institutions de l’UE

Selon le Parlement européen, la conception civique et républicaine de la citoyenneté dans le programme « L’Europe pour les citoyens » représente une « conception unidimensionnelle et par trop instrumentale de ce que représentent la citoyenneté active et la participation citoyenne ».

En effet, le programme « L’Europe pour les citoyens » est orienté vers les politiques de l’Union, et en particulier vers le processus d’élaboration des politiques et prête donc le flanc à la critique : certains pourraient affirmer que le programme « L’Europe pour les citoyens » n’a pas pour but de promouvoir une culture riche et diverse de citoyenneté active, mais plutôt de mettre en avant les institutions de l’Union européenne.

À l’heure actuelle, l’interprétation dominante du sens de la citoyenneté et de son objet est essentiellement utilitaire et axée avant tout sur les politiques et le processus d’élaboration des politiques de l’Union, au risque que ce programme ne soit considéré comme un outil de propagande de l’Union.

L’Union européenne ne devrait pas négliger les nombreuses formes bénéfiques que peuvent prendre la participation et l’esprit civiques.

Une conception asymétrique du programme : le volet « mémoire » étant clairement subordonné au volet « participation civique »

Le volet « participation civique » se voit attribuer plus de deux tiers du total des crédits opérationnels, contre 20 % à peine pour le volet « mémoire ».

Ce déséquilibre est d’autant plus marqué que le volet « mémoire », se focalise presque entièrement sur les causes des régimes totalitaires dans l’histoire récente de l’Europe et sur leurs victimes.

Réduire la mémoire européenne au national-socialisme et au bolchévisme encourage une interprétation unidimensionnelle de l’histoire et nuit à la création d’un public européen critique.

Afin de remédier aux déséquilibres existants dans la conception du programme et d’éviter de donner l’impression que l’un des deux volets thématiques n’est qu’un simple ajout à l’autre, une répartition plus équilibrée serait nécessaire.

L’Union européenne ne devrait pas négliger de construire une mémoire européenne contemporaine, qui s’appuie sur les réalisations de l’intégration européenne depuis la fin des années 40.

Au total, la communication de l’Union européenne sur la citoyenneté européenne s’enrichirait d’une approche moins civique/institutionnelle au profit d’une vision plus culturelle et contemporaine.

Pourquoi la communication de l’UE a un problème de publics ?

Quelque soit l’outil ou l’action de communication européenne ; et d’autant plus aujourd’hui que les « citoyens » sont placés en théorie au cœur des stratégies de messages, l’UE souffre d’un problème entre les publics visés et les cibles atteintes. Pourquoi ?

Comprendre la différence entre une cible de papier et un vrai public

La communication de l’UE doit progresser afin de s’adresser vraiment à une cible définie suivant des critères socio-démographiques plutôt que d’annoncer l’intention de s’adresser au grand public, ou aux jeunes – deux « publics » qui en soient n’existent pas.

Autrement dit, il vaut mieux identifier quelques acteurs clés, à la fois relais et prescripteurs et vraiment développer un projet qui les concernent et dans lequel ils sont impliqués, plutôt que produire des supports « tout public » et espérer une large diffusion sans cibler, comme c’est trop souvent le cas.

Comprendre la défaillance des médiateurs naturels de l’UE

Idéalement, la communication de l’UE devrait s’appuyer sur les médiateurs traditionnels que sont les journalistes, les responsables politiques et les enseignants, bref, sur les leaders d’opinion (cf. two-tier flow of communication).

Mais, comme l’analyse le rapport Herbillon sur la « fracture européenne », les médiateurs naturels de l’Europe sont défaillants :

La défaillance des élus : « L’Europe ne fait pas l’élection »

L’Europe n’est généralement pas considérée par les élus comme un atout pour gagner les élections, sauf comme un combat contre « Bruxelles ». Au mieux, la construction européenne est perçue comme un mal nécessaire, sans passion ni véritables convictions. En résumé, on gagne une élection contre l’Europe, pas grâce à elle.

La défaillance des médias : « L’Europe ne fait pas vendre »

Dans une large mesure, l’agenda médiatique ne fait, la plupart du temps, que suivre l’agenda politique. Les journalistes seraient responsables mais pas coupables du déficit d’information des Français sur l’Europe, qui ne serait que le reflet du désintérêt d’une grande partie de la classe politique pour la construction européenne.

Les caractéristiques du traitement médiatique des affaires européennes, tous médias confondus sont :

  • l’Europe est le plus souvent présentée sous le seul prisme national ;
  • les journalistes privilégient une approche concrète des questions européennes alors que les débats institutionnels de l’UE restent l’affaire des spécialistes ;
  • les médias ont besoin d’un conflit ou d’une crise pour évoquer l’Europe.

Bref, les médias s’intéressent à l’Europe à travers les polémiques qui ont un impact national.

La défaillance des enseignants : « L’école n’a pas à faire la propagande de l’Europe »

La pédagogie sur l’Europe est essentiellement abordée dans le cadre des programmes d’histoire et de géographique et des cours d’instruction civique. Il n’existe pas d’enseignement spécifique sur la construction européenne, à la différence de certains pays de l’UE.

Comprendre le cœur de cible des « publics forts » de l’UE

Dernier problème de publics de l’UE, l’importance que représente les « publics forts », selon la typologie établie par E.O. Eriksen, constitués d’individus ou d’organisations intégrés au milieu institutionnel européens et proches des centres de décision à Bruxelles.

Ces publics captifs vivent de l’UE soit directement en tant que fonctionnaires européens ou militants subventionnés par l’UE soit indirectement pour les lobbyistes et les publics segmentés, organisés autour de préoccupations communes ou spécialisés sur des thématiques spécifiques dans un entre soi social élitiste, très éloignés des citoyens ordinaires.

Au total, la communication de l’UE doit-elle être dépensée à tenter d’influencer des leaders d’opinion défaillants ou à revendiquer des « citoyens » pris comme cible de papier ?

Comprendre l’importance de l’indifférence des citoyens européens face à l’Union européenne

Faire le bon diagnostic pour agir efficacement devrait constituer la mission première de la communication européenne. Aujourd’hui, les termes choisis par Marc Abélès semblent bien poser les choses : « l’Europe représente (…) une sorte de planète éloignée que les citoyens scrutent avec appréhension, parfois avec résignation ». Comment comprendre cette « distance planétaire » entre les Européens et l’Union européenne ?

L’analyse erronée de la pseudo-thèse d’une attitude de rejet ou d’opposition des citoyens européens face à l’UE

Virginie Van Ingelgom, dans « Mesurer l’indifférence. Intégration européenne et attitudes des citoyens » effectue un travail salutaire d’analyse de l’opinion des Européens vis-à-vis de l’UE.

Rien n’est plus faux que l’« hypothèse d’un changement dans les attitudes des citoyens européens envers l’intégration européenne au cours du temps, en termes à la fois de rupture du « consensus permissif » et de passage au « dissensus contraignant » ».

Certes, la période du consensus permissif correspondant à une large approbation en faveur du processus d’intégration, qui aurait prévalue des années 1950 jusqu’au début des années 1990 ne souffre aucune erreur d’analyse et d’interprétation.

Mais, la thèse du « dissensus contraignant » qui fait l’analyse d’une période de remise en question du projet d’intégration européenne depuis le début des années 1990 ne se confirme pas dans les faits.

Le postulat faux consiste à considérer que la visibilité accrue de l’Europe aurait entraîné une politisation progressive des enjeux européens et par là une polarisation des attitudes des citoyens européens, marquée par une augmentation des opinions défavorables, au fil de la consolidation du processus d’intégration européenne.

Au total, la lecture basée sur le diptyque « rupture du consensus permissif et montée de l’euroscepticisme » n’offre pas la grille d’analyse pertinente de la réalité de l’opinion publique européenne.

L’analyse féconde de la thèse d’une attitude d’indifférence et d’indécision des citoyens ordinaires face à l’UE

À partir des données de l’Eurobaromètre, Virginie Van Ingelgom « démontre que le changement principal au sein des attitudes dans l’ère post‑Maastricht est un déplacement vers une attitude indifférente et indécise » des citoyens ordinaires. Un phénomène massif resté pourtant jusqu’à présent peu étudié.

Les mouvements profonds de l’opinion publique européenne ne correspondent pas à l’imagerie d’Epinal de peuples européens frappés par l’euroscepticisme. Bien au contraire, à mesure que le soutien des citoyens à l’UE diminue, la catégorie indifférente et indécise augmente, et cela plus rapidement que les réponses qui manifestent un rejet.

Au total, « loin d’être devenus majoritairement plus eurosceptiques, les citoyens sont à présent principalement, et avant tout, plus ambivalents et indifférents face à l’intégration européenne », conduisant à un aplatissement de la distribution des attitudes des citoyens vis-à-vis de l’UE.

La mobilisation supposément accrue des médias autour des enjeux européens, ainsi que les discours souvent réitérés sur l’avènement d’une période marquée par l’euroscepticisme contribuent probablement à expliquer pourquoi les observateurs ont conclu à une augmentation de la polarisation des attitudes des citoyens

Le choix des instruments de mesure et des temporalités, portent également leur part de responsabilité dans l’aveuglement relatif des « européanistes » face à ce qui se déroulait pourtant sous leurs yeux.

En conclusion, Virginie Van Ingelgom estime que « la non‑polarisation des citoyens à l’égard de l’intégration européenne n’est pas en soi un phénomène nécessairement négatif pour l’ordre politique européen, aussi longtemps qu’elle reflète l’acceptation passive du jeu politique ».

Plus que l’euroscepticisme, c’est sans doute l’indécision et l’imprédictibilité qui en découle qui contraignent aujourd’hui les décideurs européens et l’indifférence génératrice d’apathie qui menace la légitimité du processus d’intégration européenne.

Au total, pour revenir à la mission première de la communication européenne, il n’a jamais été aussi important aujourd’hui de faire la bonne analyse des attitudes des citoyens européens entre l’impasse de la polarisation – le rejet et l’opposition ne progressent pas – et l’importance de l’indifférence de plus en plus majoritaire.