Campagne web « Simple Language » pour « mettre fin au jargon européen hermétique »

Convaincue que l’utilisation d’un langage plus simple améliorerait sensiblement la communication de l’UE, l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, lance une campagne en ligne destinée à rendre les institutions européennes plus accessibles aux citoyens.

Selon Euractiv, « cette campagne vise ceux qui travaillent pour ou avec l’Union européenne, à Bruxelles et ailleurs. L’objectif est d’encourager l’utilisation d’un langage simple et clair dans tous les documents de l’UE, qu’ils soient officiels ou non. »

Un forum simplelanguage.eu forum ouvert sur Internet permet de publier librement des exemples de phrases complexes et de suggérer des formulations plus conviviales.

Spot TV ambigu pour la campagne de promotion de la future présidence tchèque de l’UE

A l’issue des six mois de présidence française du Conseil de l’UE, la République Tchèque doit prendre le 1er janvier prochain la présidence tournante de l’Union européenne. Afin d’annoncer cet événement important à la population tchèque, une campagne nationale ambiguë a été lancée cette semaine à la TV…

Reposant sur le cube de sucre, inventé en 1843 par le Tchèque Jakub Krystof Rad, le spot TV met en scène de nombreuses personnalités nationales et se conclut par une signature ambigüe que l’on pourrait traduire par « nous sucrerons l’Europe ». Cette expression a un double sens : elle peut à la fois dire (adoucir avec du sucre), mais dans son usage le plus courant, elle signifie « écœurer », « infliger une potion amère », « donner du fil à retordre ».

Revendiqué comme délibérément provocateur par le Premier ministre libéral Mirek Topolanek, la campagne souligne son enthousiasme réduit vis à vis de l’Union européenne. Comme l’indique Le Figaro, « le slogan est d’autant plus ambigu que par le passé, le très eurosceptique président Vaclav Klaus s’est inquiété que l’intégration européenne puisse voir l’identité tchèque se dissoudre comme un sucre dans une tasse de café ».

Initiatives illustrant une citoyenneté européenne numérique

Voici un bref tour d’horizon d’initiatives citoyennes sur Internet à l’échelle de l’Europe illustrant l’émergence d’une citoyenneté européenne non plus seulement de contestation mais aussi de proposition…

« Who do I call? »

Pétition en ligne pour fusionner les postes du futur Président du Conseil européen et du Président de la Commission pour en faire le « Président de l’Union européenne ».

Inspirée de la boutade du Secrétaire d’État américain Henri Kissinger « pour exprimer sa difficulté à identifier un interlocuteur unique au sein des institutions européennes : “Who do I call if I want to call Europe?” ».

« Females in Front : femalesinfront.eu »

Pétition en ligne lancée par l’eurodéputée danoise Christel Schaldemose pour qu’au moins une femme soit nommée à l’un des futurs postes clés de l’Union européenne (il y a 250 millions de femmes en Europe). Mise en ligne début juin. Déjà plus de 26 550 signatures.

Pétition pour des services publics de qualité en Europe : petitionpublicservice.eu

Lancée par la Confédération européenne des syndicats (CES). Près de 526 000 signatures.

« Who’s your candidate : who-is-your-candidate.eu »

Pétition en ligne « pour que le prochain Président de la Commission soit élu de façon transparente et démocratique ». Projet soutenu notamment par le Mouvement européen et des associations fédéralistes. Plus de 700 soutiens.

« Que fait l’Europe ? : quefaitleurope.fr »

Dessin animé humoristique accompagné d’un site avec un forum pour montrer que l’Union Européenne c’est aussi une foule de réalisations concrètes pour le bien de ses citoyens. Initiative financée par la Commission européenne dans le cadre de la campagne « Speak up Europe ».

Une invitation à signer ces pétitions afin de participier à l’émergence de cette citoyenneté européenne « numérique ».

Faut-il lancer une campagne de publicité sur l’Europe ?

Gary Leih, le président de l’Association européenne des agences de communication (EACA) estime que « les institutions européennes à Bruxelles pourraient apprendre des publicitaires et mieux promouvoir les avantages de l’adhésion à l’UE vis-à-vis des citoyens »…

Le choix d’une campagne publicitaire européenne

Dans un entretien à Euractiv, le publicitaire considère que « l’essentiel est que si vous faites quelque chose qui est dans l’intérêt de la communauté, vous pouvez parler des choses positives que vous faites et je pense que c’est le rôle des campagnes publicitaires européennes ».

Ce n’est pas parce que les instituions communautaires ne savent pas comment vendre l’aspect positif de l’UE, qu’elles ne devraient pas pour autant reconnaître que « c’est (le) job » des agences publicitaires.

Les conseils pour une bonne campagne publicitaire européenne

1. Quitter le confort de l’entre-soi bruxellois :

  • sortir du cercle des spécialistes de l’Union européenne pour toucher à l’ensemble des citoyens de l’Union
  • cesser la bureaucratie inefficace et frustrante des processus actuels d’appel à propositions « pratiquement impossible pour les agences publicitaires ordinaires »

2. Affronter avec courage l’opinion publique européenne, relativement indifférente, sinon hostile aux institutions et politiques communautaires.

3. Manifester de la créativité à travers des concepts, selon Dominic Lyle, le directeur général de l’EACA : « suffisamment ambitieux et audacieux pour faire la différence ».

Slogans de campagnes et études d’opinion sur le référendum en Irlande

Dans la cadre de la ratification du traité de Lisbonne, l’Irlande est le seul Etat membre dont la Constitution impose d’organiser un référendum. L’issue du scrutin – prévu demain, le 12 juin – reste incertaine…

Une évolution sensible de l’opinion

Alors que la majorité des enquêtes d’opinion jusqu’à récemment donne le « oui » gagnant, un sondage réalisé le 6 juin dans the Irish Times crédite le « non » de 35%, contre 30% au « oui », 28% restant indécis et 7% disant ne pas vouloir voter. Il s’agit du 1er résultat où le « non » apparaît majoritaire…

La plupart des observateurs – qui se rappellent l’échec de la ratification du traité de Nice – considèrent que aux de participation sera l’élément crucial du scrutin. En juin 2001, alors que les sondages indiquaient une écrasante victoire du oui, le fort taux d’abstention (65,2 %) entraina l’échec de la ratification (53,9 % contre le traité de Nice).

Une campagne de ratification très politique

Comme lors de du référendum en France en 2005 sur le projet de Constitution européenne, la campagne est fortement politisée en confrontant les opposants au traité de Lisbonne, défenseurs de l’indépendance et de la neutralité autour du slogan : « Des Irlandais sont morts pour votre liberté, ne la bradez pas ! Votez non ! »et les partis gouvernementaux, rassemblés autour d’un slogan « Bon pour l’Irlande, bon pour l’Europe ! Votez oui ! » jugé par Marion Van Renterghem du Monde comme une « incitation au oui qui paraît défensive, explicative, nuancée, ennuyeuse »…