2010 : Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Présentation des objectifs et des actions de l’Année européenne 2010…

Constats

L’Union européenne compte actuellement 78 millions de personnes – soit 16 % de sa population – menacées de pauvreté. Dans tous les États membres, une partie de la population est confrontée à l’exclusion et au dénuement. Enfin, la pauvreté menace 19 % des enfants de l’Union et un Européen sur dix vit au sein d’un ménage où personne ne travaille.

Vladimír Špidla, commissaire européen aux affaires sociales, a décidé mercredi 12 décembre de proclamer 2010 « Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ».

La solidarité est une des valeurs clefs de l’Union européenne, il est essentiel de favoriser l’inclusion sociale afin de contribuer à réaliser les objectifs de l’Union : une croissance économique durable, des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et une plus grande cohésion sociale.

Objectifs

  • Sensibiliser voire même interpeller les citoyens au fait que la pauvreté est un fléau qui affecte encore la vie quotidienne de nombreux Européens ;
  • Reconnaître le droit des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale à vivre dans la dignité et à prendre une part active à la société ;
  • Accroître l’adhésion du public aux politiques d’inclusion sociale, en soulignant la responsabilité de chacun dans la lutte contre la pauvreté et la marginalisation ;
  • Promouvoir une plus grande cohésion dans la société et faire en sorte que nul ne doute des avantages que comporte, pour tous les citoyens, une société sans pauvreté ;
  • Encourager l’engagement de l’ensemble des parties prenantes car toute avancée véritable nécessite des efforts durables à tous les niveaux de gouvernance.

Opinion publique

De récents sondages Eurobaromètre (Eurobaromètre spécial n° 279 – Pauvreté et exclusion, septembre 2007) montrent que les Européens considèrent la pauvreté comme un problème de grande ampleur. En moyenne, les citoyens européens estiment que, dans leur région, une personne sur trois (29 %) vit dans la pauvreté, voire en situation d’extrême pauvreté pour une personne sur dix.

Budget

Dotée d’un budget de 17 millions d’euros, cette initiative réaffirme l’engagement de l’Union à donner un élan décisif à l’éradication de la pauvreté d’ici à 2010.

Le programme Erasmus fête ses 20 ans avec une expo photo à Paris

Depuis son entrée en vigueur, en 1987, le programme Erasmus a fait voyager près d’un million et demi de jeunes Européens et, parmi eux, 217 000 Français. La France arrive en peloton de tête des pays les plus appréciés par les étudiants européens avec l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. A ce jour, 31 pays participent au programme, impliquant 90% des universités européennes.

Le programme Erasmus, (cf. Erasme de Rotterdam (1466-1536), le grand humaniste et théologien néerlandais, enseigna à Paris (France), à Louvain (Belgique) et à Cambridge (Royaume-Uni), trois centres historiques de l’enseignement européen) a facilité l’intégration sociale et culturelle des citoyens communautaires. Il s’agit probablement du programme de la Commission européenne le plus connu par les Européens et les jeunes en particulier.

En 20 ans, c’est une nouvelle génération polyglotte et multiculturelle, germe de l’identité européenne qui a émergé. La curiosité, la découverte de « l’autre » et les atouts qu’assure cette expérience sur le plan professionnel, sont les principales motivations des 15.000 étudiants qui chaque année acceptent le challenge de cette expérience.

Présentation des projets financés par la DG Communication dans le cadre du Plan D

En 2005, la Commission européenne a adopté un «Plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat» afin d’organiser un large débat public sur l’avenir de l’UE. L’une des actions a consisté à aider des projets expérimentant différents modes de consultation des citoyens de l’UE..

Ainsi, en 2006, la Commission a sélectionné six projets transnationaux qu’elle a co-financés à hauteur de 4,5 millions d’euros.

Du 7 au 9 décembre 2007, une conférence de clôture réunie à Bruxelles les 250 Européens qui ont participé à ces projets de démocratie participative au cours des dix-huit derniers mois. Voici les principaux projets :

European Citizen’s Consultations (Fondation Roi Baudouin)

Ce site visait à connecter les 27 espaces publics nationaux qui composent l’UE. Des citoyens choisis au hasard ont eu la possibilité de définir un programme de débats et de formuler une série de recommandations destinées aux responsables politiques. 200 citoyens, réunis à Bruxelles pour le lancement du projet, ont choisi des thèmes de discussion. Ils se sont ensuite réunis en petits groupes avec des experts afin de déterminer les informations nécessaires pour examiner ces thèmes. Puis, des consultations nationales ont eu lieu pendant 2 jours dans tous les États membres, avec au moins 30 citoyens par pays. Enfin, un atelier de 2 jours a été organisé, en présence d’un nombre limité de volontaires qui avaient pris part aux consultations nationales, afin de faire la synthèse des 27 consultations nationales.

Speak up Europe ! (European Movement International)

Le principal objectif de cette campagne était de susciter et de faciliter le débat sur le travail actuel de l’UE et les enjeux auxquels elle devra faire face à l’avenir. Par des discussions, des votes, des forums en ligne et des sondages d’opinion, le site a permis de :

  • mieux faire connaître les réalisations de l’UE au cours des 50 dernières années ;
  • amener le débat sur l’Europe au niveau local ;
  • encourager une participation active aux débats sur l’UE ;
  • recueillir des opinions sur divers sujets liés à l’UE ;
  • démontrer la dimension transnationale de la citoyenneté européenne ;
  • contribuer ainsi à l’établissement d’une sphère publique européenne.

Tomorrow’s Europe (Notre Europe)

Le but était de comprendre comment les citoyens voyaient l’avenir de l’Europe. À cette fin, un échantillon représentatif de citoyens ordinaires des 27 pays membres de l’Union a été constitué. Les participants ont ensuite reçu des informations objectives sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de l’Europe et se sont réunis pour en discuter pendant plusieurs jours au Parlement européen. Un échantillon de 3 500 citoyens, représentatifs de la population des 27 pays de l’Union européenne, a été interrogé sur des thèmes clés de l’avenir de l’UE. Dans un deuxième temps, 521 citoyens de tous horizons ont été choisis au hasard pour délibérer. Pour alimenter leur réflexion sur les thèmes abordés, ils ont reçu des informations couvrant un éventail d’opinions politiques le plus diversifié possible, vérifié par un panel indépendant de responsables politiques. Un sondage final a permis d’évaluer les opinions de citoyens ayant eu la possibilité d’échanger leur point de vue, de recevoir une information équilibrée et de dialoguer avec des experts des thèmes abordés.

Lancement de l’Année européenne 2008 du dialogue interculturel

Dans un communiqué, la Commission européenne a lancé l’Année Européenne 2008 consacrée au dialogue interculturel en dévoilant la devise : « Ensemble dans la diversité ».

Cette initiative vise à promouvoir la richesse de la diversité culturelle tout en renforçant le sentiment d’appartenance à l’UE. Des thèmes tels que les médias, l’art et l’héritage, le lieu de travail, le dialogue inter-religieux, l’éducation et la jeunesse, ainsi que la migration et l’intégration seront abordés au fil de l’agenda.

En France, les actions liées à cette Année européenne sur le dialogue interculturel seront complétées par l’initiative du gouvernement d’organiser au 2nd semestre une saison culturelle européenne. Ces actions seront coordonnées par la Délégation au Développement et aux Affaires Internationales du Ministère de la Culture.

Depuis 1983, l’Union européenne choisie chaque année un thème d’action pour sensibiliser les Européens sur une problématique importante. L’Année européenne est une initiative conjointe de l’Union européenne, des États membres et de la société civile européenne. Au total, 10 millions d’euros seront consacrés à la campagne d’information, aux enquêtes, études et financement de projets européens et nationaux.

Le site (interculturaldialogue2008.eu) a également été lancé. L’objectif est de favoriser la création de réseaux et l’échange de pratiques exemplaires. A remarquer, outre des espaces dédiés pour la presse et les partenaires, la présence d’une boîte à outils de communication, qui propose :

  • un kit graphique avec le logo ;
  • un kit rédactionnel avec un fact sheet et une présentation PPT ;
  • du matériel d’information : brochure, dépliant, cartes de visite et postale, affiche et pub ;
  • du matériel de promotion : bloc notes, post-it et sous main.

Enfin la Commission européenne a commandé une enquête Eurobaromètre Flash. Les premiers résultats montrent que près de trois quarts des citoyens de l’UE (72%) pensent que les personnes d’une autre appartenance (ethnique, religieuse ou nationale) enrichissent la vie culturelle de leur pays.

Par ailleurs, le sentiment dominant dans l’UE est que le dialogue interculturel est un avantage, mais qu’il est tout aussi important de préserver les traditions culturelles nationales, deux tiers des Européens sont d’avis que la jeune génération devrait suivre les traditions (culturelles) familiales.

Entre un dialogue interculturel compris comme cosmopolitisme, largement partagé dans le Nord de l’Europe et un dialogue interculturel davantage compris comme diversité entre propre culture nationale et les autres cultures, présent dans l’Europe centrale et orientale, l’Année 2008 du dialogue interculturel s’annonce riche.

Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour la Présidence française de l’UE ?

Dans une chronique « Pédagogie de la présidence française » dans Le Monde daté du 7 décembre, le journaliste Thomas Ferenczi décrypte la préparation de la Présidence française de l’UE prévue au 2nd semestre 2008.

Au préalable, il constate que l’Europe intéresse les citoyens lorsqu’il y a des « événements », combinant à la fois dramatisation des enjeux (organisation de campagne électorale) et médiatisation des discussions (organisation d’émissions de TV).

La Présidence française de l’UE rassemblera à n’en pas douter ces deux éléments pendant quelques mois et constituera une « occasion formidable pour faire la pédagogie de l’Europe », comme l’affirme la députée Nicole Ameline, rapporteure pour avis, au titre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, du budget (de 190 millions d’euros) alloué à cette présidence.

Pour faire cette pédagogie au combien nécessaire, deux stratégies de communication se font face pour transformer cette situation favorable en succès, c’est-à-dire profiter de cette occasion unique pour stimuler l’intérêt des citoyens français aux questions européennes.

Pour les uns, dont Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement en fait partie, le premier impératif d’une bonne communication est un « devoir d’incarnation ». En somme, pour ceux là, le succès en termes de communication repose sur la personnalisation de la Présidence française de l’UE avec un engagement fort du Président Sarkozy, comme pour les autres dossiers.

Pour les autres, dont deux experts, Yves Bertoncini et Thierry Chopin, qui ont participé à la rédaction de la revue Horizons stratégiques n° 6 – octobre 2007 : « Informer sur l’Europe en France », la stratégie de communication doit mettre l’accent sur « l’ensemble des acteurs de la vie politique communautaire » (Commission et Parlement européen notamment) et privilégier la production et la diffusion d’une information politique structurante répondant aux interrogations de fond des citoyens à l’égard de l’UE.

Entre politisation à fort impact médiatique et information à caractère civique, la définition de la stratégie de communication de la Présidence française de l’UE ne fait que commencer…