Préparation de la Présidence française de l’UE : le Secrétariat général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE) s’organise…

Mission : programmer toute la logistique de la présidence française de l’UE pendant 6 mois. Budget: 190 millions d’euros. Moyens humains: 22 personnes. La présidence portugaise – au 2nd semestre 2007 – employait à titre de comparaison plus de 70 permanents… Responsable : Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur. Moyens techniques : Deux immeubles éloignés pour une même équipe : l’un rue La Pérouse, près de l’Etoile, l’autre rue de Lille, dans le quartier des ministères…

Les actions organisées par le SGPFUE

A la lecture du rapport du Sénat sur le budget de la PFUE :

ACTION n°1 : Activités obligatoires et traditionnelles de la Présidence (46,8 % du budget)

Cette action regroupe toutes les manifestations imposées par le calendrier européen :

  • 2 Conseils européens ;
  • 4 sommets entre l’UE et des pays tiers ;
  • l’ensemble des conseils des ministres à Bruxelles et Luxembourg ;
  • une vingtaine de réunions informelles entre les ministres des 27.

ACTION n°2 : Manifestations correspondant à l’initiative propre de la Présidence française (43,2 % du budget)

Financement des manifestations ou événements, correspondant à des initiatives de la France pendant son semestre de présidence, ainsi qu’à des manifestations labellisables « Présidence française de l’Union européenne » envisagées par les différents ministères.

  • 150 manifestations prévues dans toute la France pendant six mois (le Grand Débat dans les villes françaises évoqué par Jean-Pierre Jouyet, mais aussi le dîner du 14-Juillet organisé à l’Élysée avec les chefs d’État et de gouvernement, les états généraux du plurilinguisme, un colloque sur la biodiversité ou une conférence ministérielle sur les Droits de l’homme…) ;
  • une quarantaine de manifestations publiques organisées par les différents ministères (à l’heure actuelle, tous les budgets seraient débloqués ; chaque ministère s’est engagé à faire un point mensuel sur l’avancée des manifestations) ;
  • Nombreux partenariats privés-publics pour organiser des actions labellisées, notamment avec des ONG ou des grandes entreprises (la CPCA, Conférence Permanente des Coordinations Associatives a rencontré Jean-Pierre Jouyet, Areva sera probablement un partenaire financier…).

ACTION n°3 : Activités interministérielles (10 % du budget)

Il s’agit de dépenses interministérielles correspondant à des « biens collectifs » : les frais de fonctionnement du SGPFUE, la communication, les accréditations et les frais de représentation de la Présidence.

L’organisation du SGPFUE

Les collaborateurs du SGPFUE ont été répartis sur neuf pôles : questions financières, justice et immigration, société civile, éducation et recherche, collectivités territoriales, écologie et développement durable, culture, questions agricoles et questions sociales.

Actuellement, ils sont chargés de planifier les actions envisagées : il s’agit d’organiser les différentes actions et de coordonner les initiatives des différents acteurs publics ou privés…

Pendant la présidence, ils seront chargés de coordonner les rendez-vous thématiques. Dans l’idéal, ils devraient être présents partout sur le terrain.

Trois ou quatre mois après la fin de la présidence français, le SGPFUE disparaîtra après avoir rédigé quelques rapports d’exécution et réglé les dernières factures.

Les principaux points noirs du SGPFUE

A la lecture de l’article de MSC Info :

Une structure créée tardivement et faiblement dotée : le SGPFUE a été créé seulement en juin 2007. Seuls 22 personnes entourent le secrétaire général.

Une préparation ralentie par les élections françaises du printemps 2007 : les priorités de la PFUE n’ont été connues que fin août lors de la conférence des ambassadeurs…

Un site Internet, en cinq langues, avec une équipe éditoriale de cinq à dix personnes à lancer dans les 6 prochains mois, en intégrant un maximum de vidéos…

1000 fonctionnaires à former (800 fonctionnaires des ministères directement impliqués et plus de 200 personnes de la Représentation permanente de la France à Bruxelles)… Pour les former, une journée de sensibilisation est organisée tous les mois, depuis mars. Elle est axée autour de quatre thèmes: l’enjeu de la présidence, les relations entre Conseil, Parlement et Commission, le rôle du Parlement européen, et les aspects logistiques.

Un logo à choisir : un appel d’offres a été lancé l’été dernier pour choisir le logo de la présidence française, Nicolas Sarkozy ne semble toujours pas avoir arrêté son choix. L’appel d’offres a été doté de 60 000 €.

Rattrapés par les autres : Les Suédois en sont au même point dans leur préparation, alors que la Suède présidera le Conseil de l’UE un an après la France. Quant aux Tchèques, qui succéderont à la France, ils ont déjà un slogan «L’Europe sans barrière» et un calendrier de leurs événements.

Un temps de travail amputé : sur les 6 mois de la Présidence, en août, aucune session ne se tient à Strasbourg et l’activité gouvernementale tourne au ralenti. Quant au mois de décembre, tout le monde sera uniquement préoccupé par la tenue du Conseil européen. Il faut donc concentrer plus de 150 réunions en quatre mois et demi.

Promotion de la saison culturelle européenne : l’agence prestataire a été sélectionnée

Après un appel d’offres de Culturesfrance, opérateur délégué des ministères des Affaires Etrangères et de la Culture et de la Communication pour les échanges culturels internationaux, Publicis Consultants décroche le budget de communication de la saison culturelle européenne. Cette saison – que nous avons déjà présenté dans ce blog – doit se tenir du 1er juillet au 31 décembre 2008 dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. C’est la première fois qu’un État exerçant la présidence de l’UE va accueillir, six mois durant, les artistes de l’ensemble des États membres. L’agence aura pour mission, de janvier 2008 à janvier 2009, le conseil stratégique, la conception et la mise en œuvre de la campagne de communication de cette saison culturelle européenne.

Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, se lance dans la blogosphère

Convaincu que l’Europe a besoin de dialogues et d’échanges, Jean-Pierre Jouyet veut à travers son blog (archivé) communiquer de manière plus personnelle sur l’Europe qu’il voit et à laquelle il croit.

Au fil de ses billets, on constate logiquement que la future Présidence française de l’Union européenne domine son agenda. Désireux d’en faire « un événement citoyen », Jean-Pierre Jouyet souhaite organiser en amont une consultation de la société civile, afin d’associer le grand public à la construction européenne.

En voici selon lui les principales étapes :

  • mars : lancement du Grand Débat dans les 8 grandes régions d’élections des députés européens
  • août : déroulement de l’Université d’été de l’Europe

Nous reviendrons prochainement sur la stratégie de communication qui accompagnera cette opération…

Stratégie web : planning de travail de la DG Communication

Dans le cadre de sa mission d’informer les médias et les citoyens des activités menées par la Commission et de communiquer les objectifs et les enjeux des ses politiques et de ses actions, la DG Communication lance une nouvelle stratégie web. Nous avons présenté les jours précédents les réformes concernant le site EUROPA. Aujourd’hui, nous nous attardons sur le programme pour les prochains mois.

Un planning de travail marqué par 3 séquences :

Cartographie des sites Internet

Premièrement, la Commission lancera une étude pour déterminer les principaux sites axés sur les affaires européennes et, en vue de conclure des accords de mise en réseau et ajoutera des liens sur EUROPA (avec des clauses de non-responsabilité) vers d’autres sites susceptibles d’intéresser les internautes.

Veille Internet sur les tendances

Deuxièmement, la Commission renforcera le suivi des débats sur Internet afin de déterminer les principaux leaders d’opinion et questions d’intérêt public. En écoutant et en apprenant, elle sera en mesure de définir les tendances émergentes et existantes, et de mieux communiquer.

Intervention dans le débat

Troisièmement, la récente modification des règles et procédures de la Commission concernant les prises de parole publiques de son personnel sur des questions professionnelles sera étendue à la participation à des blogs et des débats en ligne. Dorénavant, les porte-parole de la Commission et les unités chargées de la communication des différentes DG pourront désormais contribuer à expliquer des politiques communautaires et à corriger des erreurs, ainsi qu’à rectifier la publicité négative et les spéculations concernant l’UE et ses activités.

Lancement de projet de « réseaux d’information pilotes »

Afin de mettre en œuvre la stratégie de « communication en partenariat », la DG Communication souhaite créer des « réseaux d’information pilotes », des communautés de parlementaires européens nationaux ou régionaux, de journalistes et d’autres formateurs d’opinion aux fins de partage d’informations et de connaissances au sujet de l’UE…

Cette volonté de créer des RIP est le fruit d’un double constat :

1. Les sites européens restent trop cantonnés dans la diffusion unidirectionnelle et à grande échelle d’informations. Il n’y a que peu d’interaction, de coopération ou de collaboration.

2. Les internautes consacrent la majeure partie de leur temps sur Internet aux messageries instantanées, aux communautés en ligne et au courrier électronique. On peut citer parmi les succès : les blogs, les «wikis», la balladodiffusion, le partage de fichiers, la vidéo à la demande (VOD), les logiciels ouverts et les fils RSS.

Objectif

La stratégie web de la DG Communication est d’intégrer la nouvelle culture du web 2.0 aux sites européens, c’est-à-dire de maximiser la participation et l’interactivité.

L’enjeu stratégique est de transformer les sites européens en « carrefour de l’Internet », où les internautes puissent explorer facilement de gros volumes de contenus, créer du contenu, et participer à des discussions et des débats.

Action

Lancement imminent (en 2008) du projet sur les réseaux d’information pilotes (RIP) afin de rapprocher le débat européen des parlements nationaux et permettre de créer des communautés de parlementaires européens, nationaux et régionaux, de journalistes et autres leaders d’opinion pour échanger des informations et des connaissances sur l’Union et ses politiques. Dans la mesure du possible, ce projet utilisera Internet pour permettre à des « réseaux d’idées » de se former et de croître de façon organique sans faire appel aux structures «traditionnelles» telles que les info-points installés dans les locaux de la Commission dans les États membres.

Le projet pilote RIP opérera à deux niveaux: via Internet et via des conférences, ces actions étant d’abord centrées sur les grands thèmes d’actualité de l’Union. Ce projet pilote est doté d’un budget prévisionnel de 5 millions d’euros : 4 millions d’€ pour le web et un million d’€ pour les conférences à Bruxelles et dans les Etats-membres.