Budget communication en hausse de 100% pour la campagne d’incitation au vote du Parlement européen

Entre les campagnes en 2004 et 2009, le budget du Parlement européen a doublé :

  • En 2004, pour chacun des 340 millions d’électeurs européens, le Parlement européen dépense 0,0241 euro pour l’informer et l’inciter à aller voter ;
  • En 2009, pour chacun des 375 millions d‘électeurs potentiels, le Parlement européen dépense 0,048 euro, selon Francesca Ratti, directrice de la communication du Parlement européen, soit un budget d’environ 18 millions d’euros.

Comment expliquer une telle progression ?

2004, une campagne classique d’information sur les élections européennes

En 2004, le Parlement européen lance une campagne classique d’information sur les élections :

  • Un dispositif classique d’achats d’espace média : presse, affichage dans les transport en commun, spots radios et cinéma ;
  • Une création classiquement européenne montre des bonshommes colorés formant une étoile ;
  • Un message neutre et apolitique d’appel au vote : « Le 13 juin 2004, prenons l’Europe en main, votons ! ».

En 2009, une véritable campagne de communication sur le Parlement européen

En 2009, le Parlement européen lance une véritable campagne de communication paneuropéenne qui « se veut participative, de proximité et pédagogique ».

La principale nouveauté est que le PE s’adresse directement aux électeurs européens :

  • Une cible large avec l’ensemble des électeurs parlant 23 langues différentes (traduction de l’intégralité des outils et diffusion des mêmes pistes créatives dans les 27 États membres) ;
  • Un message « A vous de choisir ! » qui renvoie l’électeur à sa propre implication et à sa responsabilité face au vote ;
  • Des thèmes de campagnes (ont été retenus en France : l’énergie, l’économie, la standardisation, l’alimentation et la conciliation vie familiale/ vie professionnelle) qui posent des choix de société et leurs incidences dans la vie quotidienne des électeurs.

Ainsi, le doublement du budget – encore dérisoire au regard des dépenses en communication publicitaire – se justifie pleinement par cette différence d’approche et d’ambition.

Eurobaromètre sur les élections européennes : principaux résultats

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre Standard 71 « Les élections européennes de 2009 » réalisé au Printemps 2009 sont publiées aujourd’hui…

Le thème de la « protection » au cœur de la campagne

Les attentes des citoyens européens sont particulièrement fortes en matière de protection :

  • politique prioritaire : la protection renforcée du consommateur et de la santé publique en tête à 36% ;
  • thème de campagne prioritaire : la protection contre le chômage face à la crise en tête à 57% ;
  • valeur prioritaire : la protection des droits de l’homme dans le monde en tête à 57%.

Le record de l’abstention en raison de l’ignorance des affaires européennes

Selon Jean Quatremer, « l’abstention pour les élections européennes du 7 juin prochain pourrait atteindre 64% ! » :

  • Le groupe d’âge 15-24 ans est le moins certain d’aller voter (25%).
  • La probabilité d’aller voter est la plus élevée chez les cadres (38%) et les retraités (36%).

Les raisons de ce désintérêt sont d’abord l’ignorance du Parlement européen ou la méconnaissance de l’élection européenne :

  • Je ne connais pas suffisamment bien le rôle du PE (64%).
  • Je ne suis pas suffisamment informé/e pour aller voter ( 59%).

La responsabilité des médias dans ce désintérêt européen

Cet Eurobaromètre confirme la corrélation positive entre faible souvenir médiatique du Parlement européen et impression négative du traitement médiatique du PE :

  • Le souvenir médiatique est le moins élevé au Royaume-Uni (22%), en France (24%) alors que la moyenne européenne est à 36%.
  • L’impression plutôt défavorable du traitement médiatique est le plus élevé au Royaume-Uni (49%), et en France (27%) alors que la moyenne européenne est à 21%.
  • seulement 36 % des citoyens ont lu, entendu ou vu un sujet consacré au Parlement européen dans leurs médias.

Ainsi, cette enquête d’opinion montre que la campagne électorale devrait s’animer autour de l’enjeu de la protection, que l’abstention pourrait atteindre des records, selon l’intensité que les médias mettront à informer les citoyens.

Élections européennes : la Commission européenne et MTV encouragent les jeunes à faire entendre leur voix et à voter

Contre l’abstention et pour la participation des jeunes :

Afin de ne pas réitérer, lors du scrutin de juin prochain, la faible participation au vote des élections européennes de 2004 : l’abstention avait dépassé les 50% dans l’UE, et atteint 77% chez les 18-24 ans ;

Et parce que « les jeunes sont l’avenir de l’UE. Nous avons besoin de leurs idées et d’une participation active de leur part. Ils doivent savoir que leur voix compte et que leur participation au débat et aux élections au Parlement européen est importante », selon Margot Wallström, vice-présidente de la Commission chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication ;

La Commission européenne et MTV lance une campagne de communication, d’un montant de 1,9 million d’euros, couvrant l’ensemble des États membres de l’UE pour encourager les jeunes à faire entendre leur voix et à voter : « Ohé l’Europe, tu m’entends ? ».

1/ éveiller la curiosité des jeunes avec des spots sur la chaîne musicale MTV

A partir du 6 avril 2009, trois spots télévisés sont diffusés pour capter l’attention des jeunes en utilisant en toile de fond les principaux monuments d’Europe, comme Big Ben à Londres, la tour Eiffel à Paris (ci-dessous) ou le Colisée de Rome et appeler les jeunes à se faire entendre.

La chaîne MTV est habituée à ce genre de campagnes : depuis 1992, elle diffuse des spots de l’organisation Rock the Vote qui incite simplement à voter, sans consignes électorales particulières.

2/ susciter l’expression des jeunes avec un site Internet collaboratif

Sur www.caneuhearme.eu, le site de la campagne, les jeunes sont invités à partager leurs opinions, leurs souhaits, leurs besoins, leurs préoccupations, leurs rêves, leurs plaintes et leurs idéaux relatifs à l’UE et à mettre en ligne leurs propres vidéos.

3/ inciter à participer aux rassemblements dans les capitales européennes

La campagne invite aussi à des rassemblements le 30 avril dans les capitales européennes, dont Paris, pour crier tous ensemble « Ohé l’Europe, tu m’entends ». Ce cri « étant censé agir comme métaphore pour montrer que c’est en votant qu’on peut être « entendu » ». Une émission spéciale sera programmée sur MTV le 30 avril et ouvrira l’antenne aux jeunes Européens.

Le pragmatisme en communication, est-ce suffisant contre l’indifférence ?

Le choix d’utiliser une chaîne musicale américaine populaire et les outils participatif et collaboratif du web 2.0 pour promouvoir les élections européennes auprès des jeunes peut se révéler pragmatique.

Mais, lutter contre l’« indifférence » des jeunes pour l’Europe encore renforcée par la « complexité » des enjeux européens sans bénéficier d’une personnalité-prescripteur populaire, au visage télégénique, comme le reconnait Campo dall’Orto, de MTV, est-ce suffisant ?

Mais, s’intéresser aux jeunes alors que la Commission européenne se trouve éloignée de leur quotidien, le plus jeune des commissaires actuellement Olli Rehn étant âgé de 47 ans, comme le reconnait Margot Wallström, est-ce suffisant ?

Vers la création de « Maisons de l’Europe » dans toutes les capitales européennes ?

En application de l’Accord interinstitutionnel visant à « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne et le Parlement européen associent leurs stratégies de communication locale dans les capitales européennes via la création des « Maisons de l’Europe », association regroupant les Bureaux d’information du Parlement européen et les Représentations de la Commission européenne…

Les Maisons de l’Europe, des espaces publics européens privilégiés d’échange, de rencontre, de dialogue et de débats

Afin de mener une politique de communication européenne décentralisée et partenariale, par l’intermédiaire des Représentations de la Commission européenne et des Bureaux d’information du Parlement européen, les Maisons de l’Europe permettront :

  • Organisation de séminaires et de conférences permettant d’associer des parlementaires, des autorités nationales, régionales ou locales, des représentants des médias ou des multiplicateurs d’opinion.
  • Organisation d’actions de communication directe auprès de publics cibles spécifiques sur des thèmes précis dépendant essentiellement de l’actualité européenne, par exemple, des animations ludo-éducatives à destination des jeunes.
  • Association aux temps forts de la vie politique et culturelle nationale pour informer le citoyen au sujet des politiques européennes via la participation aux Fêtes nationales, célébrations ou commémorations.

Les Maisons de l’Europe en 2009, des relais de communication privilégiés des priorités de communication interinstitutionnelles

Dans le cadre des 4 priorités de communication interinstitutionnelles définies par l’Accord interinstitutionnel :

  • les élections européennes 2009 ;
  • l’énergie et le changement climatique ;
  • le vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • la croissance durable, l’emploi et la solidarité ;

en 2009, les Maisons de l’Europe développeront :

  • Célébration de la Journée de l’Europe, le 9 mai, axée dans chacun des 27 États membres sur la priorité de communication relative aux élections au Parlement européen pour sensibiliser les électeurs à cet enjeu crucial de la vie politique européenne.
  • Inauguration de nouvelles « Maisons de l’Europe » à Berlin, Copenhague, Helsinki, Luxembourg, Lisbonne, Nicosie, Prague, Riga, Rome, Stockholm et Vienne ; après les succès à Tallinn, Dublin et Madrid en 2008, selon le Programme de travail de la DG Communication en 2009.

Tendance : vers une communication européenne partenariale

Face à l’ampleur de la mission d’informer les médias et les citoyens européens des activités menées par l’UE et de communiquer les objectifs et les enjeux des ses politiques et de ses actions, la communication européenne tend à impliquer toutes les parties prenantes dans une démarche partenariale…

Partenariat stratégique entre les institutions communautaires

Dans une communication en octobre 2007 « Communiquer sur l’Europe en partenariat », la Commission européenne propose aux autres institutions européennes d’« œuvrer ensemble, en tant que partenaires, à la valorisation du débat et de la discussion sur l’Europe ».

La valeur ajoutée de l’« accord interinstitutionnel » signé en octobre 2008 entre les institutions communautaires :

  • encourager le débat politique entre la Commission, le Parlement et le Conseil sur les activités de communication ;
  • encourager une convergence de vues sur les priorités de l’UE en matière de communication,
  • défendre la valeur ajoutée que représente une approche propre à l’Union en ce qui concerne la communication européenne,

La principale avancée à consister pour les trois institutions communautaires – le Comité des régions et le Comité économique et social européen siègent en tant qu’observateurs – à identifier, dans le cadre du Groupe interinstitutionnel de l’information (GII), un nombre restreint de priorités annuelles communes en matière de communication.

Ainsi, pour 2009 :

  • élections européennes 2009 ;
  • énergie et changement climatique ;
  • vingtième anniversaire du changement démocratique en Europe centrale et de l’Est ;
  • croissance durable, emploi et solidarité.

Partenariat de gestion avec les États membres

Fort des résultats des Eurobaromètres indiquant que :

  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour informer les citoyens des activités de l’UE et de leurs incidences sur leur vie quotidienne ;
  • les gouvernements assument la responsabilité principale pour la prise en compte de l’avis des citoyens concernant l’UE.

Le « partenariat de gestion » devient l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union et les États membres afin de :

  • démultiplier la visibilité et l’efficacité des actions de communication européenne ;
  • diminuer les coûts par la mise en commun de ressources humaines et financières et éviter les chevauchements ;
  • adapter la communication aux circonstances locales et la relier aux ordres du jour politiques nationaux.

Partenariat de collaboration avec la société civile

Dans une résolution « Dialogue actif avec les citoyens sur l’Europe » adoptée en session plénière mardi 24 mars 2009, le Parlement européen « estime que les institutions de l’Union et les États membres devraient coordonner leurs efforts de communication et instaurer un partenariat avec la société civile afin d’exploiter toutes les synergies possibles ».

Le « partenariat de collaboration » deviendrait l’outil principal pour mener des initiatives conjointes entre l’Union ou les États membres et les acteurs de la société civile afin de :

  • faciliter les synergies à l’occasion d’actions de communication,
  • faciliter les échanges d’informations et de bonnes pratiques en matière de communication européenne.

Ainsi, la tendance à communiquer sur l’Europe en partenariat ne cesse de s’approfondir au bénéfice d’un espace public européen harmonisé mais au détriment de prises de parole hétérodoxes ou iconoclastes.