Palmarès des membres de la Commission européenne actifs sur Twitter en 2012

Après un 1er classement en 2010 montrant que seuls 2 Commissaires – Janez Potočnik et María Damanáki (à titre personnel) – étaient actifs sur le réseau de micro-blogging et le palmarès début 2011 révélant que 6 Commissaires étaient activement présents sur Twitter, qu’en est-il début 2012 ?

En 2012, 12 Commissaires – 44 % de la Commission – sont activement présents sur Twitter

Avec au total 70 435 Followers, 5 600 Tweets et 2 880 Followings, les Commissaires assurent une présence importante (doublement en un an) à des niveaux d’activité très inégaux, avec une pratique très répandue de comptes gérés par les équipes presse ou communication et peu de « verified profile ». Voici la liste des Commissaires européens effectivement actifs sur Twitter début 2012 :

  • Neelie Kroes (Vice-présidente, Société numérique) demeure la Commissaire la plus active (1 779 Tweets) et la plus suivie (30 851 Followers) ;
  • Michel Barnier (Marché intérieur et Services) se positionne en 2e du palmarès avec 7 066 Followers et la plus large ouverture (604 Following). Ayant activement tweeter pendant la campagne des élections européennes, Michel Barnier a réactivé son compte pendant l’année 2011 ;
  • Viviane Reding (Vice-présidente, Justice, Droits fondamentaux et Citoyenneté + Communication) est sur la 3e marche du podium avec 6 320 Followers ;
  • María Damanáki (Affaires maritimes et Pêche) est doublement présente avec un compte officiel et un compte personnel en grec, soit 5 933 Followers ;
  • Janez Potočnik (Environnement) ;
  • Connie Hedegaard (Action climatique) ;
  • Kristalina Georgieva (Coopération internationale, Aide humanitaire et Réaction aux crises) ;
  • Andris Piebalgs (Développement) ;
  • Siim Kallas @siimkallaseu (Vice-président, Transports) ;
  • László Andor (Emploi, Affaires sociales et Insertion), le Commissaire hongrois qui a ouvert son compte au début de la présidence hongroise du Conseil de l’UE en 2011 ;
  • Maroš Šefčovič (Vice-président, Relations inter-institutionnelles et Administration) a début au cours de l’année 2011 ;
  • Algirdas Semeta (Fiscalité, Union douanière, Audit et Lutte anti-fraude) est le dernier arrivé avec 49 Tweets et 259 Followers.

En 2012, 15 Commissaires, dont le Président – 56 % de la Commission – ne sont toujours pas présents sur Twitter

Une large majorité des Commissaires – dont le président de la Commission européenne – est absente du réseau social Twitter :

  • José Manuel Barroso (Président) : tandis que le Président du Conseil européen Herman van Rompuy est très actif avec 38 292 Followers au compteur pour @euHvR (aujourd’hui @eucopresident), ainsi que le président du Parlement européen Jerzy Buzek avec 14 091 Followers et celui du Conseil économique et social européen, Staffan Nilsson ; José Manuel Barroso est toujours au abonné absent.
  • Catherine Ashton (Première Vice-Présidente, Haut représentant pour les Affaires étrangères) : son absence est « compensée » par le compte officiel du Service européen pour l’action extérieure (8 549 Followers et 3 287 Tweets) et le compte @EUHighRepSpox de son porte-parole.
  • Joaquín Almunia (Vice-président, Concurrence) ;
  • Antonio Tajani (Vice-président, Industrie et Entreprises) ;
  • Olli Rehn (Affaires économiques et monétaires) ;
  • Androulla Vassiliou (Éducation, Culture, Multilinguisme et Jeunesse) ;
  • Karel De Gucht (Commerce) ;
  • John Dalli (Santé et Politique des consommateurs) ;
  • Máire Geoghegan-Quinn (Recherche, Innovation et Science) ;
  • Janusz Lewandowski (Budget et Programmation financière) ;
  • Johannes Hahn (Politique régionale) ;
  • Štefan Füle (Élargissement et Politique européenne de voisinage) ;
  • Dacian Cioloş (Agriculture et Développement rural) ;
  • Günther Oettinger (Énergie) ;
  • Cecilia Malmström (Affaires intérieures) : il n’est pas interdit de penser qu’après l’ouverture de son blog en 2011, la Commissaire soit tentée de se lancer – tous les autres Commissaires tenant un blog étant également sur Twitter.

Ainsi, au vue des inscriptions régulières, il est fort à parier qu’au cours de l’année 2012, une majorité de Commissaires européens devraient êtres présents sur Twitter.

Bilan de « aktion europa », le partenariat de communication entre l’Allemagne et l’UE

Le premier partenariat de communication sur l’Europe  jamais réalisé s’appelle “aktion europa”. Il est mené depuis 2005 par le gouvernement fédéral allemand et les institutions européennes. Quel est le bilan de l’évaluation du partenariat de communication « aktion europa » ?

“aktion europa” : le premier partenariat de communication européenne

La communication de la Commission européenne de 2 juillet 2002 : « An information and communication strategy for the EU » repose sur une stratégie qui vise à favoriser la coopération inter-institutionnelle et le développement de partenariats structurés avec les États-membres.

L’objectif est « d’améliorer les perceptions de l’UE, de ses institutions et de leur légitimité par l’amélioration de la compréhension de ses missions et de ses réalisations et d’établir un dialogue avec le public ».

En décembre 2005, la République fédérale d’Allemagne signe la convention de délégation, devenant ainsi le premier État-membre à entrer dans un partenariat de gestion avec l’UE.

Après trois plans de communication en 2005, 2006 et 2007, les travaux du partenariat sont évalués en 2008…

Quelle est l’efficacité du partenariat de communication « aktion europa » ?

Les actions se concentrent principalement sur la communication des valeurs européennes fondamentales et les questions fondamentales de l’UE.

Si des questions de nature plus locale avaient été choisies, la formulation même des messages à communiquer aurait été beaucoup plus difficile en raison des différences politiques entre les institutions de l’UE et les partenaires gouvernementaux allemands.

Les formats sont conçus pour être proche des citoyens, se concentrant davantage sur la qualité que sur la quantité des contacts.

Le partenariat conduit à une intensification de la communication basée sur le dialogue de l’Europe pour le public en général et les jeunes en particulier.

Le partenariat  a également un effet positif sur l’échange d’idées et de coopération entre les entités nationales et européennes.

L’apparition conjointe sous le logo « Aktion Europa » a un effet de signal positif.

Une nette augmentation dans la communication de l’Europe est clairement reconnaissable par rapport à l’état ex-ante .

Des synergies au-delà du partenariat peuvent être discernées, mais sont difficiles à quantifier : dans l’ensemble un niveau fondamentalement meilleur d’information est obtenu dans les campagnes.

Un autre effet de synergie est le fait que les partenaires nationaux considèrent dorénavant la communication sur l’Europe comme une partie naturelle de leur travail.

Quelle est la pertinence du partenariat de communication « aktion europa » ?

Les partenaires discutent des priorités de communication annuelle de la Commission et, si possible, intègrent ces thèmes dans la communication.

La présidence du Conseil de l’UE par l’Allemagne en 2007 agit comme une force motrice dans le partenariat. Un même constat peut être porté sur le partenariat de communication conclut en France lors de la Présidence française du Conseil de l’UE au second semestre 2008.

Les différences fondamentales entre le gouvernement fédéral et les institutions européennes se sont posés lors des élections européennes de 2009.

Les projets mis en œuvre reposent, en général, sur une approche interactive et éducative.

Comme dans la majorité des programmes similaires, les actions du partenariat ont surtout atteint les personnes qui s’intéressent à l’Europe, ainsi que les personnes les plus instruites.

Pour toucher des personnes difficiles à atteindre, cela exigerait de s’éloigner d’une approche cognitive pour une approche plus émotionnelle avec un budget beaucoup plus élevé.

La difficulté d’atteindre un groupe cible approprié émerge dans la préparation des plans de communication : les citoyens doivent-ils être traités individuellement d’abord ou est-ce le groupe cible des journalistes, des élus et des multiplicateurs d’opinion à cibler en priorité ?
Il n’y a aucun doute sur l’importance centrale des jeunes comme groupe-cible.

Quel est l’impact du partenariat « aktion europa » ?

Dans les trois premières années de la gestion du partenariat, 14 projets ont été mis en œuvre pour un budget de 1 621 000 €.

Plus de 300 000 contacts personnels et plus de 150 millions de contacts média, soit un prix moyen de 4,75 € pour un contact personnel et un coût de 7,10 € pour 1 000 contacts via les médias.

Les partenaires considèrent un budget minimum de 40 000 € par projet, car le volume d’administration augmente énormément avec un grand nombre de petits projets.

Malgré le caractère pilote, sans expérience antérieure, il a été possible de réaliser un certain nombre d’actions, mais avec quelques critiques :

  • La convention de délégation est perçue comme difficile à comprendre.
  • La dépense « bureaucratique » est estimée trop élevée : des problèmes ont surgi en raison de différences dans les législations sur la sous-traitance entre l’Allemagne et l’UE.
  • Un travail de coordination supplémentaire découle du fait que deux partenaires nationaux coopèrent : le Ministère des Affaires étrangères et le Bureau fédéral de l’information et de la Presse (équivalent du Service d’Information du Gouvernement en France).
  • Le rôle des acteurs de la société civile demeure incertain dans le partenariat.

Principales conclusions de l’évaluation du partenariat « aktion europa » :

Avec un budget global de 1,7 M € pour les trois premières années, 14 actions ont été mises en œuvre entre 2005 et 2007.

Les groupes cibles abordés par le partenariat sont surtout les jeunes et les journalistes / multiplicateurs d’opinion.

Les mesures mises en œuvre sont généralement fondées sur le contact direct et le dialogue, par ailleurs moins coûteux.

Des potentiels d’optimisation existent pour réaliser encore plus de portée et d’efficacité.

Les actions représentent une valeur quantitative et qualitative ajoutée par rapport aux efforts antérieurs pour communiquer sur l’Europe en Allemagne.

Stratégie d’open-data de la Commission européenne : que faut-il en attendre ?

Lundi 12 décembre, Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission européenne, responsable de l’agenda numérique présente « une stratégie européenne en matière d’ouverture des données publiques ». Alors que de nouvelles perspectives sont ouvertes par les progrès des technologies d’analyse, d’exploitation et de traitement des données ; la stratégie de valorisation des données publiques européennes est présentée comme « un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente ». Qu’en est-il vraiment ?

Impact réduit sur l’ouverture des données publiques dans l’UE

L’agenda de la Commission européenne se donne pour mission de :

  • lancer au printemps 2012 un portail donnant accès aux données ouvertes de la Commission ;
  • lancer en 2013 un portail pilote multilingue et doté de fonctions de recherche pour donner accès à des données provenant de toute l’UE.

Néanmoins, l’objectif de créer un unique point d’accès aux données réutilisables de tous les organes, institutions et agences de l’UE voire d’un unique portail d’open-data de toutes les données publiques européennes (UE+Etats-membres) est illusoire.

Le pouvoir de la Commission européenne se trouve très limité, selon Euractiv.com :

  • les autres institutions européennes n’ont aucune obligation de suivre la stratégie d’open-data : « La Commission invite le Parlement européen et le Conseil à créer les conditions-cadres appropriées pour la réutilisation des informations du secteur public dans l’UE » : ;
  • les États-membres sont également libres d’appliquer leur propre législation en matière d’open-data : « La Commission propose d’harmoniser la manière dont les États-membres permettent la réutilisation de leurs données ».

Quel sera l’impact réel d’une stratégie d’ouverture des données publiques européennes si le pouvoir de la Commission européenne ne se limite qu’à « inviter » les autres institutions européennes et à « proposer d’harmoniser » les législations nationales ?

Intérêt réduit sur la transparence de l’UE

Même si le champ des données européennes couvert par la stratégie d’open data est limité, cette avancée constitue peut-être un progrès vers plus de transparence de la Commission européenne ?

Là encore, les propositions de la Commission européenne sont décevantes :

  • certes, le texte « étend le champ d’application aux (données des) bibliothèques, musées, archives et bibliothèques universitaires » ;
  • mais, « le document publié par Mme Kroes n’aborde pas la question des documents confidentiels », selon Euractiv.com.

Par ailleurs, l’accès plein et entier des citoyens non-experts aux données publiques doit se faire impérativement en proposant des moyens de visualisation des gros flux de données.

De nouveau, le texte de la Commission est extrêmement vague : « il convient de soutenir davantage les travaux de R&D et d’innovation relatifs aux outils d’analyse et de visualisation des données » avec aucun engagement précis.

Sans ouverture aux documents confidentiels (éventuellement déclassifié à la suite d’une révision des critères et des procédures) et sans moyens vraiment performant et efficace de visualisation des « big-data », quel sera l’intérêt concret d’une stratégie d’ouverture des données publiques européennes ?

En conclusion, la stratégie d’open data de la Commission européenne renouvelle-t-elle les pratiques démocratiques de l’UE ?

Le Personal Democracy Forum (PDF) à Paris, le 6 décembre, s’interroge sur la question de l’empowerment – littéralement « capacitation » des citoyens – grâce à l’ouverture des données publiques, qui ne serait « que le prélude à plus de participation de la part des citoyens, pour enfin aboutir à une co-production citoyenne synonyme de démocratie renouvelée et plus efficace », selon le compte-rendu de La Netscouade.

Le texte de Neelie Kroes – quant à lui – interroge sur l’éventuelle utilisation à des fins stratégiques, politiciennes des données publiques qui ne seraient plus des outils de réflexion, mais bien de communication. Quand toute la valorisation des données publiques repose sur le travail militant d’un petit nombre d’experts de la donnée, il n’est que trop à craindre le risque évident de l’utilisation des chiffres à des fins de marketing politique.

Ainsi, la révolution de l’open data à l’échelle de l’UE ne passera pas par la stratégie actuelle de la Commission européenne.

Et si l’espace public européen existait grâce aux médias sociaux ?

Mathew Lowry, eurobloggeur, est récemment intervenu devant des étudiants du programme Marie Curie pour présenter “the EU online public space”. Une contribution qui renouvelle – à l’ère des médias sociaux – les réflexions sur l’existence d’un espace public européen…

Le déficit d’espace public européen

Dans la première définition donnée à l’espace public par Habermas (1989), il s’agit d’un « espace où les gens se réunissent en tant que citoyens et articulent leurs points de vue autonomes en vue d’influencer les institutions politiques ».

En général, les chercheurs s’accordent à dire que les médias de masse servent de lieu principal, comme forum, pour la représentation de l’espace public.

En résumé, puisqu’il n’y a aucun média pan-européen où des discours sur la vie politique européenne pourraient se tenir, il y a un déficit de l’espace public européen.

Sans un espace pour un débat européen auprès d’un large public, l’UE manque d’une véritable communauté politique de citoyens, qui se traduit par l’érosion de la confiance et même la crise de la légitimité de l’UE.

Un e-espace public européen théorique

Avec une nouvelle définition de l’espace public par Habermas (1996), il s’agit dorénavant d’un « espace politique qui permet aux citoyens de prendre des positions en même temps, sur les mêmes sujets, avec la même pertinence ».

Certains chercheurs, notamment Renée van Os & Nicholas W. Jankowski dans “An online European public sphere?” voient des opportunités nouvelles avec Internet, qui “offre des caractéristiques prometteuses pour répondre aux attentes d’Habermas” :

Internet sert potentiellement de forum public où les informations peuvent être partagées, les questions discutées et où les internautes peuvent s’engager dans l’action politique.

Entre les espaces publics nationaux, un e-espace public transnational pourrait s’organiser sur la base de réseaux en ligne. À l’aide des technologies d’information et de communication en ligne, un espace public européen comme « communauté discursive » pourrait se dégager avec des débats sur des questions spécifiquement européennes :

  • « Download » de directives, règlements et structures institutionnelles européennes à l’échelon national ;
  • « Upload » vers l’UE, de discours, d’opinions et de croyances partagées.

L’espace public européen dans les médias sociaux

Selon la présentation de Mathew Lowry, des conversations sur les activités et les politiques de l’UE se tiennent quotidiennement dans les médias sociaux tant pour promouvoir, réformer ou détruire le projet européen.

Ces conversations forme l’« eurosplit’internet » entre trois communautés qui cohabitent sans vraiment interagirent :

  • les conversations nationales, qui peuvent parfois porter sur des sujets européens mais en raison de multiples barrières (langage, culture, contexte et « background ») ne se transnationalisent pas ;
  • les conversations de la sphère eurosceptique, qui faute de critique intelligente et constructive ne s’ouvrent pas au dialogue ;
  • les conversations de la « Brussels Bubble » composée par des individus « européens » connectés (eurodéputés, fonctionnaires de l’UE, lobbyistes et « EU & social media geeks » et les eurobloggers, parmi lesquels Mathew et moi devons nous classer).

Opportunités des médias sociaux pour faciliter l’espace public européen

1. sensibiliser :

  • expliquer le point de vue européen, la « valeur ajoutée de l’UE » à des publics intéressés mais non spécialistes ;
  • écouter, discuter et s’engager en tant qu’êtres humains et non comme des messages publicitaires.

2. créer des communautés d’intérêt, thématiques et transnationales :

  • faciliter les passages de frontière entre communautés et créer des ponts
  • partager des idées et des expériences

3. créer des communautés de pratiques, européennes et intégrées :

  • discuter concrètement de projets et de politiques
  • partager la mise en œuvre de programmes et d’actions

Ainsi, quelques exemples de communautés sponsorisées par l’UE :

  • Regionetwork, une communauté de pratiques entre les acteurs de la politique régionale ;
  • Capacity4dev, une communauté d’intérêt sur la thématique du développement ;
  • eTwinning : une communauté d’entraide pour les écoles d’Europe.

Défis et risques des médias sociaux pour l’espace public européen

défis n°1 : faciliter l’accès aux documents, donc améliorer le portail Europa

défi n°2 : stimuler les communautés, donc professionnaliser le community management européen

défi n°3 : réfuter les « eurocrap »

défi n°4 : inspirer la confiance, donc respecter les règles d’honnêteté, de transparence, d’écoute…

défi n°5 : réussir la curation, donc besoin de traduction

risque n°1 : les mauvaises actions, donc besoin de guide d’utilisation des médias sociaux

risque n°2 : l’inaction, donc besoin de présence sinon l’absence est vue comme une volonté de cacher, un biais élitiste et anti-démocratique de l’UE.

 

En conclusion, l’espace public européen existe grâce aux médias sociaux, mais il ne sera que ce que les participants voudront qu’il soit. L’espace public européen demeure fragile.

Refonte du site du Parlement européen : vers une meilleure « utilisabilité » ?

Aujourd’hui, le site du Parlement européen fait peau neuve. Plutôt que de juger les partis pris en matière d’ergonomie (clarté de l’information & navigation), de design (lisibilité de l’information & tonalité) et d’interactivité (rich & social media), il s’agit d’étudier l’« utilisabilité » du site, c’est-à-dire l’efficacité, l’efficience et la satisfaction des internautes à accéder aux contenus qui leur conviennent, dans des contextes d’utilisation spécifiques.

Test utilisateur n°1 : une prise rapide d’information relative à l’actualité ou aux membres du Parlement européen

Cible : l’internaute « occasionnel » du portail effectuant une visite de routine, de compréhension ou de clé d’action, notamment sur des sujets d’actualité ou des données relatives aux membres du Parlement européen.

Scénarios de visite : l’actualité du PE dans la semaine écoulée ou les eurodéputés proches politiquement ou géographiquement de l’internaute.

Outils :

  • zone « actualités » parmi les plus directement visibles sur la page d’accueil ou rubrique n°1 « Actualités » débouchant sur « A la une » classé par thèmes et « Service de presse » ;
  • zones « les groupes politiques » ou « députés » (avec plusieurs listes de recherche croisée) sur la page d’accueil ou rubrique n°3 « Députés » avec carte géographique et tableau synthétique par États-membres et groupes politiques.

Enjeu : pour ces visites rapides, c’est un internaute sensible au traitement « neutre » et à la simplicité d’accès aux contenus.

Résultat : l’offre permet de trouver facilement les ressources utiles. Le format court de lecture des articles d’actualité et des fiches d’eurodéputé permet de prendre connaissance rapidement de l’information.

Test utilisateur n°2 : une navigation rare de découverte des pouvoirs et des services de l’institution

Cible : l’internaute « exceptionnel » – citoyens relativement avertis de la chose publique européenne, les étudiants et les professeurs afin de préparer des dossiers, des exposés – effectuant une visite de découverte ou de service.

Scénarios : la découverte pédagogique des pouvoirs du PE ou des résultats électoraux lors du dernier scrutin européen et la recherche des opportunités de recrutement ou de visites sur place.

Outils : recherche de données justifiant un besoin de fiches synthétiques, de définitions, glossaires, de modules interactifs et de liens externes pour approfondir :

  • Pour les infos sur les pouvoirs et les résultats électoraux, la rubrique n°2 « A propos du Parlement européen » permet dans « Pouvoirs et fonctions » de clarifier notamment entre les pouvoirs législatif/budgétaire/de contrôle. De même, « Par le passé » donne accès à des données mises en valeur, notamment sur les scrutins précédents.
  • Pour les services, la rubrique n°2 « A propos du Parlement européen » s’ouvre sur « A votre service » avec une rubrique « Recrutement » (très succinct puisqu’il y a l’office européen de sélection du personnel). Les visites ne sont pas dans l’arborescence, mais une mise en avant de « Parlamentarium », le centre des visiteurs, est visible.

Enjeu : l’internaute est sensible à la dimension pédagogique ou pratique et à la « réutilisabilité » des informations.

Résultat : l’offre à tiroir avec des articles dans l’ensemble compréhensibles répond aux besoins de découverte. Le format de lecture des articles permet de creuser l’information tout en accédant aux documents de référence. Tandis que la compréhension du fonctionnement de l’institution est aisée, l’analyse dans le temps de l’évolution de l’action du PE est plus compliquée.

Test utilisateur n°3 : une recherche d’information de fond, à vocation professionnelle, sur l’activité du Parlement européen

Cible : l’internaute « régulier » du site, le collaborateur d’élus, le journaliste spécialisé sur l’Europe, le membre d’une ONG/d’un lobby/d’un cabinet de conseil/d’un groupe d’intérêt.

Scénario : la recherche d’un document précis (rapport, proposition de résolution) ou d’une réunion précise.

Outil : recherche de données brutes. Les rubriques « Plénière », « Commissions » et « Délégations » répondent à ces besoins d’approfondissement pour accéder aux sources primaires.

Enjeu : c’est un internaute prescripteur du site.

Résultat : les moteurs de recherche sont clairement optimisés, les plateformes de contenus ne semblent pas l’être encore toutes pour le moment. Il faut toujours disposer d’une expertise importante et de temps pour trouver l’information.

Ainsi, une fois les « dé-bugages » terminés, la refonte du site du Parlement européen – sous l’angle de l’utilisabilité – semble davantage s’orienter vers une « ergonomie de l’activité » s’adressant plutôt à des utilisateurs experts à la recherche – encore pour quelque temps – d’efficience et de fiabilité ; que vers une « ergonomie du facteur humain » s’adressant à des utilisateurs novices ou ponctuels et privilégiant la facilité d’apprentissage et d’appropriation.