Engagement des fans : benchmark des meilleures pages Facebook sur l’Europe

Au-delà du stock de fans – un repère souvent pris en compte pour comparer des pages Facebook – le flux des conversations – un critère plus fluctuant – permet à un moment donné de calculer le taux d’engagement, en rapportant les conversations au nombre de fans. Alors qu’en est-il du taux d’engagement des pages Facebook sur l’Europe ?

Match entre les institutions européennes remporté par la Commission européenne

Tandis que la page Facebook du Parlement européen s’apprête à franchir le million de fans avant les élections européennes (938K aujourd’hui), c’est la page de la Commission européenne qui recueille en ce moment le taux d’engagement le plus élevé à plus de 7% – un score plus élevé que l’engagement de la page des Nations Unies (4%) par exemple.

european_parliament

Actuellement, le niveau d’engagement de la page du Parlement européen (1,5%) est comparable à l’engagement de la page Facebook du Conseil de l’UE – l’institution la moins visible auprès du grand public.

european_commission

Jeu inégal des campagnes de communication de l’UE sur Facebook

Entre les différentes campagnes de communication de l’UE, l’engagement sur Facebook est très inégal entre l’engagement le plus considérable de la page « Unstoppable » (30%) incitant les Européens à arrêter de fumer et l’engagement le plus réduit de la page « Generation Awake » (0,2%) au sujet de la « consommation intelligente ».

unstoppable

generation_awakeLes Représentations de la Commission plus engageantes que les Directions Générales

Disposant de communautés plus réduites, car pour la plupart les pages sont plus récentes ; les Représentations de la Commission européenne dans les Etats-membres semblent pourtant générer un taux d’engagement plus important que les pages plus anciennes et disposant d’une communauté plus vaste des principales directions générales de l’institution.

benchmark_engagement_facebook

A titre d’exemple, sur la base d’une mesure forcément très circonstancielle, l’engagement des pages de la Commission en France et en Espagne est proportionnellement plus élevé que sur les pages « historiques » (Social Europe, DG ECHO, European External Action Service).

Au total, la règle paradoxale qui frappe l’engagement sur Facebook des pages sur l’Europe tend à une baisse des conversations à mesure que la communauté des fans s’élargit.

Journalisme et apprentissage innovants : vers une alliance open data et UE ?

Internet et en particulier les données redéfinissent les relations entre publics et contenus, tant en matière d’informations avec une nouvelle forme de journalisme des données qu’en matière d’éducation avec les MOOC (massive open online course). L’UE devrait avoir un rôle à jouer auprès des nouveaux intermédiaires pour littéralement reconnecter les Européens avec la construction européenne. Quelle pourrait être l’alliance entre open data et UE pour un journalisme et un apprentissage innovants européens ?

Apprentissage innovant : lancement de la plateforme « Open Education Europa »

Avec un portail conçu comme « la porte d’entrée à l’apprentissage innovant européen », l’Union européenne se donne les moyens de collaborer avec les nouveaux intermédiaires en ligne entre les contenus pédagogiques/éducatifs et le grand public et se positionne aux yeux du grand public comme un facilitateur – une position qui peut se révéler être au bénéfice à terme de la construction européenne.

L’apprentissage des affaires européennes auprès du grand public se trouve aujourd’hui bloqué car les enseignants ne sont pas eux-mêmes formés et « connectés » avec l’UE – une fracture que les systèmes éducatifs nationaux ne parviennent pas à combler.

Une intervention de l’UE visant principalement à faciliter le développement de l’apprentissage en ligne devrait permettre incidemment d’assurer une place sans doute plus importante aux enjeux européens dans ces nouveaux contenus et à tout le moins, devrait permettre à l’UE d’être dans le sens de l’histoire et des évolutions technologiques.

Journalisme innovant : à quand une plateforme openjournalismeuropa.eu ?

D’ores et déjà l’UE est engagée dans le mouvement d’ouverture des données avec le portail « Open data Europa » qui facilite l’accès aux données publiques de l’UE.

Mais, la transparence n’est qu’une partie du mouvement (6098 jeux de données sont disponibles en ligne) s’il n’y a pas d’interfaces de consultation, il n’y a ni empowerment du côté du public européen, ni accountability du côté des responsables administratifs et politiques européens (seules 7 applications, toutes issues d’un site institutionnel européen, sont actuellement disponibles).

Tout comme la fracture pédagogique sur l’Europe peut être en partie comblée avec une contribution européenne à l’apprentissage innovant, il est tout à fait possible d’envisager qu’une plateforme de journalisme innovant européen valorisant les initiatives de journaliste/développeur contribuerait à améliorer indirectement l’information européenne.

Au total, l’UE dans sa volonté de « reconnecter » les Européens au projet européen aurait tout intérêt à contribuer au développement de l’open data en matière de journalisme ou d’apprentissage.

En ligne, les enseignants/développeurs ou journalistes/développeurs sont de nouveaux intermédiaires entre les contenus et les publics que l’UE devrait traiter comme un nouveau public cible prioritaire.

Alerte sur le budget sacrifié et l’approche stratégique reconcentrée de la communication de l’UE pour 2014

De profonds changements dans le budget (sacrifié avec une baisse moyenne de 20%) et l’approche stratégique (reconcentrée sur Bruxelles avec un abandon des partenariats avec les Etats-membres) de la communication de l’UE, qui font polémiques sont prévus pour 2014, selon le compte-rendu de la dernière reunion, le 12 juillet dernier, du Groupe de travail sur l’information réunissant les communicants des institutions européennes. De quoi s’agit-il ?

Propositions de la Commission européenne réduisant le budget de la communication de 20% et abandonnant les partenariats avec les Etats-membres

Afin de se conformer au plafond du nouveau budget de l’UE, la DG COMM de la Commission estime nécessaire une réduction moyenne de 20% du budget global de la communication.

Pour la communication de l’UE en 2014, la Commission décide :

  • de réduire le nombre de lignes budgétaires et d’accroître leur flexibilité ;
  • d’identifier les domaines jugés inefficaces au lieu d’opérer une réduction globale de toutes les activités.

Sur le papier, cette approche semble intelligente, mais le choix des activités sacrifiées en 2014 l’est un peu moins :

  • Le programme « L’Europe pour les citoyens » réduit de 20% ;
  • Les « actions multimedias » réduites de 35%, à savoir le réseau de radio « Euranet » et l’outil en ligne « Presseurop » ;
  • La nouvelle activité « Communication des Représentations de la Commission, y compris les actions de partenariat » (jusqu’à présent dissocié) coupée de 45%, avec l’interruption des partenariats de gestion dès 2014 malgré les engagements pluriannuels au profit d’autres formes de coopération avec les Etats-membres. En revanche, les centres d’information sur l’Europe « Europe Direct » sont sanctuarisés.

Réactions des autres institutions et des Etats-membres

Fort logiquement, le représentant du Parlement européen regrette que la Commission s’écarte de l’esprit de la Déclaration conjointe signée par les institutions européennes en octobre 2008. A ce jour, cette déclaration politique reste le texte européen le plus contraignant (texte non obligatoire) qui fonde le début d’une coopération interinstitutionnelle renforcée et efficace dans le domaine de la communication de l’UE. Un tel irrespect de la part de la Commission, l’institution normalement garante de l’intérêt européen est pour le moins inquiétant.

Par ailleurs, le représentant du Parlement européen craint que les nouveaux moyens budgétaires soient en deçà des attentes afin de susciter l’intérêt et la sensibilisation des citoyens dans la perspective des élections européennes de 2014. Un tel désengagement de la part de la Commission l’année même d’un scrutin européen ne peut être interprété autrement que comme un signe de démission dans sa tache d’informer les Européens.

 

Rejoignant les préoccupations formulées par plusieurs délégations d’Etats-membres au sujet de l’approche de la Commission, il est possible de reprocher toute une série de choses :

  • La décision de la Commission de démanteler les accords de partenariat de gestion est prise sans consultation préalable des parties prenantes – un bel exemple de « gouvernance » ;
  • La base sur laquelle la Commission n’a pas jugé les partenariats rentables n’est pas claire, puisque toutes les évaluations nationales qui ont été effectués par des organismes extérieurs ont jusqu’ici conclu à des résultats positifs ;
  • Les ressources financières allouées par la Commission aux partenariats sont nécessaires pour mener avec les Etats-membres une variété d’activités d’information axées sur l’UE, que les Etats-membres ne porteraient pas seuls.

Les négociations sur l’avenir du budget et de l’orientation stratégique de la communication européenne seront à l’ordre du jour de la prochaine réunion le 13 septembre prochain.

Pourquoi la Commission décide de réduire les dépenses opérationnelles engagées dans les Etats-membres de façon drastique au lieu d’opter pour des coupes horizontales, notamment dans les frais d’administration ?

« Un nouveau récit pour l’Europe » : communiquer une version 2.0 du leitmotiv « la paix par le marché »

Communiquer sur l’Europe, c’est mobiliser – au-delà de l’écume de l’actualité des institutions européennes – tout un référentiel de mémoires, de visions, de croyances qui se doivent d’être communes aux Européens pour faire sens. Le leitmotiv de la construction européenne : « la paix par le marché » est un récit en perte de vitesse, notamment auprès des nouvelles générations. Comment moderniser un « nouveau récit pour l’Europe » ?

Vers « un nouveau récit de l’Europe » formulé par des artistes, des intellectuels et des scientifiques

Une initiative de la Commission européenne : « Un nouveau récit pour l’Europe » tente d’aboutir – avant les élections européennes de 2014 – à la publication d’un manifeste sur les valeurs, la culture et l’histoire qui représentent le lien entre les Européens.

Parce que le récit de l’Union européenne est aujourd’hui de fait dominé par ses principaux bénéficiaires, i.e. les acteurs de la vie économique, l’initiative « Un nouveau récit pour l’Europe » en mobilisant des intellectuels, des artistes et des scientifiques européens souhaite transmettre l’idée que le projet européen n’est pas seulement économique, mais aussi que son avenir vise à rassembler nos différentes valeurs, cultures et nos aspirations.

En juillet dernier, lors du premier des événements organisés à Varsovie, trois thèmes ont été examinés :

  • les valeurs culturelles dont nous avons besoin pour écrire une histoire commune
  • la «diplomatie douce» de l’Europe: les arts, le patrimoine et les sciences
  • l’image et le rôle de l’Europe dans un environnement mondialisé et interdépendant

Elargir la vision de l’Europe est extrêmement salutaire, à la fois pour réinscrire le projet dans une continuité plus longue que les seules dernières décennies de la construction européenne et pour faire une prospective plus large sur les opportunités futures. Mais faut-il pour autant confier cette mission de mise en récit aux artistes, intellectuels et scientifiques ?

Pourquoi aucun historien et aucune réflexion sur la mémoire européenne ?

Quoique conscient de l’importance du passé de l’Europe – cf. «  Nous pouvons et devons relever les défis du monde actuel tout en tenant à distance les vieux démons qui hantent l’Europe » de José Manuel Barroso – aucun spécialiste de l’histoire et de la mémoire européennes ne semble parti prenante du projet.

Surtout, plusieurs initiatives préexistantes autour de cette problématique de dépoussiérer le récit de l’Europe ne semblent pas solliciter alors même qu’elles péréclitent.

D’une part, le programme « l’Europe pour les citoyens » qui prévoit une action autour d’une « mémoire européenne active » tente – sans véritable succès au delà de la journée européenne du souvenir instaurée en août – de « favoriser l’action, le débat et la réflexion dans le domaine de la citoyenneté européenne et de la démocratie, des valeurs partagées, de l’histoire commune et de la culture ». Ce « nouveau récit pour l’Europe » serait une occasion inespérée de relancer cette action pour lui donner un cadre et une mission spécifique.

D’autre part, le projet de maison de l’histoire européenne à Bruxelles qui vise à « mobiliser tous les outils disponibles pour favoriser une meilleure connaissance de l’histoire européenne et de la construction européenne » prévoit de s’ouvrir en 2014. La publication du manifeste sur le « nouveau récit pour l’Europe » – s’il prévoyait une caution historique sérieuse – pourrait constituer une actualité de choix pour lancer cette maison.

Force est de reconnaître que le projet d’un « nouveau récit sur l’Europe » tout en répondant à un besoin latent semble tomber un peu à côté, faute d’une dimension historique et mémorielle.

Classement des médias en ligne européens selon leur fréquentation

La Commission européenne ayant décidé, comme le dit pudiquement Le Monde de « rétropédaler sur la création d’un média en ligne » en abandonnant l’appel d’offre qui correspondait au renouvellement du contrat avec Presseurop la revue de presse européenne, qu’en est-il de la fréquentation des principaux médias en ligne européens à partir de l’outil gratuit trafficestimate.com – certes contestable, mais utile pour établir une comparaison…

Presseurop.eu – le premier média en ligne européen en termes de fréquentation

Les 5 premiers médias en ligne européens qui partagent la double caractéristique d’exister exclusivement en ligne et exclusivement sur les affaires européennes dénombrent tous plus de 150 000 visites mensuelles.

  • 375,300 visites sont comptabilisées pour Presseurop.eu sur les 30 derniers jours
  • 364,900 visites mensuelles pour Neurope.eu – un site qui connaît une hausse de trafic de 115% sur l’année écoulée
  • 283,700 visites en mai 2013 pour Euractiv.com
  • 188,800 visites mensuelles pour Euobserver.com
  • 150,150 visites mensuelles et 5e place pour Eubusiness.com

Euractiv.fr – le seul média 100% français dans le classement des médias en ligne européens

Les 5 suivants dans le classement des 10 premiers médias en ligne européens comptabilisent entre 30 000 et 60 000 visites mensuelles.

  • 88,200 visites mensuelles pour Europeanvoice.com
  • 58,400 visites mensuelles pour Publicserviceeurope.com
  • 40,500 visites mensuelles pour Eurotopics.net
  • 31,800 visites mensuelles pour Euractiv.fr
  • 31,700 visites mensuelles pour Europesworld.org

Au total, il est intéressant de noter que le multilinguisme du portail Presseurop (10 langues) contribue à sa première place avec un important trafic relatif comparé à quasiment tous les autres médias anglophones à l’exception notable d’Euractiv.fr.