Floraison des serious games sur l’Europe

Cette année représente un véritable « printemps des serious games sur l’Europe » avec plusieurs projets permettant de sensibiliser des publics variés, notamment jeunes, à des problématiques européennes complexes…

« CAP Odyssey » : un serious game ludique pour comprendre les évolutions de la politique agricole commune

S’inspirant du jeu Habbo City, le joueur doit relever les défis liés à la gestion d’une exploitation agricole dans le village « Abondance » au travers de 7 missions permettant de retracer les évolutions de la PAC.

cap_odysseyDestiné aux jeunes urbains européens, « CAP Odyssey » vise à faire comprendre les enjeux de l’agriculture aujourd’hui : viabilité économique, sécurité alimentaire, revenu des agriculteurs, gestion des ressources naturelles, changement climatique, volatilité des prix, maintien de l’activité dans les espaces ruraux…

Lancé en début d’année à l’occasion des 50 ans de la PAC, « Cap Odyssey » parviendra-t-il à rassembler le million de joueurs que vise le ministère de l’Agriculture, co-financeur avec la Commission européenne ?

« Mission Knut » : un serious game pédagogique pour mieux connaître les institutions européennes

Développé par la Région Bretagne, « Mission Knut » invite à se mettre dans la peau d’un Commissaire européen afin de relever le défi de faire voter un texte européen qui éviterait une nouvelle catastrophe écologique et économique.
mission_knutS’adressant plus particulièrement aux jeunes, le serious game vise à leur permettre de se familiariser avec le processus décisionnel européen, à quelques mois d’élections européennes annoncées comme difficiles en termes de participation électorale.

« Vivre l’Europe en Alsace » : un futur serious game pour renforcer l’identité européenne de l’Alsace

L’Agence de Développement Touristique du Bas-Rhin développe actuellement un serious game qui invite le joueur- consom’acteur à expérimenter véritablement le concept de tourisme européen en Alsace.

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Au-delà des serious games français sur l’Europe, un discours sur l’utilité des « Serious Games in a European Policy Context » se développe partout dans l’UE autour de quelques piliers :

  • Une technologie avancée d’enseignement de plus en plus rentable
  • Une innovation créative de plus en plus attrayante
  • Un double intérêt en matière d’inclusion sociale et d’empowerment

En somme, les serious games sur l’Europe ont de l’avenir.

Vers une privatisation de la communication européenne ?

Qu’il s’agisse du recours de plus en plus systématique aux prestataires privés pour des missions de communication, de la généralisation d’un langage inspiré par le business ou de la « managérialisation croissante des affaires européennes » autour « d’un marché de l’expertise informationnelle », la privatisation de la communication européenne devient sans cesse une réalité plus tangible…

Structuration d’un marché des experts de l’information européenne

Première indication de la privatisation de la communication européenne, la structuration de plus en plus importante d’un marché bruxellois d’experts de l’information européenne – parfaitement décrit par Philippe Aldrin dans « Producteurs, courtiers et experts de l’information européenne. Sociogenèse d’un champ professionnel dans le monde des affaires européennes ».

Pour Philippe Aldrin, « s’est ainsi imposé un marché de l’expertise stratégique sur les façons de mieux penser les politiques européennes et, aussi, « mieux communiquer l’Europe » ; un marché où s’abolissent les distinctions fonctionnelles entre journalistes, conseillers, experts et lobbyistes ».

A l’heure de la complexification de la construction européenne, un petit monde de « producteurs, courtiers et experts de l’information européenne » se déploie au sein duquel « les compétences professionnelles de ces prescripteurs des cadres perceptifs et interprétatifs des politiques publiques et de la gouvernance européennes ne sont plus différenciées qu’en fonction de la nature du commanditaire qui les emploie ».

Systématisation de la sous-traitance des missions de communication européenne

De plus en plus systématiquement, faute de disposer des ressources humaines et des compétences techniques au sein des institutions européennes, des appels d’offre publics pour des missions de communication européenne organisent peu à peu un véritable marché de prestataires spécialisés.

Le marché de la communication de la Commission européenne apparaît – selon les chiffres disponibles datant de 2011 – comme relativement concentré avec 3 agences – toutes basées à Bruxelles – représentant chacune environ un quart des 100 millions d’euros « privatisés » pour la communication de l’UE.

Généralisation d’un discours sur l’Europe inspiré par le business

Dernière tendance confirmant la privatisation croissante de la communication européenne, la généralisation d’un discours inspiré par le business au sein même des acteurs institutionnels européens.

C’est le consultant indépendant, inventeur du concept de « nation branding » Simon Anholt qui indique récemment lors de la conférence EuropCom cette prégnance de concepts hérités de la stratégie militaire et du business : persuader des cibles, aligner les parties prenantes, délivrer un message unique.

Au total, le mouvement de privatisation dans les esprits et dans les actes de l’information et de la communication européennes n’est pas sans conséquence sur les partis-pris qui dominent actuellement la communication de l’UE.

RegioStars : quelles sont les meilleures campagnes de communication sur la politique régionale européenne ?

Dotée d’une enveloppe qui représente 1/3 du budget de l’UE avec 322,1 milliards d’euros pour 2014-2020, les fonds européens sont fondamentaux pour permettre aux États membres d’être solidaires les uns des autres tout en restant compétitifs dans l’économie mondiale.

Chaque année depuis 2008, les RegioStars sont des prix qui récompensent les meilleurs projets, notamment en matière d’information et de communication sur la politique régionale européenne. Inexistante en 2008 et disparue en 2014, la catégorie relative à l’information et à la communication – toujours dernière dans l’ordre des prix – est particulièrement révélatrice des meilleures campagnes…

RegioStars 2009 : un spot TV grec

Dans la 3e et dernière catégorie des RegioStars 2009 : spot ou émission de radio ou de télévision mettant l’accent sur la contribution de la politique de cohésion, c’est un spot grec qui est récompensé.

RegioStars_2009_grecLe spot intitulé « Que savez-vous… du CRSN ? » a été conçu par le ministère de l’Économie de la République hellénique et diffusé sur les grandes chaînes de la télévision publique grecque. Le célèbre acteur Thodoris Athéridis y explique la signification du « CRSN », autrement dit, du Cadre de référence stratégique national, qui définit les priorités de la politique de cohésion dans le pays.

RegioStars 2010 : un site d’information lituanien

Dans la 6e et dernière catégorie des RegioStars 2010 : information et communication (sites Web), c’est un site lituanien esparama.lt, qui se voit récompensé.

RegioStars_2010_lituanienEn lituanien, «Esparama» signifie aide de l’UE. Partant des données fournies par des administrateurs de 15 institutions gouvernementales, ce site Internet officiel contient des informations sur tous les fonds structurels de l’UE investis en Lituanie. La page d’accueil de ce site très convivial contient des sections distinctes s’adressant aux candidats qui sollicitent des fonds, à leurs bénéficiaires, aux médias et au grand public, aux institutions et aux journalistes.

Par ailleurs, un autre site allemand entdecke.efre, qui signifie « découvrez le FEDER » présente, d’une façon très conviviale, toute une série d’informations sur les projets financés par l’UE et sur la procédure à suivre pour bénéficier des fonds.

RegioStars_2010_allemand

RegioStars 2011 : une photo de l’Europe du Nord

Dans la 5e et dernière catégorie des RegioStars 2011 : photo pour la promotion d’un projet cofinancé, c’est une photo sur « L’âge ne compte pas » utilisée en Suède, Finlande, Norvège, Islande et dans les îles Féroé pour promouvoir le projet «Notre vie quand nous serons âgés », qui est choisie par le jury.

RegioStars_2011_age_makes_no_differenceRegioStars 2012 : un site polonais de data-visualisation

Dans la 5e et dernière catégorie des RegioStars 2012 : information et communication visant à présenter les données relatives aux projets, c’est un site polonais podlaskiedotacje.pl qui est récompensé.
RegioStars_2010_polonaisLe site propose à la fois un moteur de recherche multicritères très performant ainsi qu’une cartographie précise de l’ensemble des projets réalisés grâce aux financements de l’UE.

RegioStars 2013 : une campagne de spots TV lituanien

Dans la 5e et dernière catégorie des RegioStars 2013 : information et communication : promotion de la politique régionale de l’UE à l’aide de courtes vidéos, c’est de nouveau la Lituanie qui est récompensée pour une série de spots TV : « Vers le travail » du Centre national de réhabilitation des personnes sourdes. Ces vidéos ont été diffusés sur plusieurs chaînes de télévision nationales lituaniennes sur une période de 6 mois en 2010.

Au total, les campagnes de communication sur la politique régionale de l’UE récompensées par les prix annuels RegioStars illustrent la diversité et la créativité à travers l’Europe.

EuropCom 2013 : la communication européenne au défi des élections européennes

Pour la 4e édition d’EuroPCom les 16 et 17octobre prochain à Bruxelles – l’une des grandes conférences sur la communication publique et européenne pour les experts de l’administration publique et de l’UE – l’accent portera, selon le programme, sur les principaux défis en matière de communication de l’UE et de la communication publique en vue des prochaines élections européennes de 2014.

Communication européenne : quel devrait être le rôle des communicateurs avant, pendant et après cette période électorale ?

Les élections européennes de 2014 seront l’occasion de cartographier les points de vue du public sur l’avenir de l’Europe. Plus généralement, les élections permettront également de refléter le niveau de confiance du public dans la politique et les institutions après plusieurs années de crise économique.

La mission des communicateurs publics européens au cours de cette période particulière sera de promouvoir les valeurs de l’UE ou – à tout le moins – de stimuler un débat approfondi parmi les citoyens de l’UE sur l’avenir de l’Europe.

Communication publique européenne : quel devrait être l’équilibre entre la fidélité aux priorités politiques et la neutralité des administrations publiques ?

Les périodes électorales sont souvent une période difficile pour les communicateurs dans les administrations publiques, surtout pour développer et gérer une stratégie de communication à long terme et conformément aux priorités politiques.

Communication politique européenne : Quelle devrait être la coordination entre les partis politiques européens et les candidats lors des élections européennes ?

L’une des tables rondes les plus intéressantes portera sur la communication politique européenne au niveau des partis politiques européens – en présence de la plupart des communicants des partis politiques européens :

  • Kostas Sasmatzoglou, porte-parole et coordinateur de la campagne, Parti populaire européen
  • Brian Synnott, Conseiller média et campagne, Parti des socialistes européens
  • Didrik de Schaetzen, Responsable de la communication, Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe
  • Johannes Hillje, directeur de campagne, Parti Vert européen

Avec les élections européennes en ligne de mire, la 4e conférence EuropCom sera l’occasion de mettre la communication européenne sur l’agenda politique.

Pourquoi la disparition des partenariats de gestion est une mauvaise nouvelle pour la communication européenne ?

Lors de la dernière réunion, le 13 septembre dernier, du groupe de travail sur l’information réunissant les communicants des institutions européennes, la Commission européenne a définitivement confirmé la disparition des partenariats de gestion, qui permettent à ce jour à 18 Etats-membres de communiquer sur l’Europe, conjointement avec les institutions européennes. Pourquoi s’agit-il d’une mauvaise nouvelle ?

Les partenariats, le chaînon manquant de la communication européenne

Jusqu’à la déclaration politique « «Communiquer sur l’Europe en partenariat » signée par les institutions européennes le 22 octobre 2008, les institutions européennes n’étaient jamais parvenues à trouver une forme à la fois souple et contraignante pour impliquer efficacement les Etats-membres dans la communication européenne. Quelques collaborations ad hoc, notamment avec l’Allemagne, sans planification stratégique des messages et des moyens avaient permis au moins de mener ponctuellement des actions de communication.

Il semble que la solution, qui avait fait ses preuves tant auprès des Etats-membres (18 partenariats de gestion signés à ce jour) qu’en termes de résultats (des évaluations indépendantes ont toutes confirmées l’intérêt du dispositif) ait vécu. En dépit de ses engagements, la Commission européenne prévoit – de manière unilatérale, sans consultation préalable et sans solution alternative – de cesser dès 2014 les partenariats de gestion.

Les partenariats de gestion, la clé de voute de la stratégie de communication européenne

Entre la communication de l’UE, le plus souvent limitée à la sphère bruxelloise et donc sans impact sur les citoyens européens et la communication sur l’Europe des acteurs publics et privés dans les Etats-membres, souvent très limitée faute de moyens, les partenariats de gestion représentent une synthèse réussie :

  • Clé de voute de toute l’architecture de la stratégie de communication, les partenariats de gestion symbolisent le travail conjoint entre l’UE et les Etats-membres. Leur disparition signe comme un aveu d’échec ou d’incapacité pour la Commission européenne à travailler avec des partenaires ;
  • Charnière ouvrière entre Bruxelles et les citoyens, les partenariats de gestion incarnent concrètement la mise en œuvre des priorités interinstitutionnelles en matière de communication européenne et la programmation pluriannuelle.
  • Bras armé et sans doute le seul efficace avec le principe du double financement européen et national, les partenariats de gestion parviennent à toucher largement les Européens, notamment les jeunes, un public souvent prioritaire.

Vers un nouveau déficit de communication européenne, dès les élections européennes

Non seulement, les partenariats de gestion ne sont pas aisément remplaçables. Les autres formes de partenariats sont inadaptées : les partenariats stratégiques avec exécution séparée des budgets fonctionnent mal (seuls 5 Etats-membres, dont 2 qui envisageaient de passer aux partenariats de gestion) et les partenariats ponctuels n’ont jamais été engagés.

Mais surtout, les partenariats de gestion en disparaissant vont immanquablement se traduire par un déficit de communication européenne dans de nombreux pays, d’autant que les ressources budgétaires nationales (y compris les fonds de la communication) sont rationalisées en raison de la crise.

Au total, le choix de la Commission européenne est vraiment inadapté puisque les partenariats ont permis de communiquer avec succès à une époque de baisse du soutien à l’UE et d’absence de connaissances sur la valeur ajoutée de l’UE. De surcroit, les partenariats devaient jouer un rôle important dans la stratégie de communication pour susciter l’intérêt et la sensibilisation des citoyens dans la perspective des élections européennes de 2014.

La disparition des partenariats de gestion rebat considérablement les cartes de la communication européenne. Cette mauvaise nouvelle devrait malheureusement peser sur les élections européennes.