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Les trois axes de la stratégie de communication européenne

Il est possible de dégager trois axes stratégiques pour la communication européenne…

D’abord, la communication européenne doit s’attacher à définir une stratégie commune aux acteurs chargés de l’impulsion politique.

La plupart des acteurs européens (DG Communication de la Commission européenne) ou nationaux (Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes) s’accordent pour orienter prioritairement cette stratégie vers un rapprochement entre l’UE et les 450 millions de citoyens communautaires.

Les moyens d’action développés récemment consiste à :

  • créer des partenariats instituant des « espaces publics européens », de rencontres et de débats ouverts au public ;
  • monter des projets de réseaux pilotes d’information facilitant la communication entre décideurs politiques européens et nationaux, journalistes et relais d’opinion.

Ensuite, la communication européenne doit s’attacher à valoriser les avancées et les succès de l’UE dans la vie quotidienne des Européens. Cette valorisation nécessite de multiplier les points de contacts entre l’UE et les Européens par l’intermédiaire de multiples acteurs publics ou privés, européens ou nationaux…

Les moyens d’action s’appuient essentiellement sur :

  • des supports médias et des outils multimédia ;
  • des manifestations et réunions publiques ;
  • des subventions à des associations thématiques.

Enfin, la communication européenne doit diffuser des informations plus factuelles sur l’organisation et le fonctionnement de l’UE pour légitimer sur le long terme la construction européenne. Cette action d’information doit être menée dans la transparence par les administrations européennes ou nationales.

Les moyens d’action à privilégier :

  • de l’information en direct, non commentée, en particulier via le satellite ou le web ;
  • des éléments de langage précis et complets transmis par des relations presse paneuropéennes.

La réussite de la communication européenne repose sur la complémentarité de ces trois axes tant au niveau des actions que des acteurs.

Préparation de la présidence française de l’UE : la stratégie de communication du gouvernement se précise

La stratégie de communication du gouvernement pour la PFUE s’articule autour d’un double objectif : « une présidence européenne / qui soit proche des citoyens »…

« Une présidence européenne »

Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet démine les critiques dans une interview dans Le Monde du 1er avril 2008 en affirmant qu’ « il n’y pas d’arrogance française dans cette présidence ». Ce message à destination des partenaires européens vise à profiter de la période charnière (mise en place du traité de Lisbonne au 1er janvier 2009, élections européennes en juin et renouvellement de la Commission européenne à l’été) pour avancer sur les quatre grandes priorités définies par Nicolas Sarkozy (développement durable et énergie, pacte européen sur l’immigration et l’asile, relance de l’Europe de la défense, bilan de santé et avenir de la politique agricole commune).

« Une présidence proche des citoyens »

En Conseil des ministres, le 2 avril, le Premier ministre François Fillon réaffirme la volonté du gouvernement de faire de la PFUE un événement citoyen. Désireux de susciter « un élan populaire », la liste de principales manifestations programmées en France a été validée par le président de la République.

Ainsi, le positionnement stratégique en termes de communication gouvernementale semble s’établir pour la PFUE autour d’une présidence européenne, proche des citoyens.

Comment évaluer la stratégie de communication de la Commission européenne ?

Interrogée sur l’évaluation de la stratégie de communication de la Commission européenne, par un journaliste lors de sa conférence de presse sur « Debate Europe », Margot Wallström a répondu :

D’abord, il faut mesurer quantitativement les résultats de chaque action de communication : nombres de visites sur Internet, présences dans les réunions, contributions au débat…

Ensuite, il faut mesurer l’influence des actions de communication sur l’agenda. Selon Margot Wallström, la stratégie de communication a permis de faire émerger un agenda « citoyen » mettant en avant les problèmes de la vie quotidienne des Européens. Cet agenda est venu concurrencer l’agenda des industriels et entreprises, qui a largement contribué historiquement à façonner la construction du marché intérieur ainsi que l’agenda des lobbies et ONG, qui a permis dernièrement à élaborer des mesures de protection de l’environnement.

Cette action sur l’agenda doit s’accompagner d’une action de suivi sur les décisions prises par les institutions européennes. Ainsi, selon Margot Wallström, la mission de la communication européenne est au-delà d’organiser de la participation des citoyens, de hiérarchiser les priorités citoyennes et de contrôler leur prise en compte dans les politiques publiques communautaires.

Avec cette mission, la vice-Présidente de la Commission européenne se positionne comme le porte parole des préoccupations des citoyens et comme l’aiguillon vigilant des politiques communautaires, au cœur de l’instance exécutive de l’UE.

En quelque sorte, c’est dans l’accomplissement de cette mission que réside la légitimité de la communication européenne, même s’il peut y avoir un déséquilibre entre les différents intérêts (ceux des entreprises, ceux des pro-environnements et ceux donc des citoyens).

Enfin, il faut mesurer les enseignements tirés des actions de communication avec la réalisation d’enquêtes d’opinion, de questionnaires de satisfaction. Ces enseignements permettent ainsi d’améliorer les actions de communication, de mieux répartir les moyens budgétaires et humains et de renforcer la subsidiarité.

« Debate Europe » : la 3e réalisation du Plan D comme « Démocratie, dialogue et débat »

Lors d’une conférence de presse, Margot Wallström, vice-présidente de la Commission chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication a présenté aujourd’hui la 3e réalisation du Plan D comme « Démocratie, dialogue et débat » : « Debate Europe ».

Les objectifs du plan D

Lancé en 2005, le Plan D pour « Démocratie, dialogue et débat » a pour but :

  • d’encourager une participation active des citoyens européens ;
  • de favoriser un dialogue avec les citoyens sur l’avenir de l’UE ;
  • d’organiser le débat entre les citoyens et les institutions communautaires dans la prise de décision de l’UE.

Les réalisations du plan D

De 2005 à 2007, ce plan a cofinancé six projets transfrontaliers innovateurs de consultation des citoyens qui étaient coordonnés par des organisations de la société civile. Par ailleurs, ont été financés : la diffusion d’informations sur l’Europe dans les écoles, les visites des Commissaires européens aux parlements nationaux.

Pour 2008 et 2009, la Commission souhaite élargir et approfondir cette approche afin de favoriser un débat général et permanent entre les citoyens de tous horizons, au niveau national et communautaire et les décideurs communautaires.

Les objectifs de « Debate Europe »

  • soutenir des actions permettant aux citoyens de confronter leurs points de vue et d’en débattre avec les responsables politiques en faveur d’une participation active des citoyens aux processus législatif et décisionnel communautaires ;
  • proposer un cadre de coopération entre la Commission européenne et d’autres institutions communautaires pour se porter à la rencontre des citoyens en général et pour combler le fossé entre la politique européenne et les politiques nationales;
  • créer des réseaux en ligne pour réunir des parlementaires européens, nationaux et régionaux, des journalistes et d’autres faiseurs d’opinion pour partager des informations, des connaissances et des idées sur l’Union ;
  • créer des espaces publics européens dans les capitales européennes, où la Commission et le Parlement européen accueilleront, ensemble, des expositions, des débats, ainsi que des séminaires et des formations sur des questions européennes ;
  • renforcer l’action au niveau local en faisant participer des cadres de l’Union à des projets au niveau régional et local ;
  • accroître la notoriété du forum de discussion en ligne de « Debate Europe » parmi les internautes.

Les 1ères réalisations de « Debate Europe »

lors de la conférence de presse, Margot Wallström, a présenté un premier bilan « encourageant » du forum de discussion en ligne lancé fin janvier dernier. En 8 semaines, le portail a enregistré 12 000 « posts » et 1 400 personnes se sont inscrites.

La communication interculturelle à l’honneur du « Printemps de l’Europe »

Chaque année, depuis 2002, « Le Printemps de l’Europe » encourage les écoles maternelles, primaires et secondaires d’Europe à consacrer une ou plusieurs journées à l’organisation d’événements axés autour de la réflexion et de l’interaction sur des questions européennes.

Pour 2008, la campagne du Printemps de l’Europe se déroule du 25 mars au 30 juin 2008 et s’inspire de l’Année européenne du dialogue interculturel. On parle de « dialogue interculturel lorsque des personnes issues de différents horizons culturels établissent un échange d’opinions ouvert et respectueux qui leur permet de se comprendre mutuellement ».

Géré par European Schoolnet de la DG Communication, « Le Printemps de l’Europe », vise à :

  • Sensibiliser les jeunes à l’Union européenne ;
  • Promouvoir l’enseignement de la citoyenneté européenne à l’école ;
  • Permettre aux jeunes de discuter de questions européennes avec des personnalités locales, nationales et européennes et de se faire entendre auprès de ces décideurs.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de communication de la Commission européenne présentée dans le plan D – comme Démocratie, Dialogue et Débat.