Vers une politique européenne du sport : l’opportunité des agendas

Alors que 60 % des Européens pratiquent une activité sportive et que l’on dénombre 700 000 clubs sportifs dans les 27 pays membres de l’UE, le sport n’était pourtant pas reconnu comme un élément important pour la cohésion sociale, la santé ou l’éducation avant le nouveau Traité de Lisbonne.

Désormais reconnu par le traité de Lisbonne (art.149), le sport prend une dimension européenne. Ainsi, la Commission européenne publie un Livre blanc sur le sport en juillet 2007 auquel les députés européens ont répondu avec le rapport de Manolis Mavrommatis (PPE-DE, EL) dont les revendications sont notamment de renforcer la lutte contre le dopage et les discriminations raciales ou sur la base des nationalités des joueurs.

Prochainement, avec les présidences françaises de l’UE et de l’Union européenne de football au 2nd semestre, le président de la Ligue de football professionnel et vice-président de la Fédération française de football, Frédéric Thiriez considère dans Le Figaro que la construction d’un « modèle sportif européen » peut avancer.

Par conséquent, la conjonction des agendas fruit de l’avancée du traité de Lisbonne, de la volonté conjointe de la Commission européenne et du Parlement européen ainsi que des présidences françaises permettrait la mise sur agenda d’une politique européenne du sport orientée vers les enjeux sociaux, culturels, éducatifs et luttant contre « les effets dévastateurs de la soumission du sport à la loi du marché ».

Bilan encourageant mais des efforts à poursuive pour le programme Erasmus en faveur de la mobilité des étudiants

Depuis 1987, plus d’un million d’étudiants ont profité d’un échange inter-universitaire en Europe avec le programme Erasmus, doté d’un budget d’environ 450 millions d’euros par an. A l’heure actuelle, on estime que 3,5 % des étudiants européens bénéficient d’une bourse Erasmus au cours de leurs études. La France fait partie des pays qui accueillent le plus d’étudiants étrangers au monde en recevant quelque 9% du total mondial des étudiants en mobilité internationale.

Des chiffres relativement encourageants

Selon un communiqué de la Commission européenne, la mobilité des étudiants continue à se développer avec une progression du nombre de séjours à l’étranger de 3% pour les étudiants, particulièrement marquée dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Pour autant, malgré l’augmentation continue de la mobilité des étudiants au cours des dernières années, le taux de croissance a baissé et ne permettra pas d’atteindre l’objectif de 3 millions d’étudiants mobiles pour 2012.

Des usages inégalitaires apparaissent

Selon Magali Ballatore, dans une thèse sur « L’expérience de mobilité des étudiants Erasmus : les usages inégalitaires d’un programme d’échange », le programme Erasmus fait l’objet d’usages inégalitaires en ayant plutôt tendance à renforcer des déséquilibres déjà existants en Europe, tant entre étudiants (les catégories sociales favorisées sont surreprésentées) qu’entre établissements (la proportion des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce est disproportionnée par rapport aux universités).

Pour Magali Ballatore, « l’homogénéisation croissante d’une culture plus ou moins mondialisée, l’harmonisation plus ou moins réussie des systèmes d’enseignement, ne suffisent pas pour que s’établissent des échanges égalitaires entre des individus issus d’histoires diverses ou de groupes sociaux éloignés ».

Les obstacles subsistent

  • Difficultés d’organisation des universités d’accueil (disponibilité de l’information, reconnaissance des diplômes…)
  • Difficultés dans la vie pratique (obtention du visa, problèmes pour trouver un hébergement, pour contracter une assurance….)
  • Difficultés pour financer le séjour (le montant des bourses Erasmus est souvent insuffisant pour compenser les frais engagés et les sources de financements complémentaires sont rares.)
  • Difficultés pour égaliser les échanges (les pays anglophones sont les plus demandés)

Succès européen pour la quatrième édition de La Nuit des musées

Samedi 17 mai, lors de la 4e Nuit des Musées, plusieurs millions d’Européens (1,5M en France) ont pu franchir les portes de plusieurs milliers de musées à la découverte du patrimoine culturel européen…

A quelques semaines de la Présidence française de l’Union Européenne, le succès de « la Nuit des musées » – initiative de la France datant de 1999 – se décline à l’échelle européenne.

Avec un total de 2200 musées partenaires, dont 1050 en France, l’édition 2008 de « la Nuit des musées » s’inscrit dans le cadre de l’Année européenne 2008 du dialogue interculturel.

Dans un communiqué, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication s’est félicitée que « la Nuit des musées » permette de constituer un véritable réseau au service de la démocratisation et l’innovation culturelles.

La prochaine Nuit des musées est fixée au samedi 16 mai 2009.

Comment évaluer « Paroles d’Européens », l’initiative gouvernementale pour une PFUE citoyenne ?

Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes souhaitait organiser en amont de la PFUE huit conventions thématiques dans les différentes circonscriptions électorales européennes, finalement le programme citoyen de la PFUE contient six « Paroles d’Européens »…

Le programme « Paroles d’Européens »

Des événements organisés par le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes :

  • 7 mai, à Lille : Les valeurs et l’identité commune des Européens
  • 13 juin 2008 à Marseille : Les citoyens français et les enjeux de la future PFUE
  • 10 et 11 octobre 2008 à Nantes : La Rentrée des jeunes Européens : les nouvelles générations face à l’Europe de demain

Des manifestations organisées par la société civile :

  • 23 mai à Paris : Colloque européen des think tanks : « think global act european » organisé par Notre Europe, Aspen et la Fondation pour l’innovation politique
  • 21 juin 2008 à Lyon : Les Etats généraux de l’Europe organisés par EuropaNova, le Mouvement Européen et Notre Europe 4, 5 et 6 septembre 2008 à La Rochelle : Le Forum civique européen organisé notamment par la Ligue de l’Enseignement et le CIDEM

Conception : quel objectif pour Paroles d’Européens ?

Paroles d’Européens vise-t-il à redonner envie d’Europe aux Européens de cœur, atteint par l’échec du référendum sur la Constitution européenne afin de remobiliser la création d’une « Europe puissance » ?

Paroles d’Européens a-t-il pour objectif de débattre avec tous les citoyens – au-delà des cercles militants – afin de convaincre les eurosceptiques que l’« Europe protection » peut se réaliser ?

Réalisation : quel bilan pour le 1er rdv à Lille le 7 mai ?

La plupart des participants semble regretter le manque de temps – source de frustration – laissé à la discussion lors des tables rondes entre les orateurs et le public.

Bien que l’invitation de bloggeurs influents soit une démarche judicieuse, le manque d’ouverture à des participants (orateurs ou public) non issus des cercles pro-européens limite la portée de l’événement.

Débat citoyen : le succès de la PFUE sera mesuré lors des élections européennes

A partir de juillet prochain, l’agenda européen sera rempli par la Présidence française de l’UE au second semestre 2008 puis les élections européennes en juin 2009.

Alors que la PFUE sera le prochain rendez-vous de la France avec l’Europe, les élections européennes seront le prochain grand rendez-vous entre l’Europe et ses citoyens.

Parce qu’il semble vraisemblable – comme l’analyse Euractiv – qu’en France, la participation aux élections européennes sera conditionné par la Présidence française de l’UE, le débat citoyen doit donc s’organiser dès la PFUE afin de créer une dynamique citoyenne pour le scrutin à venir.

Dans l’évaluation du succès de la PFUE, le taux de participation aux élections européennes constitue un indicateur à suivre en priorité.