Première série TV sur l’Union européenne avec « Babylone », un thriller « euro-noir »

Tournage annoncé pour janvier 2012 pour « Babylone » – la première série télévisée entièrement consacrée à l’UE – produite par la société Zentropa (créée par le réalisateur Lars von Trier), réalisée par Oliver Hirschbiegel, auteur de « Der Untergang » sur la chute d’Hitler et annoncée avec un casting de stars européennes…

Un thriller « euro-noir » conçu pour la TV sur ce qui se passe sur le devant de la scène et dans les coulisses de l’UE et à Bruxelles

Conscients du fait que la politique et les institutions européennes sont souvent considérées comme inintéressantes, les auteurs proposent une approche radicalement nouvelle avec un thriller « euro-noir ».

Toute l’intrigue des 12 épisodes de la première saison – avec un budget de 1,5 millions € par épisode – consistera pour les héros investigateurs, comme dans X-files, le Da Vinci Code de Dan Brown et 24 hrs, à déjouer une conspiration qui rôde à Bruxelles.

La diffusion de cette série TV devrait permettre aux Européens de partager la responsabilité des personnages principaux : soit se joindre à la lutte, soit ne rien faire – ce qui revient précisément à remettre le pouvoir aux lobbyistes, aux populistes et aux corrompus.

Vous pouvez lire le « pitch and moods » en anglais.

Une fiction sur l’Union européenne utile pour impliquer le grand public dans la lutte épique des héros et plus largement

La question n’est pas de savoir si nous devrions avoir une série télévisée sur l’UE. La distance entre le citoyen européen et les gens qui travaillent à l’intérieur du système de l’UE est trop énorme.

La question est plutôt de savoir, selon les auteurs, « si nous pouvons intéresser la population à l’UE, avec un récit romancé convaincant sur ce qui se passe. (…) La fiction peut réussir à prendre votre scepticisme par la main et par la magie du spectacle allumer votre intérêt pour quelque chose que vous méconnaissiez ou que vous pensiez terne ».

«Bientôt sur nos écrans », enfin si les chaînes achètent le concept.

Babylone_euronoir

Semaine européenne de l’énergie durable, un événement de référence ?

Lancé en 2005 par un simple débat sur l’énergie durable, la semaine européenne de l’énergie durable tente de devenir petit à petit un événement de référence sur l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique au travers d’une série d’événements et d’initiatives…

Un événement de référence pour sensibiliser les milieux bruxellois à l’énergie durable

La semaine européenne de l’énergie durable repose sur un vaste programme bruxellois pour sensibiliser les milieux européens aux enjeux de l’efficacité énergétique (des bâtiments, des produits et des appareils électroménagers), des énergies renouvelables (biomasse, énergies solaire et éolienne) et de l’éducation à l’énergie :

  • une conférence d’ouverture, selon le communiqué, introduite par le Commissaire en charge de l’énergie,
  • 136 événements organisés en une semaine à Bruxelles,
  • une cérémonie de remise des « Prix de l’énergie durable » choisis parmi 303 projets sélectionnés.

L’impact de l’opération auprès de cette cible est renforcé par des partenariats avec la plupart des titres de presse de l’euro-sphère (Europe’s World, New Europe, The Parliament, Euractiv, European Voice).

Ainsi, à travers l’implication ou la participation des représentants à Bruxelles des autorités publiques, des entreprises privées, des associations européennes, des ONG, etc, la Direction générale de l’énergie de la Commission européenne parvient à sensibiliser ces acteurs aux enjeux de l’énergie durable.

Un événement potentiellement capable de sensibiliser les Européen(ne)s à l’énergie durable ?

Avec 449 événements organisés ailleurs que Bruxelles en Europe (dont 23 en France) – contre 328 l’année dernière – l’opération tente de plus en plus de toucher un plus large public à l’échelle nationale et locale des États-membres.

Avec le site eusew.eu mettant en ligne des vidéos de sensibilisation (cf. version française ci-dessous) et un groupe Facebook de plus de 870 fans pour le moment, la présence en ligne tente également de s’ouvrir au-delà des milieux européens à Bruxelles.

Ainsi, la semaine européenne de l’énergie durable s’impose peu à peu davantage comme un événement de référence pour influencer l’agenda des milieux bruxellois que comme un événement populaire auprès d’un plus grand public.

Quels sont les faux dilemmes de la communication de l’Union européenne selon Claus Sørensen ?

À l’occasion du débat « L’Europe, bof ? » organisé lundi 4 avril 2011 par la Représentation en France de la Commission européenne et le Mouvement Européen-France, Claus Sørensen, le Directeur Général de la Communication de la Commission européenne s’est exprimé sur la communication de l’Union européenne…

Faut-il répondre aux attentes des Européen(ne)s et donc faire une communication en fonction de la demande ou plutôt diffuser des informations en fonction de l’actualité des institutions européennes et faire alors une communication de l’offre ?

Peu importe, puisque les deux approches sont complémentaires, pourvu que l’UE se concentre sur quelques messages clés autour de priorités d’avenir.

Dans notre société submergée de messages publicitaires ou d’information, la communication de l’UE, selon Claus Sørensen, doit éviter de parasiter les Européen(ne)s avec des messages secondaires inaudibles mais plutôt réussir à se faire entendre dans le brouhaha général.

Faut-il communiquer sur les bénéfices concrets de l’Europe au quotidien ou plutôt sur les valeurs et symboles liés à la construction européenne ?

Peu importe, puisque chaque approche correspond à une question de culture nationale et de génération, tantôt portée vers l’abstraction, tantôt plus pragmatique, pourvu que l’UE favorise l’apprentissage d’un socle commun de connaissances en vue d’une meilleure compréhension de la chose publique européenne.

Faut-il toucher les citoyens à travers une collaboration avec les journalistes pour assurer une présence de l’UE dans les médias ou plutôt s’appuyer sur les multiplicateurs – relais d’opinion pour traduire à une échelle locale ou sectorielle les enjeux européens ?

Peu importe, puisque ces canaux sont nécessaires, pourvu que les sujets européens portent sur les priorités et soient de nature politique, au sens où ces sujets doivent impliquer des choix de sociétés et des traductions pour la force publique européenne, nationale ou locale.

En résumé, un débat éclairant, même si l’intérêt de voir lever certains dilemmes n’obère pas l’attente de voir résolu des problèmes de communication certains.

EuroPCom 2011 : quels sont les thèmes lies à la communication européenne ?

Après le succès du 1er colloque européen sur la communication publique en Europe et sur l’Europe en octobre 2010, « EuropCom » revient en 2011 avec, de nouveau, 2 jours de conférences et ateliers les 19 et 20 octobre prochains à Bruxelles. Quelles en sont les problématiques en matière de communication européenne ?

Rappel des enjeux traités en 2010 :

  • « Europe going local » : une communication européenne décentralisée
  • « Stories from Europe » : une communication européenne racontée
  • Relier les communicants publics d’Europe : une communication européenne intégrée

Europe et marketing : l’Europe est-elle et devrait-elle être une marque ?

Quels efforts ont été accomplis par les institutions et quels sont les défis à relever pour les années à venir ?

Quelle stratégie de marque pour l’Europe en vue de renforcer l’attrait international de l’UE ?

Europe et médias sociaux : le journaliste citoyen est-il une menace ou une opportunité pour la communication des institutions européennes ?

Comment les communicants publics européens peuvent-ils collaborer avec ces « journalistes de la rue » voire les encourager à assumer un rôle actif de dialogue public ?

Comment la communication publique européenne peut-elle s’adapter aux médias sociaux : quelle perte de contrôle de la parole publique ? quel rôle pour les fonctionnaires dans la gestion de la e-réputation de l’institution ?

Europe et territoires : quels réseaux en dehors de la bulle de Bruxelles pour communiquer sur l’Europe ?

Comment les associations de pouvoirs locaux et régionaux ainsi que d’autres organisations intermédiaires – qui jouent un rôle croissant dans le réseautage et le partage des connaissances – peuvent être impliqués dans la communication sur l’UE ?

Quelles sont les meilleures (et les pires) pratiques au niveau local ou régional pour adapter les messages sur l’Europe en fonction de la réalité sur le terrain et montrer l’influence de l’UE sur la vie quotidienne des citoyens européens ?

Où sont les prescripteurs susceptibles de recommander l’Europe ?

Terme hérité du marketing, le « prescripteur » désigne la « personne qui eu égard à sa notoriété, son image, sa profession, ses activités et/ou son style de vie, est à même de recommander (…) et d’être reconnue pour la valeur de sa recommandation ».

Concept à ne pas confondre avec le « leader d’opinion » qui se résume à la « personne ayant une audience et un statut lui donnant le pouvoir d’influencer l’opinion publique » ; la notion de prescripteur – à l’opposé de l’expert – est une figure du quotidien qui exerce une recommandation forte, justement parce qu’elle n’est ni forcément verbalisée ni fortement argumentée.

Des « people » pas prescripteurs symboliques en matière d’Europe

Au-delà des prises de parole « citoyennes », sociales ou politiques que peuvent prendre les « people » – assez peu en mesure d’influencer directement les citoyens – il est indéniable que leurs attitudes ou leurs réflexes peuvent quant à eux favoriser des projections inconscientes et des désirs mimétiques.

Dans ce cadre, le people-prescripteur n’a pas forcément conscience de son influence – quasi subliminale – et ne peut donc pas être accusé de vouloir instrumentaliser ou manipuler l’opinion comme le feraient toutes les figures d’autorité aujourd’hui décrédibilisées.

Le problème en matière d’Europe réside dans le fait qu’aucun people ne peut vraiment porter ou incarner la construction européenne puisque celle-ci achoppe à s’appuyer sur des symboles ou des valeurs propres.

Contrairement aux people américains qui parviennent à véhiculer une image de l’« american way of life », les people européens ne peuvent s’appuyer sur aucun modèle de société ou de culture européennes.

Les « pairs » peu prescripteurs cognitifs ou conatifs en matière d’Europe

Autre visage du prescripteur, le pair (amis, collègues, voisins, relations familiales ou sociales, etc.) exerce également une influence d’autant plus importante que son profil socio-démographique est proche des individus à qui il destine son message.

Dans ce cadre, le pair-prescripteur n’a pas forcément besoin de revendiquer son influence – quasi naturelle – et ses avis et jugements spontanément sollicités par son entourage immédiat pèsent donc lourds dans leurs comportements.

Le problème en matière d’Europe, c’est que la complexité tant de la construction institutionnelle que des sujets abordés par l’UE limite fortement l’intérêt et la capacité des pairs à diffuser des opinions et des intentions d’action sur les projets européens.

Alors que la prescription des pairs s’exerce dans le cadre de schémas d’interprétation et de conformation acquis largement par la société sur de nombreux sujets d’intérêt général, les enjeux européens ne s’inscrivent pas dans cette mécanique.

Ainsi, l’absence de prescripteurs susceptibles de recommander l’Europe empêche la communication européenne d’emprunter un modèle d’influence pourtant efficace.