Quelques précisions sur la saison culturelle européenne

Au second semestre 2008, la France organise une saison culturelle européenne, orientée vers les cultures de 26 autres États membres de l’UE…

Parallèlement à la présidence de l’Union européenne, la France organise au 2nd semestre une Saison culturelle européenne en invitant symboliquement sur son territoire les cultures de tous les pays européens et en leur apportant une visibilité exceptionnelle.

Le programme de la Saison, qui est susceptible de subir des évolutions, sera riche de plusieurs centaines d’événements relevant de cinq catégories :

– les grandes manifestations populaires : ouverture à Bruxelles avec l’illumination de la Grand place par l’artiste français Yann Kersalé ; bals européens les 13/14 juillet ; nuit blanche européenne ; événement de clôture : « nuit des images » au Grand Palais.

– 26 « projets tandems » qui associeront artistes français et artistes des 26 autres Etats membres. Par exemple, la « nuit espagnole » centrée sur le flamenco, l’avant garde et la culture populaire ; une saison théâtrale franco-britannique, avec en particulier Juliette Binoche dirigée par le chorégraphe et dramaturge Akram Kahn au théâtre de la ville ; une coproduction franco-polonaise du « Saint François d’Assise » d’Olivier Messiaen.

– 15 manifestations thématiques autour de la création européenne, produites par les institutions culturelles françaises : par exemple cinéma/cinémathèque française ; photo/rencontres d’Arles ; musiques actuelles/transmusicales de Rennes.

– 5 cycles de 27 œuvres européennes : les 27 livres et les 27 films européens de la rentrée 2008 ; 27 concerts en partenariat avec les stations de Radio France ; 27 spectacles de compagnies de théâtre et de danse sélectionnées par un jury de professionnels (ONDA) ; l’art européen en 27 expositions (par exemple, « les futuristes italiens à Paris » au Centre Georges Pompidou, « Picasso et les maitres » au Grand Palais).

– Une saison européenne dans chaque grande ville : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Nice, Rennes, Saint Etienne, Strasbourg, Toulouse. Cette participation prendra la forme de l’organisation d’une manifestation majeure, de l’accueil de certains événements prévus dans le cadre national, et de l’organisation d’une saison européenne au plan local.

Les états généraux du plurilinguisme, qui auront lieu à Paris le 26 septembre (date de la journée européenne des langues) s’accompagneront de manifestations grand public visant à promouvoir l’apprentissage de plusieurs langues étrangères.

Enfin, les jeunes, scolaires et étudiants constituent un public-cible pour la saison. Un partenariat avec les ministères de l’Education nationale et de la Santé et des Sports vise à leur proposer des programmes spécifiques : Jeunes ambassadeurs de l’Europe (avec les étudiants ERASMUS), Parcours européen dans les musées français, « nuit européenne de la jeune création », journée européenne des langues, techno-parade européenne.

Pour accédez à une présentation complète de la programmation de la saison culturelle, cliquer ici…

La communication européenne suppose le multilinguisme

L’Union européenne est composée de 27 États membres, qui s’expriment au travers de 23 langues officielles sans compter la multitude des autres langues régionales et locales. En effet, les 492 millions d’Européens ont des origines ethniques et linguistiques très diverses, que 2008, Année européenne du dialogue interculturel illustrera.

Au sein des institutions communautaires et du Parlement européen en particulier, la préservation de la diversité linguistique de l’UE constitue un grand défi. L’UE est une « démocratie multiculturelle et multilingue » et ses institutions doivent pouvoir fonctionner dans le respect des valeurs européennes que sont l’égalité et la transparence.

Voici quelques chiffres sur les bénéfices et les coûts du multilinguisme au sien des institutions communautaires :

  • le coût total de la traduction (texte écrit) et de l’interprétation (à l’oral) dans toutes les institutions de l’UE en 2005 représentait 1 % du budget général de l’UE (environ 1,123 milliards d’euros, soit moins de 2,3 € par citoyen par an) ;
  • les dépenses liées au multilinguisme représentent plus d’un tiers des dépenses totales du Parlement ;
  • le PE a traduit 673 000 pages au cours du premier semestre de 2007 (dont 165 000 en traduction externe) ;
  • depuis 2005, le Parlement européen traduit plus d’un million de pages par an ;
  • en moyenne, le système européen nécessite plus de 2000 traducteurs et 80 interprètes par jour.

Préparation en demi-teinte pour la Présidence française de l’UE

Samedi 17 novembre, le Premier ministre a organisé un séminaire gouvernemental en vue de la préparation de la présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008.

Cette réunion aura permis selon un communiqué des services du Premier ministre, de rassembler l’ensemble des ministres du gouvernement et des personnalités européennes :

  • Luis Amado, ministre des Affaires étrangères du Portugal, actuel président de l’Union européenne,
  • Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères,
  • Dimitrij Rupel, ministre des Affaires étrangères Slovène,
  • Alexandr Vondra, Vice-premier ministre pour les Affaires européennes de la République tchèque,
  • Cecilia Malmstroem, ministre suédoise des Affaires européennes,
  • Jacques Barrot, vice-président de la commission européenne,
  • Alain Lamassoure, député européen,
  • Pierre Sellal, représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne.

Le gouvernement prévoit de lancer dans les régions des actions de remobilisation de l’opinion sur les enjeux de l’UE. Une part des 190 millions d’euros de budget votés pour la présidence y serait consacrée.

Aucune décision ne semble avoir été prise pour le moment, pourtant le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet avait rencontré, le vendredi 16 novembre, les partenaires sociaux afin d’échanger les vues sur ce qui devait constituer un important rendez-vous.

Pour accédez au zoom réaliser par le porte-parole du gouvernement, cliquez ici…

Quelques mots sur la communication culturelle en France et en Europe

Alors que la « vieille » communication culturelle se donnait pour ambition de promouvoir le rayonnement de la culture à l’étranger en mettant l’accent sur la protection du patrimoine culturel et la défense de la langue française ; la communication culturelle moderne et contemporaine valorise la diversité des cultures et le dialogue interculturel avec un accent sur la diversité des formes/expressions des arts, sur la coopération, la francophonie et la protection des auteurs/créateurs.

L’analyse de l’opinion sur l’Europe et la culture dresse un constat sans appel :

  • Seuls 2% des Français évoquent l’Europe comme l’enjeu qui les préoccupent le plus ;
  • Seuls 2 % des Français évoquent spontanément la culture à l’évocation du mot « Europe » ;
  • Les pratiques culturelles, comme la connaissance de l’Europe, ne touchent qu’un public restreint.

Une action de promotion des initiatives culturelles française et européenne se justifie pleinement afin de les expliquer et de les valoriser au travers de messages clairs, informatifs et positifs.

Pour aller plus loin et mieux comprendre ces enjeux, télécharger la présentation…

Contribution à la définition d’un nouveau modèle européen

Anthony Giddens, le théoricien de la « troisième voie » blairiste, vient de publier un livre qui vient opportunément alimenter la réflexion sur la réalité sociale européenne initiée par la Commission.

L’idée principale de l’ancien directeur de la London School of Economics : « les mutations sociales des dernières décennies (progrès technologique, atomisation du marché du travail, montée de l’individualisme…) ont rendu inefficaces les leviers d’action traditionnels de l’Etat providence ».

Puisqu’il ne saurait y avoir de progrès social sans croissance. Les pouvoirs publics des Etats membres doivent encourager le développement économique et favoriser l’accès à l’emploi, notamment en développant la « flexisécurité ».

L’Union européenne quant à elle doit se positionner à l’avant-garde des changements en favorisant et accompagnant le basculement vers une économie de la connaissance et des services tout en poursuivant l’excellence écologique. La définition d’un modèle social européen constitue le levier d’action du rebond européen.