Pourquoi l’UE proclame de nouveau la charte des droits fondamentaux ?

Sur le plan juridique, la Charte des droits fondamentaux est une déclaration de droits :

– adoptée le 7 juin 2000 lors du Sommet européen clôturant la Présidence française de l’UE. La charte était adossée au traité de Nice et ne disposait pas alors d’effet juridique.

– proclamée le 12 décembre 2007 au Parlement de Strasbourg, juste avant la signature par les chefs d’Etat et de gouvernement, le 13 décembre à Lisbonne, du nouveau traité européen. La charte sera dorénavant contenue dans le traité de Lisbonne et disposera d’une base juridique rendant contraignante son application dans les États membres, sauf en Pologne et au Royaume Uni.

En termes de communication, on peut considérer que la Charte des droits fondamentaux, un sujet d’importance dans la construction d’une « union sans cesse plus étroite », aura bénéficié à deux reprises d’une mise sur agenda permettant une forte communication :

– En 2000, la Charte avait permis à la Présidence française de l’UE de se mettre en scène dans la défense des droits fondamentaux en Europe, dans la plus pure tradition de la France, pays des droits de l’homme et du citoyen.

– En 2007, la Charte aura permis aux États membres de l’UE de scénariser la « sortie de crise » liée au rejet français (et néerlandais) du projet de Constitution européenne, dans une sorte de continuation de la méthode communautaire. Une stratégie de communication qui consiste à surmonter les blocages et à réaliser des avancées en trouvant des accords et en mettant en scène la ratification de ces accords.

Finalement, on peut s’interroger sur la pertinence de cette stratégie de communication : est-ce vraiment une manière moderne et efficace de communiquer que de créer des enjeux somme toute artificiels, pour le moins éloignés des préoccupations des citoyens et toujours très complexes à comprendre ?

Le programme Erasmus fête ses 20 ans avec une expo photo à Paris

Depuis son entrée en vigueur, en 1987, le programme Erasmus a fait voyager près d’un million et demi de jeunes Européens et, parmi eux, 217 000 Français. La France arrive en peloton de tête des pays les plus appréciés par les étudiants européens avec l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. A ce jour, 31 pays participent au programme, impliquant 90% des universités européennes.

Le programme Erasmus, (cf. Erasme de Rotterdam (1466-1536), le grand humaniste et théologien néerlandais, enseigna à Paris (France), à Louvain (Belgique) et à Cambridge (Royaume-Uni), trois centres historiques de l’enseignement européen) a facilité l’intégration sociale et culturelle des citoyens communautaires. Il s’agit probablement du programme de la Commission européenne le plus connu par les Européens et les jeunes en particulier.

En 20 ans, c’est une nouvelle génération polyglotte et multiculturelle, germe de l’identité européenne qui a émergé. La curiosité, la découverte de « l’autre » et les atouts qu’assure cette expérience sur le plan professionnel, sont les principales motivations des 15.000 étudiants qui chaque année acceptent le challenge de cette expérience.

Présentation des projets financés par la DG Communication dans le cadre du Plan D

En 2005, la Commission européenne a adopté un «Plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat» afin d’organiser un large débat public sur l’avenir de l’UE. L’une des actions a consisté à aider des projets expérimentant différents modes de consultation des citoyens de l’UE..

Ainsi, en 2006, la Commission a sélectionné six projets transnationaux qu’elle a co-financés à hauteur de 4,5 millions d’euros.

Du 7 au 9 décembre 2007, une conférence de clôture réunie à Bruxelles les 250 Européens qui ont participé à ces projets de démocratie participative au cours des dix-huit derniers mois. Voici les principaux projets :

European Citizen’s Consultations (Fondation Roi Baudouin)

Ce site visait à connecter les 27 espaces publics nationaux qui composent l’UE. Des citoyens choisis au hasard ont eu la possibilité de définir un programme de débats et de formuler une série de recommandations destinées aux responsables politiques. 200 citoyens, réunis à Bruxelles pour le lancement du projet, ont choisi des thèmes de discussion. Ils se sont ensuite réunis en petits groupes avec des experts afin de déterminer les informations nécessaires pour examiner ces thèmes. Puis, des consultations nationales ont eu lieu pendant 2 jours dans tous les États membres, avec au moins 30 citoyens par pays. Enfin, un atelier de 2 jours a été organisé, en présence d’un nombre limité de volontaires qui avaient pris part aux consultations nationales, afin de faire la synthèse des 27 consultations nationales.

Speak up Europe ! (European Movement International)

Le principal objectif de cette campagne était de susciter et de faciliter le débat sur le travail actuel de l’UE et les enjeux auxquels elle devra faire face à l’avenir. Par des discussions, des votes, des forums en ligne et des sondages d’opinion, le site a permis de :

  • mieux faire connaître les réalisations de l’UE au cours des 50 dernières années ;
  • amener le débat sur l’Europe au niveau local ;
  • encourager une participation active aux débats sur l’UE ;
  • recueillir des opinions sur divers sujets liés à l’UE ;
  • démontrer la dimension transnationale de la citoyenneté européenne ;
  • contribuer ainsi à l’établissement d’une sphère publique européenne.

Tomorrow’s Europe (Notre Europe)

Le but était de comprendre comment les citoyens voyaient l’avenir de l’Europe. À cette fin, un échantillon représentatif de citoyens ordinaires des 27 pays membres de l’Union a été constitué. Les participants ont ensuite reçu des informations objectives sur les différents scénarios possibles pour l’avenir de l’Europe et se sont réunis pour en discuter pendant plusieurs jours au Parlement européen. Un échantillon de 3 500 citoyens, représentatifs de la population des 27 pays de l’Union européenne, a été interrogé sur des thèmes clés de l’avenir de l’UE. Dans un deuxième temps, 521 citoyens de tous horizons ont été choisis au hasard pour délibérer. Pour alimenter leur réflexion sur les thèmes abordés, ils ont reçu des informations couvrant un éventail d’opinions politiques le plus diversifié possible, vérifié par un panel indépendant de responsables politiques. Un sondage final a permis d’évaluer les opinions de citoyens ayant eu la possibilité d’échanger leur point de vue, de recevoir une information équilibrée et de dialoguer avec des experts des thèmes abordés.

Lancement de l’Année européenne 2008 du dialogue interculturel

Dans un communiqué, la Commission européenne a lancé l’Année Européenne 2008 consacrée au dialogue interculturel en dévoilant la devise : « Ensemble dans la diversité ».

Cette initiative vise à promouvoir la richesse de la diversité culturelle tout en renforçant le sentiment d’appartenance à l’UE. Des thèmes tels que les médias, l’art et l’héritage, le lieu de travail, le dialogue inter-religieux, l’éducation et la jeunesse, ainsi que la migration et l’intégration seront abordés au fil de l’agenda.

En France, les actions liées à cette Année européenne sur le dialogue interculturel seront complétées par l’initiative du gouvernement d’organiser au 2nd semestre une saison culturelle européenne. Ces actions seront coordonnées par la Délégation au Développement et aux Affaires Internationales du Ministère de la Culture.

Depuis 1983, l’Union européenne choisie chaque année un thème d’action pour sensibiliser les Européens sur une problématique importante. L’Année européenne est une initiative conjointe de l’Union européenne, des États membres et de la société civile européenne. Au total, 10 millions d’euros seront consacrés à la campagne d’information, aux enquêtes, études et financement de projets européens et nationaux.

Le site (interculturaldialogue2008.eu) a également été lancé. L’objectif est de favoriser la création de réseaux et l’échange de pratiques exemplaires. A remarquer, outre des espaces dédiés pour la presse et les partenaires, la présence d’une boîte à outils de communication, qui propose :

  • un kit graphique avec le logo ;
  • un kit rédactionnel avec un fact sheet et une présentation PPT ;
  • du matériel d’information : brochure, dépliant, cartes de visite et postale, affiche et pub ;
  • du matériel de promotion : bloc notes, post-it et sous main.

Enfin la Commission européenne a commandé une enquête Eurobaromètre Flash. Les premiers résultats montrent que près de trois quarts des citoyens de l’UE (72%) pensent que les personnes d’une autre appartenance (ethnique, religieuse ou nationale) enrichissent la vie culturelle de leur pays.

Par ailleurs, le sentiment dominant dans l’UE est que le dialogue interculturel est un avantage, mais qu’il est tout aussi important de préserver les traditions culturelles nationales, deux tiers des Européens sont d’avis que la jeune génération devrait suivre les traditions (culturelles) familiales.

Entre un dialogue interculturel compris comme cosmopolitisme, largement partagé dans le Nord de l’Europe et un dialogue interculturel davantage compris comme diversité entre propre culture nationale et les autres cultures, présent dans l’Europe centrale et orientale, l’Année 2008 du dialogue interculturel s’annonce riche.

Le web dans la stratégie de communication des institutions communautaires

Internet a pris une place considérable dans les stratégies de communication européenne ainsi que dans le quotidien des Européens…

Concernant le quotidien des Européens, 49 % d’entre eux ont accès à Internet depuis leur domicile et 45 % surfent sur le web au moins une fois par semaine (données Eurostat 2007).

Dans la stratégie d’information et de communication, les institutions communautaires ont fixé à Internet comme objectifs de :

  • donner à chacun accès à des informations honnêtes et pluralistes sur l’UE ;
  • permettre à chacun d’exercer son droit à s’exprimer et à participer activement au débat public sur les questions européennes.

Concrètement, le site Internet EUROPA, l’un des plus vastes du monde : plus de 100 millions de pages vues et près de 10 millions de visiteurs par mois, constitue le point de référence européen pour l’information sur les questions communautaires. A la suite d’une enquête menée auprès des utilisateurs en 2007, ce site sera remodelé aux fins d’une interactivité accrue et de fonctions de recherche améliorées. Le contenu sera organisé de façon plus accessible et conviviale, et davantage d’images et de documents vidéo et audio devraient être fournis.

En outre, l’UE souhaite élargir sa stratégie web en tentant de renforcer sa présence sur le web en dehors d’EUROPA. Pour 2008, la Commission souhaite encourager la création d’un réseau de sites web de la société civile et du secteur privé ou public promouvant les contacts avec les citoyens européens, qui accordent une attention particulière aux affaires européennes et stimulent le débat sur les questions de politique communautaire. (source : Communiquer sur l’Europe en partenariat, Communication de la Commission du 3 octobre 2007)