2008 : Année européenne du dialogue interculturel : la stratégie de l’Union européenne se précise

Tout au long de cette année 2008 proclamée année européenne du dialogue interculturel, la Commission européenne organisera sous la responsabilité du commissaire européen chargé de l’éducation, la formation, la culture et la jeunesse, Ján Figel, une série de sept débats thématiques.

Ces événements sont conçus selon le communiqué comme autant d’occasion de « briser les barrières de l’ignorance afin de valoriser au mieux l’héritage culturel et religieux de notre continent ».

Les débats – organisés chaque 1er mercredi du mois à Bruxelles – porteront sur :

  • l’impact des migrations sur l’intégration et le dialogue interculturel, en collaboration avec le European Policy Centre ;
  • le rôle du dialogue interculturel dans les arts et la culture, en collaboration avec le Forum européen pour les arts et le patrimoine et la Fondation européenne de la culture ;
  • le dialogue inter-religieux en en collaboration avec le European Policy Centre ;
  • le multilinguisme ;
  • le dialogue interculturel sur le lieu de travail ;
  • le dialogue interculturel dans l’éducation ;
  • le dialogue interculturel dans les médias.

Les résultats des débats contribueront à façonner la future stratégie européenne en matière de dialogue interculturel.

Le site internet officiel (interculturaldialogue2008.eu) de l’Année européenne du dialogue interculturel présentera avant chaque débat des documents d’information sur le thème retenu, et ensuite des rapports de suivi.

Journée internationale des femmes : une communication insuffisamment convergente entre les institutions européennes

Samedi prochain, la planète célèbre la Journée internationale des femmes et chaque institution ou organisation choisit de mettre en avant une dimension de l’engagement féminin. Que fait l’Union européenne ?

Étonnamment, les institutions communautaires ne se sont pas accordées – cette année – autour d’un cadrage convergent.

Au Parlement européen, les parlementaires organisent un séminaire sur « l’égalité entre les femmes et les hommes dans les travaux parlementaires » tandis que le service de presse propose un séminaire pour les journalistes sur le thème « le rôle des médias dans le dialogue interculturel: un regard de femmes »…

A la Commission européenne, deux Commissaires féminines participent à des conférences dans leur domaine respectif :

Viviane Reding, commissaire chargée de la société de l’information et des médias, anime une conférence destinée à motiver les jeunes femmes à entreprendre une carrière dans les TIC, afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur crucial.

Benita Ferrero-Waldner, commissaire chargée des relations extérieures, réunit des femmes chefs d’État, ministres, responsables d’organisations internationales, chefs d’entreprise et militantes de la société civile pour débattre du rôle des femmes dans la stabilisation d’un monde incertain. La contribution des femmes à la promotion de la paix et de la sécurité est une réalité reconnue par la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes et la paix et la sécurité.

Curieusement, Margot Wallström, commissaire chargée des relations institutionnelles et de la communication, ne semble avoir rien prévu à son agenda.

De cette absence de coordination dans les prises de parole résulte une dilution des messages et de la portée de l’événement.

Vaste enquête d’opinion paneuropéenne sur le Parlement européen

La Direction générale Communication de la Commission européenne a commandé un Eurobaromètre spécial consacré au Parlement européen. Pour la première fois, l’avis des Européens sur la notoriété, l’opinion, l’image et les missions du Parlement européen sont recueillis…

La « notoriété » du Parlement européen

Aujourd’hui, d’après de nombreux Eurobaromètres, le Parlement européen est l’institution européenne qui jouit de la plus grande notoriété.

Pourtant, la méconnaissance du Parlement est générale auprès du grand public, aussi bien aux « anciens » Etats membres qu’aux nouveaux, et à toutes les catégories sociodémographiques analysées.

Les personnes interrogées ont conscience de mal connaître le Parlement européen. Ils se considèrent par ailleurs mal informés par les médias.

En revanche on connaît plutôt bien deux des compétences du Parlement européen : son rôle dans les processus d’élargissement de l’Union européenne, et de fixation du budget communautaire.

L' »opinion » sur le Parlement européen

Le Parlement européen est une institution respectée, les opinions à son sujet sont globalement très positives, tant en ce qui concerne sa place dans les institutions, que l’importance de son rôle, et que son action concrète dans des domaines sensibles en faveur du citoyen.

Cette opinion est partagée par toutes les couches de la population interrogée, même auprès des personnes les plus réticentes à l’Union européenne en général.

L' »image » du Parlement européen

L’impression générale est donc bonne mais elle est imprécise dans l’esprit des Européens.

Dans l’ensemble de l’Union européenne :

  • le Parlement européen est indéniablement démocratique ;
  • en moyenne il est plutôt considéré comme méconnu, technocratique ou dynamique ;
  • les Européens sont partagés pour l’estimer à l’écoute des citoyens ;
  • et en moyenne il n’est pas considéré inefficace.

Le Parlement européen ne dispose pas encore de profil d’image. Pour autant, cette image latente s’inscrit dans un contexte de « neutralité bienveillante ».

Les « missions » du Parlement européen

Les missions assignées au Parlement européen ne manquent pas d’ambition :

  • Sur les politiques prioritaires : luttes à mener contre le terrorisme et contre le changement climatique, et la protection des consommateurs et de la santé publique.
  • Sur les valeurs prioritaires, la protection des droits de l’homme est sans conteste la clé de voûte avec l’égalité hommes/femmes et la solidarité entre Etats membres.

Une mission ambitieuse pour une institution trop mal connue, mais respectée, notamment pour ce qui est son fondement même : sa dimension démocratique.

Pour lire l’intégralité de l’étude

L’Année européenne du dialogue interculturel en action avec le projet Alterego

2008 a été nommée « Année européenne du dialogue interculturel ». Dans ce cadre, la France et le réseau EUNIC (European Union National Institutes for Culture), groupement des Centres et Instituts culturels européens, ont proposé le projet Alterego…

Le projet Alterego fait partie des sept projets – parmi 300 propositions – retenus par la Commission Européenne.

Ce projet vise à amener les jeunes de 22 pays d’Europe à prendre conscience des diverses cultures présentes dans leur environnement proche. Il s’adresse aux adolescents de 14 à 18 ans qui pourront participer entre mars et septembre 2008 à un concours de « duo-portraits ».

Chaque jeune participant devra réaliser sur Internet un autoportrait visuel où il se mettra en scène avec la personne la plus différente de lui-même qu’il aura pu trouver parmi celles qui habitent auprès de chez lui. Ces portraits seront compilés sur une galerie en ligne de façon à être largement consultés.

Deux jeunes de chaque pays seront choisis par un jury et participeront dans une école d’art danoise à un « camp d’art visuel » de cinq jours en octobre. Regroupés en sept équipes internationales, ils y réaliseront sous la direction de trois animateurs issus de pays différents sept œuvres collectives d’art visuel, sur des thèmes interculturels.

Des artistes « parrains » et animateurs mettront leur renommé et leur expérience du dialogue des cultures au service du projet.

Des partenariats médias permettront de couvrir les étapes du projet.

Enfin, un DVD Alterego tiré à 50 000 exemplaires regroupera ces œuvres et sera distribué à travers l’Europe. Les jeunes participants au camp formeront une équipe d’« ambassadeurs » qui présenteront le DVD en Europe grâce aux établissements culturels membres du réseau EUNIC.

Quelle communication faut-il privilégier autour du traité de Lisbonne ?

Le traité de Lisbonne – que la France a officiellement ratifié le 14 février – est considéré comme un progrès réel mais modeste dans la construction européenne. Quelle typologie d’arguments faut-il privilégier pour convaincre les citoyens européens ?

La plupart des hommes politiques mettent l’accent dans leur plaidoyer sur les avancées institutionnelles : le traité aurait permis de sortir de l’impasse institutionnelle grâce à :

  • une personnalité juridique pour l’UE, afin de renforcer son pouvoir de négociation et sa visibilité sur la scène internationale ;
  • un discours et une action plus unis sur la scène internationale avec le haut représentant pour la politique étrangère et la politique de sécurité,
  • un président du Conseil européen plus stable,
  • un président de la Commission choisi en fonction du résultat des élections européennes,
  • l’extension de la codécision entre le Parlement européen et le Conseil des ministres à une quarantaine de domaines,
  • le vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil,
  • le maintien, même sous conditions, du caractère contraignant de la charte européenne des droits fondamentaux.

Tous ces arguments « parlent » aux responsables politiques parce qu’ils participent directement au fonctionnement des institutions nationales ou communautaires. En revanche, ces arguments ne touchent pas le grand public.

Une autre communication – moins axée sur la technique européenne – mais davantage sur les valeurs européennes permettrait de mettre en avant les nouveautés :

  • la «concurrence libre et non faussée» n’est plus un objectif en soi de l’Union mais un simple instrument au service du bon fonctionnement du marché intérieur ;
  • un protocole a été inséré pour réaffirmer les valeurs communes de l’Union concernant les services d’intérêt économique général, dans un sens plus favorable à la garantie des services publics ;
  • l’Union européenne se donne pour objectif pour la première fois de protéger ses citoyens dans le cadre de la mondialisation ;
  • une clause sociale impose de prendre en compte les « exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine » dans la définition et dans la mise en œuvre de l’ensemble des politiques de l’Union.
  • la lutte contre le changement climatique est désormais hissée au rang des objectifs prioritaires des politiques de l’Union.

Tous ces éléments ont des conséquences directes dans la vie quotidienne des citoyens de l’Union et mériteraient d’être davantage communiquer.

Pour aller plus loin.