La stratégie de communication de la Commission dans les médias audiovisuels

Lors d’une conférence de presse, aujourd’hui, la vice-présidente de la Commission, Margot Wallström dévoila la stratégie de la Commission européenne afin d’améliorer sa communication dans les médias audiovisuels…

Le constat

D’une part, les Européens ne sont pas convenablement informés sur les questions relatives à l’Union européenne. Ainsi, selon le communiqué, le temps réservé aux informations sur l’UE dans les médias audiovisuels nationaux représente à peine 10 % de celui consacré à l’actualité nationale.

D’autre part, la télévision et la radio restent les moyens d’information de prédilection de la plupart des gens.

La stratégie

Dans la communication « Communiquer sur l’Europe dans les médias audiovisuels », la Commission européenne veut contribuer à une meilleure information des citoyens et assurer une couverture plus large des affaires européennes sur les stations de radio, les chaînes de télévision et les plateformes multimédias « en encourageant la coopération et les échanges entre les organismes de radio et de télévision et en proposant gratuitement des produits audiovisuels ».

Cette stratégie vise à donner aux citoyens européens les moyens de s’informer sur leurs médias de prédilection et créer à terme une sphère publique européenne

Les mesures

  • amélioration du réseau de radios européennes EuRaNet, en augmentant son audience et en élargissant le nombre de langues de diffusion ;
  • soutien renouvelé à Euronews et diffusion en arabe à partir de juillet 2008 ;
  • renforcement du contenu informatif de Europe by Satellite (EbS), la chaîne communautaire diffusée par satellite et doublement de sa capacité ;
  • intensification de la production d’informations audiovisuelles par la Commission et amélioration de leur diffusion sur différentes plateformes technologiques, dont EUTube ;
  • lancement d’un «calendrier de l’Union» en ligne dès juin 2008.

Illustration de la nouvelle stratégie de communication de la Commission dans les médias audiovisuels : EuroNews change de visage

Afin de renforcer l’attractivité de l’information sur l’UE, la chaine d’information EuroNews changera dès le 4 juin prochain, l’intégralité de son identité visuelle et affichera un nouveau logo, une nouvelle signature, un nouvel habillage, de nouveaux noms pour les programmes, et un nouveau site internet.

Le lancement se fera – comme le confirme CB News – « simultanément dans le monde sur les écrans TV (réception câble, satellite, hertzien), les écrans d’ordinateurs connectés à www.euronews.net, sur les écrans des téléphones portables et sur les écrans des PDA et des smartphones ».

Communication européenne sur le sport : l’exemple du spot TV pour la lutte contre l’obésité

Totalement absent du Traité de Rome, le sport s’est peu à peu imposé dans les politiques communautaires. Comment la méthode communautaire a-t-elle fonctionné pour intégrer le sport ? Comment l’UE communique sur le sport aujourd’hui ?

Comment le sport s’est imposé dans les politiques communautaires ?

La prise en compte du sport par la jurisprudence communautaire :

  • 1974 : La Cour de justice des Communautés européenne reconnaît le sport comme activité soumise au droit communautaire.
  • 1995 : Arrêt BOSMAN déclare illégales les règles de l’UEFA concernant le transferts des footballeurs et l’imposition de quotas de nationalité au sein des clubs.

La prise en compte du sport par la réflexion communautaire :

  • 1985 : Rapport Adonnino sur la citoyenneté européenne propose de sensibiliser le public aux questions européennes à travers le sport.
  • 1999 : Rapport d’Helsinki sur le sport propose de prendre en compte le sport dans la mise en œuvre de toute politique communautaire.

Il y a moins d’une décennie, une unité « sport » a été créée au sein de la Direction générale de l’éducation et de la culture. Parmi ses missions, cette unité est chargée d’informer le public de l’impact des actions communautaires sur le sport.

Comment l’UE communique sur le sport aujourd’hui ?

Soutenue par une majorité des citoyens européens favorable à une plus grande intervention des instances européens en matière de sport, la Commission européenne et l’Union des associations européennes de football (UEFA) ont lancé en septembre 2007 une campagne TV « Allez, sors de ton canapé ! ». Cette campagne vise à faire la promotion de l’activité physique et à lutter contre l’obésité.

Regards croisés à l’échelle française et communautaire : quelle place pour la publicité dans l’audiovisuel ?

La télévision est notre première source d’information et de divertissement. Chacun d’entre nous passe en moyenne trois heures par jour à regarder les actualités, le sport, des films et d’autres programmes.

Le secteur de l’audiovisuel représente plus d’un million d’emplois dans l’UE. De gros intérêts commerciaux y sont liés, ainsi que des questions de diversité culturelle, de service public et de responsabilité sociale.

Chaque gouvernement mène sa propre politique audiovisuelle, tandis que l’Union définit les règles de concurrence : deux positions qui peuvent expliquer les différences de perspectives entre les enjeux français et communautaire…

En France

Vif débat depuis la conférence de presse, le 8 janvier, du président de la République autour de la suppression brutale et définitive annoncée sur les chaînes du service public de l’audiovisuel.

Quel serait l’objectif principal des pouvoirs publics :

  • redéfinir le cahier des charges afin de préserver l’« exception culturelle » de la France ?
  • protéger les téléspectateurs de l’invasion de la publicité commerciale, au moins sur l’audiovisuel public ?
  • libérer les chaînes publiques de la pression de l’audimat ?
  • assurer un financement par l’impôt (certain) plutôt que par les annonceurs (incertain) ?

A l’échelle communautaire

En décembre dernier, les Etats membres ont adopté la directive « Services de médias audiovisuels sans frontières » dont l’objectif principal est de moderniser la publicité.

Le texte prévoit de créer un échange constructif entre une obligation fondamentale de respecter des obligations (notamment la protection des mineurs et de la dignité humaine), une incitation à améliorer l’accessibilité pour les personnes souffrant de déficiences visuelles ou auditives et une plus grande souplesse de financement de contenus audiovisuels au moyen de nouvelles formes de communication commerciale : assouplissement pour insérer de publicités ou placer des produits dans les programmes.