Quelles sont les priorités de la Présidence française de l’UE ?

Dans un discours devant le Parlement européen, le Président français a présenté les priorités de la Présidence française de l’UE…

Lors d’une visite officielle au Parlement européen, mardi 13 novembre, les quatre priorités fondamentales de la Présidence française de l’UE ont été présentées officiellement par le président de la République.

D’abord la croissance et l’emploi à partir d’actions inspirées de la stratégie de Lisbonne : économie de la connaissance et de l’innovation, préférence communautaire pour défendre nos intérêts et exigence de réciprocité dans les négociations internationales tout en assurant l’indépendance énergétique et alimentaire.

Ensuite l’énergie et le changement climatique : il faut maintenant traduire en termes de normes et d’objectifs notamment à travers une fiscalité écologique, les énergies renouvelables et les économies d’énergie

Par ailleurs, la politique de gestion des flux migratoires : relations avec les pays tiers d’origine et de transit, construction d’une politique d’asile commune, progrès des politiques d’intégration dans les États membres, lutte contre l’immigration illégale.

Enfin, la politique de défense européenne pour s’affirmer comme un facteur de paix et un acteur d’équilibre.

Le président est également revenu sur l’importance qu’il accorde à la création d’une Union méditerranéenne.

Contribution à la définition d’un nouveau modèle européen

Anthony Giddens, le théoricien de la « troisième voie » blairiste, vient de publier un livre qui vient opportunément alimenter la réflexion sur la réalité sociale européenne initiée par la Commission.

L’idée principale de l’ancien directeur de la London School of Economics : « les mutations sociales des dernières décennies (progrès technologique, atomisation du marché du travail, montée de l’individualisme…) ont rendu inefficaces les leviers d’action traditionnels de l’Etat providence ».

Puisqu’il ne saurait y avoir de progrès social sans croissance. Les pouvoirs publics des Etats membres doivent encourager le développement économique et favoriser l’accès à l’emploi, notamment en développant la « flexisécurité ».

L’Union européenne quant à elle doit se positionner à l’avant-garde des changements en favorisant et accompagnant le basculement vers une économie de la connaissance et des services tout en poursuivant l’excellence écologique. La définition d’un modèle social européen constitue le levier d’action du rebond européen.

La mesure du bonheur comme fondement d’une communication sur les valeurs de l’Europe

Dans une tribune dans Le Figaro, Raphaël Wintrebert, sociologue, se propose de mesurer le bonheur. A partir de ses critères de mesure du bonheur, il est possible d’en faire une lecture orientée sur l’European way of life de l’UE que nous tentions de définir. De ce point de vue, sa contribution s’inscrirait alors dans une vaste réflexion sur une communication sur les valeurs de l’UE.

Partant du constat que « les gens sont nettement plus heureux dans les pays plus riches, sécuritaires, libres, égaux et tolérants », il dégage les 4 principales valeurs sur lesquelles reposeraient le bonheur.

  • La richesse : tant le pouvoir d’achat (sur le court terme) que le patrimoine (sur le plus long terme).
  • La liberté : d’expression, de déplacement, d’entreprise et de culte.
  • La sûreté : la sécurité physique/la santé, la sécurité légale (le droit), la sécurité professionnelle
  • La solidarité : la confiance dans la famille, la participation à la vie sociale, la perception de l’équité, notamment dans l’éducation et la tolérance.

Lorsque tous ces éléments sont satisfaits – et l’on peut y voir tous les domaines de l’intervention publique – alors le bonheur peut être mesuré et comparé.

A titre d’exemple, le Canada se dote d’outils de mesure du bonheur s’appuyant sur les critères suivants : le niveau de vie, la santé, l’organisation du temps, l’éducation, la vitalité communautaire, la protection de l’environnement et la gouvernance.

A quand une campagne de communication de l’Europe sur ces valeurs, sources de bonheur ?

Adoption du budget de la présidence française de l’UE (190 M EUR)

Après les Sénateurs, les députés viennent d’approuver les crédits de la prochaine présidence française de l’UE, s’élevant à 190 millions d’euros, un record historique.

Les dépenses seront « regroupées en trois actions » :

  • 90 millions pour les manifestations « obligatoires et traditionnelles » (deux Conseils européens, neuf sommets avec les pays tiers, 35 conseils formels) ;
  • 80 millions pour les réunions « à l’initiative propre de la France » (une vingtaine de réunions informelles en France) ;
  • 20 millions pour les « activités interministérielles » (communication, internet…).

La France présidera pour la 12è fois l’Union européenne et sera probablement la dernière à le faire sous cette forme.

Le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a déclaré que « le succès d’une présidence se mesure à la qualité de son organisation ». La France se donne ouvertement comme objectif de « faire rayonner son image ».

La députée Nicole Ameline, rapporteur du budget, a souhaité que le gouvernement se montre « disponible » à l’égard du Parlement Européen, préconisant un « effort de communication ».

Les paradoxes de la réalité sociale française

Dans le cadre de la consultation sur la réalité sociale européenne organisée par la Commission, une contribution vient de paraître avec un rapport réalisé par le Centre d’Analyse Stratégique dressant un panorama des « réalités sociales françaises à l’aune européenne ».

L’enseignement le plus marquant est que malgré un grand nombre d’indicateurs encourageants, les Français sont inquiets.

Si l’on en croit les chiffres, il fait plutôt bon vivre en France. Néanmoins, les Français se situent en dessous de la moyenne européenne lorsqu’on leur demande leur sentiment sur leur niveau de vie ou leur logement.

Par ailleurs, alors même que la politique familiale et le modèle social français en matière d’inégalités et de pauvreté sont parmi les plus généreux et redistributifs en Europe ; les Français sont nettement moins satisfaits de leur vie familiale et ils sont ceux qui craignent le plus de tomber dans un état de pauvreté.

Concernant l’éducation, la France arrive avant-dernière en termes de satisfaction, alors que ses dépenses dans ce domaine la placent au 7e rang en Europe. Les Français sont aussi les Européens les moins favorables à la mondialisation et figurent parmi les plus inquiets pour les générations futures.