Archives annuelles : 2008

Débat sur la procédure de désignation du futur président de l’UE

La ratification du traité de Lisbonne n’est pas achevée dans les États membres que les nominations des personnalités instituées par ce traité, notamment le futur président du Conseil de l’UE sont au cœur des débats. Après le point de vue de Margot Wallström présenté hier, voici une présentation des enjeux. Quel profil ? Quel processus de désignation ? Quel calendrier ?

Quel profil ?

Valéry Giscard d’Estaing, père du défunt projet de Constitution européenne considère que « l’Europe doit réinventer son Georges Washington ». Selon le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, « il faut trois qualités pour être un bon président du conseil européen ». Le candidat devra tout d’abord, « avoir un sens du leadership et un charisme assez forts pour être respecté par ses autres collègues ». Cette personne devra également être « authentiquement européenne, comprendre la sensibilité de l’Europe, son histoire, connaître les mécanismes et les relations institutionnelles entre le Conseil, le Parlement européen, qui aura des pouvoirs accrus, et la Commission ». Le futur président de l’UE devra enfin être « au cœur des solidarités qui existent en Europe », à savoir « la zone euro et la zone Schengen ».

Les noms de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, celui du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, du belge, Guy Verhofstadt ou encore de l’actuel chef du gouvernement irlandais, Bertie Ahern, circulent.

Quel processus de désignation ?

Deux positions sont actuellement défendues par les acteurs.

Pour les uns, cette désignation doit se faire de manière intergouvernementale, c’est-à-dire par le consensus entre les chefs d’Etat ou de gouvernement. Cette démarche de désignation discrète est conforme aux habitudes de nomination au niveau européen, mais n’est pas favorable à une communication européenne d’ampleur.

Pour les autres, cette désignation doit faire l’objet d’une sorte de campagne électorale : « plusieurs candidats devraient se déclarer publiquement à l’avance et présenter leur positions sur les grands enjeux européens ». Cette démarche nouvelle pour l’UE permettrait que « la désignation du futur président de l’UE, qui représentera 500 millions d’Européens, ne se décide après quelques coups de fil entre chefs d’Etat », estime le député européen Alain Lamassoure (PPE-DE). La publicisation serait une avancée démocratique.

Quel calendrier ?

La France défend la période du second semestre 2008, lors de la présidence française de l’UE pour choisir le futur président du Conseil de l’UE. A la suite des élections européennes au printemps 2009, la nomination du président de la Commission européenne devra être désignée par les Etats membres et adoubée par le Parlement européen.

Pour aller plus loin…

Journée européenne pour un Internet plus sûr

Alors qu’aujourd’hui, 54 % des Européens ont accès à Internet depuis leur domicile et qu’Internet a modifié en profondeur les échanges dans les sociétés contemporaines, l’UE organise le mardi 12 février 2008 une journée pour un Internet plus sûr. Cet événement vise à sensibiliser l’opinion publique à la sécurité informatique, à rappeler que la protection des mineurs est une priorité et, enfin, à rassurer ceux qui évitent d’acheter en ligne.

La protection des mineurs en ligne

La Commission européenne organise notamment à Bruxelles un forum paneuropéen de la jeunesse pour un internet plus sûr afin d’intensifier le dialogue entre les enfants et les décideurs sur les questions de sécurité liées à l’internet, et de faire connaître les meilleurs moyens de protéger les enfants en ligne.

La réassurance sur l’achat en ligne

Selon les chiffres d’Eurostat, 1 internaute sur 8 au sein de l’UE déclare ne pas faire d’achats en ligne par crainte de problèmes de sécurité. Concernant les opérations bancaires en ligne, la part des internautes utilisateurs de ces services s’établit à 44% en 2007 au sein de l’UE, même si les différences entre Etats membres sont nombreuses.

Le programme « Safer Internet Plus »

De manière plus générale, Viviane Reding, Commissaire européenne en charge de la société de l’information et des médias pilote le programme Safer Internet Plus, adopté pour promouvoir une utilisation plus sûre de l’Internet et protéger l’utilisateur final contre les contenus non désirés.

Le programme est doté, pour la période 2005 – 2008, d’un budget de 45 millions d’euros. Près de la moitié de ce budget est consacrée aux actions de sensibilisation.

Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne, chargée de la communication dénonce le machisme au sommet de l’UE

Dans les colonnes du journal suédois « Sydsvenska Dagbladet », vendredi 8 février, la Commissaire suédoise Margot Wallström s’est emportée contre les pratiques communautaires où des décideurs politiques masculins décident seuls et à huis clos des personnalités à désigner aux hautes fonctions européennes, notamment pour choisir le futur président de l’UE.

« Il est incroyable que seuls des hommes aient jusqu’ici été mentionnés au cours de ces discussions qui se tiennent dans le secret. C’est vraiment une mauvaise chose pour l’opinion publique, ces discussions secrètes où de vieux messieurs choisissent d’autres vieux messieurs comme toujours. »

Mercredi 30 janvier, interrogée par la radio Woman’s Hour sur le thème de l’égalité hommes-femmes dans l’UE, Margot Wallström s’était délcarée favorable à l’avancement professionnel des femmes.

Livre blanc sur le sport : vers une politique européenne fondée sur les valeurs sociales et éducatives du sport

La Commission européenne a présenté le 11 juillet 2007 un Livre blanc sur le sport. Pour la 1ère fois, avec ce Livre blanc et l’adoption du traité de Lisbonne a été créée la possibilité d’une politique européenne du sport…

Le traité de Lisbonne dispose que « l’Union contribue à la promotion des enjeux européens du sport, tout en tenant compte de ses spécificités, de ses structures fondées sur le volontariat, ainsi que de sa fonction sociale et éducative ».

Cette compétence devrait notamment permettre à l’Union d’adopter un programme pour le sport, ainsi que de s’exprimer d’une seule voix sur les questions sportives internationales.

Le Livre blanc s’articule autour de trois axes : le rôle sociétal du sport, sa dimension économique et son organisation :

  • Dans la partie consacrée au rôle sociétal du sport, la Commission met en avant le lien entre sport et santé tant concernant l’activité physique que la lutte contre le dopage. Le Livre blanc aborde également la question du racisme et de la violence.
  • Concernant le rôle économique du sport, la Commission souhaite ouvrir la réflexion sur un modèle de financement durable pour le sport. Par ailleurs, la Commission annonce la réalisation d’une étude d’impact sur les agents de joueurs, pouvant déboucher sur une initiative législative.

La délégation à l’UE de l’Assemblée nationale a pris acte du Livre blanc sur le sport avec une communication de Mme Arlette Franco et de M. Régis Juanico. Les débats ont porté sur la revalorisation de la pratique sportive à l’école. Le sport porte un système de valeurs structurantes pour la formation de la citoyenneté française et européenne.

Dans la perspective de la PFUE, le modèle sportif français, fondé sur la solidarité entre sport amateur et sport professionnel, sur la transparence de la gestion, ainsi que sur la politique de formation, pourrait inspirer l’organisation du sport à l’échelle européenne.

Allocution présidentielle sur la ratification du traité de Lisbonne

Alors que le Parlement vient la semaine dernière de réviser la Constitution et d’autoriser la ratification du traité de Lisbonne, le président de la République est intervenu, dimanche 10 février, sur les principales chaines hertziennes dans une allocution télévisée depuis le Palais de l’Élysée.

Choisissant le mode de communication le plus présidentiel qui soit et adoptant une tonalité délibérément sobre, le chef de l’Etat a annoncé la ratification du traité de Lisbonne par la France. Le Président a tenté de reprendre la main et un peu de hauteur en parlant d’Europe.

Nicolas Sarkozy a rappelé les principales avancées « plus de démocratie, plus de responsabilité dans le fonctionnement de l’Europe » et il a également rendu hommage à la chancelière allemande Angela Merkel, qui présidait l’UE lors des négociations du traité de Lisbonne, un acte jugé rassembleur à la veille de la Présidence française de l’UE.

Le président de la République a cependant reconnu que le traité de Lisbonne « ne résout pas à lui tout seul » la crise européenne. « Maintenant que l’Europe peut décider, le problème est de savoir ce qu’elle veut ». Le chef de l’Etat a ainsi estimé que « l’enjeu est de remettre de la politique en Europe » et il a ainsi présenté les enjeux de la présidence française de l’UE, au second semestre 2008 : développement durable, immigration, défense européenne et refonte de la politique agricole commune.

La faible reprise médiatique de l’intervention présidentielle, de même que la faible visibilité du traité de Lisbonne de manière générale montre que les questions européennes manquent encore d’une communication dimensionnée. Une communication européenne qui ne peut se construire que lorsque l’UE saura redonner du souffle à un projet politique européen visant à construire une union puissante s’appuyant sur la légitimité des peuples qui la composent.