Inventaire sur la réalité sociale européenne

Existe-il un « European way of life » sur lequel l’UE pourrait s’appuyer pour une éventuelle campagne de communication sur les valeurs européennes ?

Dans le cadre d’un projet de programme d’action intitulé : « Un projet pour les citoyens : produire des résultats pour l’Europe », la Commission européenne organise cette année une vaste consultation publique sur les réalités sociales de l’Europe. La consultation vise à recueillir des avis sur les tendances sociales actuelles et sur le «bien-être» aujourd’hui.

Le constat est simple

  • Les sociétés européennes changent profondément : tendances démographiques, vie familiale, place des femmes dans la société, mobilité sociale, incidence de la pauvreté et des inégalités, valeurs multiculturelles…
  • Les défis de la mondialisation (sentiment d’insécurité, nature du travail) sont sans cesse plus nombreux et ne peuvent que renforcer le besoin d’Europe ;
  • Les attentes des citoyens à l’égard de l’Union européenne sont fortes ;
  • L’Europe sociale demeure pour l’instant dans les limbes.

La méthode est originale

La Commission n’avance à ce stade aucune option politique ou projet de proposition. Les conclusions de cette consultation ouverte à tous citoyens (notamment sur le site Internet dédié, qui publiera l’ensemble des contributions), menée en étroite coopération avec les États membres, serviront à alimenter la réflexion sur le rôle des politiques européennes et le contenu des actions futures.

Le bilan de la réalité sociale européenne

Les principales transformations :

  • l’évolution vers une société de services : qualification et besoins différents pour les salariés/consommateurs ;
  • le changement démographique : vieillissement et non renouvellement des générations ;
  • les faiblesses à ces systèmes de protection sociale : système de retraite et de préretraite et montée de la pauvreté des enfants ;
  • le changement des valeurs de la société : délitement des liens sociaux (fin des religions, de la famille et de l’engagement politique).

Les motifs de satisfaction :

  • selon l’enquête Eurobaromètre réalisé en 2006 et rassemblant un ensemble de donnée sur la situation sociale des Européens : 87 % des Européens disent « aller bien »;
  • la montée de l’espérance de vie ;
  • la part des gens diplômés augmente : démocratisation du savoir.

Peut-on pour autant parler d' »European way of life » ? Serait-il possible d’envisager une campagne de communication sur les valeurs partagées par les Européens ?

Etat des lieux des élargissements : pas de nouvelle adhésion en perspective

Comme nous l’avions évoqué il y a un mois, la Commission européenne a comme prévu publier, son rapport sur les progrès accomplis depuis les 12 derniers mois par les 3 pays candidats à l’adhésion à l’UE (Croatie, Turquie, Ancienne République yougoslave de Macédoine) et les 4 candidats potentiels (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie). Le statut du Kosovo demeure pour le moment indéterminé.

Le progrès des négociations et du processus d’adhésion dépendent étroitement de celui des réformes engagées dans chacun des États. De manière générale, si la plupart des pays candidats et candidats potentiels ont progressé sur le plan économique, il n’en va pas de même sur le plan politique : respect de l’État de droit, réforme de la justice et lutte contre la corruption sont à améliorer.

La Croatie, seul pays des Balkans à avoir entamé des négociations d’adhésion avec l’UE, en octobre 2005, peut espérer adhérer en 2009 ou 2010. La Turquie doit encore progresser, en particulier dans sa normalisation des relations bilatérales avec la République de Chypre.

Sur les 77 propositions du comité Balladur, quelles sont celles en faveur de l’approfondissement européen ?

Le comité Balladur, chargé de réfléchir à la réforme des institutions, s’est penché sur des évolutions institutionnelles pour améliorer la construction européenne…

Le « Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République » présidé par Édouard Balladur qui était réuni par le président de la République afin de chercher les moyens d’« une Ve République plus démocratique » vient de rendre son rapport (télécharger le rapport). Ses propositions visent à redéfinir les attributions du président de la République, du Premier ministre et du Parlement. Les treize sages (trois anciens ministres, un ancien président du Conseil constitutionnel, des politiques et des constitutionnalistes de renom) ont notamment formulé des propositions pour renforcer les pouvoirs du Parlement. Parmi ces pistes de réforme, certaines concernent directement ou indirectement les affaires européennes :

34. Augmenter le nombre de commissions.

Permettre à chaque assemblée de constituer en son sein jusqu’à dix commissions permanentes, contre six aujourd’hui. Cette proposition permettrait de remplacer les délégations aux affaires européennes de l’Assemblée nationale et du Sénat en véritable commission.

48. Le droit de résolution.

Permettre à chacune des assemblées de voter des résolutions (les résolutions sont des textes sans portée normative) dans tous les domaines (politique intérieure, extérieure et européenne).

59. Europe : organisation du Parlement pour suivre les affaires européennes.

Constituer au sein de chaque assemblée un comité des affaires européennes chargé notamment d’un contrôle du principe de subsidiarité (contrôler que la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être allouée à l’Etat membre plutôt qu’à l’UE lorsque l’échelon national est le plus capable d’agir).

50. Europe : élargissement.

Aligner la procédure applicable à la ratification des traités d’élargissement de l’Union européenne sur celle qui régit les révisions de la Constitution à l’article 89 (vote à la majorité qualifiée du Congrès ou référendum).

51. Europe : contrôle des actes européens.

Étendre l’obligation de transmission au Parlement à l’ensemble des documents, projets et actes émanant d’une institution de l’Union européenne. Cette proposition permettrait de renforcer l’information du Parlement français, et donc de renforcer son pouvoir de contrôle..

52. Europe : transposition des directives.

Permettre l’examen des directives en commission avec simple ratification en séance publique après explications de vote. Cette proposition devrait rendre le travail des parlementaires dans les commissions plus attractif tout en limitant les séances plénières souvent purement formalistes.

A signaler que le Comité Balladur s’était doté d’un site Internet www.comite-constitutionnel.fr (archivé) très complet présentant de nombreuses vidéos des annonces/conférences, des questions/réponses et des auditions. Une initiative salutaire de bonne qualité.

Journée européenne de l’alimentation saine et de qualité : comment sensibiliser les enfants au fléau de l’obésité ?

Aujourd’hui, la Journée européenne de l’alimentation saine et de qualité est organisée par la direction Santé et Consommateurs de la Commission européenne et l’association Euro-Toques International. L’objectif est de favoriser une meilleure alimentation dans l’UE, notamment chez les enfants.

Tout au long de la journée, dans 17 pays membres d’Euro-Toques International, des chefs de cuisine apprennent aux enfants à cuisiner et à manger sainement dans environ mille écoles. Un site Internet eu.mini-chefs.eu (archivé) a été lancé pour accompagner cette opération. Sur ce portail destiné aux enfants, on trouve des recettes, des jeux interactifs et toute une série de conseils culinaires afin d’inciter les enfants à manger sainement tout en s’amusant.

L’obésité infantile est un problème majeur en Europe (environ 18 % des enfants entre 5 et 12 ans sont obèses ou en surpoids), ses conséquences sur la santé sont préoccupantes (problèmes cardiovasculaires et apparition du diabète).

En mai 2007, la Commission avait publié un Livre blanc sur le sujet qui propose une action intégrée entre les politiques de consommation, de santé publique et d’éducation. La Commission soulignait qu’il est nécessaire d’accorder une attention particulière à la dimension sociale du problème. La Commission envisagerait une distribution des surplus de fruits et légumes issus de l’agriculture européenne dans les écoles.

Les étapes de la ratification du traité de Lisbonne en France

Suivant le souhait du président de la République, la procédure de ratification du traité de Lisbonne sera engagée dès le lendemain de la signature officielle du texte par les 27 pays membres de l’UE, le 13 décembre 2007 à Bruxelles.

Trois étapes sont nécessaires pour l’adoption définitive du traité de Lisbonne en France.

  • Le Conseil constitutionnel sera saisi pour modifier la Constitution française, qui fait toujours référence au précédent traité constitutionnel, rejeté par référendum en 2005.
  • Après avis du Conseil Constitutionnel, l’Assemblée nationale et le Sénat devront adopter séparément le texte modifiant la Constitution française.
  • Les deux Chambres devront être réunies en Congrès à Versailles et voter à la majorité des trois cinquièmes en faveur du mini-traité pour qu’il soit adopté.