L’administration française et l’Union européenne : quelles influences ? quelles stratégies ?

Le Conseil d’État s’intéresse aux relations entre l’administration française et l’UE…

Le Conseil d’État vient de rendre publique son rapport d’activité pour 2006. « L’administration française et l’Union européenne : Quelles influences ? Quelles stratégies ? » est le thème retenu pour ses considérations générales.

Le Conseil d’État dresse le constat que la gouvernance européenne repose sur la poursuite de la discussion – notamment avec la société civile – jusqu’au compromis. Cette pratique se révèle très éloignée de la tradition française. Le Conseil d’État estime donc que l’administration doit se doter de nouvelles stratégies. Par exemple, il serait souhaitable de renforcer la coordination des voix françaises émanant des autorités publiques (création de porte-paroles dans les ministères ?). Anticipation, participation et exemplarité sont également des maîtres mots pour développer le réflexe communautaire.

Sur le plan organisationnel, le Conseil d’État propose d’instituer auprès du Président de la République un « Conseil stratégique sur l’Europe » dont le secrétariat serait assuré par le secrétaire général des affaires européennes, (nous l’avons déjà évoqué dans ce blog) qui cumulerait ses fonctions avec celles de conseiller du Président de la République pour les affaires européennes.

Le Conseil d’État suggère également de créer au sein des ministères des cellules en charge des affaires européennes chargées de préparer la négociation et d’assurer le respect des calendriers de transposition, d’instituer des parcours européens pour les fonctionnaires et de développer les formations sur les questions. On pourrait ajouter également des fonctions de communication sur les enjeux européens liés à leur ministère de tutelle.

Enfin, vendredi 12 octobre dernier s’est tenu à l’Institut d’études politiques de Paris, la journée d’études du Conseil d’Etat sur « les administrations nationales et l’Union européenne ». Parmi les nombreux intervenants, Jacques Delors a livré sa vision de l’avenir de l’UE. Il considère que la méthode communautaire est aujourd’hui « grippée »et que l’esprit de l’Union européenne s’en trouve « bafoué ». L’ancien président de la Commission met en cause notamment l’attitude des gouvernements qui considèrent trop souvent la Commission européenne comme un secrétariat et non comme un collège. Par ailleurs, il regrette « l’usine à gaz » que constitue l’actuel projet de traité réformateur.

Accord des Vingt-Sept sur le « traité modificatif » lors d’un sommet informel à Lisbonne

Quelles sont les principales avancées du traité de Lisbonne ?

Le traité de Lisbonne devrait être signé le 13 décembre à Lisbonne par les 27 États membres.En voici les principales nouveautés :

-Une présidence stable remplace les présidences semestrielles. Le Conseil européen élit son président pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois (au lieu de la présidence tournante de six mois). Celui-ci assure notamment la représentation extérieure de l’Union.

-Les pouvoirs du haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune sont renforcés. Il préside le conseil des ministres des affaires étrangères. Il est aussi vice-président de la Commission. Il dispose d’un service européen pour l’action extérieure.

-La majorité qualifiée devient la règle au conseil des ministres, sauf dans les cas où les traités en disposent autrement. Le champ de la majorité qualifiée est élargi, notamment dans le domaine de la coopération judiciaire et policière.

-Un nouveau système de vote est prévu pour les décisions prises par le conseil des ministres : la majorité qualifiée est égale à au moins 55% des Etats réunissant au moins 65% de la population. Une minorité de blocage doit inclure au moins quatre Etats.

-La composition de la Commission est modifiée. A partir de 2014, le nombre des commissaires cesse d’être égal à celui des Etats membres pour n’en représenter que les deux tiers.

-Le Parlement européen, qui exerce avec le conseil des ministres les fonctions législative et budgétaire, voit ses prérogatives renforcées. Le champ de la codécision est étendu. Il élit le président de la Commission sur proposition du Conseil européen, « en tenant compte des élections au Parlement européen ».

Pour découvrir l’intégralité du projet de traité modifiant le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne, télécharger le PDF.

Entretien très critique de Jacques Séguéla à la Revue des Deux Mondes sur la communication de l’Europe

La Revue des Deux Mondes a consacré son numéro de septembre à la question européenne dans un dossier intitulé « A quoi bon l’Europe ? ».

Dans un entretien intitulé « Europe à vendre », Jacques Séguéla explique le désamour sur l’Europe en partie par des erreurs de communication. Pour lui, l’Europe ferait les frais d’une communication ratée, quasi exclusivement basée sur la monnaie unique, un « plébiscite technique » qui ne véhicule pas « la moindre émotion culturelle ». Il propose de reconstruire le discours sur l’Europe autour des « valeurs humanistes, humanitaires et écologiques » et sur la notion de « générosité », notamment à l’égard des pays du Sud. Autre aspect qu’il faudrait selon lui mettre en avant : « l’art de vivre européen ». Autant de messages que l’Union européenne pourrait avantageusement valoriser auprès des citoyens de l’UE.

Premier bilan positif pour EUtube : plus d’un million de visites en trois mois

Selon un communiqué de la Commission européenne, lundi 15 octobre, « EUtube« , la chaîne de la Commission européenne sur YouTube, a reçu plus d’un million de visites et le nombre de vidéos visionnées depuis son lancement il y a moins de trois mois s’élève à près de 7 millions.

Pour le moment, la chaîne propose 69 clips vidéo, sur toute une série de sujets – des premiers pas historiques de l’Union européenne dans l’après-guerre avec des images d’archive à la nécessité actuelle de lutter contre le changement climatique avec un dessin animé expliquant les « gestes pour sauver la planète ». La vidéo la plus regardée, avec un chiffre stupéfiant de 4,2 millions de vues, est le clip de promotion du programme MEDIA de l’Union européenne, intitulé « LOVE« . Parmi les autres clips appréciés figurent un clip en faveur de la santé publique, « AIDS: Remember me« .

La plupart des films proposés sont des mini-documentaires, allant de 20 secondes à 30 minutes. On trouve aussi des petits dessins animés au graphisme naïf, des films conçus comme des bandes annonces de cinéma et une vidéo intitulée « One day at DG communication« , construit sur le thème de la fameuse série 24h Chrono.

Des clips en langues française et allemande ont été ajoutés sur la chaîne depuis son lancement à la fin du mois de juin 2007. Jean Quatremer, journaliste à Libération et auteur du blog « Coulisses de Bruxelles », critique cette initiative d’une Europe sans journaliste. Jean Quatremer rappelle que la Commission européenne « n’aime pas, c’est un euphémisme, les médias traditionnels qu’elle juge hostile, au pire, indifférent, au mieux ».

Communication paneuropéenne d’entreprise : l’Union européenne prend de l’importance dans les stratégies des entreprises

Comment les entreprises européennes organisent-elles leurs stratégies de communication à destination de l’UE ?

A partir du 24 octobre prochain, les résultats de l’étude d’EurActiv sur la communication d’entreprise, menée pendant 3 mois auprès de représentants des entreprises à Bruxelles, seront dévoilés. D’ores et déjà, on sait que cette enquête révèlera que la communication politique de l’UE prend de plus en plus d’importance pour les entreprises…

Selon les premiers résultats, la communication politique des entreprises européennes augmente constamment. Les ressources sont principalement destinées à la communication d’entreprise au siège européen plutôt qu’à la communication politique européenne à Bruxelles.

Les contacts personnels dans les réunions et les événements organisés par des réseaux de connaissances, les mises à jour de sites web et les prises de positions restent les moyens de communication privilégiés par les entreprises.

De plus, la plupart des représentants d’entreprises considère que l’adhésion à des associations (38 %) ou des think tanks (9 %) est un moyen plus important pour atteindre leur objectif en matière d’affaires publiques que les cabinets de consultants (9 %).

Autre fait frappant, la plupart des entreprises utilise l’anglais comme langue de travail, même s’il s’agit de la deuxième langue de la majorité des personnes concernées. Les représentants des médias et des gouvernements, quant à eux, utilisent généralement leur langue maternelle : un intéressant décalage.

Concernant les outils de communication, les représentants d’entreprises estiment que les blogs sont une future opportunité pour communiquer avec les citoyens et les parties prenantes. Une position qui n’est pas sans rappeler les futurs axes de travail de la Commission en matière de communication.