Quels indicateurs pour mesurer la réussite de la communication autour de la présidence française de l’UE ?

Alors que les autorités publiques préparent activement la PFUE – dont le positionnement en matière de communication s’articule autour d’une présidence à l’échelle européenne / proche des citoyens – il est important de réfléchir aux indicateurs – et à leur équilibre – mesurant la réussite de la communication autour de la PFUE…

Des indicateurs d’observation

D’abord, il faut mettre en place des indicateurs d’observation pour comptabiliser tous les chiffres de notoriété, de fréquentation, de satisfaction et de popularité.

Des indicateurs de pilotage

Ensuite, il faut mesurer la pertinence des actions de communication selon les priorités préalablement définies dans la stratégie de communication et contrôler l’atteinte des objectifs et des cibles de communication. Il faut également mesurer la capacité à saisir l’imprévu, la réactivité et la qualité des réponses.

Des indicateurs de performance

Enfin, il faut évaluer l’efficacité et la rentabilité des outils et des moyens de communication employés lors de chaque action de communication.

L’ensemble de ces indicateurs doit permettre d’évaluer et de corriger régulièrement la communication de la PFUE.

La communication européenne passe aussi par la transparence des institutions de l’UE

L’une des missions de la communication européenne consiste à ouvrir l’accès du public aux informations et documents des institutions communautaires.

Selon le Rapport annuel du Médiateur européen, sur les 3 211 plaintes reçus en 2007 de citoyens de l’UE, d’entreprises, d’ONG et d’associations ; un nombre record d’enquêtes menées portait sur le manque de transparence des institutions de l’UE.

Dans le communiqué de presse, P. Nikiforos Diamandouros, le Médiateur européen estime que « les plaintes concernant le manque de transparence sont une opportunité pour les institutions et les organes de l’UE de démontrer leur volonté d’ouverture ».

Il est à souhaiter que la Commission européenne prenne en compte – dans sa stratégie de communication – le droit d’accès du public aux informations et documents communautaires.

Les trois axes de la stratégie de communication européenne

Il est possible de dégager trois axes stratégiques pour la communication européenne…

D’abord, la communication européenne doit s’attacher à définir une stratégie commune aux acteurs chargés de l’impulsion politique.

La plupart des acteurs européens (DG Communication de la Commission européenne) ou nationaux (Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes) s’accordent pour orienter prioritairement cette stratégie vers un rapprochement entre l’UE et les 450 millions de citoyens communautaires.

Les moyens d’action développés récemment consiste à :

  • créer des partenariats instituant des « espaces publics européens », de rencontres et de débats ouverts au public ;
  • monter des projets de réseaux pilotes d’information facilitant la communication entre décideurs politiques européens et nationaux, journalistes et relais d’opinion.

Ensuite, la communication européenne doit s’attacher à valoriser les avancées et les succès de l’UE dans la vie quotidienne des Européens. Cette valorisation nécessite de multiplier les points de contacts entre l’UE et les Européens par l’intermédiaire de multiples acteurs publics ou privés, européens ou nationaux…

Les moyens d’action s’appuient essentiellement sur :

  • des supports médias et des outils multimédia ;
  • des manifestations et réunions publiques ;
  • des subventions à des associations thématiques.

Enfin, la communication européenne doit diffuser des informations plus factuelles sur l’organisation et le fonctionnement de l’UE pour légitimer sur le long terme la construction européenne. Cette action d’information doit être menée dans la transparence par les administrations européennes ou nationales.

Les moyens d’action à privilégier :

  • de l’information en direct, non commentée, en particulier via le satellite ou le web ;
  • des éléments de langage précis et complets transmis par des relations presse paneuropéennes.

La réussite de la communication européenne repose sur la complémentarité de ces trois axes tant au niveau des actions que des acteurs.

Avis du Conseil économique et social : "Comment renforcer les solidarités européennes face aux défis de la mondialisation ?"

Pour la première fois, le Conseil économique et social rend un avis sur le projet européen dans son ensemble en s’interrogeant sur les solidarités face aux défis de la mondialisation….

A quelques mois de la présidence française de l’UE, le CES estime qu’il faut au projet européen, une forte ambition, un vrai contenu.

Pour le CES, retrouver une envie collective d’Europe passe par des décideurs politiques repositionnés en première ligne pour porter un message de conviction. Cet engagement politique représente un élément essentiel pour impliquer également le citoyen.

Pour renforcer la citoyenneté européenne, le CES prépare un avis pour développer le statut d’association européenne, qui pourrait faciliter la solidarité européenne et l’implication citoyenne.

Selon la rapporteur Anne Cuillé « il est essentiel que la politique de communication soit repensée. À l’Union européenne de dessiner le cadre d’ensemble ; aux États ensuite de prendre le relais et de “vendre“ l’Union européenne dans sa quotidienneté. »

Pour lire la note d’Iéna n°297 relative à l’avis…

Préparation de la présidence française de l’UE : Margot Wallström propose que la France organise un « Sommet des citoyens »

Dans un billet en français – une exception – sur son blog : « Qui sera le premier à organiser un sommet des citoyens ? », Margot Mallström revient sur sa visite en France et formule une proposition…

En France, la Commissaire chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication a rencontré le ministre de l’agriculture, Michel Barnier, a visité la maison de Jean Monnet à Houjarray et a participé à la Cité de la Réussite au Sénat….

De ses rencontres et réflexions, la Vice-Présidente de la Commission propose que lors de la Présidence française de l’UE, la France soit le premier Etat membre à organiser un « Sommet des Citoyens ».

La France, avec son projet de faire de la PFUE un événement proche des citoyens, relèvera-t-elle le défi démocratique souhaité par Margot Wallström de « créer un Sommet populaire en parallèle du Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements qui offrirait à la société civile une plateforme politique et médiatique à la hauteur de celle dont disposent les décideurs européens » ?