Présidence française de l’UE : faut-il communiquer sur « la France en Europe » ou « l’Europe en France » ?

Les préparatifs de la PFUE révèlent de profondes divergences de vue entre les acteurs. Décryptage des positions et des stratégies de communication…

Dans un billet « Quelle stratégie de communication faut-il privilégier pour la Présidence française de l’UE ? » en décembre dernier, nous avions présenté les deux principales stratégies de communication possible autour de la PFUE :

  • Personnalisation de la Présidence française de l’UE avec un engagement fort du Président Sarkozy,
  • Diffusion d’informations répondant aux interrogations de fond des citoyens à l’égard de l’UE et s’appuyant sur l’ensemble des acteurs de la vie politique communautaire.

Aujourd’hui, ces deux stratégies de communication s’articulent autour de deux signatures fortes et structurantes, présentée par Philippe Heymann sur son blog :

  • « La France en Europe » pour signifier la dimension politique,
  • « L’Europe en France » pour mettre l’accent sur la dimension citoyenne.

La France en Europe

Au vue de l’allocution présidentielle sur la ratification du traité de Lisbonne, il semble que Nicolas Sarkozy considère la PFUE comme « le retour de la France en Europe ». Le président de la République souhaite ainsi « remettre de la politique en Europe ». Le chef de l’Etat français se verrait bien présider l’UE comme il préside la France (omniprésence médiatique, contrôle de l’agenda), avec un Présidence occupée par les priorités françaises : immigration, défense européenne et refonte de la politique agricole commune.

Cette position n’est ni souhaitée par nos partenaires européens, qui craignent l’arrogance française, ni souhaitable pour les Français, qui risquent de comprendre que la PFUE est l’occasion d’imposer le point de vue français à l’Europe alors qu’il s’agit davantage d’obtenir des consensus et des compromis entre partenaires.

L’Europe en France

Au vue de l’activité du Secrétariat d’Etat aux affaires européennes, du Secrétariat général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE), du Comité d’orientation sur les questions européennes…, il semble que la PFUE s’oriente vers un « Présidence citoyenne ». Tous ces acteurs se donnent pour objectifs – comme le précise l’auteur du rapport sur la « fracture européenne », Michel Herbillon – d’« améliorer l’information des Français sur l’Europe » afin de mettre en œuvre « une politique d’information durable sur l’Europe » qui permette de poursuivre la construction européenne avec l’adhésion des citoyens.

Cette position permettrait de rapprocher les citoyens français de l’Union européenne.

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