Célébration officielle du cinquantenaire du Parlement européen

Aujourd’hui, le Parlement européen – unique au monde : il n’y a aucun autre parlement supranational directement élu qui dispose de pouvoirs étendus – célèbre son cinquantenaire. Retour sur l’histoire et l’image de cette institution communautaire…

Histoire mouvementée du Parlement européen

L’histoire du Parlement européen est marquée par une ouverture progressive à la démocratie et une relation privilégiée avec la France.

La première session de l’Assemblée parlementaire européenne remonte au 19 mars 1958 à Strasbourg, siège de l’institution. 142 membres désignés utilisant 4 langues officielles disposent alors uniquement de pouvoirs consultatifs. Robert Schuman en est le premier Président.

Le 30 mars 1962, l’Assemblée adopte le nom de « Parlement européen », officiel avec l’Acte Unique européen, en 1986. 2 femmes françaises président le Parlement européen, notamment Simone Veil : présidente de juillet 1979 à janvier 1982, élue par les premiers eurodéputés issus du suffrage universel.

Actuellement, 785 membres élus au suffrage universel direct et fonctionnant avec 23 langues exercent de larges pouvoirs de décision sur le budget et le contrôle de la Commission européenne. Une fois le traité de Lisbonne ratifié, le Parlement européen, après les élections en juin 2009, se composera de 751 députés avec des pouvoirs encore renforcés.

Voir le dossier complet réalisé sur le cinquantenaire sur le site du Parlement européen.

Image contrastée du Parlement européen

Le Parlement européen est l’institution européenne qui jouit de la plus grande notoriété mais les Européens ont une idée assez imprécise du fonctionnement du Parlement. Les Français se distinguent par leur méconnaissance aiguë de cette institution.

Les Européens accordent généralement leur confiance au Parlement et souhaitent qu’il jouisse de davantage de pouvoir au sein de l’UE, mais l’assemblée a jusqu’ici échoué à séduire les citoyens de l’UE si l’on en juge au taux de participation aux élections européennes: à peine plus de 45% en 2004.

L’institution doit également faire face à des questions sur le coût de son train de vie entre Strasbourg pour les sessions plénières et Bruxelles pour les réunions en commissions ; sa vulnérabilité aux groupes de pression et ses compétences dans un continent où l’euroscepticisme est en hausse.

A l’occasion du 50ème anniversaire, un vaste dispositif de communication est mis en place avec notamment un matériel audiovisuel spécial comportant des kits audio et vidéo retraçant l’histoire de l’institution au travers de chaque Président du Parlement européen ainsi qu’une sélection de 50 photos.

Vaste enquête d’opinion paneuropéenne sur le Parlement européen

La Direction générale Communication de la Commission européenne a commandé un Eurobaromètre spécial consacré au Parlement européen. Pour la première fois, l’avis des Européens sur la notoriété, l’opinion, l’image et les missions du Parlement européen sont recueillis…

La « notoriété » du Parlement européen

Aujourd’hui, d’après de nombreux Eurobaromètres, le Parlement européen est l’institution européenne qui jouit de la plus grande notoriété.

Pourtant, la méconnaissance du Parlement est générale auprès du grand public, aussi bien aux « anciens » Etats membres qu’aux nouveaux, et à toutes les catégories sociodémographiques analysées.

Les personnes interrogées ont conscience de mal connaître le Parlement européen. Ils se considèrent par ailleurs mal informés par les médias.

En revanche on connaît plutôt bien deux des compétences du Parlement européen : son rôle dans les processus d’élargissement de l’Union européenne, et de fixation du budget communautaire.

L' »opinion » sur le Parlement européen

Le Parlement européen est une institution respectée, les opinions à son sujet sont globalement très positives, tant en ce qui concerne sa place dans les institutions, que l’importance de son rôle, et que son action concrète dans des domaines sensibles en faveur du citoyen.

Cette opinion est partagée par toutes les couches de la population interrogée, même auprès des personnes les plus réticentes à l’Union européenne en général.

L' »image » du Parlement européen

L’impression générale est donc bonne mais elle est imprécise dans l’esprit des Européens.

Dans l’ensemble de l’Union européenne :

  • le Parlement européen est indéniablement démocratique ;
  • en moyenne il est plutôt considéré comme méconnu, technocratique ou dynamique ;
  • les Européens sont partagés pour l’estimer à l’écoute des citoyens ;
  • et en moyenne il n’est pas considéré inefficace.

Le Parlement européen ne dispose pas encore de profil d’image. Pour autant, cette image latente s’inscrit dans un contexte de « neutralité bienveillante ».

Les « missions » du Parlement européen

Les missions assignées au Parlement européen ne manquent pas d’ambition :

  • Sur les politiques prioritaires : luttes à mener contre le terrorisme et contre le changement climatique, et la protection des consommateurs et de la santé publique.
  • Sur les valeurs prioritaires, la protection des droits de l’homme est sans conteste la clé de voûte avec l’égalité hommes/femmes et la solidarité entre Etats membres.

Une mission ambitieuse pour une institution trop mal connue, mais respectée, notamment pour ce qui est son fondement même : sa dimension démocratique.

Pour lire l’intégralité de l’étude

Parlement européen : vers une nouvelle répartition des sièges des eurodéputés

En termes de communication, il est crucial pour la légitimité du Parlement européen, l’organe représentant les citoyens de l’UE, que la représentativité des eurodéputés soit exemplaire. L’équilibre à trouver entre les États membres n’en est pas pour autant aisé.

La commission constitutionnelle du Parlement européen vient d’approuver, mardi 2 octobre, une nouvelle répartition des sièges des eurodéputés, pour tenir compte du plafond de 750 députés prévu par le nouveau traité en cours de négociation. Le nombre maximum de sièges par pays sera limité à 96 et le nombre minimum porté à six. La répartition s’effectue suivant le principe de « proportionnalité dégressive » entre le poids d’un pays et le nombre de ses sièges. Ainsi, l’Allemagne, avec ses 80 millions d’habitants, conservera le nombre le plus important de députés (96). Parmi les grands pays, seule l’Espagne ne perdrait pas d’élus (54). La France passerait de 78 députés à 74, la Grande-Bretagne de 78 à 73, l’Italie de 78 à 72, la Pologne de 54 à 51. Malte gagnerait un élu avec 6 eurodéputés. Le texte sera soumis aux chefs d’Étatrlm et de gouvernement européens lors du sommet de Lisbonne les 18 et 19 octobre prochains. Une « révision globale » du système devrait être menée avant les élections de 2014.