Moins de 10% des citoyens européens estime que le niveau européen a le plus d’influence sur leurs conditions de vie

Les premiers résultats de l’Eurobaromètre spécial 307 publiés en mars 2009 sont alarmants pour l’influence et la confiance des citoyens européens à l’échelle de l’UE…

L’influence dans l’UE : une ultra minorité pro-européenne

Selon le communiqué de presse de la Commission européenne, « la plupart des personnes interrogées ne pensaient pas que l’Europe exerçait un impact important sur leur mode de vie: seules 9 % d’entre elles ont déclaré le contraire ».

Contraste saisissant: 38 % des sondés sont d’avis que les collectivités locales et régionales ont un rôle essentiel à jouer, alors que 43 % sont convaincus que leur gouvernement national exerce l’influence la plus grande.

La confiance dans l’UE : une petite majorité pro-européenne

Guère mieux lotie en matière de confiance, seule une petite majorité des Européens (47%) fait plutôt confiance à l’UE, sentiment d’ailleurs en baisse de 3 points par rapport à la vague Eurobaromètre précédente au printemps 2008.

Commentant ces résultats, Margot Wallström s’est inquiétée que l’importance de l’UE pour la vie quotidienne soit si mal comprise. « De toute évidence, il est urgent de communiquer à tous les niveaux. Expliquer l’Europe n’est pas seulement le travail de Bruxelles. Tous les élus doivent se considérer comme « des hommes et des femmes politiques européens. »

Pour combler le déficit d’information sur l’Europe, il faut répondre aux attentes des citoyens européens

Réalisé par la Direction Générale Communication de la Commission européenne à la suite de sa création en mai 2006, l’Eurobaromètre : « Les citoyens européens et l’avenir de l’Europe. Étude qualitative dans les 25 États membres » a permis de connaître les attentes des Européens en matière d’information sur l’Europe…

Des demandes de plus grande ou de meilleure information vers les citoyens

Certes, le désir d’en apprendre davantage doit être interprété avec relativité – au vu de désaffection à l’égard de la politique – mais il n’empêche qu’il traduit un besoin réel de mieux savoir et de mieux comprendre l’UE.

Par des médias, tels que la radio et la presse gratuite, occasionnellement évoqués ou par la télévision systématiquement envisagée, notamment via :

  • programmes courts en dehors des spots de publicité ;
  • émissions concrètes et vivantes, à la fois informatives et ludiques (reportages sur la vie des Européens, « talk shows », séries de fiction…) ;
  • émissions interactives, dans lesquelles les téléspectateurs peuvent intervenir (jeux, quiz, concours)

L’idée de créer une chaîne de télévision européenne est émise dans plusieurs Etats-membres et fait l’objet d’un appel d’offre actuellement auprès de la DG Communication.

Par du hors média, tels que dépliants ou brochures, distribués à tous les foyers.

Par de l’événementiel, tels que des actions des centres-relais d’information sur l’Union.

L’idée de multiplier les contacts est envisagée notamment via des centres d’information mobiles, des « stands » d’information, ou des journées d’information.

Par Internet, telle que la mise en ligne de sites conviviaux et interactifs.

Par des relais, telle qu’une pédagogie de l’Europe dans les établissements scolaires, avec intégration d’un contenu européen dans les programmes.

Par des porte-parole, tels que les responsables politiques, qu’ils soient députés européens, « représentants » de son pays dans la Commission européenne, responsables politiques nationaux s’exprimant sur l’Europe, voire même élus locaux impliqués sur les questions européennes.

La demande d’écoute des citoyens et d’implication citoyenne

Au-delà des demandes d’être mieux informé, il y a aussi le souhait de pouvoir exprimer ses propres questions ou ses propres doléances.

Par des réunions publiques, lieux de discussion et de débat, notamment avec les responsables politiques.

L’idée de rencontres entre Européens exerçant les mêmes professions, pour échanger sur leurs expériences et leurs pratiques est évoquée.

Par l’organisation de « journées portes ouvertes », de visites aux institutions européennes, de rencontres avec les responsables de l’Union européenne à Bruxelles ou à Strasbourg.

Par l’établissement de lieux de médiation ayant fonction de « boites à idées » ou de bureaux des plaintes ou de dépôt de pétitions.

Par la mise en place de forums sur Internet, permettant aux citoyens non seulement de poser leurs questions et d’obtenir une réponse, mais aussi de débattre et d’échanger leurs visions.

Par la consultation régulière des citoyens (enquêtes et sondages) dont les résultats seront publiés et portés à la connaissance des responsables aussi bien que du public.

Par l’organisation de référendums sur des questions essentielles, requête forte en France.

Ainsi, la revendication d’une plus grande implication dans le débat public sur l’Union européenne – tout en reconnaissant parfois leur propre « apathie » face à la politique – peut laisser penser selon les conclusions de l’enquête de la DG COMM « que les réticences, les critiques ou le désenchantement qui s’expriment actuellement à l’égard de l’Union européenne proviennent moins d’une faiblesse de « demande » d’Europe que de l’absence perçue d’une « offre » de dessein et de projet politiques séduisants, stimulants, et visibles pour les citoyens ».

Déficit d’information des citoyens sur l’Europe : analyse comparative par pays

L’analyse de la perception de la connaissance des affaires politiques européennes dans l’Eurobaromètre 68 « l’opinion publique dans l’UE », commandité par la DG Communication et publié à l’automne 2007, révèle que les Européens ont le sentiment d’un important déficit d’information chez leurs compatriotes quant aux affaires politiques européenne.

Déficit d’information relativement fort et en hausse : les pires situations

Le groupe de pays le plus important (13 États membres sur 27 : pays membres fondateurs comme l’Allemagne ou l’Italie, nouveaux entrants, Royaume-Uni…) correspond aux situations les pires : le déficit d’information se dégrade. La Grèce s’illustre particulièrement avec seulement 9% bien informés pour 91% pas bien informés.

Déficit d’information relativement fort et en baisse : les mauvaises situations

Quelques pays semblent résorber timidement des situations souvent préoccupantes, telle en France (17% bien informés et 81% pas bien informés). A signalé que l’exercice de la Présidence du Conseil de l’UE semble permettre de mieux informés les Européens sur les affaires européennes :

  • la Finlande exerce la présidence du Conseil de l’UE au 2nd semestre 2006 ;
  • le Portugal exerce la présidence du Conseil de l’UE au 2nd semestre 2007 ;
  • la France exerce la présidence du Conseil de l’UE au 2nd semestre 2008.

Déficit d’information relativement faible et en hausse : les bonnes situations

Le groupe minoritaire (7 États membres sur 27) où le déficit d’information est plutôt réduit, quoique fragile, correspond là encore à des pays particulièrement sensibilisés aux affaires européennes :

  • l’Autriche exerce la présidence du Conseil de l’UE au 1er semestre 2006 ;
  • la Slovénie exerce la présidence du Conseil de l’UE au 1er semestre 2008. Rétrospectivement, l’Eurobaromètre est réalisé quelques mois avant cet événement. La Slovénie est le seul pays où une majorité de répondants estiment que leurs compatriotes sont bien informés sur les affaires politiques européennes (50%).
  • la Belgique, avec Bruxelles se trouve au cœur du système institutionnel communautaire.

Déficit d’information relativement faible et en baisse : les meilleures situations

Le groupe de pays le moins important avec seulement le Danemark et le Luxembourg correspond aux situations les meilleures : le déficit d’information s’améliore.

Tableau récapitulatif du déficit d’information des Européens sur les affaires européennes à l’automne 2007 :

Déficit d’information des citoyens européens sur les questions européennes

L’analyse de la perception de la connaissance des affaires politiques européennes dans l’Eurobaromètre 68 « l’opinion publique dans l’UE », commandité par la DG Communication et publié à l’automne 2007, révèle que les Européens ont le sentiment d’un important déficit d’information chez leurs compatriotes quant aux affaires politiques européenne.

Constat n°1 : convergence d’un sentiment d’un important déficit d’information sur les questions européennes

Dans tous les États membres de l’UE, une majorité absolue de citoyens ne se sent pas très bien ou pas du tout informés sur les affaires politiques européennes. A peine deux Européens sur dix se considèrent « très bien » ou « plutôt bien » informés.

Ce sentiment d’un important déficit d’information est commun à toutes les catégories de répondants, sans réelle différence selon le sexe, l’âge ou le niveau d’éducation des répondants.

Constat n°2 : absence d’information sur l’évolution de ce sentiment au sein des opinions publiques en Europe

La question sur la perception de la connaissance des affaires politiques européennes n’est plus disponible dans les Eurobaromètres standards réalisés au printemps 2008 (Eurobaromètre 69) ou à l’automne 2008 (Eurobaromètre 70).

Cette question n’est-elle plus digne d’intérêt pour les analystes ou les résultats ne sont-ils plus communiqués au grand public ?

Constat n°3 : émergence d’un pessimisme des Européens entre leur connaissance objective et leur sentiment de connaissance sur les questions européennes

Lorsque l’on analyse en parallèle le sentiment d’information et les résultats obtenus aux questions de connaissance objective, les analystes de l’Eurobaromètre « se demandent si les répondants ne se montrent pas un peu pessimistes ». En effet, la connaissance réelle des Européens en ce qui concerne les affaires européennes semble finalement moins faible qu’ils ne le pensent.

Corrélation entre connaissance du fonctionnement de l’Union européenne et soutien à l’intégration européenne ?

Réalisé par la Direction Générale Communication de la Commission européenne à la suite de sa création en mai 2006, l’Eurobaromètre : « Les citoyens européens et l’avenir de l’Europe. Étude qualitative dans les 25 Etats membres » soulève la question de savoir dans quelle mesure une meilleure connaissance du fonctionnement de l’UE (objectifs, institutions et politiques) favorise un meilleure soutien des citoyens à l’égard de l’intégration communautaire ?

Méconnaissance caractérisée du fonctionnement de l’UE

Les institutions communautaires sont mal ou très mal identifiées par les Européens :

  • le Parlement européen : la meilleure notoriété, « même quand on n’en connaît que le nom, celui-ci suggère simplement un organe de même nature que celle d’un Parlement national » ;
  • la Commission européenne : souvent connue de nom, mais son rôle est généralement flou – parfois un organe de « supervision » ou de « contrôle », ce qu’elle n’est pas ; rarement un rôle d’initiative ou de « proposition », ce qu’elle est ;
  • le Conseil : pratiquement inconnu en tant qu’institution et confusion évidente entre Conseil européen et Conseil de l’Union européenne.

Par ailleurs, les attributions respectives des différentes institutions et les modes de prise de décisions sont toujours perçus comme complexes et pratiquement ignorés.

Les analystes concluent que « dans tous les cas, les perceptions sont extrêmement confuses, et hypothétiques, quand elles ne sont pas purement et simplement inexistantes ».

Ainsi, les Européens seraient « incapables d’émettre une opinion fondée au-delà de leurs impressions plutôt négatives, avec l’idée de complexité, d’opacité, de lenteur des processus ou de faible efficacité ».

Réactions contrastées à une présentation résumée du fonctionnement de l’UE

Le fonctionnement institutionnel de l’UE est ainsi résumé :

  • l’UE fonctionne selon le principe de partage de souveraineté ;
  • les États-membres se mettent d’accord pour prendre des décisions communes prises à l’unanimité ou à la majorité qualifiée au sein du Conseil et adopter une législation commune dans certains domaines – ces décisions doivent également être votées par le Parlement européen ;
  • dans d’autres domaines, les décisions restent de la responsabilité de chaque pays, sans aucune intervention de l’Union européenne.

Les réactions des Européens indiquent que cette présentation :

  • clarifie des notions jusque là très largement incomprises ;
  • accrédite l’idée que l’UE n’est pas, ou est moins une « hydre tentaculaire » cherchant à intervenir dans tous les domaines puisqu’il en reste qui sont de la compétence nationale exclusive ;
  • montre que les décisions ne sont pas prises par des responsables totalement anonymes dans une « tour d’ivoire ».

Néanmoins, cette présentation « ne suffit pas à informer pleinement et à entraîner l’adhésion », des critiques et des questions étant émises sur :

  • les domaines respectifs de compétences communautaire et nationale : des exemples concrets seraient nécessaires ;
  • les domaines respectifs de décisions à la majorité ou à l’unanimité – même demande de précisions sur les champs d’application ;
  • la réalité de l’application de ces principes dans la pratique, en particulier la souveraineté partagée et la majorité qualifiée.

Ainsi, les Européens ne seraient pas fondamentalement influencés dans leur opinion sur la construction européenne par une meilleure compréhension du fonctionnement de l’UE.