Défense nationale et Union européenne

Avec le développement d’une politique européenne de sécurité et de défense (PESD), l’UE s’impose progressivement sur la scène internationale…

La PESD

Ayant pour objectifs de faire face aux nouvelles menaces, de lutter contre le terrorisme et d’œuvrer pour la paix, la PESD conduit à l’heure actuelle deux opérations militaires (l’EUFOR Tchad-République Centrafricaine et l’ALTHEA en Bosnie-Herzégovine) ainsi que huit opérations civiles à travers le monde

La Journée de l’Europe

En 2008, pour la deuxième année consécutive, la Défense a fêté la construction européenne en organisant un séminaire à l’Ecole navale, à Brest où étaient conviés des élèves officiers de marine de quelques écoles navales européennes.

Préparation de la Présidence française de l’UE

En vue de la PFUE, la Délégation à l’information et à la communication de Défense (DICoD) a organisé, le 29 mai dernier, un voyage de presse à Bruxelles afin de dresser un état des lieux et de donner les priorités de la PESD au cours du prochain semestre.

Priorités gouvernementales et attentes de l’opinion française autour de la PFUE

Confrontation entre les priorités gouvernementales de la présidence française de l’UE et les attentes de l’opinion publique en France…

Les priorités gouvernementales de la PFUE

Développement durable et énergie

Engagements précis de lutte contre les gaz à effet de serre et renforcement de la crédibilité de l’UE dans les négociations internationales sur le climat. Objectifs annoncés de renforcement de l’indépendance énergétique et de sécurisation/diversification de l’approvisionnement énergétique.

Immigration

Création d’un « pacte européen sur l’immigration et l’asile » pour affirmer que les Etats membres de l’UE renoncent aux régularisations massives et organisent de concert une immigraiton de travail.

Défense

Relance de l’Europe de la défense et augmentation des budgets européens associés à la rénovation de l’OTAN

PAC

Réforme de la PAC selon les principes suivants : assurer l’indépendance et la sécurité alimentaire de l’Europe, contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux, préserver les équilibres des territoires ruraux et participer à la lutte contre les changements climatiques et l’amélioration de l’environnement.

Les thèmes de la PFUE vus par l’opinion

S’agissant des domaines prioritaires pour l’avenir, les personnes sondées par IFOP pour Touteleurope.fr en janvier 2008 ne valident pas toutes les priorités de la présidence française : l’énergie, l’Europe de la défense, la réforme de la PAC recueillent pour leur part moins de 10% des choix. En revanche, l’environnement et le développement durable (27%) sont identifiés par les Français comme des priorités.

Par ailleurs, selon l’Eurobaromètre n°68, les Français estiment que les enjeux liés à l’environnement, à la recherche scientifique et à l’immigration doivent être traités de préférence au niveau de l’UE et non des Etats membres.

Ainsi, gouvernement et citoyens ne partagent pas tous les enjeux à l’agenda de la PFUE…

Comment la sécurité énergétique européenne est-elle devenue l’une des principales priorités de la PFUE ?

Retour sur les principales étapes de la mise sur l’agenda de la PFUE de la sécurité énergétique européenne…

Une allocution présidentielle pour fixer la « ligne »

Lors de son allocution télévisée, le 10 février dernier, le président de la République avait présenté les priorités de la PFUE : « travailler sur une stratégie de développement durable, une politique commune de l’immigration, une défense européenne et une refondation de la politique agricole ». Alors que l’immigration est une priorité controversée, que la défense européenne est longue à organiser et que le bilan de santé de la PAC est d’ores et déjà lancé, la stratégie de développement durable se trouve au cœur de la réussite de la PFUE…

La remise d’un rapport au Premier ministre pour dégager des propositions

Afin de faire émerger cet enjeu parmi les enjeux, un rapport « Sécurité énergétique et Union européenne : propositions pour la Présidence française » de la mission de réflexion sur l’énergie présidée par Claude Mandil, ancien directeur de l’Institut français du pétrole et directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie jusqu’en septembre 2007, a été remis au Premier ministre le 21 avril 2008.

Selon l’auteur du rapport, l’amélioration de la sécurité des approvisionnements énergétiques de l’UE comporte deux aspects :

  • des réponses internes à l’Union européenne : renforcement des économies d’énergie, mise en place de dispositifs européens d’urgence en cas de crise d’approvisionnement, réalisation d’investissements,
  • la définition d’une politique de sécurité énergétique commune à l’UE afin de faciliter les relations énergétiques avec les pays.

La communication du ministre d’Etat en Conseil des ministres pour institutionnaliser les « ambitions » françaises

Le 21 mai, le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a présenté une communication, au Conseil des ministres sur la sécurité énergétique européenne.

Dans le cadre de la stratégie de développement durable évoquée par le président de la République et dont les objectifs sont :

  • garantir la sécurité de l’approvisionnement de l’UE,
  • améliorer la compétitivité des économies des États membres,
  • contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Jean-Louis Borloo veut porter la réussite du Grenelle de l’Environnement à l’échelle européenne et notamment les ambitions suivantes pour l’avènement d’une véritable sécurité énergétique européenne :

  • maîtriser la consommation énergétique,
  • faire de l’Europe un espace énergétique unifié,
  • parler d’une seule voix avec les grands pays producteurs.

L’intervention du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes pour accompagner l’engagement des pouvoirs publics

Le 28 mars, clôturant un colloque sur « La renaissance du nucléaire, un enjeu pour l’Europe », le secrétaire d’Etat aux affaires européennes a précisé que la sécurité d’approvisionnement énergétique serait l’un des grands axes de la PFUE.

Enquête d’opinion : "l’influence de la France en Europe : peut-on encore y croire ?"

Dans un sondage commandé par le cabinet Hill & Knowlton et réalisé par Opinion Way, les Français juge l’influence de la France en Europe…

Une vision faussée de l’influence

L’opinion des Français semble reposer sur l’image de l’Europe des fondateurs, alors qu’aujourd’hui l’Union compte 27 États membres.

Une influence dominée par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni

Seuls trois pays sont véritablement jugés influents en Europe :

  • 72% des sondés estiment que l’Allemagne est « le pays qui a le plus d’influence sur les décisions de l’UE » en raison de sa puissance économique et démographique, son rôle historique dans l’UE, et enfin, les qualités de la chancelière Angela Merkel ;
  • 14% des Français positionnent la France en second avec une influence provenant de son rôle historique, puis de sa position géographique « centrale » et de sa future Présidence de l’Union ;
  • 8% des personnes interrogées choisissent le Royaume-Uni pour compléter le trio de tête avec comme argument sa puissance économique, son expérience du lobbying, sa capacité d’obstruction au sein de l’Union et ses relations privilégiées avec les Etats-Unis.

Une influence française limitée dans les enjeux économiques, jugés capitaux

Selon le compte-rendu de Fenêtre sur l’Europe, « les Français estiment que leur pays a de l’influence en Europe d’abord dans des domaines régaliens (politique étrangère, défense et sécurité), ainsi que dans l’agriculture. Mais il ne s’agit pas pour les sondés des domaines les plus importants, qui sont l’économie et la monnaie et le marché du travail. »

« L’empire de la norme » : l’analyse de Zaki Laïdi sur les formes inattendues de la puissance européenne

Répondant à une polémique lancée le 25 octobre dernier, par le Wall Street Journal qui publiait un violent réquisitoire contre l’Europe, intitulé « Regulatory Imperialism », Zaki Laïdi, directeur de recherche à Sciences-po, publie un article dans Telos sur les formes inattendues de la puissance européenne.

Zaki Laïdi précise : « l’influence de l’Europe dans le monde, à défaut d’être géopolitique, est de nature normative » : l’Europe : c’est la norme sans la force… En somme, sur la scène internationale, l’UE est perçue comme « un acteur hyper régulateur » dont la volonté « impérialiste » est d’étendre ses normes au-delà de ses frontières.

Pour autant, cette influence normative peut-elle s’étendre à d’autres domaines ? Est-elle constitutive d’une nouvelle puissance ? Pour Zaki Laïdi, « ce n’est pas sûr et, en tout cas, pas acquis ».

D’ailleurs, la Commission européenne a publié, mercredi 30 janvier le deuxième rapport de progrès sur la stratégie de simplification de l’environnement règlementaire. Depuis octobre 2007, cette stratégie a permis de supprimer 5 000 pages des Journaux officiels sur les 95 000 pages de l’acquis communautaire.

L’objectif de cette initiative « mieux légiférer » vise à réduire les obstacles bureaucratiques, à assurer une meilleure lisibilité de la norme et un meilleur accès au droit communautaire. En somme, à assurer que la législation communautaire soit claire, compréhensible et en phase avec les dernières évolutions technologiques.

Ne s’agit-il pas de l’un des principaux enjeux pour permettre aux entreprises et aux citoyens de mieux comprendre les politiques de l’UE, donc de mieux communiquer sur les actions communautaires ?