Comment communiquer sur un récit européen de l’UE ?

Avec la fin des idéologies, ce sont également les grands récits historiques qui ont été engloutis. Tandis que chaque nation – en fonction d’écoles historiographiques et de valeurs morales/idéologiques – réécrit au fil du temps sa propre histoire, comment l’Union européenne peut-elle se raconter ?

Incarner l’UE avec les Pères fondateurs pour rendre l’histoire de l’UE communicative

Évidemment, il ne s’agit pas de revenir au temps de l’école des Annales sous la IIIe République qui sacralisait quelques figures historiques de grands hommes pour raconter un récit national unificateur et construisant une identité nationale.

Par ailleurs, la vaste enquête réalisée en 2003 par Philippe Joutard et Jean-Noël Jeanneney sur le « bon usage des Grands Hommes en Europe » concluait qu’il n’existe pas aux yeux des Européens de Grands Hommes européens, le socle national demeurant incontournable.

Pour autant, le choix de conserver quelques personnalités « historiques » qui incarne la construction européenne permet à la fois de fixer les faits et de cerner l’intentionnalité et la subjectivité d’une construction humaine de l’UE.

Commémorer la mémoire de l’UE pour rendre l’histoire de l’UE intersubjective

Avec la réapparition des grandes personnalités historiques – inusables pour l’apprentissage et la transmission de l’histoire, à condition de les regarder avec la bonne distance critique – c’est également une nouvelle figure qui s’impose : le héros qui se sacrifie laisse sa place à la victime qu’il faut commémorer.

Cette évolution éthique « de la crucifixion à la pietà » ouvre la voie, sinon à une mémoire européenne, du moins à l’européanisation de la mémoire, avec des velléités de créer à l’échelle européenne des rites de commémoration, des lieux de mémoire, voire des musées.

Communiquer via des reconstitutions « live » d’événements historiques de l’UE

Puisque l’histoire se raconte ou plutôt se vit de plus en plus via des reconstitutions « live » d’événements historiques passés qui touchent un public de plus en plus large, l’UE aurait tout intérêt à réfléchir à quelques transcriptions :

Comment s’inspirer des reconstitutions grandeur nature et en costumes des batailles napoléoniennes en Russie ou ailleurs dans un contexte européen contemporain ?

Comment transposer à l’échelle de l’UE des parcs d’attraction à thèmes tels que le Puy du Fou autour de l’histoire vendéenne ?

Comment restituer des grands moments de l’UE comme la signature de traités fondateurs tels que l’ont proposé des expérimentations dans les médias sociaux (la reconstitution de la 2e guerre mondiale sur Twitter @RealTimeWWII est suivie par 273K followers) ?

Ainsi, l’enjeu du récit européen de l’UE réside dans sa capacité à transmettre une histoire à la fois communicative donc incarnée, interpersonnelle donc mémorielle et vécue donc « live ».

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