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Quelques mots sur la communication culturelle en France et en Europe

Alors que la « vieille » communication culturelle se donnait pour ambition de promouvoir le rayonnement de la culture à l’étranger en mettant l’accent sur la protection du patrimoine culturel et la défense de la langue française ; la communication culturelle moderne et contemporaine valorise la diversité des cultures et le dialogue interculturel avec un accent sur la diversité des formes/expressions des arts, sur la coopération, la francophonie et la protection des auteurs/créateurs.

L’analyse de l’opinion sur l’Europe et la culture dresse un constat sans appel :

  • Seuls 2% des Français évoquent l’Europe comme l’enjeu qui les préoccupent le plus ;
  • Seuls 2 % des Français évoquent spontanément la culture à l’évocation du mot « Europe » ;
  • Les pratiques culturelles, comme la connaissance de l’Europe, ne touchent qu’un public restreint.

Une action de promotion des initiatives culturelles française et européenne se justifie pleinement afin de les expliquer et de les valoriser au travers de messages clairs, informatifs et positifs.

Pour aller plus loin et mieux comprendre ces enjeux, télécharger la présentation…

Contribution à la définition d’un nouveau modèle européen

Anthony Giddens, le théoricien de la « troisième voie » blairiste, vient de publier un livre qui vient opportunément alimenter la réflexion sur la réalité sociale européenne initiée par la Commission.

L’idée principale de l’ancien directeur de la London School of Economics : « les mutations sociales des dernières décennies (progrès technologique, atomisation du marché du travail, montée de l’individualisme…) ont rendu inefficaces les leviers d’action traditionnels de l’Etat providence ».

Puisqu’il ne saurait y avoir de progrès social sans croissance. Les pouvoirs publics des Etats membres doivent encourager le développement économique et favoriser l’accès à l’emploi, notamment en développant la « flexisécurité ».

L’Union européenne quant à elle doit se positionner à l’avant-garde des changements en favorisant et accompagnant le basculement vers une économie de la connaissance et des services tout en poursuivant l’excellence écologique. La définition d’un modèle social européen constitue le levier d’action du rebond européen.

Les paradoxes de la réalité sociale française

Dans le cadre de la consultation sur la réalité sociale européenne organisée par la Commission, une contribution vient de paraître avec un rapport réalisé par le Centre d’Analyse Stratégique dressant un panorama des « réalités sociales françaises à l’aune européenne ».

L’enseignement le plus marquant est que malgré un grand nombre d’indicateurs encourageants, les Français sont inquiets.

Si l’on en croit les chiffres, il fait plutôt bon vivre en France. Néanmoins, les Français se situent en dessous de la moyenne européenne lorsqu’on leur demande leur sentiment sur leur niveau de vie ou leur logement.

Par ailleurs, alors même que la politique familiale et le modèle social français en matière d’inégalités et de pauvreté sont parmi les plus généreux et redistributifs en Europe ; les Français sont nettement moins satisfaits de leur vie familiale et ils sont ceux qui craignent le plus de tomber dans un état de pauvreté.

Concernant l’éducation, la France arrive avant-dernière en termes de satisfaction, alors que ses dépenses dans ce domaine la placent au 7e rang en Europe. Les Français sont aussi les Européens les moins favorables à la mondialisation et figurent parmi les plus inquiets pour les générations futures.

Inventaire sur la réalité sociale européenne

Existe-il un « European way of life » sur lequel l’UE pourrait s’appuyer pour une éventuelle campagne de communication sur les valeurs européennes ?

Dans le cadre d’un projet de programme d’action intitulé : « Un projet pour les citoyens : produire des résultats pour l’Europe », la Commission européenne organise cette année une vaste consultation publique sur les réalités sociales de l’Europe. La consultation vise à recueillir des avis sur les tendances sociales actuelles et sur le «bien-être» aujourd’hui.

Le constat est simple

  • Les sociétés européennes changent profondément : tendances démographiques, vie familiale, place des femmes dans la société, mobilité sociale, incidence de la pauvreté et des inégalités, valeurs multiculturelles…
  • Les défis de la mondialisation (sentiment d’insécurité, nature du travail) sont sans cesse plus nombreux et ne peuvent que renforcer le besoin d’Europe ;
  • Les attentes des citoyens à l’égard de l’Union européenne sont fortes ;
  • L’Europe sociale demeure pour l’instant dans les limbes.

La méthode est originale

La Commission n’avance à ce stade aucune option politique ou projet de proposition. Les conclusions de cette consultation ouverte à tous citoyens (notamment sur le site Internet dédié, qui publiera l’ensemble des contributions), menée en étroite coopération avec les États membres, serviront à alimenter la réflexion sur le rôle des politiques européennes et le contenu des actions futures.

Le bilan de la réalité sociale européenne

Les principales transformations :

  • l’évolution vers une société de services : qualification et besoins différents pour les salariés/consommateurs ;
  • le changement démographique : vieillissement et non renouvellement des générations ;
  • les faiblesses à ces systèmes de protection sociale : système de retraite et de préretraite et montée de la pauvreté des enfants ;
  • le changement des valeurs de la société : délitement des liens sociaux (fin des religions, de la famille et de l’engagement politique).

Les motifs de satisfaction :

  • selon l’enquête Eurobaromètre réalisé en 2006 et rassemblant un ensemble de donnée sur la situation sociale des Européens : 87 % des Européens disent « aller bien »;
  • la montée de l’espérance de vie ;
  • la part des gens diplômés augmente : démocratisation du savoir.

Peut-on pour autant parler d' »European way of life » ? Serait-il possible d’envisager une campagne de communication sur les valeurs partagées par les Européens ?

Etat des lieux des élargissements : pas de nouvelle adhésion en perspective

Comme nous l’avions évoqué il y a un mois, la Commission européenne a comme prévu publier, son rapport sur les progrès accomplis depuis les 12 derniers mois par les 3 pays candidats à l’adhésion à l’UE (Croatie, Turquie, Ancienne République yougoslave de Macédoine) et les 4 candidats potentiels (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie). Le statut du Kosovo demeure pour le moment indéterminé.

Le progrès des négociations et du processus d’adhésion dépendent étroitement de celui des réformes engagées dans chacun des États. De manière générale, si la plupart des pays candidats et candidats potentiels ont progressé sur le plan économique, il n’en va pas de même sur le plan politique : respect de l’État de droit, réforme de la justice et lutte contre la corruption sont à améliorer.

La Croatie, seul pays des Balkans à avoir entamé des négociations d’adhésion avec l’UE, en octobre 2005, peut espérer adhérer en 2009 ou 2010. La Turquie doit encore progresser, en particulier dans sa normalisation des relations bilatérales avec la République de Chypre.