« Next Generation EU » : la communication européenne pour la relance de l’UE

Le choix des mots pour la présentation du plan de relance proposé par la Commission européenne autour de l’expression « Next Generation EU » pèse sur des dits et des non-dits. Décryptage de la communication européenne de sortie de crise…

Un slogan programmatique de l’UE : un investissement en tête de #NextGenerationEU

Le titre de la communication de la Commission européenne sur la relance de l’UE : « L’heure de l’Europe : réparer les dommages et préparer l’avenir pour la prochaine génération » annonce sans détour que « c’est l’heure de l’Europe » pour « investir dans une reprise collective et un avenir meilleur pour les générations à venir ». L’expression de génération semble séduire les plumes européennes qui poursuivent par ailleurs : « c’est la mission majeure de notre génération ».

L’expression « Investir pour la prochaine génération » est reprise sur la page web du press corner de la Commission européenne et le hashtag #NextGenerationEU est largement utilisé sur les comptes officiels de la Commission européenne sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, 3 000 tweets depuis plus de 2 000 comptes différents comptabilisent 30 millions d’impressions en quelques jours. Quelques mentions sont également reprises dans les retombées médiatiques visibles sur Google News.

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Un lapsus idiomatique : une endettement sur les dos des générations futures

Néanmoins, après la formulation malheureuse de « Protection du mode de vie européen » lors de la répartition des portefeuilles des Commissaires européens et le concept problématique de « Commission géopolitique », l’expression « Next Generation EU » est-elle appropriée ?

Littéralement, le nouvel instrument financier pour la relance – incluant des emprunts sur les marchés financiers remboursés sur une longue période dans le cadre des futurs budgets de l’Union – pas avant 2028 et pas après 2058 – en choisissant l’expression « Next Generation EU » annonce que la construction européenne se poursuit, de manière inédite, sur le dos des prochaines générations qui auront à rembourser les dettes actuelles.

Le saut à la fois quantitatif vue l’importance des montants en jeu, et qualitatif compte tenu de la modalité largement inédite d’emprunt de l’UE aurait pu être orchestrée dans une communication qui n’aurait pas aussi explicitement joué la carte générationnelle, opposant de facto les générations présentes qui choisissent d’emprunter des générations futures qui subissent le remboursement.

Une scénarisation asymétrique : « Frugal 4 » vs « #NextGenerationEU »

Dans la mise en scène institutionnelle et médiatique, la séquence « Next Generation EU » vient s’inscrire comme la réponse officielle aux « Frugal 4 », les 4 États-membres dits frugaux pour les plus courtois, également appelés les radins par les plus critiques qui refusent la mutualisation des dettes.

La mise en récit autour des générations n’est sans doute pas le meilleur storytelling, pour convaincre de la nécessité du recours à l’investissement par la dette et mobiliser des coalitions de soutien dans les opinions publiques et auprès des eurodéputés. D’ailleurs peu de journalistes sur Twitter ou dans leurs papiers semblent reprendre les mots de la Commission européenne pour faire face aux maux de la crise.

Tant la situation que la réponse, toutes inédites, plaidaient pour une communication européenne plus « disruptive » alliant l’empowerment conjoint des Européens et de l’UE.

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Agenda-framing du « moment Hamiltonien » de l’Union européenne

L’annonce historique d’une proposition du couple franco-allemand en faveur d’un endettement mutualisé de l’UE d’un montant de 500 milliards d’euros constitue une belle occasion de décrypter les manières de raconter la construction européenne en mouvement. Quels sont les cadres narratifs et interprétatifs mobilisés autour de ce « moment Hamiltonien » de l’Union européenne ?

Agenda-framing « basique/classique » : le moteur du couple franco-allemand

Premier cadre des narrations sur l’Europe, la renaissance des initiatives du couple franco-allemand est au cœur des récits qui réinscrivent l’avancée dans une histoire de compromis qui ont fait avancer l’UE au cours des crises.

Principal constat, cette interprétation semble davantage mobilisée en France puisqu’elle replace l’adhésion au projet européen dans la dynamique d’une projection qui grandit la France, face à un partenaire allemand qui doit se laisser convaincre, comme ce fut le cas pour la création de la monnaie commune.

Primordiale raison, ce récit ayant déjà été mobilisé pour les précédentes étapes de la construction européenne, ce cadre narratif et interprétatif se trouve disponible et compréhensible pour un vaste public disposant de peu de connaissances et d’intérêts pour la construction européenne.

La mise en récit du couple franco-allemand (expression très française qui n’est pas traduite de la même manière par le partenaire allemand) est le mode de narration le plus accessible et donc le plus usuel dans les médias, en particulier les médias audiovisuels qui ne consacrent que quelques instants à ce sujet pourtant majeur.

Agenda-framing « stato-centré » : les négociations du concert des nations européennes

Deuxième cadre de présentation de l’initiative, l’intégration de cet élément de péripétie narrative dans la mise en scène plus globale du dialogue entre les chefs d’État et de gouvernement des États-membres de l’UE. Le mouvement de la France et de l’Allemagne doit ainsi se comprendre en réponse aux positions de l’opposition constituée par les frugaux.

Force est de constater que ce cadre interprétatif nécessite de réinscrire la dernière séquence dans un plan plus long, avec davantage de « personnages » : Macron et Merkel sont ainsi en dialogue avec leur homologues des pays européens, dont seuls les plus importants, comme l’italien Conte sont à minima connus voire reconnus dans les opinions publiques européennes.

Par conséquent, ce cadre présente une lecture plus « fleurie », avec davantage d’intrigues et de tension narrative, pour un public forcément plus « averti », qui tendra à se réduire aux consommateurs d’information plus internationale et aux amateurs d’enjeux géopolitiques. Toutes les connaissances préalables relatives aux situations nationales en Europe peuvent être mobilisées pour multiplier les interprétations et les prédictions sur les issues futures.

Agenda-framing « européo-centrée » : la mutualisation du destin européen

Dernier cadre interprétatif observé autour de l’annonce de la mutualisation de dettes européennes en réponse à la crise du Coronavirus, la mobilisation non seulement de « briques » narratives nationales mais surtout de ressources symboliques liées à l’Union européenne à proprement parlé.

Ce qui distingue ce cadre narratif, c’est évidemment que la narration se fait sous un angle européen, à partir des référentiels de l’Union européenne. L’annonce se comprend comme l’approfondissement de l’unification économique, rendue indispensable après l’arrêt de la cour fédérale de Karlsruhe, dans un prolongement attendu, pensé à la suite de la quasi-fédéralisation de l’union monétaire avec la monnaie unique, l’euro et la Banque centrale européenne, la BCE.

Évidemment, cette mise en récit familière des milieux européens et simplificatrice pour la bulle bruxelloise, se voit portée par les acteurs en scène, en particulier dans les institutions nationales et européennes, qui disposent de tout le capital social pour naviguer avec aisance voire plaisance dans ce dédale où la simple annonce devient un moment charnière vers la mutualisation des souverainetés.

Certains spécialistes s’essaient même à chaud à offrir une quasi-théorisation de l’événement, ce que l’expression « moment Hamiltonien » suggère puisqu’il s’agit de l’introduction de la mutualisation des dettes entre les États fédérés des États-Unis d’Amérique – un agenda-framing indisponible à la quasi-totalité des Européens, à fortiori avant l’annonce.

Au total, l’enseignement à tirer : les cadres de narration et d’interprétation, auquel le public accède, s’appuient sur des ressources symboliques et des référentiels discriminants préexistants à l’annonce. Une même annonce n’a pas le même impact.

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Comment développer l’adhésion et la participation des citoyens au projet européen ?

La lecture par la professeur Nathalie Pignard-Cheynel du rapport « What media can learn from other member-driven movements » du Membership Puzzle Project est très instructive pour explorer le modèle de l’adhésion et de la participation dans le cadre de l’Union européenne…

L’Union européenne doit devenir un acteur du changement

Une vision glocal, à la fois global et local doit être proposée par les institutions européennes afin de répondre aux crises et aux sentiments d’insatisfaction ou d’indifférence ; ainsi qu’à la quête de sens et d’action recherchée par les citoyens.

Une transformation de rupture quittant l’anti-modèle technocratique pour des institutions européennes pourvoyeuses d’opportunité d’action collective afin de passer du pessimisme généralisé de l’intelligence collective à l’optimisme exploitable des bonnes volontés en partant d’une recherche sincère et collective de solutions concrètes.

Une approche visant à repenser la manière de s’adresser aux citoyens, de chercher à construire des relations de long terme et de créer des communautés d’intérêts afin de réarticuler l’individuel et le collectif en visant un but commun qui transcende les intérêts en vue de favoriser l’adhésion des publics rassemblés autour de problèmes à résoudre ensemble.

L’Union européenne doit favoriser la participation des publics

Une réinvention de la participation qui doit dépasser le modèles des dialogues citoyens basiques générant plus de déception et de frustration que de réelles plus-values pour les citoyens. Les institutions européennes doivent réexaminer leur rule book définissant la façon dont on envisage la « mission » du citoyen, le « contrat social » avec les institutions et le discours de l’Union européenne.

D’une part, il s’agit de proposer une participation non élitiste, en brisant l’idée qu’il faut des compétences spécifiques pour participer au débat sur l’Europe même s’il faut prévoir des modalités innovantes d’accompagnement, de sensibilisation et d’information.

D’autre part, il convient d’imaginer une participation diversifiée et modulable en proposant une palette de modalités qui :

  • Font sens par rapport au but de l’Union européenne et qui ne sont pas instrumentalisés à des fins de mise en scène ;
  • Modèlent des engagements des plus passifs aux plus actifs en rompant avec la dichotomie intimidante et excluante entre « participants » et « non participants » ;
  • Conduisent à réfléchir à des voies d’accès à une adhésion et une participation inclusive des moins aisés et plus exclus qui n’ont ni les compétences ni les moyens mais qui peuvent s’investir autrement.

L’Union européenne doit développer une nouvelle communication

D’abord, l’Union européenne doit acquérir de nouvelles pratiques afin d’être à l’écoute de ses publics, de leurs propos et de leur modes de vie, ce qui suppose de nouvelles manières de sonder et d’analyser les attentes dans une démarche empathique et innovante afin d’amplifier des usages existants permettant de reconnecter des citoyens défiants mais aussi de nouvelles manières d’interagir avec les communautés, de façon informelle permettant également de mieux connaître leurs capacités et domaines d’action.

Ensuite, l’Union européenne doit favoriser de nouvelles compétences auprès des publics afin dans un premier temps de créer des « jumelages » entre les centres d’intérêts et les passions des citoyens d’une part et les possibilités d’engagement d’autre part via une personnalisation de la participation L’idée est que l’adhésion sera toujours renforcée si les envies et les motivations des citoyens coïncident avec ce que propose la participation. De nouveaux métiers vont apparaître afin de remplir la fonction dédiée aux liens avec les citoyens et l’engagement avec les publics.

Dans un second temps, les institutions européennes pourront proposer d’utiliser des relais au sein des communautés et de proposer des logiques de « mentorat » autour de parrainages de citoyens récents par des citoyens plus expérimentés pour les accueillir, les intégrer et les orienter.

En troisième lieu, des rôles d’ambassadorat pourraient être confiés, avec des ambassadeurs/porte-parole délégués pour disséminer les informations auprès des communautés et réguler les conversations.

L’Union européenne doit inscrire l’adhésion et la participation dans un projet viable et durable

Les institutions européennes doivent concevoir des approches agiles intégrant les connaissances et les retours des citoyens afin de favoriser une croissance à l’échelle humaine, intentionnelle et maîtrisée permettant de garantir une capacité à servir les citoyens selon le « contrat » initial sans diluer la valeur perçue et reçue.

Une telle démarche doit s’appuyer sur des outils open source de gestion et de pilotage des communautés doit viser la fidélisation, la diversité des publics, la maturité à la fois au sens de la pérennité de la communauté et de la responsabilité des institutions européennes.

Une participation maximisée doit nécessiter des ressources technologiques et humaines ainsi que des réorganisations internes afin que la proposition de valeur de la participation demeure simple et accessible aux citoyens leur permettant de s’investir, selon leur volonté, quelques soient leur temps ou leur énergie disponibles.

Au total, le modèle de l’engagement des citoyens doit s’inscrire dans une perspective globale requérant une réflexion profonde sur le positionnement adéquat qui favorise l’adhésion et la participation des citoyens en vue de créer des communautés partageant une vision des valeurs communes.

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Euroscepticisme et ambivalence de l’opinion publique française vis-à-vis de l’Europe

Passionnant travail sur l’opinion publique française et l’Europe par l’institut Jacques-Delors Notre Europe où les auteurs du rapport « les Français et l’Europe entre défiance et ambivalence » analyse une situation inquiétante et inédite d’euroscepticisme et d’ambivalence…

Euroscepticisme très fort : des fractures européennes sans précédent en France

Fait sans précédent, parmi tous les États-membres, la France appartient aux peuples les plus négatifs face à l’UE – une position peu enviable liées à un soutien « diffus » aux valeurs et aux principes de l’UE faiblement majoritaire face à un soutien « spécifique » moins favorable concernant l’efficacité de l’Union européenne.

La 2e ligne de clivage porte sur la fracture sociale, particulièrement vive pour la France : classes populaires, ouvriers et chômeurs se représentent l’Europe comme une menace contre les protections sociales nationales.

La polarisation des attitudes vis-à-vis de l’UE renforce l’intensité des clivages : contrairement à la France, dans le reste de l’Europe, les plus positifs sont deux fois plus nombreux et les plus négatifs deux fois moins.

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Ambivalence de la relation des Français à l’Europe : les sentiments mêlés divisent

Des variations entre attitudes pro et antieuropéennes dessinent des individus ambivalents à l’égard de l’Europe :

Côté « positif », les ambivalents ont une massive adhésion à la libre circulation et au droit de travailler comme de vivre dans tous les États membres ; un soutien très majoritaire aux différentes politiques communes et une conviction que la voix de l’Union européenne compte dans le monde.

Côté « négatif », les ambivalents ont une mauvaise image de l’Europe, se méfient de la situation économique ; des institutions et de l’avenir mais surtout doutent que les intérêts de la France soient bien pris en compte au sein de l’UE. L’idée européenne est belle, mais ça ne marche pas comme ils le souhaiteraient.

Méconnaissance ou incompréhension de l’Europe : le facteur clé d’interprétation

La méconnaissance du fonctionnement de l’Europe constitue un élément majeur du rapport de défiance des Français à l’Europe (la France occupe le dernier rang parmi les 27). Le facteur culturel constitue un élément majeur d’explication de ce rapport ambivalent des Français vis-à-vis de l’Europe.

La compréhension ou l’incompréhension de l’Europe divise entre les proeuropéens, qui ont le sentiment de bien comprendre comment fonctionne l’Europe, les eurosceptiques non et les ambivalents guère plus.

C’est un élément majeur du rapport des Français à l’Europe, car il s’agit d’une des dimensions sur laquelle la France occupe le dernier rang parmi les Etats-membres. Une situation dramatique déjà abordée ici.

Relations entre les Français et l’« Europe » : les projections sur l’Europe, reflet des exceptions françaises

Plusieurs éléments explicatifs de nature culturelle sont avancés par les auteurs du rapport pour comprendre les rapports spécifiques que les Français entretiennent avec l’UE :

La culture politique unitaire « jacobine » de la souveraineté française est en décalage avec la culture européenne « pluraliste » du compromis au sein de l’UE. Du coup, les Français ont du mal à jouer le jeu des règles européennes : deal majoritaire, lobbying décomplexé, coalitions parlementaires à géométrie variable.

La culture socio-économique « colbertiste » de la France marquée par une certaine défiance voire une hostilité au libéralisme et au libre-échange impactent négativement le rapport que maints Français entretiennent avec l’Union européenne. Du coup, les règles du marché commun, du pacte de stabilité ou de la politique de concurrence passent encore mal aujourd’hui.

Enfin, les visions radicalement différentes de la raison d’être de l’engagement européen entre le projet des “pères fondateurs” l’Europe des nations gaulliste se sont fracassées sur les élargissements aux pays d’Europe centrale et orientale : « l’Europe n’est pas la France en grand » !

En conclusion, tant que la méconnaissance et le niveau d’information médiocre des citoyens français ne sera pas corrigée, tout discours de l’Union européenne sera inaudible. Mais, l’Europe qui a tant déçu les Français n’aura pas beaucoup de seconde chance.

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Stratégie de communication post-Covid : l’UE nouveau soft superpower ?

Anu Bradford, professeur de droit à l’Université Columbia, fait débat dans les think tank bruxellois en ce moment avec une thèse iconoclaste sur le superpower de l’Union européenne : « The Brussels Effect. How the European Union Rules the World », tribune et podcast sur Project Syndicate. Est-ce que ce devenir d’hegemon régulateur peut se mettre au service d’une nouvelle stratégie offensive de communication de sortie de crise ?

De la résilience du « Brussels Effect »

Pour la juriste américaine Anu Bradford, le pouvoir unilatéral de régulation des marchés de l’UE vient du fait que les grandes entreprises mondiales, notamment américaines, se conforment de plus en plus aux règles européennes, non seulement pour exister dans le marché unique mais sur tous leurs marchés, les règles européennes s’imposent comme la norme standard de la globalisation, qu’il s’agisse de protection de l’environnement, de sécurité alimentaire, de respect de la privacy…

Cette situation exceptionnelle pour l’UE est due non seulement au vaste marché des consommateurs européens et au pouvoir de régulation et de sanction des institutions européennes, mais surtout au ration PIB par habitant qui place les sociétés européennes encore parmi les plus avancées du monde, donc les plus en attente de protection renforcée de la part des pouvoirs publics.

Ni la crise du Coronavirus qui n’entame pas le rôle de régulation technocratique de l’UE, ni la fausse promesse de liberté de régulation du Brexit ne renverse le rôle de « rule maker » plutôt que de « rule taker » de l’Union européenne.

De l’impact et des limites du soft superpower bruxellois

Dans les stratégies de sortie de crise Post-Coronavirus, face à l’autoritarisme digital chinois de contrôle massif des populations et au tout marché américain sans protection des droits personnels avec les GAFAM, la régulation humaniste européenne – illustrée avec le RGPD et attendue pour l’IA notamment – positionne l’Union européenne comme un soft superpower crédible capable de trouver des solutions, à partir du marché et d’incitations, ainsi que de sanctions, pour les entreprises. Le modèle est certainement appelé à impacter encore davantage la régulation numérique du nouveau monde.

Néanmoins, pour la professeur de Columbia, la Commission géopolitique annoncée par Ursula von der Leyen -et déjà critiquée ici-même – sera difficile à « délivrer » car tous les attributs du superpouvoir régulateur, permettant des effets de long terme par la régulation du marché ne seront de peu d’impact sur les questions géopolitiques, où le hard power s’exprime par des formes traditionnelles dont l’UE est encore largement dépourvue et encore pour longtemps.

Quand on voit combien nous dépendons dans notre vie quotidienne du bon fonctionnement de la globalisation, nous ne pouvons que souhaiter que le rôle d’équilibre entre les puissances, d’influence sur l’organisation du système mondial et de régulation des acteurs économiques porté par l’Union européenne soit relancé et renforcé. Le sursaut du projet européen est en jeu.

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