Quelles sont les propositions spontanées des citoyens pour communiquer avec l’UE ?

Dernier volet de l’enquête réalisée par Virginie Timmerman pour Notre Europe – Institut Jacques Delors auprès des citoyens européens, après les avoir interrogés sur l’image de l’UE, l’information et la communication autour de l’UE, place maintenant à leurs propositions comme moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE

Variété des propositions, unité pour le numérique et totalité pour des contacts

La variété de leurs propositions reflète leurs différentes résolutions à :

  • Une plus grande proximité et continuité des échanges avec l’UE (grâce à des points de contact plus proches des citoyens) ;
  • Un plus grand accès aux institutions et aux représentants européens (grâce à moins de bureaucratie et à un contact plus personnalisé et plus direct) ;
  • Plus d’informations (particulièrement sur les activités européennes qui les touchent au quotidien) afin de se sentir plus concernés par l’UE.

L’unité derrière ces idées de moyens d’expression citoyenne est très souvent liée à Internet et aux outils de communication électronique, vue comme un outil rapide, accessible et pratique.

La totalité (à l’exception des Allemands) imagine des moyens d’expression citoyenne impliquant un contact régulier avec – ou entre – les citoyens européens, notamment via des actions collectives.

Classement des moyens d’expression citoyenne pour communiquer avec l’UE

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1. Le moyen le plus souvent évoqué prendrait la forme d’une plateforme ou d’un forum interactif en ligne où les citoyens pourraient s’informer, échanger entre eux et s’exprimer librement avec l’aide de modérateurs ou d’experts. Ceux-ci pourraient également donner des réponses, suivant différentes modalités.

2. Le second moyen qui revient est le sondage qui s’effectuerait en ligne, se déclinerait de manière simple (une question à un groupe représentatif), serait régulier et surtout dont les résultats seraient largement communiqués afin que chaque citoyen puisse en avoir connaissance.

3. Les autres moyens mentionnés sont : un groupe Facebook – variation de la plateforme citoyenne – des consultations citoyennes, la création d’un think tank citoyen où les opinions des citoyens seraient régulièrement recueillies, analysées et communiquées, dans le même genre un partenariat entre lobbies et citoyens où les lobbies pourraient travailler en coopération avec les citoyens afin d’avoir un point de vue complet à communiquer aux députés et représentants européens, des échanges et débats citoyens locaux où chacun pourrait venir donner son avis sur les propositions européennes sur le schéma des conseils de quartier français, des événements avec des citoyens de différents États membres, et enfin les pétitions et les manifestations.

4. La majorité évoquent des moyens d’expression impliquant un contact avec les députés européens et les représentants des institutions européennes. Ces moyens ne sont pas particulièrement nouveaux, mais les citoyens les évoquent en y ajoutant des modalités qui les rendraient, pour eux, nouveaux – régularité, proximité, publicité, échanges personnalisés.

Le moyen le plus souvent évoqué, sous cette forme, est l’organisation de débats avec des députés européens, des représentants des institutions européennes ou des experts qui se dérouleraient régulièrement à proximité des citoyens – dans les capitales régionales – où chacun pourrait exprimer son opinion et être pris en considération.

5. Au-delà de l’organisation de ces débats, certains citoyens aimeraient avoir la possibilité de rencontrer les députés européens individuellement, en imaginant qu’ils pourraient avoir un bureau dans les grandes et moyennes villes avec des dates et horaires d’ouverture réguliers ; cependant ils sont conscients que cela est quasiment irréalisable étant donné les calendriers déjà très chargés des députés européens.

6. Ensuite, certains citoyens imaginent la possibilité d’un centre d’information de proximité où chaque citoyen pourrait s’informer, discuter avec des experts.

7. Enfin, les citoyens évoquent la possibilité d’une communication électronique, écrite ou téléphonique ; possibilité qui existe déjà mais qui n’est pas optimale étant donné que les réponses, s’il y en a, mettent très longtemps à arriver.

8. Des moyens d’expression citoyenne liés aux médias sont secondairement mentionnés : diffusion régulière de programmes de télévision attractifs et en première partie de soirée aux heures de grandes écoutes, documentaires et films promotionnels cinématographiques sur les Européens et/ ou les questions européennes, compte-rendus télévisés réguliers des députés européens sur leurs activités, une chaîne de télévision paneuropéenne, publicité, attraction de l’attention des médias à travers des actions spectaculaires.

9. Dans une moindre mesure, les citoyens souhaiteraient pouvoir s’exprimer à travers des référendums sur des questions européennes.

10. Enfin, les citoyens évoquent des solutions liées à l’éducation et l’information : formation sur l’UE et les questions européennes dans les écoles, des ateliers et/ou des échanges pour les professionnels. Ces idées ne sont pas des moyens directs d’expression citoyenne mais permettraient aux citoyens d’être mieux formés et ainsi de pouvoir se forger une opinion pour pouvoir ensuite s’exprimer.

Au total, les citoyens européens se montrent tout à la fois pragmatiques (importance du numérique), réalistes (proximité et contact direct comme seul salut) et lucides (faiblesse regrettée des médias et de l’éducation/formation).

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Vœux 2015 : pour une communication européenne libérée de ses oxymores

La période étant aux vœux, formulons le vœu que la communication européenne se libère de ses oxymores, ces formules contradictoires qui en rapprochant deux termes que leurs sens devraient éloigner brouillent parfois jusqu’à l’absurde ce qui est et devrait être la réalité…

Vœu d’une communication européenne libérée de l’oxymore entre « l’impact de l’UE dans la vie quotidienne » et les vraies réalisations concrètes de la construction européenne

Premier vœu pour 2015, que la communication de l’UE cesse, à tout bout de champ, d’incanter un soi-disant « impact de l’UE dans la vie quotidienne » des citoyens européens.

S’adresser aux citoyens ne veut pas dire travestir la réalité des réalisations concrètes de la construction européenne pour n’en retenir que ce qui concerne la vie quotidienne, sous la forme de « success stories », qui est à la fois un prisme très réducteur, peu flatteur pour l’UE et au total contre performant.

L’action « macro » de l’UE dans les économies de l’UE, sur la monnaie euro ou avec les politiques communes (compétition, concurrence, commerce international, union bancaire, semestre européen…) demeure méconnue faute d’une pédagogie des vraies réalisations concrètes de l’UE ; ce qui devrait constituer un chantier prioritaire pour la communication européenne en 2015.

Vœu d’une communication européenne libérée des oxymores incantatoires du « marketing de la marque UE » ou de « l’UE communique avec les citoyens dans les médias sociaux »

Autre vœu pour cette nouvelle année, que la communication de l’UE ne se fourvoie plus dans des démarches qui ne correspondent pas à la réalité comme prétendre faire le marketing de la marque UE alors qu’il ne s’agit pas d’un produit et que l’UE n’a rien à « vendre » aux citoyens.

De même, l’UE devrait cesser d’affirmer communiquer avec les citoyens européens dans les médias sociaux, ce qui n’est pas totalement faux mais masque l’essentiel, à savoir l’absence de débats à grande échelle ou dissipe le fait que ces conversations, le plus souvent, sont quand même réduites à des publics très particuliers, déjà « intégrés » – pour le meilleur ou le pire (du militant au troll) – au projet européen.

Vœu d’une communication européenne libérée de l’oxymore entre les résultats au sens de l’administration et les résultats possibles liés à la communication

Trop souvent encore, la communication de l’UE se contente de résultats au sens de l’administration dans ses actions et ses campagnes de communication.

De quoi s’agit-il ? De résultats chiffrés, sans aucune considération de l’impact réel et de l’utilité avérée, comme par exemple le nombre d’exemplaires imprimés pour une brochure sans s’interroger sur le nombre d’exemplaires vraiment distribués ou le nombre de communiqués de presse publiés, encore récemment une gloriole de l’UE tant leur nombre étaient importants, mais aux résultats pourtant dérisoires.

Troisième vœu donc pour la communication de l’UE, que les résultats tels qu’ils peuvent être attendus d’une action ou campagne de communication sur un public déterminé en termes de visibilité/notoriété (1er niveau cognitif), d’image ou de jugement (3e niveau affectif) ou de comportement (3e niveau conatif).

Vœu d’une communication européenne libérée de l’oxymore entre souhait idéal de plus de politique / lyrisme politique et potentialité d’un angélisme technocratique exterminateur

Dernier vœu pour la communication européenne pour l’année 2015, que l’on cesse de déplorer les effets dont par ailleurs on chérit les causes. Méfions-nous de ce que l’on craint ou veut vraiment.

À  force de réclamer à cor et à cri que l’UE fasse plus de politique, que l’UE se dote d’un projet politique – et la Commission Juncker semble prendre au pied de la lettre ce souhait – il ne faut pas regretter, ce qui ne va pas manquer d’arriver : d’une part, le manque de volonté politique des Etats-membres et l’absence d’accord ou de consensus et d’autre part, la critique renouvelée contre une sorte d’angélisme technocratique exterminateur.

Autrement dit, politiser la communication européenne, comme beaucoup semblent aujourd’hui le suggérer, c’est sans doute la condition du succès face au désintérêt et à l’apathie d’un encéphalogramme européen plat dans les esprits, mais c’est surtout l’assurance de la controverse, de la remise en cause justifiée par les autorités elles-mêmes, dans une impréparation flagrante des équipes et des arguments.

En conclusion, le vœu pour 2015 est de passer d’une logique incantatoire faussement ambitieuse mais « administrativement correcte » puisque respectueuse en façade des objectifs/contraintes/missions de la fonction publique à une démarche crédible vraiment engagée auprès de cibles identifiées, visant in fine des résultats tangibles et reposant sur une politique renouvelée, la pire chose étant à ce stade que l’Europe ne représente plus aucune utilité, aucun intérêt et que le débat ne survive pas.

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La communication européenne de l’année 2014 en 12 leçons – Partie 2

2014 aura été marquée au premier semestre par les élections européennes, et donc les enjeux liés à la communication politique et institutionnelle en période électorale pendant le premier semestre et la nouvelle Commission Juncker au second semestre, en particulier les réorientations du service des porte-parole, dans les relations presse auprès des journalistes. Quel est l’article mensuel qu’il ne fallait pas manquer au fil de l’année 2014 ?

Juillet – quel est l’impact de la démocratie participative numérique sur le déficit démocratique de l’UE ?

Comment faire le tour du numérique et de sa capacité à transformer les mécanismes de politiques publiques de l’UE et à déterminer le contenu des législations de l’UE en 3 points :

  • Les mécanismes participatifs de l’UE, très contrôlés par les institutions européennes, n’ont pas d’impact transformatif sur la légitimation des politiques publiques européennes ;
  • L’approche participative de la Commission européenne tend à légitimer ses propositions politiques contre celles des autres institutions de l’UE ;
  • La gouvernance participative mise en œuvre via le numérique a un impact plus important sur le développement d’un espace publique européen que les processus participatifs « offline ».

Août – quels sont les chantiers qui attendent la communication européenne à la rentrée ?

4 chantiers se dessinent :

Développer une capacité de communication de l’entité politique « Union européenne » 1/4 : faire en sorte que l’UE soit une puissance « communicante », c’est-à-dire que ce qu’elle a à dire au monde soit intelligible (un gros travail pour simplifier) et audible (un gros travail pour intéresser). Comment procéder ?

Développer une « gouvernance éditoriale », à savoir, le content mastering, le mail mastering et le community mastering 2/4 : c’est-à-dire tout ce qui est conçu, écrit ou dit par les institutions européennes. Que devrait contenir ce contenu pas si facile à définir ?

Développer une formalisation de la politique de communication de l’UE 3/4 : à force de ne pas faire les travaux de fondation, toute construction finit par s’effondrer, et logiquement c’est le risque qu’encoure la communication européenne à ne pas coucher dans un texte ayant un minimum de force contraignante. Encore faut-il savoir quoi inscrire dans le marbre ?

Développer une identité et une appartenance commune à un groupe professionnel de « communicateurs publics européens » 4/4 : la professionnalisation et l’organisation de cette profession au sein d’un groupe cohérent et fluide, devrait être une préoccupation pour tout « communicateurs publics européens » en responsabilité. Mais, que faudrait-il au juste faire ?

Septembre - la réorientation de la communication au sein de la nouvelle Commission Juncker

Deux articles retracent les premiers pas de la nouvelle Commission Juncker en matière de communication européenne.

D’une part, les ajustements organisationnels ne sont pas mineurs puisque la communication est à la fois confortée par son rattachement direct auprès du président et fragilisée par ses amputations liées à la distribution de subventions :

  • Le président de la Commission est dorénavant directement responsable de la communication
  • La DG Communication est dorénavant amputée de ses subventions aux médias et aux think tanks et associations

D’autre part, les réorientations stratégiques de la communication avec la politisation des prises de parole et la participation rationnalisée en ligne – correspondent à une direction relativement consensuelle et attendue par les principaux acteurs :

  • Réorientation de la prise de parole officielle : vers plus de politique dans les médias
  • Réorganisation de la présence en ligne : vers plus de dialogue avec les citoyens

Octobre – la nouveauté de la communication sous Juncker : les relations avec les médias

Plusieurs articles se complètent pour dessiner le trait d’une nouvelle approche des relations avec les médias :

Novembre – quelles sont les utopies de la communication européenne ?

Les utopies idéalistes

  • Le « storytelling » : un nouveau narratif pour l’Europe, la puissance explicative des arts et des sciences
  • Le « soft power » : une diplomatie publique de l’UE, la force douce de la culture et du sport
  • Le dialogue citoyen : une interaction entre l’UE et les citoyens, le discours de la Commission européenne sous Reding

Les utopies pragmatistes

  • La publicité de l’Europe : une campagne TV, l’impact des émotions sur les opinions
  • L’espace public européen : le terreau d’un embryon de scènes et d’acteurs européens
  • La politisation de l’UE : l’espoir d’un programme politique mobilisant des financements

Décembre – quelle est la stratégie de communication digitale de la Commission européenne aujourd’hui et demain ?

La stratégie de rationalisation de la présence en ligne de la Commission européenne :

  • 1 plateforme unique régulièrement actualisée
  • 6 tâches prioritaires
  • 14 clusters prioritaires

La stratégie de socialisation de la présence en ligne de la Commission européenne :

  • 27 Commissaires sur Twitter, 17 sur Facebook et 11 « bloggeurs »
  • Présence « corporate » de la Commission européenne : de 1.5 million sur Google+, 400.000 sur Facebook, 300.000 sur Twitter et 180.000 sur LinkedIn.

La « transversalisation » de la communication en ligne au sein de la Commission européenne représente le principal challenge pour les prochaines années, et à fortiori vers une communication en ligne unifiée avec les autres institutions européennes.

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La communication européenne de l’année 2014 en 12 leçons – Partie 1

2014 aura été marquée par les élections européennes, et donc les enjeux liés à la communication politique et institutionnelle en période électorale. Quel est l’article mensuel qu’il ne fallait pas manquer au premier semestre 2014 ?

Janvier – le temps des prévisions avec « les grandes tendances de la communication européenne »

Deux tendances peuvent être retenues en raison de l’importance qu’elles ont pu prendre :

  • Le « problème » de la communication de l’UE : de moins en mois jugé en aval (techniques/outils) mais de plus en plus critiqué en amont (actions et messages). Autrement dit, le « problème » de la communication de l’UE ne tient pas tellement à ce que le disque soit rayé, mais au fait qu’il devient impérieux de changer de disque.
  • Les « grandes » élections législatives nationales : quasiment des élections aussi européennes que les élections européennes. La plus grande européanisation conduit à des « hyper-élections » – comme on peut parler d’hyper-texte – concourant à renforcer les lectures croisées entre pays européens.

Février – comment évaluer les médias de la communication européenne ? 

Le « pitch elevator » – ces fameuses 30 secondes pour faire passer une idée dans l’ascenseur – concernant la communication européenne peut se trouver dans la description des médias de la communication européenne :

  • Paid media de la communication européenne : une double spécificité (handicap politique légitime et technique beaucoup moins justifiable) peu efficace en termes d’exposition de l’image de l’UE ;
  • Earned media de la communication européenne : une capacité inégale (entre les journalistes européens et les autres) à influer sur l’activité des médias, et globalement sous exploitée ;
  • Shared media de la communication européenne : un engagement hyper-conditionné en fonction des attitudes (une sorte de compétence minimale qui bloque l’accès) et des opinions (une sorte d’extrême maximaliste dans un sens ou dans l’autre) sur l’UE ;
  • Owned media de la communication européenne : une action rationalisée sous le poids conjugué des évolutions techniques/technologiques et des pressions budgétaires pour porter les messages de l’UE.

Que retenir de l’évaluation des médias de la communication européenne ?

  • Paid media = déficit d’efficacité
  • Earned media  = potentiel inexploité
  • Shared media  = nouveauté hyper-segmentée
  • Owned media = rationalisation non-mutualisée 

Mars - la novation en communication politique européenne avec le bilan des « primaires » européennes ?

D’un simple vote des congressistes à bulletin secret pour la droite libérale (ALDE) ou conservatrice (PPE) à des primaires interne pour la gauche (S&D) voire ouverte et en ligne pour les Verts, le jeu des « primaires » internes aux partis politiques européens a permis de faire émerger quelques figures : forte visibilité de Schultz dans les médias et bonne performance de Tsipras en ligne.

Autre enseignement, le plus évident, la précocité du choix du candidat contribue de manière décisive à la possibilité de constituer un capital médiatico-politique.

Avril - quand la nouvelle stratégie de communication audiovisuelle de la Commission européenne consiste à « braconner » sur les terres des professionnels de l’information

L’évolution de la stratégie audiovisuelle de la Commission européenne consiste à inclure dorénavant le grand public dans les prestations audiovisuelles.

La conséquence est que des « produits audiovisuels et multimédia » de l’UE seront de facto concurrents des productions des professionnels des médias d’information.

La communication de l’UE se substitue à l’information européenne, en faisant en sorte de toucher, seule, directement, les citoyens européens.

Une destruction de valeur, liée à une confusion néfaste tant pour l’information que pour la communication.

Mai – élections européennes : dépôt de bilan de l’information et de la communication sur l’UE ?

Les échecs d’une information européenne sur l’UE pendant la campagne électorale européenne dans les médias :

  • A l’échelle de l’UE, des médias européens sans journalistes : le paysage médiatique d’une information européenne sur l’UE n’a pas percé à l’occasion de ces élections européennes – les quelques médias européens demeurent marginalisés à une cible élitaire ;
  • A l’échelle des Etats-membres, des journalistes européens sans médias : les médias nationaux, demeurent non seulement dominants mais également très peu ouverts aux enjeux européens – les quelques journalistes spécialisés dans les affaires européennes sont plus que jamais marginalisés dans leur rédaction.

Les défauts de la communication politique européenne :

  • La campagne des « Sptizenkandidaten », i.e. la compétition des partis politiques européens pour la présidence de la Commission européenne, n’est pas parvenue à s’adresser très loin au-delà des milieux européens ;
  • Les campagnes nationales s’articulant le plus souvent autour des changements à apporter à la construction européenne ne pouvaient que favoriser les positions les plus tranchées.

Juin - quand moins rime avec mieux

Double bonne nouvelle pour la communication de l’UE :

  • Stratégie pro-active et réactive auprès des médias : baisse du nombre de communiqués de presse. Pour la première fois, l’objectif ne consiste plus à dépasser ce volume invraisemblable de 14 communiqués de presse en moyenne par jour ouvré.
  • Stratégie de rationalisation de la présence web : baisse du nombre de sites et de pages sur europa.eu. Fini le portail le plus vaste au monde, les objectifs sont revus à la baisse – et c’est tant mieux – avec 50% de sites en moins et 30% de pages en moins sur les sites conservés.

Juillet – quelles leçons pour la campagne de communication du Parlement européen sur les élections européennes ?

Une stratégie de communication « Cette fois, c’est différent » autour des Spitzenkandidaten institutionnellement risquée mais politiquement gagnante :

Fallait-il que l’institution, théoriquement neutre, s’engage à ce point à travers la campagne de communication « cette fois, c’est différent » dans le jeu politique entre les institutions européennes ?

Ou plus précisément fallait-il que l’engagement de l’institution se traduise par l’instrumentalisation de la campagne de communication qui est normalement censée lutter contre l’abstention et qui s’est transformée en promotion d’une orientation politique manifestement à son propre bénéfice ?

En revanche, un matériel de campagne (choix du slogan et des supports) et un déploiement des actions de communication moyennement convaincant, avec notamment un surinvestissement dans les médias sociaux, dont l’impact sur les citoyens dans le cadre d’une mobilisation électorale reste encore incertain.

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Quel est le bilan de l’année européenne 2014 sur Twitter ?

Année électorale, 2014 aura également été l’année de Twitter pour l’UE : tous les Commissaires y sont dorénavant, plus de la moitié des eurodéputés, de très nombreux journalistes européens, et surtout de plus en plus de citoyens européens. Quels ont été les sujets les plus abordés ?

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Les hashtags institutionnels les plus populaires correspondent :

  • #EP2014 : les élections européennes avec près de 1,5 millions mentions ;
  • #EPhearings2014 : les auditions des Commissaires désignés devant le Parlement européen avec 140,000 mentions ;
  • #EUCO : les Conseils européens avec 103,000 mentions ;
  • #TeamJunckerEU avec 45,000 mentions.

Plus de 400,000 tweets le jour des élections européennes le 25 mai 2014 avec #EP2014

Lors de la seule journée du 25 mai – date des élections européennes – ce sont plus de 400,000 tweets publiés avec le hashtag officiel. Les tweets les plus retweetés portent sur les résultats, et en particulier le succès des droites extrêmes.

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7 Commissaires désignés les plus cités lors des auditions parlementaires avec #EPhearings2014

Avec un total de plus de 140,000 tweets, les auditions des Commissaires désignés ont été inégalement suivies selon les Commissaires : le plus cité est l’espagnol Canete, puis le britannique Hill, suivi par Bratusek, Mogherini, Timmermans (le Premier vice-président), Moscovici et Katainen.

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7 Conseils européens sur Twitter, dont 15,000 tweets le 30 août 2014 avec #EUCO

L’utilisation du hastag #EUCO utilisé lors des Conseils européens retrace fidèlement les réunions des chefs d’Etat et de gouvernement au cours de l’année écoulée, notamment les 3 plus importantes :

EUCO

Au total, l’actualité européenne sur Twitter, à travers les quelques hashtags les plus populaires a été particulièrement riche en 2014.

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