Quels sont les intérêts pour la communication européenne des présidences tournantes du Conseil de l’UE ?

Quoique régulièrement décriées – car elles seraient devenues superflues avec la présidence stable du Conseil européen – les présidences tournantes, chaque semestre, du Conseil de l’UE sont des opportunités pour la communication européenne. Et la présidence lituanienne qui vient de commencer l’illustre de manière emblématique…

Intérêt n°1 : « l’agenda institutionnel européen » ou comment faire connaître les priorités politiques européennes d’un pays à l’ensemble de la communauté

Avec la Lituanie – 1er pays balte à exercer une présidence semestrielle européenne – l’effet « découverte » est garanti, comme le confirme le ministre lituanien des affaires étrangères, Linas Linkevičius, cité par Euractiv.com : « La Lituanie est une brise fraîche, une voix innovante et essentielle à la famille de l’UE ».

Plusieurs éléments incontournables d’une présidence à l’autre permettent au pays qui exerce la présidence du Conseil de l’UE de se faire connaître mais surtout de faire connaître ses priorités politiques pendant les 6 mois :

D’abord, le programme de travail (très institutionnel et factuel) qui précise les priorités et les textes législatifs soumis à l’agenda. En l’occurrence, l’approche en trois tiroirs – par les termes choisis – est révélatrice : « l’Europe crédible », « l’Europe qui croît » et « l’Europe ouverte ».

Ensuite, le guide de la présidence du Conseil de l’UE qui rassemble des points de vue (plus programmatique et intentionnel). En l’occurrence, un sondage mené conjointement à Bruxelles et Vilnius détermine le niveau perçu de l’influence de la Lituanie sur les affaires de l’UE.

Enfin, la communication en ligne (le site de la présidence), dans les médias sociaux (le compte Twitter : @EU2013LT) et mobile (l’application smartphone). Toute la communication numérique est devenue aujourd’hui incontournable pour assurer l’appariement de la présidence avec les institutions européennes et les parties prenantes.

Intérêt n°2 : « l’attention médiatique et le programme culturel » ou comment faire connaître le peuple et la culture du pays à l’ensemble de l’UE pendant un semestre

Au-delà de l’agenda institutionnel et politique, un programme culturel – d’un niveau d’engagement très différent d’une présidence à l’autre – complète la communication de la présidence tournante du Conseil de l’UE pour toucher les citoyens. Là encore, exemplaire, la Lituanie fait le choix d’un « programme culturel abondant » (…) avec plus cent cinquante événements – concerts, expositions, pièces et films –en Lituanie et dans le monde.

PrintPlus largement, la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, c’est également une opportunité médiatique au sens ou l’attention des médias se porte pendant un semestre plus particulièrement sur l’Etat-membre au centre de l’échiquier européen. L’exemple de la Lituanie confirme ces reportages de la presse sur place – ainsi des articles écrits sur Euractiv.fr par un envoyé spécial : « Lituanie : le vertige de la présidence européenne, le pays où l’austérité est populaire, le combat contre l’insularité énergétique ».

De manière plus accessoire – quoique la pression sur les budgets pèse en sa faveur – « la présidence, est aussi une excellente occasion pour les entreprises de présenter leurs produits et services », comme l’écrit sans fausse pudeur le site de la présidence lituanienne du Conseil de l’UE.

Au total, les intérêts en termes de communication d’une présidence semestrielle du Conseil de l’UE sont nombreux en termes d’influence sur l’agenda institutionnel européen, sur l’attention médiatique et potentiellement auprès de chaque citoyen – la preuve avec la communication exemplaire de la présidence lituanienne du Conseil de l’UE.

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Une réponse à Quels sont les intérêts pour la communication européenne des présidences tournantes du Conseil de l’UE ?

  1. Lilia Donovan dit :

    Le succès de l’intégration européenne, confronte l’Europe à ce que l’on appelle le « Triangle des incompatibilités » de Mundell qui peut se résumer ainsi : les membres d’une zone monétaire ne peuvent disposer à la fois de la stabilité des changes, de la liberté des mouvements de capitaux et de l’autonomie des politiques monétaires. L’intégration économique a conduit à instaurer non seulement la libre circulation des marchandises et la libre prestation de services mais aussi, celle de la main d’œuvre et des capitaux, avec un choix qui s’est porté sur l’indépendance de la politique monétaire permettant de fixer le niveau des taux d’intérêt, le triangle de Mundell montre l’impossibilité d’avoir des changes fixes.

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